SIEGE ET VICOMTE DE SA1NT-SILVIN ET LE TUIT
Jacques Peraut, lieutenant particulier au baillage ; jeune homme de 3o ans ; riche de 7 à 8 m. 1. 1. de rente ; honneste homme; sa charge vaut 12 a i3 m. 1. t.
Ruau, lieutenant criminel, fils de bonne famille ; jeune officier; 2 m. 1. t. de rente.
L'Islaye, escuyer, vicomte; il y a quinze ans qu'il est officier et fait bien sa charge ; à qui j'escris ; 6,000 1. t. de rente (1).
Bénard, lieutenant particulier du vicomte ; peu de chose.
Charles Le Boucher, escuyer, frère du vicomte, avocat du Roy; habile et entendu dans sa charge; il est le 6e de la maison, de père en fils, dans cette charge ; i,5oo 1. t. de rente ; chargé de famille.
Chassy, procureur du Roy au baillage et vicomte; gentilhomme]; peu d'esprit, mais a 10,000 1. t. de
(1) Chamillart (p. 566) maintint Charles Le Boucher, sieur du Haussey, et du Homme, avocat du Roi à Saint-Sylvain, alors âgé de quarante-un ans, — Voy. supra, p. 44, note 5.
rentes; la charge est dans sa maison depuis longtemps; la possède de père en fils.
Les charges de conseillers assesseurs valent 2,000 1. t.
Saint-Silvin est un petit lieu à 4 lieues de Gaen, où il n'y a pas 5oo personnes. Il a dans sa jurisdiction 80 parroisses mais pas entières; peu de commerce dans ce pays.
VILLES DÉPENDANTES DU DIT BAILLAGE d'aLENCON
Alençon. — Il y a, dans la dite ville, 20 ou 25, 000 communians ; il y a i,5oo ou 2,000 huguenots; les plus considérables d'entr'eux sont les srs de Boishubert (1), Vaucelles et de Vervenne (2), qui a esté commissaire avec M. de Marie pour l'édit de Nantes: est brave gentilhomme] ; a espousé une fille de la maison de Refuge.
Le trafic de ladite ville conciste en toilles et en point de fil de France; il y a bureau de manufacture; il y a un tarif de 3o ou 40 m. 1. t.
Argentan. — Est une ville qui n'est pas grande, dans une pleine, mais bien sçituée; la petite rivière d'Orne, qui va à Gaen, passe au milieu; a une forest du Roy à un quart de lieue et des grands prez devant elle ; les fauxbourgs la rendent considérable; il y a élection. Le commerce de ladite ville conciste en serges que Ton envoyé à
(1) Peut-être de la famille Blanchard de Boishubert, habitant alors à Tillières, anoblie en 1696? (Lebeurier, Etat des anoblis, p. 39.)
(2) Une famille de Saint-Denis possédait le fief de Vervennes dès le premier quart du xvue siècle. Pierre de Saint-Denis, sieur de Vervaine, obtint des lettres de restitution contre un acte passé en 171 1 par sa mère, alors qu'il était « absent, au service du roi ». (Génér. dC Alençon, p. 235. — Arch. Orne, H. 5009.)
Tlsle, et en cuirs que Ton envoyé à Paris que l'on y apreste.
La ville paye 25 m. 1. t. de taille et le tarif monte à 20,000 1. 1.
11 y a dans ladite ville 6,ooo âmes ou environ ; et 40 parroisses dans Testendue de la jurisdiction.
VerneuiL — Ville assez grande, peu peuplée ; il y a prez de quinze mille âmes ; l'on y fait des bonnets et des bas.
Sée\. — Est une petite ville, à 4 lieues d'Alençon, mixte de la jurisdiction d'Essay et de Falaize, dont l'évesché en fait la beauté.
Domfront. — Est une petite ville scituée sur un roc assez eslevé ; dans tous les environs sont précipices, à la réserve du costé de la forest d'Andainne; c'est le grand chemin de Bretagne ; il y avoit autresfois un château qui estoit le lieu et retraitte des anciens comtes de Montgommery, le quel a esté entièrement razé.
Li\ieux.