‹ Notes de la main d'Helvetius [microform]Chapitre 2 sur 79 · FÉLIX ALCAN, ÉDITEUR · texte numérisé non relu

FÉLIX ALCAN, ÉDITEUR

LIBRAIRIES FÉLIX ALCAN ET GUILLAUMIN RÉUNIES I08, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, I08

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Ces Notes de la main d'Helvetius appartiennent aux archives du château de Lumigny, Tune des deux propriétés ' de Claude-Adrien Helvetius (1715-1771), fils du médecin de Marie-Leczinska, fermier-général (1738-1751), maître d'hôtel de la Reine (1749-1759), auteur du célèbre livre de l'Esprit, condamné par l'Eglise et le Parlement, du Bonheur et du traité de l'Homme, œuvres posthumes

Le château de Lumigny (Seine-et-Marne) et une partie de ses vastes domaines sont maintenant la propriété d'un descendant d'Helvetius, M. le M»* Adrien de Mun *. C'est avec une exquise obligeance, une rare et parfaite gracieuseté que M™^ la M" de Mun a bien voulu me confier en son nom ce manuscrit curieux et précieux» Je tiens encore à leur exprimer ici, tout particuHèrement, ma profonde reconnaissance, ainsi qu'à M. le C" Albert de Mun, de l'Académie Française, et à M. le C*« Gabriel de Mun qui ont beaucoup favorisé mes recherches.

Ce manuscrit in-4°, relié simplement en carton rose, porte au dos : Manuscrit Helvetius î. Quoique jauni en certains endroits, le papier très solide a bien résisté au temps.

A la première page, on lit: notes de la main d'Helvetius. S'agit-il, comme on peut le croire, des notes du livre de l'Esprit? Non. Cette opinion n'est pas fondée, on s'en aperçoit tout de suite. Mais l'écri-

1. L'autre était à Voré, près de Regmalard, dans le Perche. — V. mon ouvrage sur Helvetius, Sa Vie et son Œuvre, Paris, F. Alcan, ch. xii, p. 191 : Les Retraites d'Helvetius.

2. L'aînée des filles d'Helvetius épousa, peu après sa mort, le C« de Mun. Elle hérita de l'hôtel du philosophe rue S^e Anne et de Lumigny.

3 . La reliure n'est, d'ailleurs, pas de l'époque. — La première page où se trouve le titre que j'ai adopté a dû être ajoutée.

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ture que j'ai comparée avec celle de divers fac-similé, des nombreu: documents conservés à Voré, des lettres relatives àTespéce de mis-' sion diplomatique dont Frédéric le chargea pendant son séjour en Prusse, etc. ' est incontestablement l'écriture du philosophe. ' La seconde page porte en titre : Recueil. Les deux suivantes sont consacrées à une sorte de table des matières d'apparence assez singulière, mais ingénieuse. Elles contiennent chacune dix petits rectangles en marge desquels il y a une lettre ^ et, à l'intérieur, les cinq voyelles.

Les Notes sont donc, comme on peut s'en rendre compte après examen, classées par ordre de voyelles. En effet, voici, par exemple, la case M.

Voyons la page 124 du manuscrit. Nous lisons : Il faut se consoler dans le w^/heur. Plus bas: matière de feu... wflthematicien. — A la page 66, nous trouvons : mmte. méchanceté, meœnc. métal. Etc., etc.

Dans ce classement original et approximatif, l'auteur ne tient pas compte des consonnes, sauf des consonnes initiales. Ex. :

A la page 26 du manuscrit, il y a : amour-propre, ûnglois, harmonie... De même G a 68 : grandeur, grâces, gladiateurs, etc.

Les pages, encadrées au crayon, qui sont au nombre de 211, recto et verso, sont marquées jusqu'à la 200«î, mais, après la i8o«,

1. V. sur ces documents inédits: Heîvetîus, Sa Vie et son Œuvre, chap. xvni et l'Appendice L

2. Les lettres de Talphabet qui ne s'y trouvent pas sont : j. k. u. y.

3. Le manuscrit a exactement 211 pages. A la dernière, à moitié effacé : liste de mes... (?)

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on ne trouve plus de texte et il en est, avant celle-ci, qui ne sont pas remplies ou même blanches.

Les notes sont séparées par de petits traits. Certaines sont barrées. On remarque, dans la marge, de temps à autre, des croix au crayon ou à l'encre, les signes b. m.

Nous savons qu'Helvetius, comme d'autres écrivains de ce temps et, en particulier, comme Montesquieu, prenait volontiers des noies ». Il préconisait cette «chasse aux idées» qu'il devait poursuivre, pendant toute sa vie, soit dans son salon de la rue S" Anne, soit dans ses retraites à la campagne, parmi les hommes et les livres.

Les œuvres complètes d'Helvetius publiées par son ami Lefebvre- La Roche, légataire de ses manuscrits, contiennent des Pensées et Reflexions, extraites des manuscrits de V auteur^, dont Lemontey5 a très justement signalé l'importance et la valeur. Elle sont bien l'œuvre de l'auteur de l'Esprit, et l'Esprit y est cité. Et même, sans compter quelques commentaires sur Montesquieu et l'Esprit des Lois 4, on y saisit le plus souvent l'inspiration politique, pratique, utilitaire de l'Homme. De plus en plus, vers la fin de sa vie, Helvetius songeait aux réformes directes et positives, nécessaires à la santé des états. Assurément, ces Pensées et Réflexions sont une œuvre de pleine maturité.

Les Notes de la main d'Helvetius ne portent pas de date, mais on peut affirmer qu'elles sont d'une époque bien antérieure au livre de l'Esprit. N'oublions pas qu'Helvetius le publia seulement à Tâge de quarante-trois ans après une dizaine d'années d'efforts î. Il paraît.

1. Pendant son voyage en Angleterre, il écrivait le soir des notes (Correspondance avec Afme Helvetius conservée au Château de Voré).

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