ORIGINE DU MANIOC, DE L’HUILE DE PALMIER ET I)U TISSU I)E RA FIA
SAMBA MIKEPE (BANGONGO)
(COLLECTION I)E LÉGENDES OBTENUES DU BILUMBA A MISUMBA)
Il y avait une fois un roi de Bushongo qui s’appelait Samba Mikepe (le Shamba Bolongongo des Bambala) qui était l’homme le plus sage qui eût jamais existé. Avant qu’il montât sur le trône, il fit de longs voyages vers l’ouest ; personne ne sait à quelle distance au delà du Kasai il alla, et ce fut de là qu’il rapporta sa. sagesse. Avant son règne c’était l’habitude pour les Bushongo de mettre leur bonnet de travers, mais il ordonna qu’on les portât au milieu de la tête ; et à cause de cet édit il fut surnommé Samba Buludi (Samba dans le milieu). Pendant une saison de son règne les moissons des Bushongo furent complètement détruites par les sauterelles et les gens étaient dans un danger imminent de mourir de faim. Mais ils furent sauvés par Samba Mikepe qui leur montra 1 usage du manioc qui ne pouvait pas être détruit par quelque quantité de sauterelles.
Cette légende est d’un intérêt particulier, car elle semble montrer que les Bushongo obtinrent leur connaissance du manioc de l’ouest. On se rappelle que Wolf, le premier européen qui voyagea parmi les Bushongo dans la partie méridionale de l’empire, raconta que le manioc n’était pas cultivé par eux, mais que le maïs, seul, l’était.
Shamba Mikepe enseigna aussi aux Bangongo l’usage de l’huile de palme, et le palmier « élaïs » jusqu’à ce jour est appelé Itokoli Samba, palmier de Samba.
Avant le temps de Samba Mikepe, les Bushongo portaient un vêtement de drap d’écorce et ils 11e le portaient que par derrière, le devant du corps étant nu. L’invention du drap de rafia lui est attribuée. En fait Samba Mikepe semble être un grand héros de civilisation des Bushongo et le plus grand nombre des arts utiles et des métiers lui sont attribués; voilà pourquoi il est très respecté et il y a un dicton:
Sumba, Samba ; kasikala, fini ; mikepo, nom ; Ikundu, matrice ; Kasikala, finie ; muyi, vite; ce qid veut dire : « Aussi longtemps les femmes engendront, aussi longtemps vivra le nom de Samba. »