‹ Notes de voyage d'un architecte dans le nord-ouest de l'EuropeChapitre 27 sur 74 · M. Oppler, architecte · texte numérisé non relu

M. Oppler, architecte

Klg. 92 et 93.

Maison sur un pan coupé, Hanovre.

point, en laissant au second plan les arrière-corps un peu sacrifiés.

Ces exemples n'ont, de notre part, d'autre but que d'expliquer les principales combinaisons adoptées pour les façades à Hanovre ; quant au parti que le constructeur a su tirer des matériaux employés, de la distribution donnée à son terrain, ce sont des questions qui viendront un peu plus tard, quand nous visiterons l'intérieur de ces maisons d'habitation.

Nous ferons seulement remarquer ici que les maisons dont nous venons de parler sont toutes construites, les unes entièrement en briques , les autres en pierres blanches et en briques ; qu'en outre, ces briques sont de couleurs différentes, jaunes, rouges ou noires ; que leur forme varie comme nous l'avons indiqué précédemment et que, par la façon dont elles sont employées, elles se prêtent à des imbrications de toutes sortes, contribuant à donner aux façades un aspect tout nouveau pour nous. Il faut aussi reconnaître que les habitants doivent trouver, dans l'intérieur de telles demeures, une jouissance égale à celle que l'extérieur produit sur le passant ; on comprend, en effet, quel charme peu donner à une chambre, à un salon, une loge remplie de fleurs, bien exposée au soleil, avec une vue étendue, qui répand son animation et sa gaieté dans tout l'appartement.

Notons aussi que ces maisons ne sont pas des maisons de luxe, des hôtels somptueux, mais des maisons à loyer destinées à être habitées par plusieurs locataires ; le rezde-chaussée contient des boutiques, les étages des appartements ordinaires.

Les rues nouvelles de Hanovre sont en général peu bruyantes et la foule ne s'y presse pas, elles ont une importance qui n'est pas en rapport avec celle de la ville,

il semble qu'on ait fait trop grand; il est vrai que quand le roi Ernest-Auguste s'occupa des embellissements et de l'agrandissement de sa ville, Hanovre était capitale du royaume , siège d'un gouvernement , résidence d'une cour, et que personne ne prévoyait alors qu'un jour viendrait où la Prusse, s'emparant de ce petit État, en ferait de nouveau une province de l'empire d'Allemagne.

Hanovre est une ville ancienne ; au xne siècle elle était déjà importante. En 1553 elle accepta la réforme et s'accrut d'une façon sensible à partir de 1763, époque à laquelle Georges III fit démolir les fortifications qui l'entouraient; en 1801 le royaume perdit son autonomie, devint province prussienne, département français, puis fut reconstitué en 181 7 pour redevenir province allemande en 1866.

La vieille ville a conservé son caractère du moyen âge ; les rues sont tristes, étroites, noires, et on retrouve encore en plusieurs endroits les maisons de bois aux pignons gigantesques dont la hauteur compte jusqu'à cinq étages.

Ces maisons (fig. 94) sont de diverses époques ; les unes remontent au xive et même au xme siècle, ce sont les plus anciennes ; les différents étages s'avancent en encorbellement les uns sur les autres, soutenus par de petits corbeaux en bois ; les intervalles entre les traverses sont remplis avec de la terre, ou avec de la brique; d'autres, les plus nombreuses, ne datent que des xvie et xviie siècles : elles offrent un mélange de détails de l'architecture néerlandaise et de cette architecture appelée par les Allemands la Renaissance allemande, et qui n'est en résumé qu'une sorte de rococo laid de forme et désagréable de proportions. Cette sorte d'architecture a

pour principal caractère distinctif les balustres et les colonnes renflées, les pyramidions boursouflés plus larges

Fig. 9-t-

v au sommet qu'à la base, et enfin, mais ceci est leur bon côté, des loges, sortes de bretèches partant de fond et desservant plusieurs étages, souvenir modifié que nous

avons déjà retrouvé et signalé dans les constructions modernes de la ville.

Les Allemands sont gens éminemment conservateurs, c'est une des qualités fondamentales de leur caractère ; aucune nation de l'Europe, car les Hollandais sont en définitive d'origine germaine, n'apporte plus de soin à la conservation de ses monuments et des objets d'art qu'elle possède. Ce n'est pas en Allemagne qu'on rencontre de ces administrateurs zélés, démolissant un édifice pour en collectionner les morceaux dans un musée : au contraire, c'est avec un amour véritable, des précautions de tous les instants, qu'une ville, un conseil communal ornent les ruines qu'ils possèdent, les décorent de façon à les faire valoir, les restaurent quand la chose est possible et les conservent toujours. Le moindre édifice est mis en évidence, la plus modeste galerie de tableaux exposée de façon à attirer l'attention, à faire parler d'elle ; si, dans une ville de moyenne importance, une œuvre d'art est remarquable, elle est signalée au public, et, dès sa descente de wagon, le voyageur est prévenu de ce qui doit exciter sa curiosité et des moyens qu'il peut employer pour la satisfaire. Il faut, il est vrai, se méfier un peu de cet enthousiasme qui prend sa source dans un bon sentiment, mais qui trop souvent aboutit aune déception.

Ce sont des mécomptes de cette sorte qui attendent à Hanovre le voyageur croyant trouver dans le Rathaùs et la Marktkirche des monuments dignes de son attention.

Le Rathaùs — hôtel de ville — (fig. 95) est un grand bâtiment isolé sur trois de ses faces, à l'apparence bizarre et qu'écrase un énorme toit; le premier étage est irrégulièrement percé de fenêtres de dimensions dif-

férentes, la corniche de couronnement ne se retrouve plus dans sa forme primitive, des lucarnes, récemment

Fig. 9S-

construites, prennent la place de pointes de pignons semblables aux pignons des façades et changent les proportions qu'avait le toit ancien à son origine.

Les pignons extrêmes, très-aigus, se composent de cinq rangs de piles carrées en briques, présentant non pas une de leurs faces; mais le sommet d'un angle ; les intervalles sont remplis par une maçonnerie en briques

de moindre épaisseur, laissant l'angle de la pile accuser à l'extérieur une forte saillie : entre chacune de ces piles est percée une étroite fenêtre. Ce grand parti, presque complètement à jour, donne à la façade une apparence qui frappe, mais ne séduit pas. Au rez-de-chaussée, et couvrant l'escalier extérieur, a été construit, à une époque bien postérieure à celle de la fondation du Rathaùs, une loge dans le style architectural de cette renaissance allemande dont nous avons déjà parlé plusieurs fois ; cette loge ne produit un heureux effet ni par son ensemble ni par ses détails. Dans tout ce bâtiment, du reste, règne un défaut de proportions choquant : les vides et les pleins sont mal répartis, les saillies sont trop fortes, la silhouette par suite paraît dure et exagérée, et notre esprit français n'accepte pas facilement les moyens excessifs employés sous le ciel gris du Nord pour obtenir l'effet que donne si facilement ailleurs l'éclatante lumière du soleil du Midi. Quant aux détails, ils sont rares; ceux qu'on retrouve sont des réminiscences trop souvent mal placées.

Près du Rathaùs s'élève un monument moderne qui sert de boucherie et dont les détails offrent un certain intérêt à cause du soin apporté dans leur étude ; les crochets auxquels sont suspendus les animaux, l'étal des marchands, les solives du plancher apparent, la décoration des murs, n'ont pas déformes et de couleurs banales, mais des profils raisonnes bien tracés et tous franchement gothiques.

Sur la place du Marché s'élève l'église Saint-Georges, le seul édifice religieux ancien de Hanovre qui offre quelque intérêt (fig. 96 et 97) et dans lequel on retrouve réunis les deux caractères distinctifs des églises du moyen âge

en Westphalie : les voûtes de la nef élevées à la même hauteur que celles des bas côtés et les colonnes privées de chapiteaux sculptés. L'intérieur contient des vitraux peints du moyen âge qui, sans valoir ceux de nos belles cathédrales de France, offrent quelques parties admirables

l'ig. S>6-

de couleur et de dessin ; ils ont récemment été restaurés avec beaucoup de soin et de savoir. Ces Allemands ne peuvent ni détruire ni créer, mais, en revanche, ils savent remarquablement conserver : démolir, remplacer une chose ancienne par une nouvelle, révolte leur nature. Il y avait là, dans un coin de l'église, un ouvrier plombier occupé à réparer les petits plombs d'une verrière qu'on venait de déposer; il procédait lentement à son travail, redressant avec soin, passant lentement sur un calibre des morceaux de plomb de trois ou quatre centimètres de long-, il prenait goût à cette occupation monotone et fastidieuse. Un ouvrier français eût depuis longtemps jeté

au rebut tous ces débris, son patron eût voulu les remplacer par « du neuf » ; mais les Allemands sont patients et économes : patients, ils supportent sans en souffrir la

Fig. 97-

monotonie du labeur qui leur est imposé ; économes, ils ne comprennent pas une dépense inutile, et il ne leur vient jamais à l'idée de remplacer par une autre une chose pouvant encore être utilisée 1.

i. Les Allemands poussent la manie de la conservation si loin qu'ils

Un poste, établi dans une loge à colonnes doriques qui fait penser aux anciennes barrières de Paris, désigne de loin la Residen^-Schloos (palais de la Résidence). Nous passons devant une ligne de soldats : dans un angle s'ouvre une petite porte basse et étroite, et, après bien des formalités exigées par un portier rébarbatif, nous sommes confiés à un guide qui nous fait traverser une première cour triste et solitaire. Aucun bruit, aucun mouvement autre que celui des pas monotones et réguliers des sentinelles, on se croirait plutôt dans une prison que dans un palais; les pavés sont humides, l'herbe croît dans les fentes, il semble qu'à tout jamais ont disparu de ces lieux l'animation et la vie; leurs maîtres sont partis, et leur dernier hôte , aveugle et exilé , traîne avec sa fille de tristes jours loin de la patrie.

Notre guide a lu sur le registre d'inscription notre nom et celui de notre pays : après nous avoir introduit sous le vestibule, il commence sa description en français, en très-bon français même, il voit nos regards étonnés et nous dit avec une expression intraduisible : « Je suis Messin. » Il y avait une si profonde tristesse dans sa voix, cette courte phrase respirait par la façon dont elle était prononcée une si grande douleur, elle était si éloquente dans sa concision que nous n'osâmes lui demander des détails sur les circonstances faciles à deviner, du reste, qui l'avaient lui aussi exilé de son pays. Nos mains s'étaient tendues et avaient serré la sienne en silence. Triste rapprochement entre les destinées de ce roi et de ce simple citoyen, de ces deux êtres placés à

n'ont pas encore fait supprimer de l'uniforme de leurs soldats les trois boutons que le grand Frédéric avait fait coudre sur les manches de ses grenadiers, pour les empêcher de s'en servir en guise de mouchoir.

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une si grande distance dans l'échelle sociale et que la même main avait frappé du même. malheur, l'un chassé de France, privé de sa chaumière, trouve un abri en Hanovre, l'autre, dépossédé de son royaume, chassé de Hanovre se réfugie en France.

Le palais royal est une résidence princière installée avec luxe ; les façades n'ont aucun caractère, mais à l'intérieur deux choses nous frappent : d'abord les parquets, ensuite la décoration d'une des salles; ce n'est ni la plus grande ni la plus riche,

Les parquets, de diverses essences de bois, sont couverts d'incrustations formant des arabesques , des dessins géométriques- représentant même parfois des bouquets de fleurs et jusqu'à des personnages ; ces marqueteries, préparées avec autant de soin que les menus objets du commerce parisien, offrent un travail d'une perfection difficile à atteindre comme composition et comme exécution. 11 faut ajouter cependant qu'en certains endroits, les enroulements les plus difficiles sont tracés au moyen d'une sorte de ciment coloré, gravé dans le bois et permettant d'obtenir des contours plus agréables et moins brisis que ceux donn:s par une application de bois découpé ; mais ces tricheries sont trop rares pour diminuer le mérite de l'ensemble.

La pièce dont la décoration nous a frappé est de moyennes dimensions, sa destination précise nous a échappé; sur les murs sont peints des treillis, entre les losanges irréguliers desquels s'enlacent des branches de vigne et des fleurs, le fond est d'un blanc laiteux, et, à travers les roseaux, passent des aigrettes, de fleurs et de feuilles; les tons sont peu variés, rouges, jaunes, verts, bleus, tous francs et nets, le dessin est exquis, et, par une richesse d'imagination vraiment étonnante de la part

de l'artiste, malgré une aussi grande quantité d'objets de même nature et de même genre, pas un ne ressemble à l'autre, chacun a sa forme spéciale qui le distingue, sa physionomie pour ainsi dire. Cette peinture n'offre pas l'erreur des décorations ordinaires qui simulent des clairs et des ombres portées de convention, mensonge qui se modifie suivant les. heures de la journée et dont l'effet n'est pas le même à la lumière du jour qu'à celle des bougies : les motifs sont peints sans effet d'ombre et de lumière et ne se font valoir que par le contour des formes et la pureté du dessin.

Le palais royal contient plusieurs autres salles , remarquables à divers titres, mais qui ont le tort de ressembler à celles de tous les palais possibles : l'une d'elles, la Silberkammer, renfermait autrefois plus de deux cents quintaux de vaisselle plate, qu'on peut voir aujourd'hui à... Berlin, paraît-il 5 une autre, sorte de longue g-alerie, voulant imiter la g-alerie des g-laces de Versailles, s'ouvre sur la vallée de la Leine et laisse apercevoir, au loin, de riantes prairies, un paysage frais, animé, coupé de petits bois, s'étag-eant sur des collines, au pied desquelles sont placées les résidences de Montbrillant et de Herrenhausen. Dans cette salle se trouvent quelques tableaux remarquables à divers titres, entre autres le portrait du duc Georg-es-Louis? devant lequel les courtisans venaient s'incliner, tous les dimanches, quand ce prince eut quitté le Hanovre pour aller, en 17 14, occuper le trône d'Angleterre sous le nom de George Ier.

En rentrant dans la nouvelle ville, on aperçoit, sur le point culminant d'une grande place ornée de plantations, un vaste édifice qui, au premier abord, paraît plus grand qu'il ne l'est en réalité.

C'est le nouvel Opéra, inauguré en 1854. Pourquoi ce théâtre d'architecture italienne, au milieu de cette nouvelle ville gothique? Nous l'ignorons et nous n'avons pu l'apprendre, mais, tel qu'il est, l'opéra de Hanovre mérite une visite (fig. 98 et 99).

Fig. 98.

L'entrée des voitures a lieu à couvert, sous un porche assez large pour que deux équipages puissent s'y croiser sans encombre ; les piétons pénétrent par deux portes latérales qui leur sont réservées et grâce auxquelles ils évitent les atteintes des chevaux ou les roues des voitures 5 puis, gens venus à pied et gens venus en voiture se retrouvent dans le vestibule, en face du service du

contrôle : à droite et à gauche, des escaliers en pierre à double révolution, dont les marches ont deux mètres de largeur, conduisent les spectateurs à l'étage des premières loges ; des escaliers secondaires montent aux deuxième, troisième et quatrième galeries.

Chaque étage contient vingt-deux loges, non compris les avant-scènes et la loge royale de gala qui , comme dans les théâtres italiens, occupe le centre de la salle et la hauteur de deux étages. Le roi avait, en outre, une avant-scène comme loge particulière ; il y parvenait au moyen d'un escalier spécial donnant sur une cour intérieure où stationnaient l'escorte et les voitures. Le foyer est au premier étage : il s'ouvre sur une terrasse qui, pendant les soirées d'été, offre une agréable promenade aux spectateurs. Ce foyer est accompagné d'un immense buffet, accessoire indispensable en Allemagne à tout lieu de réunion.

L'intérieur d'un théâtre, vu de jour, en dehors des heures de représentation ou de répétition, offre toujours un aspect fantastique, inquiétant, inconnu. La salle, plongée dans le silence et l'obscurité, paraît triste, noire, effrayante : c'est le vide et la solitude. Une figure humaine égarée au milieu de ces ténèbres fait l'effet d'un spectre. La scène, à peine éclairée par les rares lucarnes des combles d'où tombe une lumière pâle et terne, prend des proportions bizarres, incompréhensibles, les décors vus à rebours montrent des profils tailladés d'une façon étrange, sans signification intelligible; les toiles de fond, rapprochées les unes des autres contre toutes règles de perspective, présentent un assemblage informe, incohérent, faussement coloré de palais, d'églises, de ruines, de maisons, de jardins ou de forets 5 le sens de cet amas d'objets disparates échappe à l'esprit 5 les agrès, poulies,

cordages, échelles, les accessoires et les décors accrochés partout, rassemblés sans ordre et sans symétrie, bizarrement enchevêtrés les uns dans les autres, montrent un inextricable fouillis, dans lequel il paraît impossible de retrouver à l'heure de la représentation les objets nécessaires afin de les mettre en place au moment opportun. Parfois, un. bruit subit, sans cause apparente, se produit dans les cintres, se répercute, éveille les échos de ce grand espace et fait tressaillir involontairement ; une charpente craque, l'effet acoustique faire croire à un écroulement général, un chat fait entendre un long miaulement, il semble que tous les animaux fantastiques qui peuplent la ménagerie de carton prennent tout à coup vie et mouvement; l'imagination va vite et loin ; elle ne

s'arrête plus Nous en étions là quand soudain, par

l'ouverture de la loge royale, éclate une voix pleine, jeune, vibrante, une voix de femme, une voix italienne, dont les accents remplissent la grande salle, elle chante le grand morceau du premier acte de la Traviata :

Tut a sola perdutJ. in questo deserto.

Pauvre fille, elle a laissé son soleil, son bon public si gai, si facile, pour ce ciel gris et froid, pour ces gens lourds, épais, qui viennent l'écouter en digérant leur choucroute. Mais, pour nous, quel plaisir d'entendre, au lieu des rudes accents germains, les molles et caressantes intonations de cette douce langue d'Italie !

Puis le silence se fit de nouveau, plus complet et plus profond qu'auparavant; ce chant nous avait, en un instant, transporté bien loin, évoquant de ces souvenirs que le moindre incident fait toujours accourir en foule, et auxquels il vaut mieux peut-être ne pas trop s'arrêter.

Mais reprenons notre visite de l'Opéra de Hanovre. Indépendamment de la salle de spectacle proprement dite, l'Opéra renferme une salle de concert de près de 400 mètres de surface : son principal accès a lieu par le foyer. Eclairée sur ses deux faces latérales, cette salle

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Fig. 99.

peut aussi servir à des réunions de jour.* L'aile opposée contient une salle de répétitions, trois salles d'exercices pour le corps de ballet, les musiciens et les artistes dramatiques, avec des chambres à air pour les isoler de la salle et éviter le bruit, enfin, en arrière de la scène, les services divers, salles d'accessoires, magasins de costumes, loges et foyers des artistes.

Le monument, nous l'avons dit, est isolé de toutes

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parts et placé au point culminant d'une grande place; cette situation le fait valoir : il paraît plus élevé, plus élégant qu'il ne Test en réalité.

Ses façades (fig. 98) ont dans leurs dispositions générales un certain air de grandeur ; les détails manquent d'originalité, mais sont très-simples et employés avec une grande sobriété; les proportions des étages, leurs dimensions par rapport au grand motif qui accuse la salle à l'extérieur, sont trop uniformes ; enfin, autre défaut plus sérieux, ce, monument, inspiré d'une architecture née dans un autre pays, sous un climat moins rude que celui du Nord, offre le grave inconvénient d'avoir des combles couverts en terrasses , condition déplorable dans une contrée humide, sous un ciel gris et froid 5 aussi, bien qu'il n'ait que vingt ans d'existence, ofFre-t-il déjà dans certaines parties des traces de détérioration qui ne feront que s'aggraver avec le temps.

Nous rencontrons sur notre chemin une construction bizarre et qui contraste singulièrement avec l'Opéra. C'est la salle du gymnase \ Un bâtiment principal s'élève en bordure de la voie publique (fig. 100); il comprend un étage au-dessus du rez-de-chaussée qui, bas et écrasé, fait valoir la partie supérieure. Le parti décoratif placé au-dessus de la porte d'entrée est un peu compliqué, mais il présente des arrangements ingénieux ; il y a là une foule de détails dans lesquels le goût germain s'est efforcé de présenter à sa manière les souvenirs gothiques; l'effet obtenu est original en ce qu'il indique bien son origine, c'est-à-dire les transitions subies,pour arriver des formes lourdes, heurtées, du gothique tudesque, à ces

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