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Québec est une ville unique; aucune autre ne réunit de tels souvenirs à une
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conservation si parfaite de son aspect primitif, de son caractère historique, à une nature environnante si merveilleuse, à une société si aimable et si brillante.
Comme me le disait un de mes compagnons de voyage, c’est un bijou; et comment les Américains qui viennent chercher en Europe de moindres spectacles, qui vont à Etretat, étriqué, à Trouville, baraque, je crois même à Dinard, poudré, ne finiraient-ils pas par priser ce joyau ? Maintenant surtout que le C. P. R. a mis sur sa terrasse un hôtel magnifique, Québec est destiné à être comme la ville de plaisance de l'Amérique du Nord. Et avec la ville de plaisance grandira la ville industrielle.
Cette situation géographique incomparable sera enfin mise en pleine valeur.
Les touristes américains venus pour admirer un beau site, mais qui ne perdent jamais leur temps, découvriront aisément tout ce qu’il renferme de res-
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sources pour de plus grandes entreprises.
La société québecquoise a une physionomie bien à part. Il n'y a guère que là qu'on trouve en Amérique une société qui songe à s'amuser et que rien ne peut détourner de ses projets de fête et de plaisir. On sent un milieu qui a toujours contenu une capitale. L'officialité n’a rien de gourmé; les fonctionnaires sont aimables, les gens en place bons enfants.
On éprouve quelque confusion à les voir si empressés à vous satisfaire, C'est à hésiter à leur demander quelque chose, car ils ne vous refusent rien, et on a peur d'abuser.
Les édifices du Parlement ont un air ouvert, gracieux et comme accueillant; ils sourient aux députés. On n'a jamais, bien sûr, étouflé de discours dans ces libres murs. On y parle comme à ciel ouvert. Allais aussitôt, voyant la grande porte ouverte, voulait entrer entendre
un discours. Ca lui donnait soif d'éloquence, lui qui n’est jamais entré au Palais-Bourbon; il s’est promis de reve nir pendant une session. Il est convaincu que les députés anglais, dans ce milieu, doivent parler anglais avec un léger accent français.
Nous allons à Spencer Wood, par la route Saint-Louis, pour en revenir par le chemin Sainte-Foye. C'est une promenade charmante, et lorsque de Sainte- Foye on parcourt du regard tout Île versant des montagnes, c'est ravissant.
Le lieutenant gouverneur, M. Chapleau, nous accueille avec cette bonne grace qui est dans sa nature; et nous voilà de suite à causer de Paris avec un Parisien, plus au courant que nous qui avons perdu langue depuis un mois. Il ne nous reste, pour couvrir notre défaite, qu'à causer du Canada, et alors notre hôte nous fait compliment d’être si Canadiens. Le fait est que déja mes
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compagnons parlent comme s’ils avaient
ntré au toujours habité le pays. Ils me renseide reve gnent, sans en avoir l'air, sur mon pays. nvaincu Ils n'ont plus l'air de se souvenir du milieu,
train de vie parisien.
Ce parc de Spencer Wood est tout à fait magnifique et de grand air. Avec
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1, par la cette large résidence, cette belle biblioenir par thèque où l’on retrouve, à côté des ine pro- œuvres canadiennes, les dernières publie Sainte- cations parisiennes, ces allées ombreuses, tout Îe cette vue grandiose du Saint-Laurent, ce avissant. voisinage d'une ville et d’une société . Cha- charmantes, ces réunions d'hommes de e bonnc goût très cultivé, ce serait une belle et nous retraite pour quelqu'un qui serait arrivé avec un à l'heure de la retraite. Mais M. Chaous qui pleau n'a rien d’un homme à la retraite. mois. I! L’éclat de son esprit, la vivacité de sa défaite. parole, sa vigueur physique, tout révèle rs notre ken lui l'homme d'action, qui prend seuètre Si M lement un instant de repos, entre deux
éjàa mes ministères.