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de nouvelle création, 16 genres nouveaux ont surgi, et encore ces genres sont-ils d’une moindre importance par la petitesse et le petit nombre des espèces qu’ils renferment On peut déjà conclure de ce qui précède, que la force créatrice a été plus grande dès le commencement, et cela semble confirmé par le petit nombre de genres nouveaux que l’on voit apparaître dans les sables moyens; nous en comptons 3 seulement, et cependant ces sables voient naître 241 espèces; et enfin aucun genre nouveau ne surgit en même temps que les 65 espèces des sables supérieurs ; de sorte que la progression dans cet ordre des créations se traduit par les chiffres suivants ao*l sup ofnôm-ah
4re formation, 66 genres, 323 especes.
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Les genres nouveaux du calcaire grossier sont les suivants ;
Fislulana. Isocardia .
Sol ecu rtus . Verlico > d ia .
Saxicava .
Capsa.
Venerupis .
Tapes.
Psathura.
Isodoma.
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Hippagus.
Crenella.
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Tercbratula .
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auxquels sont attachées 43 espèces seulement.
Les 3 genres nouveaux des sables moyens sont Curdilia , Passya , Scintilla , auxquels U espèces appartiennent.
Nous avions donc raison de dire que, dès les premiers moments de son séjour dans un bassin récemment envahi par elle, la mer a amené les principaux éléments de la population future du bassin de Paris.
Quand nous disons que la mer a amené avec elle les éléments de la faune parisienne, nous nous servons probablement d’une expression impropre, car de quel point du globe seraient venues ces nouvelles populations? Elles n’ont point leur origine audessous; au-dessous, nous le savons, nous rencontrons la craie, avec sa faune spéciale qui n’a aucune communauté avec la nôtre ; elle ne vient pas non plus par les côtés, car partout où nous étendons le regard sur les mêmes horizons, si lointains qu’ils soient, nous trouvons des créatures analogues ou semblables. Il faut donc croire que notre faune a été créée là où nous la trouvons. Coin-
NOTE DK M. DESHAYES.
ment en chercher ailleurs les rudiments, lorsque, en réalité, nous les avons sous les pieds? Les géologues de Belgique ne pourraientils pas chercher dans le bassin de Paris l’origine des espèces de leur pays? Les savants d’Angleterre auraient le droit d’avoir la même pensée, tandis que nous, nous porterions nos regards vers les Pvrénées ou vers les Alpes, et même dans la direction de l’Asie ou de l’Inde ; nous le répétons, nous ne devons pas aller si loin.
Quelle est l’origine de la faune première de M. Barrande? On ne peut la prendre en dessous, il n’y a rien; on ne peut la prendre sur les cotés, car c’est elle-même que l’on rencontre. Il faut bien admettre pour celle-là qu elle a été créée là où on la trouve. Et pourquoi ne pas accepter la croyance que le même phénomène s’est répété souvent depuis cette première apparition de la vie jusqu'à nos jours, et que c’est lui qui se manifeste au commencement de la grande période tertiaire? Toujours conforme à elle-même, la nature répète les mêmes actes, tout en variant les produits de ses forces créatrices. Unité dans la diversité, telle est sa loi.
En définitive, quel spectacle nous offre le bassin de Paris? des apparitions d’espèces et leur extinction plus ou moins rapide : les unes résistant peu aux causes de destruction, les autres un peu plus, d’autres plus encore, toutes enfin disparaissant à de certaines limites, les plus vivaces servant de lien commun à toutes les parties de l’ensemble et les autres rattachant entre elles les sousdivisions d’une moindre importance.
Ce phénomène que nous constatons dans le bassin de Paris n’est pas nouveau pour nous; depuis plus de vingt années, nous avons eu plus d’une fois l’occasion d’exposer devant la Société les résultats de nos observations sur les grandes formations des terrains sédimentaires. Dans toutes, nous avons aperçu des faits absolument semblables ; mais en même temps nous avons remarqué un phénomène bien différent. Autant il est facile de constater la migration des espèces dans l’intérieur des grands groupes, autant il devient difficile d’établir la continuité d’un grand groupe avec celui qui le surmonte immédiatement. A cette limite, tous les rapports se rompent, et aucune espèce ne passe en identique de l’un à l’autre. Cette interruption profonde et radicale ne se reproduit pas aussi souvent qu’Alc. d’Orbigny et quelques autres paléontologistes le prétendent ; mais nous la voyons se répéter cinq fois et séparer de la manière la plus forte la série paléozoïque du trias, le trias du terrain jurassique, celui-ci de la craie, et enfin le terrain crétacé du terrain tertiaire.
Sans aucun cloute cependant les modifications de l'organisme ont été lentes et graduelles; si elles ne sont point interrompues pendant la durée des grandes périodes, elles Font été à la fin de chacune d'elles; mais, malgré les interruptions, pour nous incontestables, que nous venons de rappeler, l’enchaînement des êtres s’est continué depuis l'aurore de la création jusqu’à nos jours, et se continuera aussi longtemps qu’il y aura des êtres organisés à la surface de notre globe; seulement cet enchaînement ne se réalise peut-être pas selon les idées préconçues que l’on s’en était faites.
En exposant il y a quelques moments la disposition générale de nos tableaux, nous avons annoncé qu’une large colonne y était réservée pour établir les rapports du bassin de Paris avec les terrains qui sont en dehors de son périmètre. En effet, notre bassin n’est point isolé dans l'univers; des terrains du même âge ont été observés non-seulement en Europe sur un grand nombre de points, mais encore en Afrique, en Asie, dans l’Amérique septentrionale, et jusqu’en Australie. Partout où ils ont été rencontrés, ces terrains ont offert une faune très analogue à la nôtre, souvent même des espèces identiques. Nous n’avons pas négligé ce côté si intéressant des rapports de la faune parisienne; nous avons réuni autant de documents que nous l’avons pu sur ce sujet important, et déjà, pour ce qui concerne les Mollusques acéphalés, ils sont consignés dans nos tableaux.
Le moment ne nous semble pas encore venu de nous servir de ces matériaux ; nous attendrons la fin de nos recherches sur la partie de la faune parisienne dont nous poursuivons actuellement la publication ; nous aurons alors à mettre en regard un plus grand nombre d’espèces, des faits plus nombreux s’établiront avec plus de certitude, et les déductions que nous en tirerons auront d’autant plus de force qu’elles s’appuieront sur un plus grand nombre de ces faits. 11 nous a donc paru convenable d’ajourner à un avenir prochain ce complément de recherches qui, nous l’espérons, ne manqueront pas d’intérêt, et que nous nous empresserons de soumettre au jugement de la Société.
Paris. — Imprimerie de L. MARTINET, rue Mignon, 2.