LETTRES
Premier Empire. — 1809, Paris, Besançon. — 1810, Caen, Dijon, Toulouse.
Monarchie de Juillet. — 1838, Bordeaux, Lyon, Montpellier, Rennes. — 1845, Poitiers. —1810, Aix. — 1847, Grenoble.
Seco7id Empire. — 1854, Clermont, Nancy. — 1856, Douai.
Ce simple tableau en dit très long sur l’abandon où sont restées les Facultés des sciences et des lettres durant près d’un demi-siècle. C’est là un dès faits qui ont le plus d’influence sur l’enseignement supérieur tout entier, surtout en province.
Ces Facultés ont pour devoirs, outre les examens, la haute vulgarisation de la science et des lettres par les cours publics, l’enseignement, par les conférences, des connaissances professionnelles qui donnent accès aux chaires des lycées et des collèges, et les travaux personnels auxquels les maîtres forment les élèves par leur exemple et par leur direction pratique. Dans cette
variété, chaque professeur choisit selon ses aptitudes le gem’e d’influence qu’il préfère exercer. Le mérite et l’importance des conrs publics ont toujours été un singulier honneur pour les Facultés; ces leçons ont exercé une action sérieuse sur l’opinion et sur le mouvement intellectuel dans notre pays. Il suffit de rappeler les succès de Guizot, Yillemain, Cousin; la tradition qu’ils avaient créée n’a jamais été oubliée et beaucoup de leurs successeurs ont fait preuve d’un rare talent. On ne conçoit pas l’enseignement supérieur des lettres en France sans l’éclat que lui donnent des cours éloquents et distingués, sans les qualités de réflexion personnelle, d’ordonnance générale, de clarté et de goût que supposent ces difficiles leçons.
Les conférences forment les futurs maîtres de l’instruction secondaire qui, sans ce secours, lorsqu’ils n’ont pu être admis à l’École normale, seraient dépourvus de toute direction. Parmi les élèves réguliers, le professeur choisit ceux qui sont le mieux doués et les exerce à des travaux personnels qu’ils continueront et compléteront par la suite.
Il n’y a pas de statistique exacte des auditeurs qui viennent aux cours publics. Tel maître en retient jusqu’à trois ou quatre cents durant toute
SUR l’enseignement supérieur en FRANCE 247 l’année. Les élèves des conférences ou cours fermés doivent s’inscrire sur des registres spéciaux. Le nombre en varie selon les Facultés.