‹ Notes et croquis de RaffetChapitre 1 sur 22 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

éclaira subitement son intelligence si bien préparée, il est vrai. Être artiste, faire des tableaux, c’était donc une profession. On pouvait donc gagner sa vie en produisant ces œuvres qui l’émerveillaient. Dès lors, le jeune homme conçut la ferme volonté de devenir aussi un peintre. Travail pénible, privations, lutte acharnée contre les difficultés d’existence ; il était prêt à tout supporter pour arriver au rang de ces hommes, dont pour la première fois il venait d’admirer les ' chefs-d’œuvre.

Raffet prit des leçons de dessin matin et soir, tout en consacrant sa journée au métier qui le faisait vivre. En 1824, il entra chez Charlet, et six mois après, il fut admis comme élève à l’École des Beaux-Arts. Il continuait toujours à travailler pour M. Cabanel, se contentant de ses modestes ressources, et poursuivant avec une infatigable ardeur son étude du dessin. En 1825, il commença ses premières lithographies, œuvres naïves et qui sont loin de donner l’idée du peintre de la Revue nocturne. Poussé par le désir de faire des études plus sérieuses, il se fit recevoir, en 1829, au nombre des élèves du baron Gros, dont les leçons étaient alors si estimées. Il entra en loge en 1851, et prit part au concours pour le Grand Prix. Au concours semestriel d’esquisse de 1832, il obtient la médaille d’argent. A partir de la fin de l’année 1832, les nombreuses demandes des éditeurs lui firent abandonner l’École des Beaux-Arts, mais les fortes études qu’il y avait faites, furent la base solide de son talent de dessinateur. 11 assista cette année au siège d’Anvers, pour voir de près une vraie campagne. En 18^7, il fit, avec le Prince Demidoff, son Voyage dans la Russie méridionale, inépuisable source d’observations et de progrès pour l’artiste, et qui nous valut une magnifique série de 100 planches lithographiées. De 1838 à 1846, il illustra le Napoléon de Norvins, les Portes de Fer, l’Algérie et plusieurs autres livres. En 1847, M. Demidoff l’emmène en Espagne. L’année 1849 est précieuse pour l’artiste. Il peut suivre les Autrichiens dans leurs opérations militaires en Italie, et arriver à Rome quelques jours après l’entrée des Français. A partir de ce moment, il séjourne presque constamment hors de France. En 1852, il fait un court séjour à Berlin. En 1854, il voyage en Écosse, et séjourne à Vienne en 1855-56. En 1859, il revoit en Toscane ses chers troupiers, et il réunissait les premiers matériaux d’un album sur la campagne d’Italie, lorsque la mort le surprit à Gênes, le 16 février 1860, dans la force de lage et du talent.

Pour d’autres détails sur la vie et les travaux de l’artiste, le lecteur devra consulter : Raffet, sa vie et ses œuvres , par Auguste Bry... Paris E. Dentu, 1861, in-8°. — Raffet , son œuvre lithographique et ses eaux-fortes... par H. Giacomelli... Paris, bureaux de la Gazette des Beaux-Arts, 1862, in-8°.

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