NOBLESSE ET PRINCIPAUX GENTILSHOMMES
Sous Louis XIe l'on donna un édit, en 1470, que tous ceux qui possédoient des fiefs nobles seroient nobles, qui
est l'édit que Ton appelle des francs-fiefs (i). L'on prétend que la plus part de la noblesse vient de ce temps là ; il y en a bien, pour le moins, les deux tiers.
Les plus anciens gentilshommes sont ceux qui sont de Neustrie, de l'ancienne Normandie avant que les Normands l'eussent envahie, mais il en reste peu de maisons maintenant.
Les autres, qui suivent, sont ceux qui vinrent avec les Normands quand ils envahirent qui [lis. : ce qu'ils] firent sous Rollo en 800 [sic]. Ceux de Montgommery et d'Harcourt prétendent en venir.
Guillaume-le- Conquérant conquit l'Angleterre en 1070 [lis. : 1066] et y mena quantité de gentilshommes de Normandie (2).
Persy a espousé la sœur du sr de Neubosc, veuve du sr Damiens, conseiller (3).
Le marquis d'Heudicourt, Sublet est son nom, parent de feu Monsr des Noyers, vers Gisors, a 20,000 1. t. de rente ; a espousé Madle de Pons (4).
(1) Sur cet édit des Francs fiefs de 1470, d'une importance capitale pour l'histoire des familles nobles en Normandie, voy. abbé P.-F. Lebeurier, Etat des anoblis en Normandie de i545 à 1661. Evreux et Paris, 1866, in-80, introd., p. v et suiv.
(2) Il est inutile de faire remarquer qu'il n'y a pas une seule famille qui puisse faire remonter authentiquement sa filiation jusqu'à des époques si reculées; et que ces quelques notes ont été prises un peu trop hâtivement par Pellot.
(3) Sa femme s'appelait Madeleine Voisin et était fille du conseiller Nicolas Voisin, sieur du Neubosc, et d'Anne Brice. (Etat des officiers des cours souveraines, ms. du xvme siècle appartenant à M. P. Le Verdier, p. 243.)
(4) Michel Sublet, chevalier, marquis d'Heudicourt, seigneur de Saint-Père, d'Hébécourt, grand louvetier de France, marié à Bonne de Pons, cousine du maréchal d'Albret.
On dit que Bonne de Pons fut mariée à M. d'Heudicourt par les
Le marquis de Saint-Jean cTHarbouville, proche de Rouen, a 20,000 1. t. de rente. [D'autre écriture :] Ruiné (1).
Sainte-Croix Bussy, a de l'esprit ; un peu emporté, a
soins de Mme Scarron, qui devint depuis M™e de Maintenon. Le crédit de Mme de Montespan, jalouse de la beauté de Mœe d'Heudicourt fit exiler d'abord cette rivale de la cour. Mme de Maintenon la fit revenir et admettre dans la calèche du Roi. On conserve à Heudicourt un tableau que l'on croit de Mignard qui représente Mmes de Maintenon et d'Heudicourt peintes sur la même toile. (Charpillon, vo Heudicourt.)
Plus loin, Pellot estimera à 12,000 livres la fortune du marquis d'Heudicourt.
Saint-Simon parle très souvent et très longuement de M. et de Mme d'Heudicourt. « Le maréchal [d'Albret], qui ne savoit que faire de Mlle de Pons [sa nièce], trouva un Sublet, de la même famille du secrétaire d'Etat des Noyers, qui avoit du bien et qui, ébloui de la beauté et de la grande naissance de cette fille, l'épousa pour l'alliance et la protection du maréchal d^lbret qui, pour lui donner un état, lui obtint, en considération de ce mariage, l'agrément de la charge de grand louvetier... »
Sur l'année 1709, il écrit : « La cour fut délivrée d'une manière de démon domestique en la personne de Mme d'Heudicourt... J'ai parlé suffisamment d'elle... et de l'intime liaison qu'elle y fit avec Mme de Maintenon...» « Son mari en tiroit parti, le bâton haut, sans presque vivre avec elle, mais il s'en étoit fait craindre. C'étoit un vieux vilain, fort débauché et horrible, qui étoit souffert à cause d'elle et ils ne laissoient point de se tourmenter l'un l'autre. 11 étoit gros joueur, le plus fâcheux et le plus emporté et toujours piqué et furieux..., etc .., etc.. » (Saint-Simon, t. I, p. 227 ; t. II, p. 240; t. IV, p. 291, et passim.)
Le fils de M. et Mme d'Heudicourt n'est pas moins mal traité par Saint-Simon qui raconte avec plaisir une fâcheuse aventure qu'il eut avec le maréchal de Villars. (Id., t. V, p. 307-309.)
« Heudicourt, vieux, joueur et débauché..., obtint pour son fils, mauvais ivrogne, la survivance de la charge de grand louvetier [171 1]. » (Id., t. IX, p. 86.)
(1) Voy. supra, p. 1.
espousé une fille de qualité, -demeure proche la forest de Lions (i).
Saint-Clair de Fours, demeure vers Gaillon [ce nom a été effacé et remplacé, d'autre écriture, par :] Andely; frère de feu de Fours. Sa femme a esté bien avec Parchevesque de Paris (2).
Varicarville, le fils, est jeune et sert ; un peu duppe; a perdu mal à propos quelque argent; n'est pas mal fait. Le père est incommodé de santé, a 20,000 1. t. de rente, perte [sic] de Varicarville dont on a parlé (3).
(1) Lis. Buchy, et voy. supra, p. 22.
(2) Michel de Fours, seigneur de Saint-Clair, et Michel, son fils mineur, furent maintenus, le 20 février 1669, dans l'Election de Lyons, par La Galissonnière qui note que Catherine Bénard ou Bernard, sa veuve, s'est remariée au comte de Mespieux du nom de Grolée. Il avait alors, outre Michel, un autre fils du nom de Bertrand. Le nom de Mme de- Fours ne se rencontre pas dans un Recueil de noéls, vaudevilles, épigrammes (Biblioth. municipale de Rouen, fonds Leber, no 58 12), qui cite d'autres bonnes fortunes de l'archevêque de Paris.
On le retrouve dans l'Election des Andelys, avec cette mention : « maintenu avec éloge pour ses signalés services ».
(3) Jacques de Varicarville [forme ancienne de Valliquerville], marié, vers 1641, à Jacqueline de Rupierre, mourut vers 1679. C'est probablement celui dont Voysin dit (p. 74) : M. de Varicarville « a esté dans le service où il a perdu un bras»; et, aussi, ce gentilhomme de qualité qui, dans son château du Vexin, facilitait les amours de Ninon de Lenclos et de Villarceaux; qui est riche et fait bonne chère aux gens, mais est un original. Il fut fréquemment employé pour le service et dans les intrigues de Gaston d'Orléans. (Voy. Les Historiettes de Tallemant des Réaux, édition de Montmerqué et Paulin Paris. Paris, 1854- 1860, 9 vol. in-8°, t. VI, p. 8, 19.)
Si il avait 20,000 livres de rente, il n'en laissa pas moins une succession fort embarrassée. Son fils aîné, Charles, né en 1642, vit saisir successivement tout ce qui composait la succession de son
Bardouville, fils de Bardouville qui estoit en réputation d'esprit. Geluy-cy n'en manque pas, a servy, et a 4 ou 6,000 1. t. de rente, n'est pas marié (i).
De l'Isle-Marivaut, a une terre, vit d'une débauche obscure (2).
Fergeol de Vilers, petit gentilhomme, proche la Rivière-Bordet, assez honneste homme (3).
La Rivière-Bordet, à M. de Bernières ; s'afferme 9,000 1. 1., n'est pas en justice ny en beaux droits, tout en domaine et en prez(4).
père et il dut faire abandon de tous ses biens; il n'en conservait que la propriété, et encore, provisoirement, mais ses revenus devenaient le gage de ses créanciers. (L.-A. Beaucousin, Recherches historiques sur la paroisse et les seigneurs de Valliquerville. Le Havre, 1903, in-8°, p. 39-43.)
(1) Pierre de Saldaigne, sieur de Bardouville, est mentionné par La Galissonnière (Election de Rouen).
Peut-être de la famille de : Bardouville, ami du fameux Des Barreaux « gentilhomme de Normandie, homme d'esprit, mais libertin » dit Tallemant des Réaux. On lit dans le Valesiana : « M. Bardouville est un gentilhomme fort bien fait et très brave de sa personne. Il se battoit souvent en duel. Un jour s'étant battu contre M. . . et l'aiant tué, il fut pris et condamné à avoir la teste tranchée. » (Tallemant des Réaux, t. IV, p. 49, 56.)
(2) Louis de l'Isle, marquis de Marivaultet d'Ambourville [canton deDuclair], qui épousa : i° Madeleine de Roye-Malhortie ; 20 Anne- Geneviève Gruyn-Desbordes, en 1682 ; 3° Madeleine Busquet, fille d'un conseiller au parlement de Rouen. Il servit dans les mousquetaires du Roi et mourut en 1691. (P. Anselme, t. VIII, p. 194.)
Il avait plusieurs frères. Saint-Simon (t. V, p. 67) parle très longuement d'un d'entre eux, qui fut lieutenant général. Leur père, dit-il, « se maria mal, et ne figura point ».
(3) Voy. supra, p. 38.
(4) Etienne Maignard, chevalier, seigneur de Bernières, la Rivière- Bourdet et autres lieux, en faveur de qui plusieurs terres furent érigées en marquisat de Bernières, en 1678, marié à Madeleine
L'Illy. Il n'y a d'affermé que 5oo 1. t. ; peut valoir, en tout, i^ooo 1. t. ; est à ce bon homme Pllly, qui est Monflène, âgé de 87 ans en 1673 (1).
Noumare, capitaine d'Anjou, honneste homme et fils d'un trésorier de France de Rouen, est mort (2).
Bréval la Potterie, lieutenant-colonel de Champagne, fils d'un maistre des comptes (3).
Le chevalier [de] la Potterie, son frère, honneste homme, major d'un vieux régiment (4).
Faucon, tille de Jean-Louis Faucon de Ris, premier président du parlement de Normandie. (Revue nobiliaire, t. VI, p. 23o-23i.)
(1) « 1662. — Laurens Halle, chevalier, seigneur de Lilly et du Genetay», trésorier de France, puis président au Bureau des finances. (B. N., département des manuscrits, fonds français, n° 32,3 18, p. y32.) Sa famille possédait aussi Mouflaines.
Des délégués de l'Académie d'architecture de Paris, qui visitèrent Rouen et les environs en 1678, disaient: « Nous avons veu aussy une autre maison [le Genetay], à une demye lieue de là [de l'abbaye de Saint-Georges-de-Boscherville], bastie de brique et de pierre du Val des leus, apartenante à un président des thrésoriers de France de Rouen nommé M. de Ligny [lis. : de Lilly] du Geneté, le tout assez bien conservé ; la cour qui est fermée d'une muraille de pierre et de brique, de 6 à 7 pieds de haut, donne lieu à un écho artificiel très net et distint lorsque l'on parle ou que l'on chante à une distance qui est marquée. » (Congrès du Millénaire de la Normandie, compte rendu des travaux. Rouen, Gy, 191 2, in-8°, t. II,
(2) Peut-être faut-il lire Normare ? Il s'agirait alors d'un fils de.. . Louvel de Normare, trésorier de France en i63o.
(3) La Galissonnière (Elect. des Andelys) mentionne Guy Le Comte, dit le chevalier de la Potterie, lieutenant de la mestre de camp de Champagne, demeurant à Guerny, maintenu ainsi que son frère, fils d'un trésorier de France et petits-fils d'un maître des requêtes. Jean-Paul Le Conte, conseiller au conseil privé et maître des requêtes était seigneur de Dracqueville, la Potterie, Bonnemare et Bréval.
(4) Voy. la note précédente.
Le chevalier des Alleures, lieutenant des gardes, fort honneste homme (i).
BAILLAGE DE ROUEN