‹ Notes de la main d'Helvetius [microform]Chapitre 79 sur 79 · La scithÛ barré · texte numérisé non relu

La scithÛ barré

tirtée recita des vers qu'il avoit fait a la tête de son armée qui avoit été repoussé et ces vers enflammèrent si fort le courage des lacedemoniens que sans craindre la ni0Jï|ils attaquèrent les messesniens et les défirent ■

la beauté ne vient point de la quantité d'imams mais que chaque image soit noble vaste et bien desinné en chargeant trop une image souvent on la gâte il faut que Timage s'imagine aisément que les principaux accident soient détaillés mais qu'on ne la charge point de trop ^ ^^

on amoindrit une image en la voulant rendre trop grande, il faut toujours prendre les plus beaux effets de la nature mais cependant tels qu'ils sont dans la nature ^ ^

Poème épique de l'amerique î la renomée M vole sur une montagne pour avertir des biens ou des memix les sauvages

les comparaisons refroidissent presque toujours il vaut mieux avoir des descriptions dans un poème épiques

un corail bleu nommé acory. voir le 2"** [tomme] de sethos en fiiire un palais

et les loix aux enfers ont des sœurs qui les vengent

un moien sur en Poésie pour sçavoir si l'on ne se trompe pas sur sa pièce c'est de comparer ce qu'on dit avec ce qu'on veut dire et c'est pour celaqu'horaçe conseille deËRser reposer son ouvrage longtems ^

non seulement dans la poésie il faut vivifier par du feu chaque vers mais encor le canevas d'une pièce

1. L'auteur des Notes est surtout préoccupé d'amour, de science historique et psychologique, et aussi d'art littéraire, du métier même de l'écrivain.

2. Les philosophes du xviiie siècle étaient soucieux, avant tout, de ne pas s'éloigner de la nature, du réeL

l . De Vameriqm ajouté.

4. Le Bonheur d'Helvetius est, en somme, un poème épigae, bien qu'il apparaisse surtout comme allégorique et philosophique.

Description du couché du soleil ^ Le ciel est a l'horizon couvert d'un voile de pourpre le milieu du ciel d'un voile d'argent et la nuit [et la nuit] monte de l'autre coté de l'horison et déplie des voiles brun

le soleil en se couchant laisse toute la campagne brune et a l'opposite il y a une ville sur un mont contre lequel il darde ses raions et elle paroit une ville d'or^

la cascade du gange

les petits ruisseaux comme des serpents dont la peau est d'argent qui a replis tortueux rampent dans les campagnes

idée ou sujets de lettres philosophiques 3

dans ma lettre sur les athées bon au Rois mettre que les seules religions peuvent ordonner et faire commettre comme elles Tout fait le meurtre d'un Roy puisqu'elle encourage les hommes et les fiut sagement mépriser une mort temporelle en les menaçant d'une mort éternelle

id

c'est une maxime bien dangereuse et qui a causé bien des guerres que la puissance Roial ne s'étende que sur les choses qui regardent la tranquillité publique et les commodités delà vie et de donner la puissance a un autre pour celles qui regardent le salut

c'est encor une maxime bien dangereuse pour un Roy que la sainteté et la foy ne puisse être acquises par l'étude et le raisonnement mais qu'elles sont toujours infuses et inspirées d'une façon surnaturelle, en ce caspourquoy nous faire rendre raison de notre foy. Car moiennant cela chacun se croit pro-

1. Levé de V aurore elle parait barré. — Ce sont des exercices littéraires au tant que des impressions.

2. Helvetius a un grand sens du coloris éclatant, de la somptuosité.

3. Voltaire parle des lettres métaphysiques de son cher SLmi (Helvetius, t. XIII, p. 108). Il ne semble pas qu'Helvetius ait écrit à proprement parler de « Lettres Philosophiques ». Mais on peut dire qu'Helvetius réalisera ce projet dans V Esprit.

— lié —

phete et pourquoy chacun ne jugera t il pas de ce qu'il a a faire par sa propre inspiration que par les lois de ceux qui gouvernent cette maxime va a la destruction ^ de la société

I . Replonge dans barré. On lit dans la marge de celte note et de la précédente : hobbes. Quoique les conclusions politiques de VEsprit et de VHomme soient très différentes de celles du de Cive ou du Uviaihan, il faut rappeler que Hobbes, psychologue et moraliste politique, est parti du sensualisme, du nominalisme, du nécessitarisme. Dans sa théorie des passions, il a donné une place importance à l'égoïsme transformé, à cette volonté du pouvoir que le théoricien de VEsprit a fortement mise en lumière et dont Nietzche se servira à son tour en ses mystérieuses prédications.

Vu, le 14 février 1907:

le Doyen de la Faculté des Lettres de l'Université de Paris, A. CROISET.

Vu ET PERMIS d'imprimer :

Le vice-recteur de TAcadémie de Paris, L. LIARD.

Page 1