AU SERVICE DE LA FRANCE
À plusieurs reprises, le grand Colbert, avait invité Radisson et Desgroseillers à reprendre le service de la France. Au mois d'octobre 1674, ils se présentèrent devant lui. Colbert, après leur avoir reproché sévèrement leur conduite, leur promit des lettres patentes de pardon et de restitution de leurs biens, s'ils voulaient se livrer à la traite au profit de leur mère-patrie, la France. ;
I1 leur offrit également d'acaquitter leurs dettes, de leur payer £400 en sus et de leur donner un emploi lueratif. Ils acceptèrent.
Radisson dit que Colbert s'acquitta de toutes ses promesses, moins la dernière. :
En effet, il attendit quelque temps, sans que ses services fussent requis. Ils’en plaignit à Colbert, qui lui avoua, que pour rétablir la confiance dans son allégéance à la France, il fallait qu’il amène sa femme en France.
Il se rendit en Angleterre, maïs ne pût persuader sa fernme à le suivre. Son beau-père s’y opposa formelle- ‘ment.
Tout ce que Radisson et Desgroseillers purent obtenir de la cour de France, fut une lettre de recommendation pour le Comte de Frontenac, gouverneur de la colonie.
Tls se rendirent donc à Québec. Frontenac ne voulut ou ne pût, rien faire pour eux.
Desgroseillers retourna à Trois-Rivières et Radisson en France. Ce dernier s’engagea dans la marine et prit part à l'expédition, commandée par le Comte d’'Estrée, dirigée contre l'ile de Taboga. Le navire sur lequel, il se trouvait, sombra et il ne se sauva qu'avec la plus grande peine. A son retour en France, il reçut comme récompense, une somme de £100.
Le Vice-Amiral, qui avait pu admirer son courage et son habileté, promit de lui donner le commandement d’un vaisseau de guerre et écrivit à la cour, pour le recommander en conséquence. :
Radisson vint encore se heurter cette fois-ci contre le même obstacle. Colbert se défiait de lui. Il croyait qu’il subissait l’influence des Kertk. Pour l'y sous-
traire, il lui déclara, qu'il ne pouvait rien espérer, tant que sa femme ne viendrait pas demeurer en France. C’était la condition sine qué non de tout ‘avancement. -
Colbert avait raison et connaissait bien son homme. Radisson avoue lui même, en toutes lettres, à plusieurs endroits de ses mémoires, que depuis son mariage, les liens. de famille étaient plus forts chez lui, que ceux de la patrie et que dans ses affections, il donnait la préférence à fl’ Angleterre. |
Radisson, passa en Angleterre, pour constater encore une fois de plus, les dispositions de sa femme. Son beau-père le mit tellement dans ses intérêts, que Radisson écrivit pour lui, en France, au sujet d’une réclamation qu'il prétendait avoir, pour la prise de Québec, en 1629.
Sir John Kertk, était le frère de Louis, Thomas et David Kertk et associé avec eux dans le commerce. Il réclamait pour la société ‘Kertk” £34,000, comme indemnité de wuerre.
Radisson fit des offres de service à la Cie de la Baie d'Hudson, qui les refusa. Le 12 Août 1679, il se trouvait à Brest.
Après bien des correspondances et des entrevues avec Colbert, ce dernier lui donna des lettres d’introduction auprès de l’Intendant de la colonie M. de La Chesnaie. L’Intendant l’informa qu'il n’y avait pour lui, qu’un seul moyen de gagner les bonnes grâces du grand ministre ; c'était de tenter sérieusement un dernier effort, pour amener sa femme en France et d'établir ensuite un poste dans la Baie d'Hudson, pour le compte de la colonie. Radisson promit de ne rien
négliger pour réussir. A peine, était-il arrivé à Londres qu’ii se rendit auprès du Prince Rupert, pour le prier d’intercéder pour lui, auprès de Cie. Il eut l'humiliation, de se voir encore cette fois-là, éconduit dédaigneusément. Bien entendu, sa femme, ne traversa pas en France. Colbert parait avoir soupçonné le jeu double et déloyal de Radisson, car avant son départ pour Québec, il lui recommenda d’être sur ses gardes et de ne pas se laisser séduire par les promesses des Anglais.
I} arriva'‘à Québec, le 25 Juillet 1681.
Après avoir discuté avec l’Intendant, les conditions de l'expédition projetée, 1l fut convenu que l’Intendant équiperait deux navires pour le printemps suivant et que Desgroseillers et Radisson en prendraient le commandement. L'Intendant fournissait tout et ils avaient chacun un quart des profits. En ce moment là, se trouvait dans le port de Québec, un navire appartenant au gouverneur de l’Acadie. L’Intendant demanda à Radisson, de partir immédiatement sur ce bateau et d'aller hiverner en Acadie. Au printemps suivant, il devait rencontrer Desgroseillers, à l'ile Percée, qui était le lieu du rendez-vous.
Radisson accepta. Il partit, accompagné de trois hommes ; J. Bte. Desgroseillers, son neveu qui avait souvent traité avec les sauvages ; Pierre Allemand, un excellent pilote et J. Bte. Godfroi, un traiteur d'expérience, qui avait une grande connaissance des sauvages.
En juillet 1682, les deux bateaux promis le ‘‘ Saint Pierre” et la ‘Charente”’ arrivèrent à l’ile Percée. Celui qui était destiné à Radisson, était vieux et peu propre à ce service ; celui de Desgroseillers était excellent. Tous deux, cependant étaiént trop petits pour un voyage aussi dangereux. Desgroseillers avait 15
hommes d'équipage.
re nn
ExrPépiTion DE 1682 gr 16853.
es sms
Tls quittèrent l'ile Percée, le 11 Juillet 1682. Ils ne tardèrent pas à rencontrer, d'énormes banquises de glace.
L'équipage effrayé se mutina. Les navires chassés par le vent, furent contraints de relâcher dans une rade, des côtes du Labrador. Ils en profitèrent, pour traiter 100 peaux de loups, avec les Esquimaux.
Le 28 Août (1682,) les deux bateaux entrèrent dans la rivière Hayes, qu'ils remontèrent jusqu’à 15 milles de son embouchure. Ils s’arrêtèrent près d'nn cours d’eau, qui se jette dans la rivière Hayes et y établirent
leurs quartiers d'hiver, Desgroscillers se mit aussitôt à construire ure maison et un hangar, tandis que Radisson partit en canot, pour aller reconnaitre les sauvages de l’intérieur. Il pénétra jusqu'à environ 150 milles dans le pays. Le 12 Septanbre, il revenait suivi d'un grand nombre de sauvages.
Il était à peine de retour, qu’un soir, à son grand étonnement, il entendit la détonation d’un canon.
T1 partit avec trois hommes, pour découvrir ce que <ela signifiait. Le 16 septembre il aperçut, un navire mouillé près d’une ile de la rivière Nelson.
L’équipage avait dressé une tente dans l'ile et était occupé à y construire un fort.
Radisson passa toute une journée, caché dans les branches, épiant ce qu'ils faisaient. Il s’approcha assez près d'eux, pour reconnaitre qu'ils parlaient Anglais. Il retourna vers ses trois compagnons. Îls se montrèrent sur la côte, en face de l'ile. Ils ne tardèrent pas à être remarqués par ces nouveaux venus, qui, après quelque hésitation, se dirigèrent vers eux, en canot.
Ïls se tinrent à distance. Radisson leur dit qu'il était venu dans cette direction, en entendant le bruit de leur canon, espérant y rencontrer un navire Français qui était attendu de jour en jour. Il les somma d’avoir à quitter cette rivière à l'instant, les menaçant de les chasser. Il leur déclara, qu'il réclamait le privilége exclusif de la traite, comme premier occupant.
Il allait continuer ses menaces, lorsqu'il reconnut le Capt. Gillam, avec lequel il avait eu de fréquents rapports à Boston. Un certain historien veut même que Gillam l'ait accompagné, lors de sa première expédition maritime à la Baie d'Hudson. Il changea aussitôt de langage et se rendit à bord du navire de Gillam, où il fut reçu avec les témoignages de la plus grande amitié. Il fit promettre à Gillam de ne pas laisser ses hommes sortir de l'ile, de crainte de rencontrer des Français. Il l’assura qu'il verrait à ce qu’il ne fut pas molesté par les sauvages, sur lesquels il exerçait une grande influence.
Ji entrait dans le plan de Radisson, d'exagérer les forces qu’il possédait, sur la rivière Hayes. Dans ce dessein, il fit croire à Gillam, qu’il avait un fort bien défendu et garni de canons, que deux navires Fran-
çais étaient arrivés récemment et avaient établi un poste au nord du sien, qu'il était avec Desgroseillers le commandant de tous les établissements Français de la Baie, etc.
Gillam ajouta foi à tout et se croyant à sa merci, ne chercha qu'à gagner ses bonnes grâces. Les véritables. intentions de Radisson, ne sont point douteuses.
Il nous apprend lui même, qu'il se proposait de le faire partir ou de s'emparer de son navire.
Il voulait cependant mettre son idée à exécution, gans verser de sang et il résolut d'attendre une occasion favorable. Il se croyait d’autant plus justifiable, d'en agir ainsi, que Gillam lui avait avoué, qu'il n'avait point de commission de la part du gouvernement Anglais, pour faire la traite dans la Baie.
Radisson promit à Gillam de venir le voir, au bout de 15 jours et ils se séparèrent dans les meilleurs termes possibles.
Il était à peine descendu à 9 milles, sur la rivière Nelson, qu’il aperçut un navire, faisant voile vers lui, C'était le gouverneur Bridgar, de la Cie., de la Baie d'Hudson, qui entrait dans la rivière Nelson. Le navire était commandé par un autre Capt. Gilliam, père du premier. Radisson les attendit sur le rivage.
Ses trois hommes se cachérent dans le bois, qui bordait la rivière, se montrant de temps à autres, à divers endroits, de manière à laisser croire, qu’ils étaient nombreux. Il tint au gouverneur, à peu près le même langage, qu’au jeune Gillam et n'oublix pas surtout de lui faire un recit fantaisiste du nombre d'hommes, de navires, de forts et de canons dont il prétendait disposer.
Bridgar fut sa dupe et se montra très conciliant. Radisson, lui indiqua l’endroit, sur la rive nord de la rivière Nelson, où Sir Thomas Button: avait hiverné précédemment. Il permit à Bridgar, après s'être fait un peu prié, d'hiverner sur cette rivière.
Après ce voyage de surprise, il retourna auprès de son beau frère, auquel il raconta, ce qui venait de se passer. Il fut décidé, de s'assurer de la fidélité de tous les sauvages et de les engager à n'avoir de commerce, qu'avec eux. Cette précaution était d'autant plus nécessaire, qu’ils se trouvaient entourés d’Anglais des .
deux côtés ; au nord ouest par deux établissements nouveaux sur la rivière Nelson et de l’autre par les postes de la Cie., au fond de la Baie James.
Radisson continua à les tromper de la plus belle façon. -
Un jour, c'était un matelot qu’il introduisait, comme commandant d’un fort, ou capitaine d’un navire; un autre jour, ilen présentait un autre, comme maitré canonier etc. Il ne leur vint pas à l'esprit, que Radisson s’amusait à leurs dépens.
Ce qu'ily avait de plus extraordinaire, c'est que Bridgar tout comme Gillam ignorait à cette époque la présence d’autres Anglais, à une distance aussi rapprochée. Quelque tempæaprès, il visita le Capt. Gillam.
Il le trouva bien fortifié, ayant six canons prêts à faire feu. Le Capt. se confondit en excuses, de s'être autorisé à bâtir ce fort. Il prétendit qu’il n’en agissait ainsi, que pour se protéger contre les employés de la Cie., de la Baie d'Hudson, au cas où il leur arriverait de se rendre sur cette rivière.
Radisson, l’informa, que ce qu’il appréhendait, était arrivé, mais que par bonheur pour lui, le Capt. du bateau était son père. :
1 lui apprit également, que son père, était tombé malade dès son arrivée. Radisson avait connu le père du jeune Gïllam, en Angleterre. Il était un de ceux, qui avaient contribué, à le faire renvoyer du service de la Cie.
Le Capt. Gillam insista, pour voir son père.
TE fut convenu qu'il le suivrait, déguisé en matelot Français. Il tenait en effet, à n'être pas reconnu, vû qu’il venait pour faire la traite sans la permission de la Cie, et devait être considéré par le gouverneur, comme un contrebandier. Ils partirent ensemble et arrivèrent sans accident. Après avoir salué le gouverneur Bridgar, ils se rendirent dans une cabine du navire, dans laquelle le père Gillam était couché, assez souffrant. Grande fut sa surprise, de revoir son fils à cet endroit. Il pouvait à peine, en croire ses yeux. Ils versèrent tous deux des larmes de joie. Le père toutefois craignait beaucoup que son fils ne fut découvert. Ils s’entendirent, pour empêcher leurs hommes, de se diriger
vers la partie de la rivière, qu’ils habitaient respectivement et pour leur défendre de tirer du canon.
Pendant l'hiver, Radisson tint constamment les yeux ouverts sur ces deux établissements là. A toutes les semaines, il envoyait ur ou deux de ses serviteurs, examiner ce qui s’y passait.
Bridgar ne pouvait demeurer longtemps, sans découvrir le fort de Gillam, à cause de la proximité de son établissement.
Un jour, le gouverneur ayant demandé à Radisson dans quelle direction se trouvait son principal’ poste, il lui répondit qu'il était à quelques milles plus haut sur la. même rivière.
Le gouverneur quelques jourë après, envoya deux hommes pour reconnaitre secrêtement dans quel état, était ce fort et lui faire rapport.
Dans le même temps, Radisson qui soupçounait bien ce qui allait arriver, avait offert deux de ses serviteurs au Capt. Gillam jr, pour enseigner à ses hommes à faire la chasse. Ce dernier s'était empressé d'accepter une si bonne offre.
De cette façon, Radisson se trouvait en mesure de surveiller Bridgar.
Les envoyés de Bridgar, aperçurent le fort du jeune Gillam, qu'ils prirent bien entendu, pour celui de Radisson et racontèrent au gouverneur, qu’il était défendu par plusieurs canons. Le père Gillam, qui comprenait bien leur erreur, n'eût garde de les désabuser. C’eut été ruiner son fils et l'exposer à être déporté en Angleterre. |
Pendant que se jouait ce drame, Radisson prenait ses mesures pour ruiner, les deux établissements Auglais.: De son côté, Bridgar, méditait un coup de main, pour assurer la suprématie de sa Cie. Il constatait avec regrêt qu'aucun sauvage ne venait à son établissement. Il était évident que les Français s'accapa-” raient de toute la traite.
Il ordonna à deux autres de ses employés, de se rendre sur la rivière Hayes, examiner les autres établissements Français, dont lui avait parlé Radisson. Ces pauvres gens, peu habitués à entreprendre de tels voyages, furent découverts par les hommes de Radisson à 15 milles du poste Français. Îlen était temps, car
ils se mourraient de froid et de faim. Ils se trouvèrent fort heureux, d’être pris.
Ils racontèrent à Desgroseillers et à Radisson que le bateau de la Cie., avait été emporté par les glaces,. que quatre hommes s'étaient noÿés à bord, qu'il ne restait plus que 18 employés au gouverneur et que les
provisions faisaient défaut.
Touché de pitié, Radisson, envoya à Bridgar 100 perdrix et de la poudre, pour l’aider à passer l’hiver. Pendant ce temps là, le jeune Gillam devenait de plus en plus arrogant. .
Un jour, il manifesta le désir, de visiter les établissement Français. Radisson l’amena avec lui. Il le garda pendant un mois et le traita comme son hôte. Gillam put constater que les Français faisaient une traite prodigieuse et il en devint jaloux. Il lui annonça qu’au printemps, il ne continuerait pas, à se tenir ainsi enfermé dans son fort, mais qu’il irait lui aussi, visiter les sauvages.
Radisson l’attendait là. Une discussion assez orageuse s'en suivit, pendant laquelle Gillam finit par dire, qu’il allait retourner à son fort et que Radisson n'oserait pas rendu là, lui tenir un tel langage. |
Sur ce, Radisson lui déclara que de ce moment, il devait se considérer comme son prisonnier.
Ii apprit à Gillam le triste état de l'établissement de la Cie., et lui annonça, qu'il allait s'emparer de son fort.
Radisson partit avec huit hommes. Gillam et lun des matelots de Bridgar ayant manifesté le désir de les suivre, pour être témoins de ce qui allait se passer, il le leur permit.
Arrivé à une demie-lieue de l’ile, il envoya deux de ses hommes en avant, tandis qu'avec les cinq autres, il s’approchait du fort, par un autre côté de l'ile. Les deux hommes se rendirent, droit au fort,.et ‘informèrent les matelots que leur Capitaine s’envenait avec Radisson, maïs que tous deux étaient très fatigués, et que leur Capitaine les faisait mandeï de venir à sa rencontre, avec une bouteille de brandy et quelques provisions.
Les matelots les crurent sur parole et se mirent im-
médiatement en route, ne laissant que quelques hom-
mes au fort.
Radisson, qui n ’épiait que ce moment là, entra par derrière eux, et s’empara du fort, sans coup férir, au nom du roi de France.
Il fit rappeler les matelots.et les désarma. De fait ces pauvres gens, n'étaient pas fachés de passer sous un autre maitre, car ils avaient eu beaucoup à souffrir, de la part de Gillain.
Cependant, un soldat Ecossais, qui voulait faire du zèle, s'échappa du fort et alla avertir Bridgar.
Radisson, se trouvait fort embarassé, car les Anglais au fort Gillam, étaient plus du double des siens et il ne pouvait guères compter sur la fidélité de Ses nouveaux sujets.
. Pendant la nuit, Bridgar en profita, pour essayer de s'emparer du navire. La sentinelle donna l'alarme et Radisson arriva juste à temps, ponr Île faire échouer dans son dessein. Il fit quatre prisonniers, parmi lesquels se trouvait l'Ecussais, qui s'était sauvé la veille.
Bridgar écrivit à Radisson, se plaignant d’avoir été trompé, et de ce qu’il lui avait caché, la présence d’un traiteur étranger, ajoutant que s’il en avait eu connaissance, il l'aurait aidé à détruire ce fort.
Radisson alla le visiter, et lui dit qu'il était au courant de tous ses complots perfides, contre les Français, que ces derniers avaient les premiers titres, à la traite du pays et qu’il était bien décidé à les faire respecter.
Néanmoins, l'extrême nécessité dans laquelle se trouvait son établissement, l’attendrit encore cette fois là. Le gouverneur n'avait plus ni poudre ni provisions. Il ne lui restait que deux fusils en bon état.
Ses hommes étaient si maladroïts, qu'ils passaient des journées entières à la chasse, sans tuer ie moindre gibier. Radisson, poussa la générosité jusqu’à prêter pour une partie de l'hiver, deux de ses hommes pour les ravitailler.
Pour les récompenser de ces bienfaits, quelques semaïnes après, Bridgar se rendait sécrêtement au fort de Gillem et essayait de gagner les Anglais à sa cause pour s'emparer du fort.
Les Français, qui se trouvaient là, s’aperçurent de ses desseins et le firent prisonnier...
Radisson, qui venait couvent visiter ce fort, désormais sous sa dépendance, le trouva ivre et exaspéré de sa déconfiture. Pour en finir avec lui, il l’amens rejoindre Gïllam, au poste Français. |
Les serviteurs de Bridgar, comme ceux de Gillam,
le supplièrent de lesgrendre sous sa protection. Tous se plaignaient des mauvais traitements de’ leurs maitres. .
De fait, ni Bridgar ni Gillam ne pouvait nourrir les hommes à leur service. Ils seraient morts de faim plus d’une fois, sans l'assistance de Radisson; tandis que les Français, qui étaient excellents chasseurs, vivaient dans l'abondance.
L'établissement de Desgroseillers et de Radisson sur la rivière Hayes, devint donc le rendez-vous des officiers et d’un bon nombre de matelots Anglais. Les sauvages, qui, avaient de l’aversion pour ces derniers, se montrèrent fort mécontents de ce voisinage. Ils ne pouvaient comprendre, comment les Français ne proftaient pas de leur avantage, pour égorger tous les Anglais. Radisson dût les faire escorter, quand ils sortaient, de crainte que les sauvages ne leur fissent un mauvais parti C’est ainsi que les Anglais, quoique de beaucoup les plus nombreux, étaient nourris et protégés par les Français et se trouvaient entièrement en leur puissance. |
‘Pendant cet hiver là, (1682-1683) trois hommes, du côté des Français, avaient dirigé toutes les opérations dans la Baie.
Le Capitaine Médard Chouart Desgroseillers, étant le plus agé. était demeuré au poste, sur la rivière Hayes, à faire la traite ; Radisson avait tenu les Anglais en échec, les avait empêchés d'avoir des rapports avec les sauvagés et avait fini par s'emparer de leurs établissements, tandis que J. Bte. Desgroseillers, fs du premier, avait fait les courses à l’intérieur, visitant partout les sauvages et les dirigeant au poste Français. Ces trois hommes, tous trois parents, se complétaient.
Le 22 ou 28 Avril 1683, la glace sur la rivière Hayes eommençga à se briser. Les deux navires. Français furent grandement avariés.
Craignant que le même sort, ne fut réservé au vais-
; rs °
seau de Gillam, Radisson se rendit, sur la rivière Nelson et le mit en sureté.
En passant au poste de Bridgar, il trouva quatre hommes, morts de faim. Deux autres s'étaient empoisonnés en buvant une certaine liqueur, qu'ils avaient trouvée dans la casette du chirurgien. Un autre enfin s'était cassé le bras, en allant à la chasse. |
Radisson prit soin du reste des hommes et procura une chaloupe à Bridgar. :
Quelque temps après, voyant qu'il n'avait pas assez d'hommes pour défendre le fort Gillam et qu'il était pour lui, une source d’embarras, il le fit brûler, au grand cuntentement'de Bridgar, qui voulut lui même avoir l'honneur, d’y mettre la première étincelle. :
Des quatre bateaux dont Radisson pouvait disposer, il ne s’en trouvait que deux qui pussent être mis en état de prendre la mer ; celui sur lequel il était venu et celui de Gillam.
I] les fit réparer et appareilla pour le Canada. Il offrit à tous les Anglais de les amener avec lui. Il n'y eut que deux matelots qui refusèrent cette offre. Quant à Bridgar, il fit mettre un pont sur sa chaloupe et déclara qu’il préférait se rendre au fort de la Cie, au fond de la Baie James.
Radisson lui procura tout ce dont il avait besoin, pour faire ce voyage. Lorsque Bridgar fut prêt à par-
. tir, Radisson brûla son établissement, pour lui ôter
l'envie, de revenir sur la rivière Nelson.
* ‘Tl laissa J. Bte, Desgroseillers, son neveu, au poste de la rivière Hayes, avec sept hommes, avec. instruction de continuer à faire la traite, pendant son absence. Médard C. Desgroseillers et Radisson. lui donnèrent le commandement absolu de tout. Ayant embarqué toutes les fourrures, Radisson prit le commandement du bateau de Gillam. .
Bridgar, effrayé par les glaces, demanda à être requ, à bord du bateau de Desgroseillers. :
Ils levèrent l'ancre, le 27 juillet (1683.) Ils voyagérent au milieu d'énormes banquises de glace, jusqu’au 24 Août. Les deux Anglais qui avaient été sauvés, au milieu de l’hiver, au moment où ils allaient mourir de faim, dénoncèrent à Desgroseillers, un complot que leurs compatriotes à bord, avaient formé. : |
Ils devaient, à un signal donné au milieu de la nuit se jeter sur les Français et les égo-ger.
Desgroseillers, pour se protéger, les fit ensuite en-. fermer pendant la nuit. Arrivé au 56° degré, Bridgar demanda à se rendre avec sa chaloupe, au fond de la Baie James. : |
Comme Desgroseïllers craignait, qu’il n’eut l’intention d'aller surprendre son fils, sur la rivière Hayes, il refusa à sa demande, mais il permit à ses hommes de se rendre dans la Baie James, s'ils le désiraient. Ils y consentirent.
Is se trouvaient alors à environ 120 lieues de l'établissement de la Cie., dans la Baie James. Ils prirent des provisions pour huit jours et partirent.
Une tempête que Radisson et Desgroseillers eurent à essuyer, les retarda beaucoup. Ils n’arrivèrent à Québec qu’à la fin d'octobre 1683. Immédiatement après leur arrivée, ils firent au gouverneur LaBarre, un rapport de leur expédition. Le gouverneur, prit sur lui de restituer.au Capt. Gillam, le navire que Radisson lui avait pris. +
Bridgar et Gillam partirent ensemble À bord de ce bateau, et se rendirent à là Nouvelle-Angleterre. De là, Bridgar, fit voile pour Liverpool, où il ft un rapport, dans lequel il accusait Radisson de toutes espèces de villénie. |
Radisson, avant le départ de Bridgar, du port de Québec, était allé le. saluer. A cet endroit de son récit, il ajoute les paroles étranges qui suivent: ‘Nous ‘nous séparâmes Bridgar et moi, bons amis. Je l’as- ‘surai de l'intérêt, que je portais aux Anglais et lui ‘ déclarai que j'étais tout disposé à servir, le Souve- ‘rain Anglais et la Nation Anglaise, avec le même ‘dévoûment et la même affection que ceux dont j'avais ‘{ fait preuve envers la France.” Bridgar le récompensa de,ces témoignages d'amitié, en le dénonçant comme un criminel.
On est presque tenté, en lisant ces lignes, d'oublier les services que Radisson venait de rendre à la France, pour ne voir en lui, qu’un homme vénal toujours prêt à changer de drapeau.
La conduite du gouverneur LaBärre, fut sévèrement blamée par le Marquis de Seignelay. Illui écrivit le
10 Avril suivant (1684) qu'il ne pouvait comprendre, comment il avait pu prendre sur lui, sans consulter ni J’Intendant ni le Conseil Souverain, de rendre ce navire à Gillam. Il lui déclara en termes amers que cet acte était injustitiable. Le Capt. Gillam, disait il, devait être considéré comme un pirate, vû qu’il’ n’était porteur d'aucune commission du Souverain Anglais. En lui restituant, son navire, le gouverneuf le reconnaissait de fait, comme, un vaisseau marchand, en règle avec sa nation. Les conséquences, disait le Marquis en terminant, seront que l'Angleterre se prévaudra de cet acte, pour prétendre avoir pris possession de la rivière Nelson avant Radisson et Desgroseillers,
I] y avait à peine dix jours, que ces derniers étaient à Québec, que ie gouverneur, leur fit part, d’une lettre de Colbert, lui mandant, qu’à leur retour de la Baie d'Hudson, il désirait que l’un d'eux se rende immédiatement à la cour, pour lui rapporter ce qu'ils avaient fait. -
Tls s’'embarquèrent tous deux pour la France, le 11 Novembre 1683. Ils arrivèrent à LaRochelle le 18 Décembre.
… Le 15 Janvier 1684, ils se trouvaient à Paris. Ils apprirent là, que Lord Preston, Ambassadeur Anglais avait porté des plaintes au roi, au sujet de ce qui s'était passé sur la rivière Nelson. Radisson était accusé entr'autres choses, de s'être montré ciuel envers les Anglais, et d’avoir brûlé leurs établissements. L'Ambassadeur demandait réparation et une punition exemplaire.
Le Marquis de Seignelay, s’occupa de cette affaire, à la place de son père, le célèbre Colbert, qui venait de mourir,
Xl approuva tout ce que Radisson et Desgroseiliers avalent fait et les loua même, d'avoir agi ainsi.
Lord Preston, en effet aurait dû plutôt lesemercier d'avoir sauvé la vie à ses compatriotes qui, sans eux, n'auraient pu manquer de mourir de faim.
EÉxPépirion pe 1684.
Re a mme
Le voyage, que Radisson et Desgroseillers venaient “le terminer, avait rapporté de gros profits à la France. Le ministre de la marine, ordonna de préparer deux autres navires pour leur permettre de partir pour la Baie, le printemps suivant. En reconnaissance de leurs services, il leur fit remise des droits de douane, qui s'élevaient à un quart des peaux de castor
Pendant ce temps là, Radisson cherchait à retourner à ses anciens maîtres. [l s’en ouvrit à un ami et à quelques uns des membres de la famille de Lord Preston. Il leur fit comprendre bien clairement, qu'il ne dépendait que de lui, de livrer aux Anglais, le poste que commandait son neveu, et qu’il était prêt à le faire, si ia Cie., voulait lui rendre justice.
Bien plus, il avoue qu'il fit des démarches, pour faire connaître au gouvernement Anglais, les dispositions dans lesquelles il se trouvait. |
‘Je n'éprouvai, dit-il, aucune répugnance à faire ‘‘les premiers pas, auprès de Lord Preston et à avoir ‘‘ une entrevue avec lui à ce sujet.”
Bien entendu, l'Ambassadeur l’acceuillit les bras ouverts et lui fit mille promesses engageantes. Ti se mit à négotier les termes de son retour, avec la Cie. de la Baie d'Hudson. M"
D'un autre côté, il continua en apparence, à se préparer à un second voyage, pour le compte de là France
T1 prit grand soin, de cacher à la cour de France, ses relations avec l'Ambassadeur.
Le département de la marine, avait fixé le jour de son départ, au 24 Avril 1684.
I] le fit retarder, sous le fallacieux prétexte, qu’il avait à règler quelques affaires de famille.
Son but était de s'assurer des bonnes dispositions de la Cie., à son égard, avant de rompre avec sa mère patrie. .
I1 poussa la fourberie, jusqu’à se rendre au département de la marine et discuter les détails les plus importants de son futur voyage, le jour même de son départ définitif pour Londres. |
Le 10 mai 1684, il arrivait à Londres, et le même soir, il concluait les arrangements avec Sir Young et. Hayes, délégués de la Cie. La Cie., s’engagea à indemniser généreusement Radisson, Desgroseillers et tous les Français en hivernement dans la Baie et à-lés employer comme ses officiers. :
Radisson fut ensuite présenté au Roi, paf l’entremise du Prince Rupert, et lui jura allégéance, fidélité et dévofñiment. La Cie., le reçut comme un enfant prodigue et se hâta de mettre trois navires à sa disposition.
Les choses ne languirent pas, car dès le 17 mai, il partait à bord du ‘Happy Return,” en route pour la
aie.
Desgroseillers fatigué de. ses longs et pénibles voyages, demeura en Angleterre.
” Les trois navires, rencontrèrent à l’entrée de la Ri-
vière Nelson, une frégate ayant à bord le gouverneur de la Cie. Ce dernier, après le départ de Desgroseillers et
de Radisson, avait quitté la Baie James, pour venir
hiverner sur la rivière ‘Nelson. Lorsque Radisson. arriva, il venait d'abandonner son poste, par crainte
des Français et des sauvages.
Radisson prit le parti de se rendre en chaloupe sur la rivière Hayes, avec le Capt. Gazer, afin de préparer son neveu, à bien acceuillir les Anglais.
- H fut surpris, de constater que son ancierf poste avait été abandonné. |
Ayant rencontré plusieurs canots sauvages, il se fit reconnaitre et leur annonça que Français et Anglais ne formaient plus qu'un, désormais. Il les présenta au Capt. Gazer, comme l’un de ses amis.
Ï apprit d'eux, que son neveu s'était retiré dans une île située, audessus des rapides, de la rivière Hayes. Il leur fit quelques présents et leur demanda d'aller avertir son-neveu, qu'il était arrivé et qu'il l’attendait à l'ancien poste.
Le lenideman, J. Bte. Desgroseillers arriva en effet, tout étonné de voir son oncle en telle compagnie. - Radisson lui expliqua tout ce qui s'était passé, depuis son départ. Le discours qu'il lui tint et qu'il rapporte tout au.long, n'est qu’un réquisitoire contre V'ingratitude de la France à leur égard ei un. pompeur
um 57
étalage des récompenses qui les attendaient de la part des Anglais.
Le jeune Desgroseillers, était un homme d'honneur, auquef il répugnaït de passer ainsi à l'ennemi. Ilse : montra indigné et refusa de trahir ainsi sa patrie.
Pour le convaincre, Radisson fut obligé de lui rappeler, qu'il n’était pas en état de lui résister. L'argument du plus fort, étant toujours le meilleur, Desgrosoillers céda.
Il remit le commandement à son oncle. Ii ne demanda rien pour lui-même, mais insista pour qua la Cie. lui donna suffisamment, pour prendre soin de sa mère. Les sept autres Français suivirent l’exemple de leur chef. Radisson eut toutes les difficultés possibles pour réconcilier les sauvages avec les Anglais. Pour y parvenir, il leur dit que les Français étaient de pauvres marins, qu'ils n'avaient pas assez de navires, pour venir souvent traiter avec eux, qu’en un mot, leur intérêt était de faire comme lui et de s'attacher. à la
je.
Desgroseillers remit 20,000 peaux de castor à Radisson. Ce fut un profit net pour la Cie.
Voici maintenant ce qui s'était passé, dans la Baie, depuis le départ de Radisson, tel que rapporté par le jeune Desgroseillers. Quelques jours après le départ des deux bateaux, les Français entendirent des coups de canon, du côté de la rivière Nelson.
. Îs ne tardèrent pas à découvrir l'arrivée de navires Anglais. Ils résolurent de ne pas les inquiéter.
Sur ces entrefaites, un parti de quatorze sauvages, arriva au fort Desgroseillers. Ils dirent aux Français qu'ils venaient de la rivière Severn, pour traiter avec eux. Îls se préparaient à entrer dans le fort, lorsque le chef se précipitant sur Desgroseillers, le frappa d'un eoup de poignard.
Desgroseillers pût heureusement, parer le coup et se mettre en défense. Les autres effrayés et voyant Îles Français accourir au secours de leur commandant, déposèrent leurs armes.
Ils déclarèrent que les Anglais de la Baie James, avaient promis à.leur chef, un baril de poudre et d’autres présents, s’il assassinait tous les Français, Les
autres sauvages furent bientôt informés de cet attenvat.'
L'un d'eux, sans en rien dire à Desgroseillers, se mit: à la poursuite du chef, le provoqua à se battre et le ‘ terrassa d’un coup de hache.
De là, il se rendit, avec une bande armée, sur la rivière Nelson, attaqua les Anglais et en tua plusieurs.
Desgroseillers, lorsqu'il fut informé de cette malheureuse affaire, chercha à pacifier les sauvages.
Redoutant des représailles de la part des Anglais, il se retira dans une ile, d’un accès difficile et garda avec lui, un groupe de sauvages amis, pour se défendre, en cas d'attaque. Les craintes de Désgroseillers étaient bien fondées, car les Anglais s'imaginant injustement qu'il avait été l’instigateur de ce mouvement, donnèrent des présents à quelques sauvages pour le tuer.
- Ils n'osèrent pas cependant attaquer les Français ouvertement.
Un jour, l’un de ces sauvages, ayant rencontré un Français à la chasse, tira sur lui et se sauva. La balle alla se loger dans son épaule. - | . - Les diverses nations sauvages, irritées de tant de.
perfidie de Ja part des Anglais, .se liguèrent partout contre eux, pour les chasser du pays. Elles envoyèrent, de toutes les parties de l’intérieur, des délégués offrant leurs services et se déclarant prêtes à courrir sur.les Anglais partout où ils les trouveraient jusqu'à ce que le dernier fut mort ou parti. .
Desgroseillers, leur conseilla d’attendre lé retour de son père et de son oncle, avant de ne rien entreprendre. . n
Malgré tout ec qui venait d'avoir lieu, il se rendit au fort Anglais, pour rétablir si possible, la bonne entente.. Cette démarche n'obtint aucun bon résultat.
Le gouverneur se disposait même à le faire prisonnier, au cas où il serait retourné le visiter une seconde fois. Au printemps 1684, Desgroseillers vit arriver à son poste, 400 Asénipoëtes (Assiniboines.) Le chef de cette nation, était déjà descendn à Québec avec Radisson et exhibait avec orgueil, .une médaille que le gouverneur dela Nouveile-France, lui avait donnée.
Ces sauvages attendirent longtemps, le” retour de Radisson, pour aller avec lui, brûler l'établissement Anglais. | | |
Ils s’impatientèrent à la fin, du retard de Radisson et n'écoutant que leur haine contre les Anglais, ils s'étaient déja mis en marche, pour aller sur la rivière Nelson, exécuter leur dessein, lorsque le gouverneur, informé du danger qui le menaçait, crut prudent de s'éloigner. Radisson était arrivé à ce moment là, pour rétablir la concorde.
Après que tous les esprits furent pacifiés et que Radisson eut disposé les sauvages à voir les Anglais d'un meilleur œil, ilfit mettre les fourrures à bord du navire et se disposa à retourner en Angleterre, rendre compte de ce qu'il avait fait.
| Il avait été convenu avant son départ, qu’il laisserait dans la Baie son neveu et quelques uns des Français, pour continuer à faire la traite. Radisson décida donc que son neveu et un autre Français qui servait d’interpréte continuerait à y faire le commerce.
Le gouverneur ne voulut point consentir à cela. Il avait déterminé de ne ‘pas y laisser un seul Français.
11 traita Radisson comme un simple valet. Il poussa l’impudence jusqu'à ordonner à ses officiers de mettre tous les Français à bord, de force ou de gré.
Radisson dût se soumettre.
Ils s’'embarquerent tous, avec le gouverneur le 4 Septembre 1684 et arrivèrent en Angleterre le 23 octobre. :
Dès son arrivée à Londres, Radisson eut l’honnenr d’avoir une audience privée avec le Roï, qui lui témoigna en termes flatteurs, sa haute appréciation des services qu’il venait de rendre à la Couronne. Quelques jours après, le comité de la Cie., se réunissait pour entendre son rapport. Il s'attendait naturellement à un chaleureux acceuil et surtout à une généreuse récompense. Grande fut sa surprise. On le hbouda, aü sujet des attentions que le Souverain paraissait lui porter, Ün bon nombre le jalousaient et voulaient qu’il se contente de l'honneur d’avoir tiré les marons du feu, pour eux.
Radisson se retira encore une fois, désenchanté. |
Les mémoires préparés par Radisson, s'arrêtent ici.