PREFACE
|N a ignoré jtisqxC en iSSy ce que le recueil manuscrit de M. du Tralage \ était devenu; on ne savait pas même 'exactement ce que ce recueil pouvait être. On le connaissait seulement par cette note des frères Par/ait, insérée dans le tome X de leur Histoire du Théâtre-François, page 74 : « Si l'on en croit les Mémoires manuscrits de M. de Tralage (article 77 du vol. in-4 qq, 688), Molière avait commencé déjouer la comédie, en province, sur la fin de Vannée 1G45. Ce fut à Bordeaux qu'il fit son coup d'essai, oit M. d'Epernon, qui étoit alors gouverneur de la province, le goûta et l'honora de son amitié. » Cette note, qui constatait un fait nouveau, très important dans l'histoire de la vie de Molière, avait du
Il PREFACE
préoccuper tous les biographes de notre illustre comique, et beaucoup d'entre eux s'étaient mis à la recherche des Mémoires manuscrits de M. de Tralage. Taschereau avait supposé que ces Mémoires devaient être anciennement dans la bibliothèque de l'abbaye de Saint-Victor, à laquelle M- du Tralage, et non de Tralage, légua, vers 1710, des Mémoires géographiques. Piganiol de La Force dit, en effet, dans sa Description historique de la ville de Paris (2° édit., tome V, p, 285) : « M. du Tralage lui a légué le plus beau recueil de cartes et de mémoires géographiques, qu'il y ait peut-être au monde. Le goût que ce savant homme avoit toujours eu pour cette sorte d'érudition, l'étude solide qu'il en a faite, et les grands succès que ses grandes recherches et ses dépenses extraordinaires lui avoient fournis, rendoient ce recueil digne de la Bibliothèque de Louis-le-Grand. »
Il paraissait donc probable que la note publiée en 1747 par les frères Parfait était empruntée au recueil de Mémoires géographiques de M. du Tralage. Mais ce recueil, qu'était-il devenu depuis la dispersion de la bibliothèque de l'abbaye de Saint-Victor? Lors de la suppression des couvents, les livres de cette bibliothèque avaient été