ADDITIONS
Dans notre chapitre II, nous avons oublié de noter :
Archiprêtré de Limoges. — Notre-Dame de La Règle , monastère de filles bâti par Louis le Débonnaire (817): ce roi l’aurait seulement restauré, d’après une tradition locale qui en attribue la fondation à saint Martial lui-méme au i" siècle; détruite pendant la révolution.
Archiprêtré de Bellac. — Notre-Dame de Droux , monastère de l’ordre de Fontevrault, fondé en 1119, et nommé , dans la bulle du pape Calixte , Argentière; détruite.
Archiprêtré de Rochechouart. — Notre-Dame de Lorette , chapelle rurale dans la paroisse des Salles- Lavauguyon , près du château de Lavauguyon ; détruite.
Archiprêtré de Saint-Yrieix. — Notre-Dame du
Rocher, chapelle rurale dans la paroisse de La Meize.
Archiprâré de Guéret. — Notrè-Dame des Places.
( Voyez la notice. )
Dans notre chapitre 111 , nous avons oublié de noter :
1° Grandmonl , monastère fondé au x' siècle par saint Etienne de Muret à Muret près Ambazac, résidence que les moines quittèrent peu après pour habiter Grandmont , situé sur la paroisse de Saint- Sylvestre, archiprêtré de Limoges. Toutes les dépendances de cette abbaye, qui est devenue chef d’ordre, et dont voici la liste, où l’on trouvera quelques noms déjà cités, étaient aüssi sous le patronage de la sainte Vierge ; Aubepierre , Badeix , Balazis , Boisvert , Bonneval de Montusclat , Bonneval de Serre ; Bronzeau , Charnhac , Epaigne , Etricor, Jayac , La Drouille-Blanche , Le Chatenet , où ébiient des religieuses, Le Cluseau, L’Escluse, Loubert ou Bonhomie, Malegorce, Muret, Plagne. Prourières, Puygibert, Rosset, Sermur, Tresen.
2" Plusieurs prieurés de l’ordre de Fontevrault. Robert d’Arbrisselles , ayant fondé à Fontevrault deux monastères distincts, l’un pour les hommes ,
l’aulre |>our les l'eaunes , avait voulu que les liommes fussent soumis aux femmes, pour offrir ainsi l’image sensible de la maternité de la sainte Vierge envers saint Jean , et aussi celle de la soumission volontaire du disciple bien aimé de Jésus envers l'auguste Marie. Or, comme la sainte Vierge devait être le modèle de ces religieuses , de même que saint Jean devait être celui des moines , toutes les cbapelles de cet ordre étaient dédiées à la sainte Vierge, et avaient un oratoire en l’honneur de saint Jean. Il e^t donc encore nécessaire de nommer toutes les maisons de cet ordre situées dans le diocèse. Les voici , quoique déjà nous en ayons nommé quelques-unes : Droux, Puy-Saint-Jean ou Ajars, Pont-Chaulet ; Blessac, qui au xiv siècle eut seul neuf cents religieuses, et dont dépendaient Fougères, Vige, Trucq , cure dans le canton de La Courtine , Arfeulhe près Crocq ; Fontfène près Felletin , Parsac , Villandri ; Combas-Bournet, p. et c., dont dépendait Fougères ; Vacqueure près Bellac , dépendant de .Monlazay, Banaccac de Villesalcm, Sainl- Avenes de Cubas, Boubon, p. et c.
3" lîymoutiers et Voulon (Hte-Vienne) ; délrniles, — Nouzerolles , Pradeau , Sovd)rebost et Villard (Cretise).
lîn (‘Cl ivant le chapitre IV, nous ne connaissions pas les faits suivants, que nous fournissent deux feuilles d'un manuscrit de Legros récemment retrouvées ;
En 1255, à Saint-Pierre du Queyroix de Limoges, était la confrérie de Notre-Dame du Queyroix. (.4rc/i(m des rkuiries de Sainl-Marlial , liève générale, p. 255.) — La confrérie du Grand- Lampier de Notre-Dame des Arènes se tenait à Saint-Michel-des-Lions en 1377 et en 1387 (ibid., p. 11 et 24). — La confrérie de Notre-Dame du Puy-d’Anici (Aniciensis) ou du Puy en Velay existait à Limoges en 1402 (ibid., p. 46); elle existait à Saint-Pierre du Queyroix de Limoges en 1483 et et 1508 (ibid., p. 37 et 294). — La confrérie de Notre-Dame appelée de Saint-Sauveur, à Saint- Martial , existait en 1421. ( Terrier des communalistes de Saint-Pierre du Queyroix, 1540, fol. 7 recto.) — La confrérie de Notre-Dame de Pitié était établie dans la chapelle des Grands-Carmes , à Limoges , en 1480. (Leguos, Mémoires manuscrits sur les evêyues de Limoges, p. 469.) — La confrérie de la Conception Notre-Dame existait en 1503 et en 1508 dans la chapelle de La Courtine à Limoges. ( Terrier des contmunalisles de Saint-Pierre du Queyroix, 1540,
fol. 177 verso.) — En 1533, la confrérie de Notre- I Dame des Talhadours ou tailleurs existait dans la
chapelle du monastère de La Règle à Limoges.
(Legros, Abbayes du Limomin , p. 578.) — La confrérie de Notre-Dame de Bon-Conseil faisait ses oflices, en 1438 et en 1540, à l’autel de Notre- Dame la Joyeuse , dans l’église de Saint-Pierre du Queyroix de Limoges, et sa fête était le 8 septembre. {Terrien commumlnles de Saint-Pierre du Queyroix, 1540, fol. ^9 recto et fol. 361 recto.)
Depuis que le chapitre Vil est imprimé , nous sommes allé voir les vitraux de M. le curé de Solignac. Il en possède trois, hauts de 63 centimètres , et sur lesquels la sainte Vierge est représentée : 1“ le Couronnement de la sainte Vierge; 2' celui que M. Texier appelle l'Education de la sainte Vierge , évidemment symbolique : on y voit Marie enfant, agenouillée, les mains ouvertes et jointes sur la poitrine, comme pour demander, d’après la recommandation de sainte Anne , debout près d’elle, la venue du Messie, quelle adore en esprit, puisque Notre-Seigneur est devant elle ressuscité, gardant les marques des cinq plaies, et tenant une croix triomphale ; 3" l’Asiension , oii la
Mère du Sauveur, mêlée aux disciples, paraît au premier rang, les yeux fixés sur son Fils, et tenant un livre fermé dans la main droite.
riuj^KE A LA SAINTE VlERt;li ( 1 ).
Regina celi aima ,
Tociiis orbis Domina ,
Virgo humilis et pia ,
Rsto michi propicia.
Tuum immortalem s|M)iisum ,
Spirilu Sancto concepluin ,
Genuisti Jesum Christum ,
Cujus sanclissima membra Aluisti , ô Domina ,
Tua carne mundissima.
Olquam es admirabilis , l’ulcra es, laudabilis,
Que portasti in uterum Regem celi et Doininum !
(1) Eïlrnil dos aroliives do la piéfoclure, rogistro iiianusoril doî Statuts de la confrérie dos Pauvres à vêtir et des chaises (de la cofreria deus paubres vistir et de la chieyras ) , rédigés on I39.’>. — Cotte prière so trouve éorito sans ordre onlro une prière adressée à N. -S. Jésus-C,hrlst cl une antre adressée à l ange gardien Toutes les trois précèdent les statuts.
Dieilizect b' Goo - [■:
Tu CS cnim Virgo tola ,
Kl post Filium intacla.
Mullis |)lagis sauciatus ,
Ad le fugio, Domina ,
Quia tu es medicina Que cuDcta sanas vulnera.
Conceptus sum in delictis , Et nutrilus in peccatis , Omnibusquc reus membris, Et imundus multis modis, In vinclis orreudo mortis, Absolve me, impecatrix.
Extremurn diem metuo,
Et in imum expavesco ; Suspiro corde intimo,
Quia morti adproprio Quam fugere non valeo.
Infelix, quid sum dicturus , In extrema mortis hora j Quando erunt manifesta Mei cordis abscondita?
Tune loquentur piacula Que modo sunt quasi muta.
Heu inichi raiserimo!
Quo fugio tanta mala ?
Recessit delectacio ,
El rcmansil contricio.
Sed tu , Virgo gloriosa ,
Que, post Christum, es spes sola Et coDSolacio maxima ,
Aufer a me piacula ;
Etenim , morti subdita ,
Tua sancta clemencia ,
Tuum exora Filium Ut renovet corpus meum ; Purificet et cor meiim ,
Tantis plagis vulneratuin.
Amen !
Traduction.
Reine du Ciel, bienfaisante Souveraine de l’univers, Vierge humble et pieuse, soyez-moi propice.
Vous avez miraculeusement conçu de l’Esprit— Saint , et vous avez enfanté votre immortel époux Jésus— Christ , dont vos mamelles virginales ont nourri le corps adorable , é ma Souveraine.
Oh I que vous êtes admirable et belle , et digne de toutes louanges, vous qui avez eu l’honneur de porter dans vos chastes flancs le Roi du Ciel votre Dieu !
Oui, vous êtes complètement pure et vierge encore après avoir enfanté Jésus. Aussi , ma Souveraine , je me
réfugie près de vous , moi couvert diî tant d® plaies hideuses ; n’avez-vous pas le privilège de guérir toutes les blessures?
Je fus conçu dans l'iniquité et nourri dans le péché; * tous mes organes ont été des instruments d’offense; je me suis même souillé de mille manières , et tout cela mérite l’inévitable châtiment qu’apporte la mort, dont j’ai horreur.
O vous qui n’avez pas péché , obtenez mon pardon I
La pensée du dernier jour m’épouvante. Mes entrailles frémissent douloureusement , et mon âme gémit, parce que la mort approche , et que je ne puis la fuir.
Malheureux que je suis ! qu’aurai-je donc à dire â cette dernière heure? Alors les plus secrets replis de mon cœur seront à nu ; alors tant de fautes que j’oublie moi-mème parleront pour m’accuser.
Hélas! infortuné, quel lieu pourrait me soustraire aux terribles châtiments de Dieu? Les vains plaisirs du monde se seront évanouis comme des ombres ; il n’en restera que le repentir.
Vous du moins , Vierge glorieuse , vous qui , après le sauveur Jésus-Christ , êtes notre seule espérance et notre ferme consolation , purifiez-moi, et ne me laissez pas en proie h la corruption du tombeau ; je vous en conjure par votre clémence ineffable. Suppliez votre Fils de ressusciter mon corps , et qu’il daigne aussi purifier ma pauvre âme , que tant de tristes blessures rendraient hideuse â ses yeux.
Ainsi soit-il !