‹ Notes extraites des Comptes rendus des séances de l'Académie des sciencesChapitre 4 sur 4 · Observations sur les Frelons; T 120, p · texte numérisé non relu

Observations sur les Frelons; T 120, p

7. Sur les Muscles des Fourmis , des Guêpes et des Abeilles; T. 121 , p. 610;

1895; 1 fig.

8. Sur les Rapports des Lépismides myrmécophiles avec les Fourmis;

T. 122, p. 799; 1896 ; 1 fig.

9. Sur les Rapports du Discopoma comata avec le Lasius niirtus ; T. 121,

p. 102; 1897; 1 fig.

10. Sur les Rapports de l’ Antcnnophorus uhlmanni Haller , avec le Lasius

miælus Nylandcr ; T. 124, p. 582; 1897 ; 1 fig.

11. Sur les Limites morphologiques des Anneaux du tégument et sur la

situation des Membranes articulaires chez les Hyménoptères arrivés à l'état d'imago ; T. 126, p. 485; 1898; 3 fig.

12. Sur une Cavité du tégument servant, chez les Myrmicinae, à étaler au

contact de l'air, un produit de sécrétion; T. 126, p. 1 168; 1898; 1 fig.

13. Réaction alcaline des chambres et galeries des nids de Fourmis. Durée

de la vie des Fourmis décapitées ; T. 127, p. 130 ; 1898.

1 4. Sur un Organe non décrit, servant à la fermeture du réservoir du

venin, et sur le Mode de fonctionnement de l'Aiguillon chez les Fourmis ; T. 127, p. 638; 1898; 1 fig.

1 5. Sur le Mécanisme duvolchez les Insectes ; T. 128, p. 249; 1899; 2 fig.

16. Remplacement des Muscles vibrateurs du vol par des colonnes d’ Adi-

pocytes, chez les Fourmis, après le vol nuptial; T. 142, p. 1095; 1906; 2 fig.

17. Sur un Organe non décrit du thorax des Fourmis ailées; T. 143,

p. 522 ; 1906 ; 1 fig.

18. Ilistolyse, sans phagocytose, des Muscles vibrateurs du vol chez les

reines des Fourmis; T. 144, p. 393; 1907 ; 4 fig.

19. Histogénèse du Tissu adipeux remplaçant les Muscles vibrateurs

histolyscs après le Vol nuptial, chez les reines des Fourmis; T. 144, p. 1070; 1907; figures.

JANET (Charles)

Histogénèse du Tissu adipeux remplaçant les Muscles vibrateurs histolysés après le Vol nuptial , chez les reines des Fourmis.

Chez les reines des Fourmis, les muscles vibrateurs des ailes sont complètement histolysés quelques semaines après le vol nuptial (1).

Il n’en subsiste plus, alors, que les enveloppes et que les trachées qui se faufilaient entre les fibrilles musculaires [fig. 12).

Des cellules mésodermiques libres, véritables leucocytes, qui circulaient dans le sang et à la surface des organes, ont, peu à peu, au cours de l’histolyse, pénétré dans l’intérieur de ces enveloppes (fig. 5). Elles y ont été attirées non seulement par les liquides nutritifs résultant de la dissolution de la substance musculaire (fig. 7), mais aussi par la présence des trachées qu’elles y trouvent et qui sont indispensables à leur fonctionnement. Il n’est pas aisé de surprendre ces leucocytes au moment de leur pénétration. Ils forment, en certains points, de véritables accumulations à l’extérieur des enveloppes, et certainement, si ces enveloppes n’existaient pas, les fragments musculaires en histolyse en seraient couverts. C’est principalement au voisinage des insertions sur le tégument que se fait la pénétration, car c’est là, surtout, que l’on voit, à l’intérieur des faisceaux, des leucocytes n’ayant pas encore perdu leur aspect normal (fig. 5). Quelques-uns pénètrent probablement en suivant les troncs trachéens qui traversent les enveloppes, mais il y en a certainement qui pénètrent en se faufilant dans l’épaisseur du derme d’intersection du faisceau considéré (fig. 10 et 11).

(1) Comptes rendus , CXLIV, p. 394 (fig. 2).

Lorsqu’ils sont entrés dans le faisceau, les leucocytes se déplacent en suivant la paroi interne de l’enveloppe persistante du faisceau (fig. 12), ou les fibrilles en voie de dégénérescence (fig. 3 et 9), ou les ramifications trachéennes (fig. 8 et 12). Immédiatement après leur pénétration, ils perdent leur aspect de leucocytes et prennent celui des cellules initiales d’adipocytes. Ils grossissent, deviennent irréguliers, contractent leur noyau et produisent dans l’intérieur de leur protaplasme un certain nombre de granulations. Ces initiales, toujours bien caractérisées par leur aspect, ne peuvent jamais être confondues avec les sarcolytes, à noyaux en dégénérescence, qui les entourent (fig. 8). Bientôt, le noyau de chaque initiale se divise directement en deux (fig. 3 et 8; et de nouvelles divisions portent ce nombre à quatre (fig. 4 et 20), à huit (fig. 14), puis bien au delà (fig. 13).

La cellule initiale d’adipocyte ainsi formée n’attend pas toujours que son noyau se soit beaucoup fragmenté pour produire dans son intérieur (fig. 5) et émettre (fig. 8) un petit nombre de globules de graisse, trois ou quatre par exemple, qui restent adhérents à sa face externe et sont entourés chacun d’une fine enveloppe. Elle émet, en même temps que les globules de graisse, du protoplasme qui les recouvre, et bientôt le tout s’entoure d’une véritable membrane cellulaire (fig. 1).

Le milieu environnant les jeunes adipocytes étant, en ce moment, très riche en substances nutritives, il se produit, d’une façon précoce, au sein du protoplasme qui sépare les globules de graisse, un certain nombre de globules albuminoïdes.

Bien que de dimensions encore restreintes, l’adipocyte est alors complètement constitué. Il n’a plus qu’à augmenter son volume et le nombre de ses globules de réserve pour devenir la cellule géante bien connue.

Le leucocyte initial a formé surtout ce corps central qui mérite, ici, plutôt le nom de corps adipogène que celui de noyau, le véritable noyau étant représenté par toutes ces petites masses très colorables qui proviennent de la division du noyau du leucocyte.

Toutes les figures ci-dessus se rapportent au Lasius niger sauf la figure 2, qui se rapporte à la Formica fusca :

1, nappe de jeunes adipocytes sur l’enveloppe d’un faisceau presque complètement histolysé:

2, adipocyte d’un faisceau histolysé;

3, initiales d’adipocytes pénétrant entre des fibrilles en histolysé ;

4, adipocyte d’un faisceau histolysé;

5, initiales d'adipocytes venant de pénétrer dans la région d’insertion d’un faisceau en histolysé

6, corps adipogène d’un vieil adipocyte non fasciculaire ;

7 et 8, initiales d’adipocytes et sarcolytes ;

9, initiales d’adipocytes pénétrant entre des fibrilles en histolysé;

10 et 11, initiales d’adipocytes s’insinuant dans le derme d’insertion d’un faisceau en histolysé;

12, initiales d’adipocytes dans un faisceau hystolisé;

13 à 22, corps adipogènes d’adipocytes de faisceaux.

a, adipocyte.

c. a. g, cellule amiboïde granuleuse, c. g. I, coagulum sanguin, c. a, corps adipogène.

de, derme.

e, enveloppe d’un faisceau vibrateur.

fl, fibrille vibratrice.

g. a, globule albuminoïde.

g. g, globule de graisse.

i, initiale d’un adipocyte.

l. leucocyte.

m. h, muscle vibrateur en histolysé.

n. a, noyau du corps adipogène.

7i. h, noyau musculaire en histolysé.

n. t, noyau trachéen.

sa, sarcolyte.

sm, sarcolemme.

sq, squelette chitineux.

t, trachée.

Les globules albuminoïdes deviennent de plus en plus nombreux. Ils se forment dans le protoplasme issu du corps adipogène.

C’est uniquement dans l’intérieur du corps adipogène, ou à sa surface lorsqu’il a perdu sa forme massive, que se forment les globules de graisse. Ils finissent par s’en détacher au bout de quelque temps. Dès qu’ils sont libres, un phénomène de capillarité ramène les globules albuminoïdes dans la région centrale au voisinage du corps adipogène, tandis que les globules de graisse s’en vont, les uns à la suite des autres, se loger contre la face interne de l’enveloppe où ils demeurent jusqu’au moment de leur utilisation (fig. 4).

C’est par exosmose que les corps gras sortent de l’adypocyte, et il en est de même des produits de la digestion intracellulaire des globules albuminoïdes.

Les figures 2 et 13 à 22 montrent des globules de graisse en voie de formation ou en voie d’émission. Le corps adipogène représenté figure 13 présente une activité particulièrement remarquable.

A la suite d’un fonctionnement intensif, le corps adipogène perd sa forme massive et se transforme en une nappe de forme très compliquée dans laquelle on retrouve le noyau initial du leucocyte de plus en plus fragmenté. Cela se voit bien surtout dans les vieux adipocytes qui se sont formés à la fin de la vie nymphale et qui, au moment de la formation des adipocytes des faisceaux, sont très volumineux (fig. 6).

Limoges. — Imprimerie Ducourtieux et Goût, T, rue des Arènes.

JANET (Charles). Histolysc des Muscles de mise en place des ailes, après le vol nuptial , chez les reines de Fourmis. Extrait des Comptes rendus des Séances de l'Académie des Sciences (9 décembre 1907).

JANET (Charles)

Histolyse des Muscles de mise en place des ailes, après le vol nuptial, chez les reines de Fourmis.

Il y a, chez les Insectes, au point de vue histologique, des muscles de deux sortes. Ceux de la première produisent des mouvements relativement lents; on les appelle muscles ordinaires . Ceux de la deuxième produisent de véritables vibrations; on peut, pour ce motif, les appeler muscles vibrateurs.

Chez les Insectes dépourvus d’ailes, et représentant, mieux que les autres, les formes ancestrales (Aptérygoles), il n’y a que des muscles de la sorte ordinaire.

L’acquisition de la faculté de voler s’est faite au moyen de ces muscles ordinaires, et ces muscles sont restés tels chez tous les Insectes pourvus d’ailes à battements lents, par exemple, chez les Lépidoptères.

Chez d’autres Insectes, au contraire, les mouvements des ailes ont pris une allure de plus en plus rapide qui a fini par devenir une véritable vibration, et la structure de la cellule musculaire productrice de ces mouvements s’est transformée en conséquence (Coléoptères, Hyménoptères, Diptères).

Il y a là un fait important de l’évolution phylogénétique de la classe des Insectes, qui pourrait se traduire par une division des Ptérygotes en deux groupes comprenant : l’un, les Ptérygotes à muscles du vol de la sorte ordinaire ; l'autre, les Ptérygotes à muscles vibrateurs.

Après avoir étudié (I) le processus de la disparition des muscles vibrateurs du vol chez les reines de Fourmis, il était intéressant d’examiner quel est, chez ces memes Insectes, le sort des muscles de mise en place des ailes, muscles qui, eux, sont de la sorte dite ordinaire.

(1) Comptes rendus Acad, des Sc., t. CXLIV, p. 393.

Gomme les muscles vibrateurs, ils deviennent sans emploi après la chute des ailes et, à la suite d’une sorte de sénescence précoce, ils sont, à leur lour, frappés de bionécrose. Ils sont ensuite liquéfiés sous l’action digestive des diaslases contenues dans le liquide cavitaire; mais cette digestion est plus tardive et plus lente.

La figure ci -jointe donne un bon exemple de l’état dans lequel se trouve, chez la reine de Lasius niger , dix mois après le vol nuptial, celui des muscles de mise en place de l’aile dans lequel la dégénérescence m’a semblé marcher le plus rapidement.

Le début de l’histolyse consécutive à la nécrobiose est marqué par rélargissement du cylindre, sarcoplasmique axial dans lequel les noyaux sont logés et par la forme arrondie que prennent ces derniers.

Ensuite, la striation de la fibre s'atténue de -plus en plus. Les réseaux transversaux persistent, cependant, assez longtemps, et l'on en voit encore des traces dans des fibres dont l’histolyse est assez avancée.

Par suite du progrès de la dégénérescence, la substance musculaire se transforme en un magma semi-fluide, qui se liquéfie peu à peu et, par suite, diminue de volume.

Le sarcolemme, c’est-à-dire l’enveloppe de la volumineuse cellule à noyau fragmenté qui constitue la fibre musculaire ordinaire, n’est pas détruit par le processus histolytique. Il emprisonne le magma de dégénérescence et laisse sortir, seulement par exosmose, les produits de sa liquéfaction.

Le tube formé par le sarcolemme, n’étant plus rempli que de substances semi-fluides et de liquides, a perdu sa résistance primitive. Il se laisse dévier et aplatir sous la pression des organes voisins, et, en particulier, des adipocytes. Le magma et les noyaux sont alors refoulés vers les parties non comprimées. Même en l’absence de ces pressions extérieures, le magma non encore liquéfié et les noyaux qu’il entraîne tendent à s’amasser en une ou deux régions du tube, et ils y produisent des renflements très prononcés.

Par suite du ramollissement de la substance musculaire et de l’élargissement du cylindre axial dans lequel étaient emprisonnés les noyaux,

LaSIUS NIGER, REINE, 10 MOIS APRÈS LE VOL NUPTIAL.

Fibres en histolvse, à côté de fibres encore presque intactes, dans l'un des muscles de mise en place

de l'aile. — Grossissement : 333.

ces derniers, n’étant plus comprimés latéralement par le réticulum contractile du myoplasme, perdent leur forme cylindrique allongée et, comme nous l’avons vu, tendent, de bonne heure, à devenir sphériques.

Bien qu’ils ne soient plus maintenus latéralement, les chapelets de noyaux en histolyse peuvent cependant rester à peu près à leur place primitive jusqu’au moment de leur disparition. Souvent, ces chapelets se sectionnent en tronçons qui, chevauchant les uns sur les autres, se réunissent en groupes irréguliers.

Les noyaux hionécrosés résistent assez longtemps à l’histolyse. Ils finissent, cependant, par perdre leur membrane, et leur chromatine se dissout alors assez rapidement dans le liquide histolytique.

Finalement, les sarcolemmes ne forment plus que des tubes de diamètre réduit et complètement vidés. Ces tubes se retrouvent jusque chez les plus âgés des individus que j’ai étudiés. Ils semblent persister jusqu’à la fin de l’existence, et continuer à fournir ainsi un support aux ramifications trachéennes qui desservaient les fibres et aux éléments circulant librement dans le sang.

Cette histolyse des fibres musculaires ordinaires n’est, pas plus que celle des muscles vibraleurs étudiée précédemment, accompagnée de phagocytose.

On voit bien, autour des libres dégénérées, des leucocytes et des cellules granuleuses, mais ni les uns, ni les autres ne perforent le sarcolemme qui reste intact depuis le moment de la nécrobiose jusqu’à la disparition de toute trace de substance musculaire. D’ailleurs, dans les centaines de leucocytes que j’ai examinés, je n’ai pas vu un seul fragment solide phagocyté. Quant aux cellules granuleuses, qui me paraissent être des cellules trachéales, elles sont identiques à celles que je retrouve, dans toutes les régions du corps, bien avant le début et bien après l’achèvement de toute histolyse.

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lmp. Fr. Simon, Rennes (212-08).

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