‹ Notes de voyage [microforme]Chapitre 13 sur 19 · EE · texte numérisé non relu

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ébranle les nerfs. Vous vous sentez attiré vers elle de façon irrésistible.

Les gens qui, alors, vont tout droit se jeter dans la chute ne m'étonnent pas.

Ce sont tout simplement, non des suicidés, mais des gens nerveux, des gens à impressions trop vives. Il leur faut un bain ou la mort.

Mais il y a d’autres moyens de passer lu

sous la chute. Il y en a même de très pratiques, et, revêtu d’un costume con-

la sensation de sentir crouler sur vous ce tourbillon liquide. Vous circulez sous les flots comme sous terre.

A mesure que vous remontez à la sur-

face, vous voyez tout tout au fond comme À

de petits nains qui ne sont autres, pour-

tant, que des touristes qui suivent la!

route que vous venez de parcourir. Vous avez été aussi petits qu’eux un instant auparavant.

Je ne le dis pas uniquement par pa- M

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triotisme, mais le côté canadien des chutes est bien autrement pittoresque que le coté américain, trop industrialisé ; et lorsque monte de la chute cette buée lumineuse qui jette sur tous les jardins environnants une clarté délicieuse, le contraste est merveilleux entre le paysage, calme et reposé, et l’éternelle tourmente.

Notre traversée de retour à Toronto s'effectue par une nuit splendide. Comme nous approchons, nous sommes frappés de l'étendue de la ville qui, comme un cordon de lumière, se développe sur la rive, Cette vue de nuit, cette brillante illumination, donnent l'impression qu’on a devant soi, une très grande viile dont la silhouette remplit l'horizon tout entier.

A bord, se trouvaient avec nous un prêtre français, venu du Cantal à Toronto, et quelques ecclésiastiques, français aussi, tous très attachés au Canada.

Cet attachement, du reste, on le retrouve chez tous les Français qui ont habité

mt T0), : me

notre pays, comme le désir passionné de voir la France chez les Canadiens.

Avec ces Canadiens de fraiche date, M ces Français d'hier, nous ne parlons M que du Canada, qu'ils ne se lassent pas M de louer; avec des Canadiens, nous n'aurions parlé qué de la France, sans jamais satisfaire tout à fait leur curiosité, ni “puiser leur intéret.

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