Voyez ci-dessus, p
Î26 NOTES ET SOUVEMUS.
Dculschland, au temps où Tempereur Julien les chassa de rEmpire par la victoire de Strasbourg. Jlmprimai, sur toute cette zone, la plus grande activité à renseignement primaire et, sans employer les procédés suivis aujourd'hui par les Prussiens pour germaniser de force nos deux anciennes provinces, j'usais, afin d'y répandre notre langue nationale, de moyens que la civilisation et Téquité pouvaient avouer tout haut.
Beaucoup de petites réformes, que l'on trouvera au Bulletin administratifs furent faites dans l'enseignement primaire. Croirait-on, par exemple, qu'on n'y enseignait que l'Histoire Sainte, dont la partie comprise dansTAncien Testament n'est pas toujours un livre d'édification. Élèves et niallros passaic*nt dos années dans relie étude et sortaienl des écoles sans savoir un mol de la vie de leurs pères (»t (le celle de leur pays. La même pensive qui m'avait fait inlroduire rilisloire conlemporaine à l'École Polyterhni(iue el dans nos classes de philosophie, me fit placer rilisloire de France panni les nialières obligatoires de Tensolj^^nement primaire, afin que nos élrves ne fussent pas comme des étrangers dans leur |)ays.
Lue 1res pelile chose, qui pouvait avoir d'uliles conséquences, fut la révolution que j'essayai de taire dans l'imagerie (PHpinal. Toute une famille de paysans venait d'être empoisonnée par la ciguë prise dans les bois pour du persil. Je priai M. Milne Edwards, du Muséum, défaire un choix des animaux et insectes utiles ou nuisibles à l'agri-
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culture et des plantés de nos campagnes nécessaires ou dangereuses à lalimentation; les habiles dessinateurs du Jardin des Plantes en firent des dessins coloriés d'une exécution parfaite; les professeurs rédigèrent le texte explicatif mis en regard de chaque figure; et des imprimeurs d*Épinal se chargèrent d'établir à très bas prix ces collections dont le Muséum leur donnait gratuitement la copie. De gros éditeurs de Paris suivirent cet exemple, et les murs de beaucoup d'écoles rurales se couvrirent de dessins qui parlaient aux yeux. Cela commençait au mois de mai 18G9; quelques mois après, je quittai le Ministère et l'entreprise tomba *.
Il en fut de môme pour l'École d'agronomie établie au mois d'avril 1869 au Muséum, avec les meilleurs élèves des Écoles normales primaires. (Voir Dull. ndm,^ 1869, p. 494-495, et les programmes des cours, ibid., p. 50:2-533.)
Celte école n'a vécu que quelques mois; mais son histoire rappelle les temps héroïques de la vieille Université de Paris et des clercs de la rue du Fouarre. La ville me laissa établir ces jeunes gens dans un bûtiment abandonné de l'ancien collège Rollin, Saint-Louis prêta des couchettes, Louis-le-Grand des matelats et des draps, Hcnri-IV
\. Voir au BuUelin adniinislralif \)oy\r !8r»0, p. 53i, les moyens proposés pour organiser, sans frais. '.VM) stations agricoles, c'est-à-dire autant de laboratoires (jui auraient rendu de grands services par l'analyse <les eaux, des terres et des engrais; les agriculteurs étant souvent trompés par des falsilicalions que les analyses de laboratoire auraient révélées. Nos professeurs de chimie dans les lycées, les collèges et les écoles normales auraient été autorisés à rendre ce service moyennant une rémunération pour cha(|u«t manipulation, laquelle se serait ajoutée à leur traitement. M. J.-B. Dumas préparait les instructions qui (levaient être remises à chaque professi;ur et M. Balard avait déjà enfermé tous les réactifs nécessaires dans une boile modèle <le très petite dimension, qui aurait été envoyée dans chaque station.
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leur donna la nourrilure que je payai sur des épluchures do budget ; et Ivs aide^-naturalistes, chai^^ des cours sous la direction des professeurs lilulaires, se jetèrent avec une jitviSniln anieur dans la carrière nouvelle qui leur était ouverte.
Auprès d'eux ne soruent Tormés les professeurs qui nous manquaient et dont nous avions grand besoin, car j'avais rendu obligatoires li-t exercices d'horticulture jusqu'alors facuttalif». Chacune i)e nos quatre-vingts Écoles normales Tut învit^f j) envoyer aux instituteurs du département des
aines, des grelfes, des boutures pour renouveler les espèces inférieures de légumes et de TruiLs ciillivi^s par eux . autour d'eux. Enfin l'administration fit ^uvoir qu'elle 'autoriserait aucun plan d'école rurale où l'on n'aurait las réservé pour le jardin un terrain Umé ou actielé.
Le Ministère de l'Instruction publique, avec i;es écoles normales, ses cinquante mille instituteurs et ses trois cent cinquante laboratoires de chimie, avait les moyens de multiplier et d'améliorer la production des denrées qui entrent peut-être pour la moitié dans l'alimentation générale du pays et dont la valeur en argent se chilTre par des milliards. Promoteur du progrès moral, il peut donc l'être aussi du progrès industriel '.
I. Pour l'ensemble des mesures prises ou proposées en vui loppcr l'enseignement agricole, voir la tahle <les matières d Delalain, an mol Agricilture, cl ibid., les p. G82-C93.