‹ Notes et documents sur l'histoire des théâtres de Paris au 18e sìecle. Extraits mis en ordre et publiés d'apres le manuscrit original par le bibliophile Jacob, avec une notice sur le recueil du sieur du TralageChapitre 18 sur 23 · I . C'est dans l'opéra à' Armide · texte numérisé non relu

I . C'est dans l'opéra à' Armide

Sçavoir en quelle année sont sorties de l'Opéra M^i" de La Fontaine et Louyson Moreau, pour aller au couvent ?

Réponse : Il y a eu quatre ans à Pâques dernier que M™« Louyson Moreau a quitté l'Opéra, et, trois mois après, M'^<= de La Fontaine, en 1696. — En 1692.

En quel couvent se retira M^'^ Moreau ? R. Aux Hospitalières du faubourg Saint-Marceau.

Sur l'opéra de l'Europe galante, dont une partie de la musique a esté faite par M. deCampra, maitre de musique de Notre-Dame de Paris, l'an 1697 :

Quand notre Archevêque sçaura L'auteur du nouvel opéra, Aussitost il décampera De Campra.

Variante :

Tout aussitost de Campra Décampera.

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Noms des Actrices de l'Opéra.

M"e Moreau.

M"" Desmatins.

M"° Diart.

M"o Décos.

M"« de Subligny.

Mi'« Dufort.

jVpio Florence.

M"<= Marie Anne.

Mi'e Pellcrin.

M^^^ Maupain.

M"" Freville.

M^'" des Chars.

M"ï Regnault.

M"« Guillet.

M"e des Places.

M"« Cruelle.

M"« Lamendy.

M'i" Louyson Senes, Le Maire, Carré, Prévost, Uzé.

A la Règle d'or. Foucault, marchand, à l'enseigne de la Règle d'or, rue Saint-Honoré, près le cimetière Saint-Innocent.

Vend, tous les mois, un petit recueil d'airs sérieux et à boire, à II et III parties, qui ne coûte que dix sols, et toutes sortes de nouveautez en musique.

Les plus beaux endroits des opéras de M. de Lully, en II volumes écrits à la main. Symphonies pour le violon, flûtes et hautbois.

Les Leçons de ténèbres, de M. Lambert.

Les Motets et Elévations à III parties, de M. de Lully.

Il vend et achepte toutes sortes de vieux opéras.

On trouve chez luy les opéras de Psyché, Cadmus, Alceste, Thésée, Atys, Isîs, Bellerophon, Proserpine , le Triomphe de VAmour, Persée, Phaëton, Amadis, Roland, Temple de la Paix, Armide, Acis et Galathée, les Festes de VAmour et de Bacchus, la Mascarade, Achille, Zéphire et Flore, Thétis et Pelée, Enée et Lavinie, Coronis, Astrée, Alcide, Didon, Médée, Procris, Circé, et Théagène, et les anciens ballets de M. de Lully, en six volumes écrits à la main, partition in-folio.

Ceux qui veulent faire écrire de la musique peuvent s'adresser chez luy.

A PariSjiôg..

Sur M"«s La Fontaine et Moreau,

Filles de l'Opéra.

Heureuses filles, qu'un sauveur

Vient d'arracher au précipice.

Vous quitte^ VOpéra, cette école du vice, Dont le poison funeste est rempli de douceur. Ce dangereux venin par les sens tue une ame, Mais le cœur enchanté ne sent point ce trépas: Il ignore son mal et chérit ces appas. O spectacle cruel, o malheur d'icy-bas, Jusqu'à quand prendras-tu les mortels dans tes lacs! Opéra, qui dérobe au Ciel tant de victimes. Tu perds, par un sermon, ton plus charmant appuy : Ce qui faisait ta gloire, et qui causait tes crimes, Est de la pénitence un miracle aujourd'hui .

M"« de La Fontaine, une des meilleures danseuses, se retira aux Religieuses de l'Assomption , rue Saint-Honoré à Paris, où elle est encore l'an 1696. Elle n'est point religieuse, mais seulement pensionnaire ; elle en peut sortir quand il luy plaira.

M"= Louyson Moreau estoit une des fameuses danseuses ; elle se retira au couvent des Hospitalières du faubourg Saint-Marceau.

Elle en est sortie depuis, elle n'a pas voulu rentrer à l'Opéra. Sa sœur cadette, Françoise Moreau, est encore à l'Opéra, dont elle fait un des principaux ornemens.

Ce fut à la feste de Pasque de l'an 1G92 que M'i« Louyson Moreau quitta l'Opéra, et trois mois après M^i^de La Fontaine en fit autant.

Épigramme sur la Mort de Jean-Baptiste LuLLY, GRAND MUSICIEN, A Paris, en 1687.

Quel dommage! Le pauvre LuUy, Cet homme en musique accomply.

Et qui faisait des airs si tendres.

Il est mort, et fort regretté; Mais encor, s'il fust mort comme il l'a mérité, Nous en aurions pu voir les cendres.

Chanson sur Lully.

Un jour, V Amour dit à sa mère :

« Pourquoi ne suis-je pas vestu?

Si Baptiste me voit tout nu, C'en est fait de mon derrière. »

Les Miracles incroyables.

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