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TOTAL GÉNÉRAL

Médecine. Pharmacie.

Écoles de plein exercice. 13S Écoles préparatoires. . . 487

Comme on le voit, le nombre des étudiants en médecine est de 6,008, celui des étudiants en pharmacie de 1,352, ce qui donne environ 19 étudiants pour 100,000 habitants. Il n’y a nullement à se plaindre que ce chiffre d’élèves soit insuffisant. Les statistiques de l’empire d’Allemagne, pour le même semestre, indiquent 6,572 élèves.

Entre Paris et les autres villes de Facultés la disproportion est tout à faitregrettable. 11 estimpossible de donner un enseignement convenable à plus de 4,000 élèves, de leur faire suivre les travaux pratiques et surtout les exercices de clinique. Eu médecine, plus que dans toute autre étude, il faut que l’élève s’attache au maître, que le maître suive l’élève de'très près. L’idéal serait de constituer des écoles de 4 à 500 élèves au plus; mais, d’autre part, la clinique demande de vastes hôpitaux et des praticiens de mérite ; ni ces hôpitaux ni ces praticiens ne se trouvent d'ordinaire ailleurs que dans les grandes villes.

NOTES

En d’autres pays, on a résolu en partie le problème par des hôpitaux régionaux, où les malades sont réunis en nombre suffisant, et par la polyclinique.

A beaucoup d’égards, il serait à souhaiter que les élèves restassent d’abord dans les écoles préparatoires où, étant en petit nombre, ils seraient bien dirigés. Ce n’est pas ce qui a lieu; les études qui doivent précéder la clinique, c’est-à-dire la chimie, la physique, l’histologie, la physiologie demandent des pi’ofesseurs spéciaux ; or, les villes où sont les écoles préparatoires fournissent surtout des médecins distingués qui n’ont pas le temps de s’appliquera ces sciences particulières. En sorte que les écoles préparatoires, contrairement à leur titre, ne paraissent pas pouvoir donner le meilleur enseignement de début, si ce n’est pour l’anatomie ; ce serait, au contraire, laclinique pour laquelle elles rendraient surtout service.

La meilleure répartition des élèves entre les centres d’études pour la médecine est en France un problème difficile ; l’administration s’y applique, mais n’a pas trouvé encore de solution qui la satisfasse h Tous les moyens qui ont été pro-

1. Enquête sur le régime des Ecoles de plein exercice et des Écoles préparatoires, à la suite d'une circulaire du 4 novembre 1882. — Paris, Imprimerie nationale, 1883.

SUR l’enseignement supérieur en FRANCE 241 posés sacrifient plus ou moins les intérêts de l’enseignement. Les choses restent donc en l’état pour le plus grand dommage des écoles préparatoires, à la prospérité desquelles il y a nécessité de s’intéresser. Autrefois, ces'écoles étaient surtout pratiques; elles formaient des médecins secondaires, mais utiles, auxquels elles donnaient un enseignement élémentaire : c’étaient les officiers de santé Aujourd’hui, les exigences sont plus sérieuses; l’opinion est déplus en plus défavorable aux officiers de santé ; on demande beaucoup plus aux docteurs; le niveau des examens s’est élevé d’une façon constante ; la science y a pris de jour en jour une part plus grande, et, par suite, la situation des écoles préparatoires est devenue plus difficile.

Un meilleur partage des élèves entre Paris et les cinq autres Facultés n’est pas un vœu qu’il soit impossible de réaliser. Ce que nous avons constaté pour le droit est de bon augure. A la vérité, quatre seulement des cinq Facultés de province ont à pèine cinq ou six ans d’existence;

I. Lois des H floréal an X, 19 ventôse, 21. germinal an XI et arrêté du 20 prairial delà même année. Ces documents sont très précis en ce sens. Toute la législation de l'enseignement supérieur est réunie dans un excellent ouvrage : Lois et règlements de renseignement supérieur, par M. de Beauchamp, 4 vol. in-S». — Paris, Delalain, 1880-1884.

NOTES

elles ne sont pas encore complètement installées ; Boi’deaux, Lille et Lyon s’achèvent. On doit attendre que ces institutions fonctionnent régulièrement pour que les étudiants y soient attirés. Bordeaux a déjà une population scolaire élevée; Lyon possède des ressources admirables. 11 faut continuer l’installation et surtout être très attentif à ne nommer que des hommes de mérite. Toute concession à des partialités locales pour des candidats d’une valeur trop ordinaire perdi-a les Facultés qui n’y résisteront pas. Toutes celles qui feront de la science leur souci principal sont assurées du succès.

La prépondérance de Paris dans le concours d’agrégation, c’est-à-dire dans le recrutement des professeurs de toute la France, provoque de vives susceptibilités de la part de la province. Le temps mettra fin à ce débat, quand les Facultés, qui auront un plus long passé, seront complètement installées et auront fait leurs preuves sans conteste. Aujourd’hui, la Faculté de Montpellier seule peut se prévaloir de l’éclat et de l’ancienneté des services rendus; mais Lille, par exemple, sort à peine des locaux de l’ancienne école préparatoire et n’a pas encore donné toute sa mesure.

Les Facultés de médecine n’ont délivré jus-

SUR u’ENSEIGNEMENT supérieur en FRANCE 243 qu’ici que des grades professionnels. L’idée s’est produite qu’il y aurait lieu de sanctionner par un diplôme des connaissances plus rigoureusement scientifiques, d’assurer aux connaissances accessoires, qui pour beaucoup déjugés autorisés sont fondamentales, une place d’honneur, et, d’une façon générale, de donner à la science séparée de la pratique le moyen de se faire apprécier par des épreuves spéciales. La question, discutée dans les Facultés, a provoqué des opinions très diverses ‘ ; il est pourtant facile d’entrevoir, dans un délai plus ou moins long, une solution pratique qui, sans nuire en rien à la clinique et aux autres études où l’art et le tact ont tant d’importance, stimulera singulièrement les recherches de biologie. Beaucoup de difficultés qui nous arrêtent aujourd’hui quand nous étudions les Facultés de droit et de médecine trouveront une solution naturelle le jour où les Facultés des sciences et des lettres auront eu sur l’opinion une influence suffisante.

Le budget ordinaire de l’enseignement de la médecine et de la pharmacie est de 4 millions 300,000 francs.

1. Enquête sur le Doctorat ès sciences médicales, à la suite d’une circulaire du 31 octobre 1882. — Paris, Imprimerie na-

NOTES

Facultés de médecine. 2,804,000 fr.

Écoles de pharmacie. 493,000

École d’Alger. 130,600

Écoles de plein exercice et préparatoires. 928,000

Total. 4,388,000

Les recettes pour les examens ont dépassé, d’après le dernier compte administratif, un million.

L’enseignement de la médecine et de la pharmacie coûte donc à peu près huit fois plus que celui du droit

Sciences et lettres. — Les quinze Facultés des sciences et des lettres ne datent pas toutes de 1808. Cette partie de l’enseignement a mis un temps très long à s’établir dans les diverses académies. Voici les dates des installations; quelques Facultés, décrétées en 1808, furent à peine organisées à cette époque et supprimées en 1816. Les années que nous indiquons sont celles où ces Facultés ont vraiment commencé à fonctionner.

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