UNIVERSITÉ DE CAEN
Il y a à réformer.
Minardière, ne fait pas ordinairement les leçons (1).
Cailly, très habile philosophe, un des meilleurs de France, qui m'harangua en latin et je luy respondis (2).
Dustaley [sic], habile professeur en droit, vieux (3).
Il y a, aussy, un habile professeur en réthorique.
Il y a, peut-estre, cent escoliers en droit et trois ou quatre cens dans les autres lieux [lis. : facultés?].
Vaucouleur, habile médecin, de bonne conversation et qui sçait beaucoup (4).
GENTILSHOMMES ET PRINCIPALLES TERRES
Le Biais, sieur du Quesné, a esté plus de vingt ans lieutenant général de Caen ; n^ point d'enfans masles ;
(1) Il faut lire Ménardière. On verra plus loin qu'il était aussi avocat au bailliage et siège présidial de Caen et qu'il est mort jeune. Un Alexandre Ménard de la Ménardière fit enregistrer ses armoiries à Caen en 1696. (Armoriai. . ., Gêner, de Caen, t. I, p. 134.)
(2) Pierre Cailly, ou Cally, professeur d'éloquence et de philosophie à Caen, auteur de divers ouvrages, mort en 1709. (Frère, Bibliogr. norm., t. I, p. 172.)
(3) Henri Halley, professeur de droit à l'Université de Caen, mort en 1688. (Frère, Bibliogr. norm., t. II, p. 61.)
(4) Mathieu Maheust, sieur de Vaucouleurs, auteur de divers ouvrages de médecine, mort en 1700. (Pierre Carel, Les médecins et chirurgiens de Caen, avant la Révolution; Caen, Massif, 1888, in-80, p. 25.)
est riche de plus de 3o m. 1. t. de rente. Les deux gendres sont Mrs Meny-Costé, conseiller de grand chambre, et Voisin, conseiller des enquestes, honnestes gens; luy, a dans Tesprit quelque chose de bizarre et extravagant (i).
Erard Legris [sieur] de Montreuil; n'a point servy; a des enfans dans le service (2) ; sa terre de Beuville vaut 9 à 10 m. 1. t. de rente.
Blondel de Saint-Manvieu, a esté conseiller aux requestes du palais à Rouen ; n7a point d'enfans (3) ; sa terre de Saint-Manvieu, 10 m. 1. t. de rente.
Malherbe, a esté grand prévost de Normandie, frère du président du Bouillon, de Caen ; a du bien, mais peu de chose (4).
Le marquis de La Luzerne, n'a pas beaucoup servy ;
petit lieutenant de Roy de ; demeure à Isigny ; son
nom est Brigueville La Luzerne (5).
(1) Jean Le Biais, sieur du Quesney, baron de Crépon, mort en 1698; conseiller d'Etat pendant la fronde, destitué, parle duc de Longuevilîe, de sa charge de lieutenant général... Rapprocher du portrait de Pellot celui que fait Béziers, t. III, p. 42:$.
(2) Gaspard Erard Le Grix eut Beuville par son mariage avec Jourdaine de Mainbeville, et leur fille porta cette terre à Michel de Roncherolles, baron de Pont-Saint-Pierre, en 1702. (Béziers, t. III, p. 265.)
(3) « 1657. — Jacques Blondel, sr de Saint-Manvieux; on dit ailleurs Charles Blondel, de la ville de Caen, reçeu à la place d'Adrien Poërier ; il estoit petit-fils de Jacques Blondel, lieutenant particulier du bailly de Caen, annobly en 1594. » (B. N., p. ig5 .)
(4) François de Malherbe, seigneur châtelain de Saint-Vaast et du Bouillon, fils de Jacques, conseiller au parlement en 1644, fut grand-prévôt de la haute et basse-Normandie et épousa Suzanne de Cotentin, fille de Jean, seigneur de Tourville, vicomte et capitaine de Coutances. (Béziers, t. II, p. 207.)
(5) Voy. supra, p. i3.
Brévant non plus ; sont honnestes gens et de mes amis ; le sieur de La Luzerne a un fils mestre de camp de cavalerie (1).
Moisant de Brieux, a esté conseiller au parlement de Metz ; a un fils dans le service (2) .
Bailleulde Croisanville n'a point servy (3); sa terre de Croisanville vaut 5 à 6,000 1. t. de rentes.
De la Court d'Auvale, est ayde de camp des armées du Roy; a de l'esprit et est attaché à M. le mareschalde Bellefonds; de la mesme maison de M. le président de la Court (4).
Turgot des Tourailles, a servy plus de vingt-cinq ans; est mort; a esté lieutenant-colonel de Normandie (5).
Vassel des Parles [des Parcs], est capitaine dans le régiment de Navarre (6).
(1) 11 faut probablement comprendre que Brévant n'a pas, non plus, beaucoup servi. Sur lui, voy. supra, p. 14.
(2) Cet ancien conseiller au parlement de Metz est le célèbre Moisant de Brieux, mort en 1674. (Frère, Bibliogr. norm., t. I, p. 154.)
(3) Croissanville sera plus tard érigé en marquisat, et, contrairement à la mention de Pellot : « n'a point servy», les lettres d'érection rappellent, pour notre époque, plusieurs membres de la famille de Bailleul qui auraient servi avec éclat. (De Caumont, Statist. du Calvados, t. V, p. 448.)
(4) Rolland de la Cour d'Auval, âgé de trente-trois ans, fut maintenu par Chamillart (p. 83).
(5) Vers cette époque, on trouve, dans la branche des Turgot des Tourailles : François Gaston, brigadier des armées du roi, et Jean, maintenu, en 1667, parmi les cent chevaliers de l'ordre de Saint- Michel, maréchal de camp des armées du roi. (Revue historique, janvier-février 1914; Paris, Alcan, in-8°, p. 65.)
Voy. aussi, sur la famille, supra, p. 63.
(6) Madeleine de Lile, veuve de Nicolas Vassel, sieur des Parcs, eut ses armoiries enregistrées à Caen, en 1696. (Armoriai. . ., Génér. de Caen, t. I, p. 342.)
Le Chevalier, sieur d'Angranville, a esté conseiller au parlement de Rouen ; n'a point d'enfans; est honneste homme; voisin de la Ramée (i).
De Hérisyde Marselet(2); sa terre vaut 6 à 7,000 1. t. de rentes.
Auber, baron d'Auney (3); sa baronnie d'Auney vaut 16a17m.Lt. de rente .
D'Harcourt de Longue (4) ; n'a point servy et point d'enfans ; honneste homme ; de la maison d'Harcourt.
De Neren, baron d'Audrieu (5) ; a servy; et tous ses enfans; sa baronnie vaut 5 m. 1. t. de rente.
(1) René Le Chevalier, seigneur d'Engranville, Port, Saint- Vast, conseiller au parlement de Normandie, marié à Marie de Cauvigny, eut, ainsi que M. de Croixmare de Lasson, des démêlés avec le fameux abbé de Saint-Martin ; démêlés dont il est question dans la suite de la Mandarinade imprimée à La Haye (à Caen), en 1679. (Béziers, t. III, p. 100).
Il fut reçu conseiller en i65i et cessa ses fonctions en i663. D'après Y Etat des officiers des cours souveraines, à M. P. Le Verdier (p. 254), Marie de Cauvigny serait le nom de sa mère et non celui de sa femme.
(2) Philippe Le Héricy, sieur de Marcelet (paroisse de Saint- Manvieu), âgé de vingt ans, fut maintenu par Chamillart (p. i5ç).
(3) Antoine Auber, baron d'Aunay, y demeurant, épousa Françoise de Villette, veuve de messire Thomas du Bellay. A cette même date, Françoise Auber, dame d'Aunay, aurait apporté cette baronnie à René de Froulay, comte de Tessé, maréchal de France. (Chamillart, p. 53ç>. — Béziers, t. II, p. 4»3.)
(4) Il faut vraisemblablement lire : Lougé.
Jean de Harcourt, baron de Lougé, marié à Jacqueline de Benneville, dame de Juvigny et de Maisoncelles, fille de Jacques de Benneville, partagea, en i652, avec ses frères, la succession de Catherine-Angélique de Harcourt, dame de Lougé. Il eut, entre autres enfants, Jacques de Harcourt, seigneur de Juvigny, peut-être est-ce de ce dernier que parle Pellot ? (La Chesnaye-Desbois.)
(5) Probablement : de Séran. Gilles de Séran était possesseur de
De Sillens, baron de Creuilly(i); a servy ; rPa point cTenfans masles ; sa baronnie est de 17 à 18 m. 1. t. de rente.
De Croixmare de Lasson ; bel esprit ; sçait les mathématiques (2) ; sa terre vaut 8 à 9 m. 1. t. de rente ; fort incommodé des gouttes.
De Cauvigny de Bernières (3) 5 sa terre de Bernières vaut 8 à 9 m. 1. t. de rente.
la baronnie d'Audrieu par son mariage, en i633, avec Marie de Lambert ; son fils, ou son petit-fils, aurait obtenu l'érection de cette terre en baronnie ; son petit-fils a été premier gentilhomme de la chambre du Roi et chevalier de son Ordre. (Béziers, t. II, p. 173- 175. - Cham., p. 247. — De Caumont, Statist., t. I, p. 261.) Un de Sérant, sieur d'Audrieu, avait bénéficié, en i632, du privilège de Saint-Romain; et les de Séran étaient peints, en 1640, comme d'une violence extrême. (Floquet, Privil., t. II, p. 464. — Revue nobiliaire* t. III, p. 270.)
(1) Antoine de Sillans, épousa Madeleine du Tertre, fille du sieur d'Englesqueville, dont il n'eut qu'une fille, mariée au marquis de Canisy, et mourut en 1678. Son père dérangea beaucoup ses affaires et ses enfants renoncèrent à sa succession. (Béziers, t. III,
Un Jean de Sillans, fils du baron de Creuilly, avait, en 16 19, bénéficié du privilège de Saint-Romain. (Floquet, Privil., t. II, p. 458.)
(2) Nicolas de Croixmare, mort à cinquante-un ans, en 1680. « Il n'était point, a dit M. Huet, d'esprit plus ouvert pour toute sorte de littérature. » Il écrivait en vers et en prose avec beaucoup d'agrément et de facilité ; mais la peinture avait fait une de ses plus fortes passions. (Béziers, t. III, p. 353.) — Sur un tour qu'il joua à l'abbé de Saint-Martin, voy. Tallemant des Réaux, t. VII, p. 38 1 ; et supra, p. 253, la note sur Le Chevalier d'Engranville.
(3) Gaspard de Cauvigny, seigneur de Colomby, demeurant à Bernières, âgé de trente-huit ans, en 1666, marié à Catherine Le Tenneur. (Cham., p. 584.)
De Morel de Curcy, a esté escuyer de feu la Reyne (i) ; Carey vaut 4 ou 5 m. 1. t. de rente.
La baronnie de Louvigny, à M. de Bernières de Louvigny, conseiller au parlement de Rouen (2); vaut 17 a 18 m. 1. 1. de rente.
Bougy, à M. le marquis de Bougy (3); vaut 5 à 6 m. 1. t. de rente ; qui est de la R. P. R. ; a du bien en Guienne.
Gourvaudon, à M . de Courvaudon (4), conseiller au parlement; vaut 12 à 14 m. 1. t. de rente.
Le marquis de Silly, à Dozulay proche de Trouart, à cinq lieues de Caen ; a servy ; il a son frère, le chevalier de Silly, qui est chambellan de Monsieur (5).
(1) Peut-être Ravend de Morel, seigneur et baron de Curcy (et non Carey), y demeurant, âgé de quarante-cinq ans quand il fut maintenu par Chamillart (p. 453).
(2) Voy. supra, p. 76.
(3) Jean-Jacques Le Révérend, marquis de Bougy, marié à Elisabeth de Bar de Camparnau, « était maître de camp du régiment colonel et ne quitta le service qu'à cause de sa religion ; il se retira en Hollande. » (Béziers, t. II, p. 491.) Tallemant des Réaux parle d'un marquis de Bougy, maréchal de camp qui, en 1654, a épousé une demoiselle Julie de Callonge, mariage annoncé par Loret (t. VII, p. 3o). Leur fils Jean-Jacques Révérend de Bougy prit le titre de marquis de Calonges.
Il a déjà été fait mention, supra, p. 2 2 3, d'un personnage du nom de Bougy, mais il s'agissait d'une autre personne et même d'une autre famille.
(4) « i665. — Ollivier Anseray, s"" de Courvaudon, troisième fils du président de ce nom en 1607, petit-fils de François, président en 1 58 1 ; il avoit épousé la fille unique du second mariage de M. de Motteville, premier président aux comptes ; il fut receu icy au lieu de Jacques [Godard], sr de Bellebeuf. » (B. N., p. 200.)
(5) Jacques de Vipart, dont il a déjà été mention deux fois, p. 8 et p. 144.
En 1670, prétendant, à tort, paraît-il, que l'on avait surchargé à
Le baron de Gratot, de la maison d^rgouges, ancienne de la province, frère aisné de Rannes, frère du premier président de Bretagne à présent conseiller d^stat (i).
Le marquis de Ganisy, petit lieutenant de Roy d'Avranches (2).
Saint-Georges, qui a esté conseiller aux requestes du palais (3); sa terre de Saint-Georges vaut 5 à 6 m. 1. 1. de rentes.
Sainte-Croix de Grantonne, à M. de Madaillan, marquis de Montataire(4) ; vaut 10 m. 1. t. de rente.
la taille un de ses fermiers des Authieux, le marquis de Silly se livra à de grossières violences sur le receveur de la taille. (Esmonin, La taille en Normandie au temps de Colbert ; Paris, Hachette, 1913, in-8°, p. 372.)
(1) Louis d'Argouges, seigneur de Gratot, y demeurant, épousa : !» Charlotte de la Bellière; 20 Glaire de Briqueville. (Cham., p. 98.)
(2) Voy. supra, p. i3.
(3) Alexandre de Moges, seigneur et patron de Saint-Georges et de Rondefeugère, conseiller au parlement de Rouen, marié, en i665, à Marie Mahéas, veuve d'Etienne Blanchard d'Angerville. (Béziers, t. II, p. 3o3.)
« 1654. — Alexandre de Moges, conseiller aux requêtes, au lieu de Lenfrenc, son père; il estoit sr de Saint-Georges et sorty du premier mariage de son père avec dame Marie Boivin de Bonnetot. » (B.N., p. i93.)
Il avait cessé ses fonctions en 1672.
(4) Louis de Madaillan de Lespare, marquis de Montataire, possédait Sainte-Croix par suite de son mariage avec Suzanne de Vipart, fille de Guillaume, marquis de Sainte-Croix. (Béziers, t. III, p. 38o.) Suzanne de Vipart, avait été, en i65i, avant son mariage, l'objet d'une tentative d'enlèvement, dont parlèrent Loret etTallemant des Réaux. Loret parla encore d'elle à l'occasion de la petite vérole qui lui enleva une partie de sa grande beauté. (Tallemant des Réaux, t. VI, p. 416.)
Devenu veuf, Louis de Madaillan se remaria, en 1682, avec Marie
Hérouville, en décret ; vaut 14 ou t 5 m. 1. t. de rente; acheptée par M. Berryer, est à M. Colbert, aussy bien que la terre de Blainville, et ces deux terres, avec les acquisitions, valent bien 3o,ooo 1. t. de rente, la faveur y contribue; à demy-lieue de Gaen; bien scitué (1).
Cabourg, à M. de la Guiche, comte de Saint-Géran ; vaut 8 à 9 m. 1. t. de rente (2).
de Rabutin, dame chanoinesse de Remiremont; « fille de Bussy- Rabutin, si connu par son Histoire amoureuse des Gaules, qui le perdit pour le reste de ses jours. Le mari et la femme que j'ai connus tous deux (dit Saint-Simon), étoient tous deux grands parleurs, et on disoit grands chicaneurs. » (Suit le récit d'un mot piquant du premier président du parlement de Paris contre sa seconde femme. — Saint-Simon, t. III, p. 4o3.)
Il parle souvent de leur fils, de ses trois mariages, le second avec la fille d'un apothicaire, que le duc de Lorraine avait voulu épouser, le troisième avec une bâtarde de M. le Prince, de sa carrière... « Il étoit, dit-il, fils de Montataire, grand menteur de son métier et d'une Vipart, très petite demoiselle de Normandie. » (Saint-Simon, t. I, p. 189 et passim.)
(1) Un sieur Cousin était intendant de Colbert pour ses terres d'Hérouville et de Blainville « où il a quelque fois passé des six mois entiers en aucunes années ». Il a son hôtel rue du Parc-Royal à Paris, et un château à Colombelles, près de Caen. Il est ami de Berryer. (Esmonin, La taille en Normandie au temps de Colbert; Paris, Hachette, 191 3, in-8°, note à la p. 432.)
Abusivement, Colbert fit abaisser, de i,5oo livres qu'elle payait auparavant, à 600, la taille de la paroisse d'Hérouville. (Id., Ibid., p. 154, 1 55.) Sur Berryer, voy. supra, p. i55.
(2) Bernard de la Guiche de Saint-Géran, fils de Claude-Maximilien et de Suzanne de Longaulnay, maréchal de camp, chevalier des ordres du Roi, marié à Françoise-Madeleine de Warignies, fille du seigneur de Monfreville et d'une Carbonnel de Canisy. (La Chesnay e-Desbois . )
Saint-Simon (t. I, p. 197), sur l'année 1696, dit de M. et de Mme de Saint-Géran : « M. de Saint-Géran tomba mort dans Saint- Paul à Paris. On dit qu'il venoit de faire ses dévotions. C'est ce
Courcelles est en décret à [sur?] un gentilhomme du mesme nom ; belle maison sur le bord de la mer; vaut 7a 8 m. 1. t. de rente, à Made la marquise de Leuville(i).
comte de Saint-Géran, si connu par ce procès célèbre sur son état qui est entre les mains de tout le monde. Il portoit une calotte, d'une furieuse blessure qu'il avoit reçue devant Besançon du crâne du frère aîné de Béringhen, premier écuyer, à qui un coup de canon emporta la tête. M. de Saint-Géran étoit gros, court et entassé, avec de gros yeux et de gros traits qui ne promettoient rien moins que l'esprit qu'il avoit. Il avoit été auprès de quelques princes d'Allemagne, lieutenant général, chevalier de l'ordre en 1688, fort pauvre' presque toujours à la cour, mais peu de la cour, quoique dans les meilleures compagnies. Sa femme, charmante d'esprit et de corps, l'avoit été pour d'autres que pour lui. Leur union étoit moindre que médiocre. M. de Seignelay, entre autres, l'avoit fort aimée. Elle avoit toujours été recherchée dans ce qui l'étoit le plus à la cour, et dame du palais de la reine, recherchée elle-même dans tout ce qu'elle avoit et mangeoit avec un goût exquis et la délicatesse et la propreté la plus poussée. Elle étoit fille du frère cadet de M. [de Warignies] de Blainville, premier gentilhomme de la chambre de Louis XIII. .. »
(1) Courseulles, décrété par les créanciers de Nicolas Morand, baron de Courseulles, fut adjugé, en 1674, à Anne Morand, veuve de Louis Olivier, marquis de Leuville, morte en 1698. (Béziers, t. III, p. 277.)
Louis Olivier, marquis de Leuville, lieutenant général des arjnées du Roi, mort en i663, eut d'Anne Morant du Mesnil-Garnier, une fille, Marie-Anne qui épousa, en 1660, Antoine de Ruzé, marquis d'Eftiat, mort à quarante-six ans en 1684. (La Chesnaye-Desbois.)
La marquise d'Effiat avait un frère, Charles de Leuville, qui mourut très jeune; sa femme lui survécut longtemps : « Mme de Leuville mourut aussi [dit Saint-Simon, 1719], à 67 ans. Son mari, mort très jeune, étoit frère de la femme de d'Effiat...
m Mme de Leuville étoit nièce de Laigues, un des importants de la Fronde, qu'on prétendit que la fameuse Mme de Chevreuse avoit, à la fin, épousé secrètement. . . Elle avoit beaucoup d'esprit de domi-
Manneville, à M. de la Court, président de la chambre des comptes de Paris (i); vaut 7 à 8 m. 1. t. de rente.
Cantelou, à M. le mareschalde La Ferté (2) ; 14 à 1 5 m. 1. t. de rente.
nation, d'intrigue et d'amis qui se rassemblement chez elle et qui lui donnoient de la considération. C'étoit une femme qui, sans tenir à rien, eut l'art de se faire compter ; elle étoit riche et médiocrement bonne. » (Saint-Simon, t. XI, p. 129.)
(1) Jacques de la Cour, seigneur de Manneville et de Balleroi, en faveur de qui Balleroi sera érigé en marquisat en 1704, épousa Madeleine-Charlotte-Emilie Le Fèvre de Caumartin en i6g3. Il fut successivement conseiller au parlement de Paris, maître des requêtes et mourut en 1725. (La Chesnaye-Desbois, v° Le Fèvre de Caumartin.)
Lorsque la seconde fille du maréchal de Matignon, « qui n'étoit plus jeune et s'ennuyait de n'être point mariée, épousa Basleroy [sic], colonel de dragons », fils de Jacques de la Cour, Saint-Simon( t. XI, p. 279) continue: « Son nom étoit La Cour, et si peu de chose que son père, qui étoit riche, épousa pour rien la sœur de Caumartin, conseiller d'état, et se fit maître des requêtes ; il n'alla pas plus loin. Les Matignon, outrés, furent fort longtemps sans vouloir ouir parler de Basleroi et de sa femme, et à la fin ils les virent et leur pardonnèrent. »
(2) Henri de Saint-Nectaire, duc de La Ferté, pair et maréchal de France, chevalier des ordres du Roi, gouverneur de Metz et du pays messin, de Vie et Moyenvic, épousa : i° Charlotte de Bauves ; 20 Madeleine d'Angennes, dame de la Loupe, et mourut à quatrevingt-deux ans en 1681. (P. Anselme, t. IV, p. 891.)
Sa seconde femme mourut, en 17 14, à quatre-vingt-cinq ans. Saint-Simon écrit : « ... Elle étoit mère du feu duc de La Ferté et du P. de La Ferté, jésuite, et sœur de la comtesse d'Olonne qui étoit son aînée et fort riche sans enfants et elle fort pauvre.... Les deux sœurs étoient d'Angennes, d'une branche cadette éteinte en elles. Leur beauté et le débordement de leur vie fit grand bruit. Aucune femme, même des plus décriées pour la galanterie, n'osoit les voir ni paroître nulle part avec elles. . ., etc. .. » (Saint-Simon, t. VII, p. 34.)
Cagny, à M. Mesnage; vaut 8 m. I. t. de rente (i).
Le comte de Goville, de basse-Normandie (2).
Le chevalier du Hameil Sausserie (3).
Escauville Valois, une belle terre à une lieue de Caen, qui s'apelle Escaville (4) [sic], vaut i5 m. 1. t. de rente .
Thorigny, vaut 48 m. 1. t. de rente, affermé, outre les réserves ; va ainsy à prez de 5o m. 1. 1. de rente (5).
(1) Louis et Charles Mesnage, sieurs de Cagny et d'Olendon, le premier, âgé de quarante-trois ans, demeurant à Cagny, et le second, âgé de trente-cinq ans, demeurant à Hérouville, furent maintenus par Chamillart (p. 674). Ils appartenaient à la religion protestante.
(2) Cette indication vague n'a pas permis de reconnaître de qui il s'agissait.
(3) Faudrait-il lire : Doynel? Vers cette époque, on rencontre Jean Doynel, appelé le chevalier de la Sausserie, reçu page du Roi en sa grande écurie. (De Magny, Nobiliaire de Normandie, t. I, p. 252.) Tallemant des Réaux, dans V Historiette de Mlle et de Mme de Marolles, dit que la première galanterie de Mme de Marolles « fut avec le chevalier de la Sausserye, gentilhomme normand, fort bien fait, fort brave, mais fort brutal » (t. VI, p. 410.)
(4) Peut-être Louis Le Valois, chevalier des ordres du Roi, seigneur d'Escoville, de Saint-Germain-le-Vasson, et du Livet, gentilhomme ordinaire de la chambre et maréchal des camps et armées du Roi, qui ne laissa qu'une fille mariée à M. de Cauvigny. (Béziers, t. III, p. 5g-6o.)
(5) François de Goyon-Matignon, comte de Thorigny et de Gacé, marquis de Lonrai, marié à Anne Malon de Bercy, mourut en 1675, après une brillante carrière détaillée par La Chesnaye-Desbois.
Il eut plusieurs enfants ; notamment, Henri de Goyon-Matignon, comte de Thorigny, lieutenant général du Roi en Basse-Normandie, mestre de camp d'un régiment de cavalerie entretenu au service de Sa Majesté, qui épousa Marie-Françoise de la Luthumière et mourut en 1682. Ils eurent neuf enfants, au nombre desquels une fille, Charlotte, qui, en 1675, épousa son oncle, Jacques de Goyon- Matignon, lieutenant général du Roi en Basse-Normandie, qui hérita