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Notes mycologiques

parfum très délicat, supérieur môme à ceux des M. Conica P. et deliciosa Fr. déjà très appréciés des gourmets et qu’un ami bien zélé de la mycologie, mon aimable compagnon parfois d’herborisation M. le capitaine F. Sarrazin, avait eu la complaisance de m’envoyer des environs de Sonlis , un mois avant. D’un autre côté j’étais intéressé par l'apparition tardive des Morilles au parc de M. Finot, bien que les mycologues indiquent avril et mai comme date des récoltes ; eette date est inexacte en ce qui concerne les environs de Paris, où la Morille commence à paraître à la fin de mars quand la saison est favorable, pour Unir vers le 20 ou le 25 avril. J’étais aussi un peu préoccupé par le gîte des Morilles, car ce champignon ne croît jamais dans la Forci , mais bien dans les taillis et sur les pelouses autour de la ville. — J’ai communiqué des exemplaires frais de eette espèce à M. le capitaine F. Sarrazin, à M. le capitaine Lucand, l’habile continuateur de l’illustration de Bulliard qui peut-être les utilisera et à M. C. Roumeguère. Ils ont tous partagé mon sentiment, et ont considéré cette Morille comme une forme nouvelle du M. Conica , si non une espèce nouvelle. Rien dans les livres, rien dans les ligures, notamment dans celles des Discomyeètes de M. C. Gillet ou du Mycographia de M. Gooke, ne rappelle notre espèce. Toutes ont le chapeau ou plus court, ou plus allongé que le pied et les deux parties du champignon sont constamment ici de longueur égale. Le pied est ou rétréci dans le haut et élargi à la base; jamais élargi dans le haut , atténué dans le bas et bulbiforme ensuite comme le montrent constamment les exemplaires actuels. L’examen de l’hymenium, différent de celui du M. Conica et des autres espèces connues, a rompu notre hésitation et M. Sarrazin et moi avons décrits la nouvelle espèce qui consacrera le souvenir de M. le capitaine Finot, un ami très sympathique de nos études.

Morchella Finoti sp. n. Sarr. et Feuill. Chapeau conique ou subconique, mince, à côtes verticales coupées par des cotes transversales, à marge noirâtre, les unes et les autres peu symétriques et formant des alvéoles irrégulières de couleur fauvàtre-elair. Stipe blanc pruineux, continu, fragile, évasé en coupe dans le haut, atténué à la base, puis napiforme ou sub-bulbeux. Tlièques eylindracées ; spores subglobuleuses jaunâtres (non ovales ou elliptiques; ; paraplivses grêles, linéaires, égales (non épaissies au sommet). — S’est montré dans un gîte frais et ombragé où le sol avait été couvert au printemps de feuilles mortes provenant de la Foret. Au moment où j’écris ces lignes (4 juin), je suppose que la MorilFre naturelle de M. Finot pourra être exploitée encore pendant huit jours et plus, car de nombreux jeunes sujets pointent encore sous les feuilles.

Feuille auboi s

(Fontenay-sous-Bois, 1 er juin 1885).

1. Coprinus gonophyllus Quel. sp. nov. — Chapeau mince d’abord ovoïde, puis campanulé et enfin révoluté lorsqu’il tombe en déliquescence ; dans sa jeunesse il est entièrement recouvert par un voile blanc ocracé dont les débris persistent sur le sommet du chapeau ; luisant, tout entier couleur de graphite, il est couvert do stries fines et serrées depuis la marge jusqu’au disque qui est lisse

et un peu brunâtre. Lames triangulaires d’un noir bleuâtre, très serrées, brusquement tronquées du enté du stipe et formant ainsi un godet conique au sommet duquel est inséré le stipe. Basides saillants à quatre stérigmates , spores noires ovoïdes-eitriformes ; cvstides ovoïdes-volumineux. Stipe blanc, hyalin, grêle, glabre, entouré à la base d’un très léger bourrelet sur lequel s’insérait le Yoile. Hauteur 3-4 centimètres ; diamètre du chapeau I cent.

Dans la mousse sur les charbonnières, sous des pins. Bois de Vi nce il nés. Juillet.

Cette espèce est bien distincte de ses congénères par ses lames tronquées et par la forme de ses spores.

3. Ilydnmn auriscalpium Lin. — Nous avons observe sur cette plante un cas de bourgeonnement analogue à celui bien connu de Y Ayaricus velutipes . Le stipe d’un individu normal avait été coupé au-dessous du chapeau, il s’est développé, un peu plus bas que la cassure, trois exemplaires plus petits mais parfaitement réguliers et fertiles, le stipe primitif jouant le rôle de souche ou de sclérote.

3. Corticnim carbonicolum Pat. sp. nov. — Très milice, membraneux, sec, fortement adhérent au support, allongé, sinueux sur les bords. Hyménium glabre, roux-brun foncé presque noirâtre, marge blanche, étroite, librilleuse, appliquée sur le support. Basides à 4 stérigmates; spores incolores, cylindriques, arquées; cystides hyalins, peu saillants, aigus.

Sur une tige d'Aubépine en partie brûlée. Nay (Basses-Pyrénées). Leg. l) r Doassans.

(Jette plante se rapproche de G T . violaceo-lieiduni Fr. mais en diffère par sa marge librilleuse blanche et ses spores plus petites.

4. Corlicium tenue Pat. sp. nov. — Très mince, ténu, fugace, indéterminé, blanc cendré, pruineux â la loupe. Tissu peu serré, formé d’hyphes incolores, rameux, portant sur des divisions vaguement dichotomcs des paraphyses stériles, des basides à 4 stérigmates et de très longs cystides cylindriques souvent rendus rugueux par des incrustations d’oxalate calcaire. Spores incolores, arquées , â contenu granuleux avec une partie plus claire vers le milieu ; elles germent en émettant un filament à chaque extrémité.

Sur bois pourri de chêne. Bois de Vineennes.

Ressemble à C. sérum et se rapproche de C. puberum.

5. Sebacina Letendreana Pat. sp. nov. — Petites plaques très minces, comme pulvérulentes, orbiculaires, onduleuses et plus ou moins continentes, fortement adnées au support, blanchâtres avec le centre brun ou rosâtre. Hyplies du stroma très courts, portant directement des basides globuleux, se coupant jusqu'à la base en 4 segments sur chacun desquels naît un stérigmatc long et grêle. Spores incolores, arquées, à contenu granuleux avec un espace clair au centre ; elles germent en donnant un promycelium dont la longueur ne dépasse pas celle de la spore et qui se termine par une sporidie incolore, arquée et plus petite que la spore mère.

Croît sur les vieux périthèces du Triblidium quercinum et sur l’écorce soulevée tout autour. Récolté au Grand-Quévilly, près de Rouen, par M. l’abbé Retendre, à qui nous dédions cette curieuse plante.

0. Typliula neylecta Pat. sp. nov. — Hauteur 8-13 millim. ; sclérote brun-noir, sphérique , caché sous l’écorce, de la grosseur

d'un grain do millet. Stipe très long, capillaire, raide, noir-violacé, / flaire . Clavule iiliiornie, blanche, glabre. Basides à 4 stérigmates ; spores incolores, cylindriques un peu élargies à une extrémité.

Sur pétioles pourrissants de feuilles de peuplier, noyer, etc. Automne.

Plante très voisine de 7 T . crj/lhropus , mais plus élancée et n'ayant jamais le stipe velu comme cette dernière ; elle se rapproche de T. villosa par son port et son sclérote, mais celle-ci a la clavule et le sommet du stype villeux.

7. Slilbum Doassansii Pat. sp. nov. — Très petit (1-2 millim.). Stipe court, blanc jaunâtre ; capitule glauque verdâtre, cylindrique, un peu atténué et brusquement tronqué au sommet ; il porte sur toute sa longueur i-6 sillons séparant un nombre égal de co/es saillait les. Sporophores bifides, nombreux, portant des spores verdâtres, ovoïdes.

Isolé ou concrescent sur les tiges sèches de Rumex acelosclla. Les Eaux-Bonnes (Basses-Pyrénées). Automne.

Nous dédions cette espèce à notre ami M. le I) r Doassans qui, le premier, a récolté ce petit champignon sur la promenade horizontale des Eaux-Bonnes.

8. Stilbum versicolor Pat. sp. nov. — Hauteur 2-4 millim. Stipe dressé, un peu atténué vers le haut, blanc jaunâtre, pénétrant dans le capitule pour former une colnmelle arrondie et un peu renflée. Capitule d'abord vert puis brun roux. Spores sphériques glauques. En troupes sur les crottes de petits oiseaux. Jura. Automne.

9. Ccriospora ulicis Pat. sp. nov. — Périthèces nombreux, groupés sur le bois dénudé ou sous l’écorce, noirs, globuleux ou coniques, avec une ostiole au sommet. Thèques cvlindracées, atténuées inférieurement, arrondies vers le haut où la paroi est épaissie (130X7-14). Paraphyses filiformes, rameuses, incolores. 8 spores distiques, hyalines, légèrement courbées, fusiformes, uniseptées et un peu rétrécies à la cloison, contenant quatre grosses gouttelettes et portant à chaque extrémité un cil très ténu (30-36X5-6 excl. muera ne).

Branches mortes de Y lier europacus . Grand-Quévilly, prés Rouen. Leg. Letendre.

10. Aulographum fUicinurn Lib. — Périthèces adnés, épars, ovales-oblongs simples ou fourchus, noirs opaques, s'ouvrant par deux lèvres. Thèques ovoïdes atténuées à la base, â paroi épaisse, à 8 spores distiques. Spores incolores, fusiformes, allongées, à 3-4 cloisons. Paraphyses peu distinctes. Pycnides? éparses, voisines des périthèces ascophores, ponctiformes, sphériques, percées d’un pore au sommet ; spermatides tenues arquées, incolores.

Sur les tiges à'Asplénium trichomanes .

N. Patouillard.

Fungi gallici novi. — Séries II.

Auct. : Passerini, TIiümen, P. Brunaud

Lophioztuma Corai Passer., in litt. ad Brunaud. — Peritheciis sparsis, gregariisve, cortice nidulantibus, globosis, atris ; ostiolo emergente,prominulo,compresso, subpiano ; ascis subclavatis, 00-05 mile, crass. (paraphysibus non visis), octosporis ; sporidiis distichis, oblongo-fusoideis, 30 mik. long., 8-10 mik. crass., rectis, utrinque

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