Paîeieme de Meilhai ei Baïadais
Meilhan, commune de Tarrondissemeot de Marmande (Lotet-Garonne) et dont le bourg est situé en amphithéâtre audessus de la rive gauche de la Garonne et du canal latéral, était autrefois une paroisse appartenant au Bazadais.
On n'a jamais parlé d'une faïencerie ayant fonctionné à Meilhan et pourtant nous avons mis la main sur le document suivant (1) :
« La Réole, ce 5 avril 1789, — à M. Henriot, subdélégué à Bor- « deaux. D'après tous les renseignements, Monsieur, qui m'ont été (( fournis de tous les lieux en ma subdélégation, il paroit que dans (( toute soii étendue il n'y a ni verrerie, ni fayancerîe, ni aucuns autres « fourneaux de cette nature : il y avoit bien une fayancerie à Meilhan, « il y a peu d'années, mais ellea cessé de travailler depuis longtemps « sans espoir de la voir rétablie.
(( J'ai l'honneur.... [Signé] : Du Nouguês de Casseuil. •
Ainsi, d'après ce rapport du subdélégué de la Réole, il est bien certain qu'il y eut à Meilhan en Bazadais, avant 1789, une faïencerie. Où était-elle située exactement, quel en était le propriétaire et quels en furent les produits? C est en faisant encore des recherches sur place qu'on pourrait peut-être répondre à ces questions. Pour nous, nous n'en savons pas davantage.
Les documents que nous venons de reproduire avec des notes et des commentaires font connaître cinq faïenceries de l'Agenais et du Bazadais inconnues jusqu'à présent. Nous n'avons fait que signaler pour ainsi dire, par de simples pièces d'archivé, les fabriques de Nérac, de Monsempron et Meilhan, mais pour celles de Sainte-Foy et de Bazas nous avons pu fournir des renseignements assez complets sur leur
(1) Archives départementales de la Gironde, Série C. liasse n* 1766.
existence, leur emplacement et leur propriétaire, et ce n'est que sur les lieux qu'on pourra trouver dans les archives publiques ou particulières, des détails plus complets sur les premières. Il serait à désirer que ces recherches fussent faites par des érudits s'intéressant à l'histoire de la céramique de leur région.
Quant aux produits de ces faïenceries, nous le répétons en terminant, ils sont rares et difficiles à identifier faute de marques spéciales. Mais il doit en rester encore chez certains habitants des localités où ces ateliers ont fonctionné et ce serait encore sur place qu'on pourrait en découvrir des spécimens intéressants.
Que chaque mairie consacre une ou deux salles pour réunir tous ces objets anciens trouvés dans la région, faïences ou autres, témoins de la vie de nos ancêtres, et outre que ces petits musées attireraient des étrangers, simples curieux ou érudits, ils contribueraient encore à fournir des documents très précieux pour écrire l'histoire et l'archéologie de la commune. C'est le vœu que nous exprimons en traçant la dernière ligne de cette notice.