‹ Notes du premier président Pellot sur la NormandieChapitre 108 sur 122 · SIÈGE DE CARENTAN · texte numérisé non relu

SIÈGE DE CARENTAN

CLERGE

L'abbaye de Blanchelande, ordre de Prémonstré; ils sont mitigez, il y a 14 ou 1 5 religieux; l'abbé se nomme M. de Saint- Romain, par la démission que luy en a faitte le fils de M. de la Salle, commandant les gens d'armes du Roy. Le revenu, pour l'abbé, est de 9 à 10,000 1. t. Elle est, présentement, chargée d'une grosse pension deue à M. Dondory de 5 à 6,000 1. t. (1).

Il y a une maison de filles de la congrégation de Nostre-Dame, dans le fauxbourg de Carentan; leurrevenu est de 2 m. 6 ou 700 1. t. ; ils [sic] sont 2 5 ou 3o religieuses.

Le prieuré de Boshon [Bohon] possédé par M. l'abbé Goquelin, docteur de Sorbonne ; dépendant de l'abbaye de Marmoustier; de 3 à 4,000 1. t. de rente.

L'abbaye de Saint-Lo, à l'abbé de La Vrillière, à présent archevesque de Bourges; vaut 10,000 1. t. de rente.

GENTILSHOMMES ET PRINCIPALLES TERRES

Le comte de Ganisy; a servy avec son frère, qui avoit un régiment d'infanterie ; demeure dans sa terre de Meautis, de 8 à 10,000 1. t. de rentes; leur nom est Carbonnel ; est honneste homme, petit lieutenant de Roy

(1) François Caillebot de la Salle fut abbé de Blanchelande, de 1668 à 1671. Après lui, ce fut Melchior de Harod, marquis de Saint-Romain, abbé, de 1671 à 1672, remplacé par Jean-Baptiste Boyer. (Gallia christiana, t. XI, col. 949.)

Au lieu de Dondory, il faut sans doute lire : Ondedei, nom d'un précédent abbé.

dans le Gostentin, gouverneur cTAvranches ; est d'une ancienne famille (i).

Le marquis de Brévan ; demeure dans sa terre de Brévan ; a une compagnie de chevaux-légers ; sa terre vaut 20 m. 1. t. de rentes; son nom est La Luzerne (2); sa terre, où fay esté, est bien bastie.

Le comte de Coignier [Coigny] ; fils du comte de Franquetot; a eu la cornette blanche; est beau-frère de M. de Matignon; commande le régiment Royal de cavalerie [sic]; est honneste homme (3).

(1) Voy. supra, p. 14, note 1.

Il est à remarquer, toutefois, que, précédemment (p. i3, note 5), c'est le marquis de Ganisy, et non son frère le comte de Canisy, qui est indiqué comme gouverneur d'Avranches.

Au nombre des membres de la famille de Carbonnel inhumés dans l'église de Canisy, figure François de Carbonnel, seigneur de Méautis, appelé le comte de Méautis-Canisy, fils de René de Carbonnel, veuf de Louise Le Roux de Gonfreville, décédé à Saint-Lô, en 1686, à l'âge de soixante-huit ans. (Société... de la Manche, t. XII, p. 94.)

(2) Voy. supra, p. 14, note 3.

En 1640, Brévands appartenait à Antoine de La Luzerne, « riche de i5,ooo 1. t. de rente. Homme de rien.» (Société... de la Manche, t. XI, p. 5i).

Celui dont parle Pellot serait son neveu.

(3) Robert- Jean-Antoine de Franquetot, chevalier, comte de Coigny, lieutenant général des armées du Roi, épousa, en 1668, Marie-Françoise de Matignon. (Béziers, t. III, p. i3.)

Sur l'année 1719, Saint-Simon écrit: « Mme de Coigny mourut aussi fort vieille ; elle étoit sœur du comte de Matignon, chevalier de l'ordre, et du maréchal de Matignon. On l'avoit mariée, à grand regret, mais pour rien à Coigny, qui étoit fort riche. Le fâcheux étoit qu'il les avoisinoit, et que ce qu'il étoit ne pouvoit être ignoré dans la Normandie. Son nom est Guillot, et, lors du mariage, tout étoit plein dans le pays de gens qui avoient vu ses pères, avocats et procureurs du roi des petites juridictions royales, puis présidents de

Le baron d'Auxens [ Auxais] ; sa terre d'Auxens, où il demeure, vaut 9 à 10,000 1. t. de rentes (1).

Sepville Cadot; a esté officier chez le Roy; demeure à sa terre de Sepville, de 9 à 10 m. 1. 1. de rente; a espousé la tante du mareschal de Bellefonds (2).

Le marquis de Franquetot-Vassy ; demeure à Carquebut (3), qui est une terre de 6,000 1. t. de rente.

Saint-Simon, grand prévost de Normandie, demeure à

ces juridictions subalternes. . . . Coigny se trouva un honnête homme, bon homme de guerre, qui ne se méconnut point et qui mérita l'amitié de ses beaux-frères ; c'est lui qu'on a vu, en son lieu, refuser le bâton de maréchal de France, sans le savoir, en refusant de passer en Bavière, dont il mourut peu après de douleur. . . Il acheta, tout près de son bien, la terre de Franquetot, de gens de condition en Normandie. Il vit cette maison s'éteindre ; alors il obtint des lettres patentes pour changer son nom de Guillot en celui de Franquetot et les fit enregistrer au parlement de Normandie... » (Saint-Simon, t. XI, p. 174.)

Chamillart (p. 620) date de i6o3 les lettres de changement de nom ; ce n'est donc pas le personnage en question qui les aurait obtenues ; mais l'origine modeste des Guillot est confirmée par ce fait qu'ils furent, jusqu'en 1 592, fieffermiers des marais de la paroisse de Baupte. (Renault, Coutances, p. 481.)

(1) François-Hilarion de Franquetot, seigneur et patron d' Auxais, y demeurant, épousa Renée de Franquetot. (Cham., p. 620). Voy., sur la famille, la note précédente.

(2) Voy. supra, p. 17, note 1.

Mais celui dont il a été parlé y est dit beau-frère du maréchal de Bellefonds.

(3) Henri-François de Franquetot, seigneur et patron de Carquebut, y demeurant, avait vingt-deux ans lorsqu'il fut maintenu par Chamillart (p. 620).

En 1640, Carquebu appartenait à Thomas de Franquetot, « demeurant d'ordinaire à Paris ; homme d'honneur, voiant le Roy, riche de 18,000 I. t. de rente... » (Société... de la Manche, t. XI, p. 54.)

sa terre de Beuzeville-en-Beauptois (i), de 7 à 8 m. 1. t. de rentes.

La terre de Sainte-Marie-du-Mont, possédée par Made la duchesse de Vantadour (2) ; ne vaut pas, à présent, 20,000 1. t. de rentes.

La comté de Monmartin, 20 m. 1. t. de rente ; à Made de Matignon la douairière, mère du lieutenant de Roy (3).

La terre de Ravenauville, de 1 5 à 20 m. 1. t. de rente; est à présent à M. Berryer, qu'il a eue pour fort peu et à bon marché (4).

(1) Voy. supra, p. 16, note 2.

(2) Marie de la Guiche, tille de Claude-Maximilien de la Guiche- Saint-Géran, épousa, en 1645, Charles de Lévy-Ventadour ; elle mourut en 1701. (Voy., sur eux, les Historiettes de Tallemant des Réaux, t. III, p. 384, et VI, p. 463 et s. — Saint-Simon, t. I,

Leur fille Marguerite-Félice de Lévy-Ventadour épousa, en 1668, Jacques-Henri, duc de Duras, maréchal de France.

Sur l'année 1701, Saint-Simon écrit :

« La maréchale de Duras perdit sa mère, la vieille duchesse de Ventadour-la-Guiche qu'on ne voyoit plus guère à l'hôtel de Duras, où elle logeoit, et qui, depuis longtemps, vivoit chez elle en basse- Normandie en très grande dame qu'elle étoit et qu'elle savoit bien faire. » (Saint-Simon, t. Il, p. 229.)

(3) Charles-Auguste de Goyon-Matignon, comte de Gacé, baron de Briquebec, Blosseville, la Houllette, Orglandes, qui eut une brillante carrière, avait épousé Marie-Elisabeth Berthelot.

Son fils, Louis-Jean-Baptiste de Goyon-Matignon prendra les qualifications de comte de Montmartin et baron de Gié. (La Chesnaye- Desbois.)

M. de Matignon, lieutenant général, « y possède [à Montmartin] dix-huit à vingt mil livres de rente. »> (Mémoires sur la Généralité de Caen, p. 34.)

(4) Ravenoville, à M. Berryer, « qui [y] a douze à quinze mille

Le marquisat de la Haye-Dupuys, à M. de la Haye du Puys; vaut i 5 à 1 6 m. 1. 1. de rentes; son surnom est Du Fay (i) ; il a haute-justice.

La terre de Varengbec, à M. le marquis de Rothelin (2) ; vaut 1 2 m. 1. t. de rentes.

La terre d'Auvers, à M. le baron d'Aspres (3); vaut 1 5 m. 1. t. de rentes.

La terre de Beuzeville-sur-le-Vé; vaut 24 ou 25, 000 1. t. de rentes; aux héritiers de M. de Beuzeville (4).

livres de rente et les honneurs de l'église et un beau château, baty à la moderne ». (Génér. de Caen, p. 44.)

Ravenoville ne devait pas appartenir au fameux Berryer, mais à on frère, René Berryer ? (Arch. Calvados, F. 19.)

Ghamillart (p. 487) avait maintenu Giles du Poërier, srde Ravenoville, alors âgé de vingt-trois ans, qui en était, alors, propriétaire.

(1) La terre de la Haye-du-Puits, avait été, à la suite d'une saisie, adjugée, en i665, à Charles Martel, sieur de Boisroger; mais Louis Dufay, sieur de Vierville, président à mortier au parlement de Normandie, la clama, au nom de sa femme, Anne de Magneville, fille de Gédéon de Magneville sur lequel elle avait été saisie. Leur fille unique, Françoise Dufay, épousa, en 1689, Bruno-Emmanuel Langlois de Motteville, président à la chambre des comptes de Rouen. (Renault, Coutances, p. 589.)

Le Rôle de la noblesse du bailliage du Cotentin, en 1 640, disait de Gédéon de Maigneville : « de bonne famille... ; homme de servisse, mais fort incommodé en son bien. {Société. .. de la Manche, t. XI, p. 57.)

(2) Lis. Varenguebec et voy. supra, p. 234, note 2.

(3) Probablement François de Sainte-Marie, sieur d'Auvers, marié à Marie de Répichon, en 1637, âgé de cinquante ans quand il fut maintenu par Chamillart (p. 188). On rencontre, en 1696, Catherine de Pienne, veuve de François de Sainte-Marie, seigneur d'Aspres. (Armoriai..., Généralité de Caen, t. I, p. i63.)

(4) Chamillart (p. 176), avait maintenu Paul Tanneguy de La Luzerne, alors âgé de trente-trois ans, marié en i656, à Catherine de Montenay, seigneur et patron de Beuzeville-[sur-le-VeyJ.

La terre de Sainte-Mère-église, de 10 ou 12 m. 1. t. de rentes; au marquis de Courtaumer ; son surnom est de Saint-Simon (1).

Page 1