‹ Notes historiques sur la vallée de la MatapédiaChapitre 10 sur 31 · IV.— POSTES D'AMQUI ET DU PETIT LAC · texte numérisé non relu

IV.— POSTES D'AMQUI ET DU PETIT LAC

Ce Poste a été tantôt à la Décharge du Lac, tantôt au Lacau-Saumon. Il semble même qu'à certaines époques les deux ont existé à la fois. Parlons d'abord de celui d'Amqui. Il était

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situé à peu près à trois-quarts de mille de l'église actuelle de cette paroisse, à la Décharge du Lac Matapédia. En 1847 ou 1848, un Ecossais du nom de Lowe ou Loof y était établi, mais il ne paraît pas qu'il fût subventionné par le gouvernement. En 1850, Marcel Brochu, fils de Pierre Brochu, allait le remplacer. Outre sa subvention annuelle, le gouvernement lui concédait un vaste terrain. Marcel Brochu garda ce poste jusqu'en 1867 et y mourut, il y a une quinzaine d'années.

Quant au Lac-au-Saumon, l'Indien Para, qui y vivait en 1839, remplit-il les fonctions de gardien? Probablement, bien qu'on ne trouve nulle part que le gouvernement lui ait payé de subvention. Vers 1848, vivait là un individu de nom de Peter Glasgow, qui a donné son nom au "Lac à Pitre", situé dans le voisinage de la "Montagne à Fournier". Glasgow était un triste sire qui a fait des siennes dans la région. Le courrier incendia la cabane dans laquelle il vivait, pour en purger le pays, et il disparut. Il paraît que lui aussi remplissait la fonction de gardien de ce Poste, dans l'espoir d'une allocation qui ne lui fut jamais payée. En 1849, Pierre Brochu, fils, alla le remplacer et y demeura jusqu'en 1853. Celui-ci recevait une subvention, ainsi que son successeur, Georges LeBel, qui acquit la propriété de Pierre Brochu, en 1853, et qui y vécut une dizaine d'années, paraît-il. Alors quelques colons vinrent se fixer dans la vieille mission du Lac-au-Saumon. Le Poste étant devenu inutile disparut à cette date.

Voilà l'histoire des Postes de la Vallée de la Matapédia, dont il est tant parlé dans tous les documents publics qui se rapportent à cette région. Nos lecteurs nous pardonneront de l'avoir faite avec tant de détails et de précisions. Nous avons cru que ces précisions nous seraient utiles plus tard, quand nous aurons à faire l'historique du mouvement de la colonisation dans ce territoire.

Art 9.. — Projet oVun nouveau tracé du Chemin Kempt.

Comme nous l'avons dit maintes fois déjà, le Chemin Kempt n'avait été qu'ébauché, lors de sa construction, de 1830 à 1832. Il était dans un état si pitoyable, en 1838 et dans les années suivantes, qu'il était devenu à peu près impossible d'y faire le service des postes. Il y eut tant de plaintes à ce sujet, à cette époque, que le Gouvernement décida de l'améliorer quelque peu. Lord Gosford, Gouverneur Général du Canada, chargea William Mac-Donald d'aller y faire une exploration et de lui dresser un rapport, avec un estimé du coût approximatif des travaux à exécuter pour le rendre convenable.

Ce fut l'occasion de grandes discussions entre les intéressés. Puisque le Gouvernement était disposé à améliorer ce chemin, ne valait-il pas mieux en profiter pour en changer le cours, de Capsapscal à Matapédia, et lui faire suivre la rivière, au lieu de le passer dans l'intérieur? Une requête avait justement été présentée au Gouverneur dans ce sens.

William Mac-Donald, qui avait fait le premier tracé et qui avait été l'ingénieur surveillant des premiers travaux, était évidemment en faveur de la route de l'intérieur. Aussi, dans son rapport, en date du 31 août 1838, il s'efforce de démontrer qu'elle est la seule pratique. *' La route du littoral de la rivière, dit-il, sera de huit milles plus longue et il faudra y construire neuf grands ponts et vingt-six moins considérables; pendant que la route de l'intérieur n'en demandera que quatre grands et deux ou trois plus petits". Quand au coût des travaux, il dit qu'il n'est pas facile de le déterminer, mais qu'une somme de L. 5,500 devra suffire pour un bon travail.

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Les suggestions de William Mac-Donald ne devaient pas être écoutées. La même année, Sir John Colborne, Gouverneur-Général, accordait un octroi de L. 500 seulement, qu'on employa à faire un sentier le long du lac Matapédia et à couper, dans le vieux chemin, les broussailles qui, à certains endroits, étaient à hauteur d'homme.

Cependant, on était à l'époque des troubles. Les patriotes de 1837, quoique mal armés et n'ayant aucune organisation, avaient montré au gouvernement impérial qu'il ne fallait pas les mollester et que, si on leur donnait de nouveaux sujets de plainte, ils pourraient lui causer des embarras sérieux. C'est probablement hanté par cette idée que le Gouvernement reprit encore l'étude de la question de l'amélioration du Chemin Kempt. On remarque qu'après chaque guerre ou chaque menace d'invasion, la question des Communications intérieures revient sur le tapis, sous le régime anglais. Nous verrons qu'après la menace de l'invasion fénianne, on fit le Chemin Matapédia.

En tout cas, l'année suivante, J. W. Gordon, Lieutenant- Ingénieur Royal, était chargé de faire une inspection du Chemin Kempt et de soumettre ses suggestions pour son amélioration. Le 29 juillet 1839, il donnait au Département de la Milice un rapport très détaillé, couvrant cinq pages de papier grand format. Ce rapport comprend trois parties: Histoire de la construction du Chemin, Sa description, Suggestions pour son amélioration. Nous nous bornerons à résumer la deuxième partie et à citer textuellement la dernière.

"Halifax, Nouvelle-Ecosse, 29 juillet 1839.

Rapport sur le "Chemin Kempt", de la tête de la Baie des Chaleurs, à Métis, sur le St-Laurent, montrant son état pré-

sent et ce qui est requis pour le rendre convenable comme voie de communications pour le Passage des Troupes, et pour les véhicules à roues, en toute saison de l'année.

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