‹ Notes et souvenirs d'un chirurgien d'ambulanceChapitre 3 sur 3 · MALADIES · texte numérisé non relu

MALADIES

Entrées.

Report ...

Péricardite

Parotidite ^

Glossite

Phlegmon de la cuisse ...

Inanition !

Constipation ». ;

Céphalée |

Abcès de la cuisse

Panaris »...

Ulcères des pieds. . ^

Néphrite . j

Apoplexie céiébrale. ;

Intoxication saturnine. . . '

Hémicranie

Ictère

Lymphangite j

Congélation des pieds.. .

— compliquée de tétan.;

Entorse du pied

Furoncles

Kératite

Brûlure du pied

Fract. (olécrane et cond).

Abcès du pied .

Fracture de la jambe

Contusion du testicule . .

— du thorax

Abus alcooliques

Orchite et épidydirnite . .

Blennorrhagie . . . .

Chancres .simples

Divers

Totaux

Ainsi, sur 512 malades admis à l’ambulance, il y a eu 54 décès, soit 1 sur 10.

Il serait sans doute très-intéressant de décrire les diverses formes de fièvre typhoïde, de pneumonie, de bronchite, de diarrhée, etc., qui ont présenté dans les conditions où se trouvaient les malades, un cachet tout particulier. Mais cette étude dépasserait le but que je me suis proposé , une statistique complète des divers services de l’ambulance.

D’après le tableau récapitulaUf qui précède, il est facile de voir que les affections les plus fréquentes que nous eûmes k soigner, furent celles des voies respiratoires et les fièvres typhoïdes. Comment, en effet, en aurait-t-il été autrement? Notre armée alors se composait surtout de jeunes recrues et de mobilisés. A peine organisés, on les dirigeait sur l’Est, où se débattait la dernière chance que nous eussions de mettre un terme k l’envahissement de notre territoire. Ces soldats mal aguerris, nullement rompus aux fatigues et aux privations que la guerre, et celle-lk notamment, entraîne toujours après elle, obligés de faire immédiatement de longues marches, par une température exceptionnellement rigoureuse, se trouvaient ainsi sans défense contre toutes les causes de dépression et de refroidissement, auxquelles ils n’offraient qu’une résistance trop insuffisante. Ajoutez k cela que bon nombre d’entre eux vivant précédemment dans des climats plus tempérés étaient, par ce fait seul, plus aptes k contracter des rhumes, des bronchites, etc. Puis n’est-ce rien pour des soldats, et surtout pour de jeunes soldats, que ce manque absolu de confiance dans le résultat, que cette dépression morale qui vient accroître encore, s'il est possible, une prédisposition morbide si complexe et si accentuée ? Tout est facile au soldat victorieux; tout devient lourd, pénible, impossible k celui qui n’entrevoit que la défaite k la suite de ses efforts. Et cependant pouvait-il en être autrement? Nous ne le pensons pas. Dans les circonstances fâcheuses où fut placée la France, une seule chose était k faire c’était de créer sans cesse de nouvelles armées, quelqu’imparfaites et peu aguerries qu’elles fussent, afin de lutter contre le cruel envahisseur du sol. A tous les regrets, k tous les reproches prodigués k l’occasion des derniers efforts de notre pays, nous n’avons k opposer que ce côté de la question,

nous n’avons k répondre que ce seul mot pairie, qui impose tous

les sacrifices, atténue toutes les douleurs pallie toutes les

fautes!

Ces marches forcées sur les pentes glacées du Jura, avec une nourriture trop rare, les jambes plongées dans la neige jusqu’aux genoux^ devaient, on le comprend, être le point de départ de nombreuses affections des voies respiratoires, Aussi partout le nombre des pneumonies et des pleurésies fut-il considérable. De plus, l’état général des malades étant presque toujours asthénique, notablement déprimé et débilité, ces affections prenaient rapidement, comme fatalement, un caractère adynamique des plus prononcés. Nous en pouvons, d’ailleurs, dire autant de toutes les autres maladies que nous eûmes k soigner. Aussi la médication la plus employée par tous et celle qui nous donna les meilleurs résultats fut-elle la médication sthénique, tonique, réconfortante.

Ainsi qu’on devait s’y attendre d’après ce qui précède, nous eûmes la triste occasion de voir chez un certain nombre de nos malades se développer des lésions tuberculeuses du poumon k la suite de pneumonies en apparence franches ; el nous ne sommes que trop portés k croire que celle fâcheuse transformation pourra s’observer ultérieurement encore chez d’autres individus actuellement presque indemnes en apparence.

Les fièvres typhoïdes furent, comme on peut le constater, fréquentes aussi. En effet, les causes qui leur donnent habituellement naissance pullulaient ici actives et nombreuses : encombrement, fatigues excessives, nostalgie, désacclimatation, nourriture radicalement insuffisante, irritante, indigeste, .usage supplémentaire des alcooliques, etc., tout concourait a la genèse de ces lésions qui, d’ailleurs même en temps normal, ont, on le sait, pour principales victimes les sujets de cet âge.

On emploiebeaucoupen Suisse le bain tiède, presque frais, contre le typhus abdominal. Nous y avons eu recours nous-mêmes assez fréquemmeni, et sous son influence nous avons toujours reconnu un abaissement notable de la température du corps et une diminution de la fièvre. D’après nos observations personnelles, nous

sommes dispose's k admettre que la balnéation pratiquée dans de bonnes conditions, c'est-k-dire dans des chambres convenablement chauffées, et le patient étant k l’abri de tout refroidissement durant le transport au bain ainsi qu’au retour, constitue un moyen particulièrement efficace au milieu du trop nombreux cortège de médicaments que chaque époque, que chaque école traînent k leur suite et préconisent contre celte redoutable affection. 11 nous paraît très-désirable que cette méthode soit expérimentée en France sur une plus grande échelle qu’on ne l’a fait jusqu’k ce jour. Nous croyons seulement, et nous insistons tout spéciale ment sur ce point, qu’il importe au plus haut degré d’éviter les coups de froid. Sans cette précaution, on voit survenir des- complications formidables du côté des organes thoraciques. 11 est vrai que notre hiver exceptionnel multipliait aussi les chances d’un tel accident.

De môme que chez la plupart de nos malades, le caractère concomitant du typhoïsme était l’adynamie : aussi la médication employée de préférence fut-elle surtout choisie parmi les toniques et les excitants. C’est k ces agents que nous ont toujours semblé pouvoir être attribués les meilleurs succès observés, soit dans les services de nos collègues suisses, soit dans les nôtres.

Plus tard les typhiques furent installés dans trois baraques construites k quelques cents mètres de distance de la ville (PFeiermanshaus) dans une situation aussi salubre que possible. Ces baraques, auxquelles on ne pouvait adresser que le reproche de contenir un trop grand nombre de lits, étaient chauffées chacune par deux énormes poêles en tôle qui y maintenaient, malgré le froid rigoureux que nous eûmes jusqu’k la fin de mars, une température convenable et régulière. Entre ces trois baraques, et les reliant en quelque sorte, se trouvaient là cuisine et la salle de bains. Nous nous réservons d’appeler l’attenlion de la Société de secours aux blessés sur ces logements, très-suffisamment hygiéniques et mêmes confortables, quoique improvisés, dont la construction en temps de guerre, dans certaines localités de notre pays, serait appelée k rendre les plus grands services , puisqu’ils permettent

d’éviter h peu de frais rencombrement des hôpitaux, point de départ avéré d’épidémies graves et de complications on ne peut plus dangereuses pour les malades et les blessés. Les Américains d’abord, pendant la guerre de la sécession, et les Prussiens ensuite, pendant cette dernière campagne ont utilisé avec grand profit ce mode d’hospitalisation. Nous ne faisons qu’indiquer cette lacune et ce vœu, nous proposant d’y revenir, dans un autre travail, d’une manière plus complète.

Les cas de congélation des pieds que nous avons eu l’occasion d’observer ont été peu nombreux relativement au nombre des malades, et du reste les lésions étaient superficielles et assez limitées. Mais comme c’est h Berne, c’est-h-dire sur un point assez éloigné de la frontière, que nous faisions notre service, faut-il en conclure simplement que les cas les plus graves étaient hospitalisés dès l’entrée des malades sur le territoire suisse, c’est-k-dire aux Verrières, au Locle, à la Ghaudefonds, k Neufchatel, etc. ?... C’est Ik l’interprétation que nous croyons exacte.

Parmi les faits de ce genre que nous avons observés, un surtout nous a vivement frappé. Il s’agit d’un homme dont le gros orteil du côté gauche présentait k sa surface interne une congélation occupant l’étendue d’une pièce d’un franc. L’eschare commençait seulement k se détacher, lorsque, sans cause appréciable il se produisit des accidents tétaniques que ni le chloroforme k haute dose, ni les injections morphinées hypodermiques, ni les pansements k la morphine ne purent conjurer, et la mort survint rapidement. En général, d’ailleurs, tous les congelés qui se présentèrent k l’ambulance portaient sur la face interne des deux gros orteils des eschares parfaitement symétriques. Il y avait loin de ces cas de congélation k ceux que nous avions observés pendant la première partie de notre campagne, alors que, durant le mois de décembre, nous étions attachés a l’armée de la Loire. Là nous avions vus les effets du froid provoquer les plus graves accidents chez quelques-uns de nos malheureux soldats gisant, toute une nuit et même plus longtemps, sur le champ de bataille. Plusieurs avaient les membres inférieurs complètement

congelés, et chez quelques-uns nous dûmes pratiquer Tamputation de la cuisse.

Heureusement, quoique la température fût encore aussi excessive, n’en fut-il pas de même dans le Jura ; les soldats, marchant toujours, ne présentaient que des congélations partielles que favorisaient, il est vrai, la mauvaise qualité de leurs chaussures et aussi celte circonstance que, arrivant le soir au bivouac, harassés de fatigue et transis, ils exposaient h un feu ardent leurs sou° liers imprégnés et souvent même remplis de neige. Mais si l’état adynamique était la forme la plus usuelle revêtue par les fièvres typhoïdes et d’autres affections inflammatoires, je dois rappeler aussi qu’au début nous nous sommes trouvés en présence de quelques cas dont le diagnostic ne pouvait se traduire que par. le mot inanition. En effet, comment caractériser autrement un état apyrétique apparaissant sur des hommes jeunes, de constitution délicate, chez lesquels l’examen ne révélait aucun phénomène pathologique appréciable et qui cependant, complètement dépourvus de forces, étaient dans l’impossibilité de rester debout ou assis, tout à fait inappétenls malgré les mets les plus variésofferts h leurs organes alanguis, et que l’on voyait s’éteindre malgré l’emploi des toniques et des excitants incapables de réveiller une vitalité que la prédisposition native peut-être, mais sans doute des fatigues excessives, des aliments insuffisamment réparateurs avaient atteinte d’une manière irrémédiable.

Chez tous, du reste, la convalescence était longue, et l’auxiliaire le plus puissant pour relever les forces, le tonique par excellence fut l’évacuation sur le pays nalal, que grâce aux facilités des chemins de fer nous pratiquâmes sur une large échelle.

Le chiffre des varioleux a été d’environ 35 à 40 pour les internés répartis dans la ville de Berne ou dans ses environs immédiats. On les avait mis dans une maison particulière {Sleigerhubel, près Holligen) , h quelques minutes de distance des baraquer ments contenant les typhiques.

J’ai eu occasion d’observer quelques cas, peu nombreux, il est vrai, d’érysipèles spontanés ; ils furent tous heureusement modi-

fiés, soit par des frictions avec l’essence de térébenthine, préconisée depuis quelques années contre ces affections par M. le docteur Lücke, professeur de chirurgie à fUniversité de Berne, ou par des badigeonnages au perchlorure de fer.

Nous aurions bien d’autres réflexions k présenter sur les faits intéressants passés sous nos yeux pendant notre séjour en Suisse ; car nous espérons avoir, médicalement, mis k profit autant que possible les circonstances malheureuses dans lesquelles nous nous sommes trouvés. Plus tard nous espérons pouvoir donner un compte-rendu clinique plus complet des observations que nous avons recueillies dans cette conjoncture. Nous sommes, en effet, de ceux qui croient qu’il y a un puissant intérêt k comparer sans cesse les méthodes usitées en France avec celles employées dans les autres pays. Les uns et les autres nous aurions k gagner k cet échange incessant, k ces communications scientifiques entre tous les peuples, qui tourneraient k la destruction des préjugés et de la routine, au progrès de la science etk funion des peuples. Nous avons suivi de près les procédés de nos confrères de la Suisse, leurs méthodes thérapeutiques ; et cette étude, nous le répétons, n’a pas été sans utilité pour nous et nous a confirmé une fois de plus dans cette pensée que si la vérité n’est pas l’apanage d’un homme, elle n’est pas davantage celui d’une nation.

Nous n’ajouterons plus qu’un mot au sujet des affections vénériennes et syphilitiques et des maladies de la peau. Comme on peut le constater par le tableau ci-dessus, elles se présentèrent en très-petit nombre k l’hôpital. Dans le cantonnement de Wylherfeld, k quelques minutes de Berne, où se trouvaient réunis environ 1,200 hommes, plusieurs de mes collègues passèrent la revue spécifique de tous ces internés, et c’est k peine s’ils constatèrent une proporition de 4 vénériens sur 100. Nous trouvâmes également un très-petit nombre de galeux. Preque tous les sujets qu’on avait pu regarder comme en étant atteints étaient envahis par les pediculi vestimenlorum ; mais, grâce aux seuls soins de propreté, aux bains que nous pûmes leur faire prendre k tous, grâce aussi au changement complet de vêtements, ces hôtes in-

commodes des armées et des camps disparurent bientôt complètement. — Je signalerai encore quelques cas d’érythème, qui se modifièrent rapidement sous l’influence de boissons rafraîchissantes et de bains émollients. Ici comme pour tous les autres soins nous étions secondés par le dévouement des comilés et des délégués du ministère de la guerre, qui rivalisaient de zèle pour assurer le bien-être de nos hommes et combattre les inconvénients inhérents h toutes les grandes agglomérations humaines.

Notre rôle en Suisse ne pouvait se borner k donner des soins aux malades : d’autres besoins presque aussi pressants, aussi urgents réclamaient notre concours le plus empressé. Il s’agissait de fournir k nos soldats du linge, des vêtements, des chaussures surtout. En voyant bon nombre d’entre eux, on se demandait dans quel état ils avaient dû parcourir les dernières étapes, dans quel costume ils avaient fait leur entrée sur le sol si largement hospitalier de la Suisse ? Nous avions dans le lazaret de la caserne de cavalerie une vaste salle au premier, que l’on désignait sous le nom de salle de paille en raison du genre de literie sur laquelle couchaient les individus indisposés, fatigués, et qui renfermait de 250 k 300 personnes. Entre cette salle et les divers cantonnements de Berne ou des environs il s’opérait des échanges continuels ; c’était un va-et-vient incessant. Nous y faisions la visite deux fois par jour. On opérait le triage de tous ces malades : après examen, ceux qui devaient entrer dans les salles y étaient immédiatement dirigés, et les autres, suivant la nature de leur indisposition, étaient soignés Ik pendant quelques jours jusqu’k ce qu’ils fussent en état de rejoindre leurs lieux d’internement.

Notre constante préoccupation était l’évacuation de nos malades sur la France. Nous savions quelle influence fâcheuse la nostalgie, la démoralisation tendent k exercer sur des affections légères au début, tels que bronchite, embarras gastrique, diarrhée, etc..., et quelle aggravation ces affections en subissent. Nous croyons que le retour dans leur pays, un climat plus tempéré étaient alors la thérapeutique la plus efficace k laquelle nous puissions avoir recours. Aussi n’hésitâmes-nous jamais k organiser de

nombreuses évacuations^ en tant bien entendu que l’état des malades ou plutôt des indisposés^ dirons-nous avec plus de justesse, l’autorisait, sans faire appréhender aucune aggravation par le fait même du voyage.

Tous nos malades, quand leur santé le permettait, étaient envoyés au bain et on leur donnait du linge propre et des vêtements.

Pour subvenir 'a toutes les demandes ce n’étaitpas tropdu concours de tous. C’est Ih que nous eûmes à vérifiera quel point l’initiative privée peut remplacer les institutions administratives; ici, h Berne, l’initiative de tous a réalisé de vrais prodiges, et nous ses spectateurs nous avons de mieux en mieux compris que l’assistance des classes aisées vis-k-vis de ceux qui ont besoin peut se produire et donner des résultats admirables, en dehors de la tutelle de l’Etat. La meilleure part en revient k la Société de secours aux blessés, à cette association généreuse qui, en France comme en Suisse, a donné des preuves éclatantes de charité, de dévouement et d’abnégation. Les comités établis k Berne ont fonctionné d’une manière admirable; il en a été de même, d’ailleurs, dans toutes les autres localités de la Suisse. Ils sont venus en aide k nos malades de la manière la plus effective en apportant objets de literie, linge, habillements, chaussures, etc... De notre côté, nous ne restions pas inactifs; grâce k l’ambassade de France k Berne, que nous ne saurions trop remercier et de la sympathie avec laquelle elle seconda nos efforts et des facilités que nous dûmes k son intervention ; grâce au libéral et empressé concours de M. Vernes d’Arlandes, délégué de la Société de secours aux blessés pour la région de l’Est ; k celui toujours si bienveillant et si dévoué de M. le comte d’Espagny ; du comité lyonnais, dont il est le président; de M. de Vaufreland, délégué de la Société centrale; de M. Henry, préfet de Nyon (Suisse), dont nous ne saurions trop louer le généreux empressement et auquel nous nous étions adressés, sur le conseil de M. Albert de Watteville, pour avoir des chaussures, et qui nous répondit en nous envoyant 500 fr. ; du comité de ' Lyon, de celui de Bordeaux, dont les délégués

MM. Quéiiin et Desplats mirent h notre disposition, le premier, six ballots de vêtements de laine et le second quatorze hectolitres de vin et plusieurs caisses de cognac, provisions qui nous permirent de soulager tant d’infortunes, soit dans notre ambulance, soit dans diverses localités que voulaient bien nous désigner les présidents des comités de la ville. Nous ne pouvons entrer ici dans des détails qui montreraient combien ont été grands les résultats obtenus k l’aide de la coopération individuelle.

Pendant notre séjour 'a Berne, plusieurs convois de blessés venant d’Allemagne passèrent à la gare. De concert avec le ministre de France, qui avait la bonté de nous faire prévenir, et les délégués des comités des sociétés de secours de Berne, nous organisâmes de nombreuses distributions de vêtements, de cigares, etc.

A tous ces secours si cordialement offerts, si largement distribués, â tous ces témoignages de la meilleure, de la véritable fraternité, de celle du moins qui doit se retrouver au fond de tous les cœurs, nos soldats répondaient par Texpression de la plus vive reconnaissance pour la sympathie que l’on témoignait et à leurs souffrances et â leurs malheurs immérités.

A notre arrivée en Suisse, M. le ministre de la guerre nous offrit avec la plus courtoise insistance les mêmes appointements que ceux attribués h tous les médecins suisses ou chirurgiens militaires français chargés d’un service médical de l’internement. Les ambulances lyonnaises ayant toutes fait la ‘campagne gratuitement, il nous sembla convenable de ne pas accepter en pays étranger une rémunération de nos services, alors que nous l’avions refusée en France, et l’opinion unanime parmi nous fut de persévérer dans la voie que nous nous étions tracée dès le début de la guerre.

Page 1