‹ Notes photographiquesChapitre 10 sur 30 · VIRAGE · texte numérisé non relu

VIRAGE

a Eau 1 litre.

Acétate de soucie cristallisé. . 40 grammes.

Bi-carbonate de soude .... 48 «

Chlorure de potassium ... 10 //

h Eau 1 litre.

Chlorure d or 2 grammes.

Mélangez 2 parties de a) avec une partie de h) et une partie d eau.

Le bain ne change que très-peu la nuance de 1 épreuve ; il ne faut pas la virer dans le sens ordinaire ; seulement, les demi-teintes doivent prendre un ton bleuâtre.

On fixe à l'hyposulfite faible et frais.

Le bain d'hyposulfile doit être neutre et fraisa. Il faut préparer la solution au moins une heure avant de s'en servir, parce qu'une solution fraîchement préparée est très-froide.

Les papiers fortement albuminés ont quelquefois, et surtout pendant his fortes chaleurs, le défaut de se couvrir d'ampoules dans les bains de fixage et dans l'eau de lavage. Ces ampoules s'abaissent en séchant, mais elles laissent souvent des taches bleuâtres ou verdâtres. Quand cela arrive, on se sert d un bain d'hyposulfite à 10 ou 15 p. c. seulement, auquel on ajoute 5 p. c. d'esprit de vin; il est recommandé aussi d'immerger lesépreuves, entre le virage et le fixage, dans un bain d'esprit de vin.

Les épreuves sur papier extra-brillant ne sont pas séchées avant de les coller sur bristol; on les coupe k l'état humide. Ceci sert pour éviter les gerçures dans la couche d'albumine.

On donne un beau relief et une belle surface aux épreuves collées en 1rs polissant avec de la ccroiiue, produit bien supérieur à la cire, parce qu'il ne poisse pas. Les épreuves obtiennent un brillant trèsagréable en les faisant passer à travers la presse à glacer qui consiste en un rouleau en fer pour régler la marche de l'épreuve, et une plaque d'acier chauffée par une lampe à esprit de vin.

PROCÉDÉ AU CHARBON

PROCÉDÉ AU CHARBON

Par les derniers perfectionnements apportés à ce procédé de tirage, ilestdevenu si simple et si sûr, qu'il peut à présent se ranger dans l'ordre des procédés pratiqués en photographie. Aussi un grand nombre d'établissements s'occupent ils déjà sérieusement de son application.

Je me sers de l'expression usuelle de procédé au charbon, parce que le charbon doit toujours former la base permanente de l'épreuve définitive ; on peut employer d'autres substances colorantes, mais tout le monde est d'accord que dans ce procédé nous devons toujours recourir à ce que M. Regnault disait il y a plus de vingt ans :

« Le carbone est, de toutes les matières que la chimie nous a fait connaître, la plus fixe et la plus inaltérable.

» Il est donc évident que si l'on parvenait à produire les noirs du dessin photographique par le carbone, on aurait pour la conservation des épreuves la même garantie que pour nos livres imprimés, et c'est la plus forte que l'on puisse espérer et désirer. »

Nous sommes arrivés à ce point; nous pouvons produire des épreuves au charbon qui rivalisent en beauté avec les plus belles productions du procédé au chlorure d'argent.

PROCÉDÉ AU CHARBON

On sait que M. Poitevin a montré des épreuves au charbon k l'Exposition universelle de 1855. Il enduisait du papier blanc avec un mélange d'albumine ou de gélatine, de bichromate de potasse et de couleur; il exposait cette couche sensible à l'action de la lumière passant à travers un cliché photographique, et il l'immergeait dans de l'eau chaude. Là, les parties protégées contre l'action de la lumière se dissolvaient, et il restait sur le papier une épreuve positive.

Mais cette épreuve était noire et blanche, sans demi-teintes.

M, l'abbé Laborde fut le premier à indiquer la cause de ce défaut. En parlant des propriétés photographiques de l'huile de lin rendue siccative par l'oxyde de plomb, il disait, en 1858 :

(( Les nuances légères du cliché disparaissent sur la contre-épreuve, lorsqu'on y verse l'éther pour dépouiller des parties non impressionnées, et cependant elles y existaient avant cette opération ; car en projetant l'haleine sur la plaque après l'avoir séparée du cliché, on voit passagèrement tous les détails de l'image. Je ferai à ce sujet une observation que je crois importante, tant pour l'huile de lin que pour le bitume de Judée : On doit distinguer dans la couche sensible, si mince qu'elle soit, deux surfaces, l'une extérieure et l'autre intérieure, appliquée sur la substance même qui la supporte. L'insolubilité produite par la lumière commence sur la surface extérieure, parce qu'elle est en contact av^îc l'air dont le concours favorise cette action ; dans les parties les plus éclairées, elle pénètre peu à peu jusqu'à la surface intérieure qui devient également insoluble; mais, sous les demi-transparences du cliché, elle s'arrête à la surface extérieure, ou la pénètre plus ou moins, en sorte que la surface intérieure conserve à peu près sa solubilité. L'éther répandu ensuite sur une couche ainsi modifiée, dissout d'abord les parties qui étaient entièrement à l'abri de la lumière; puis, sans la dissoudre entièrement, il enlève peu à peu et balaie en quelque sorte les parties faiblement impressionnées, parce que, fixées sur la surface extérieure, elles reposent sur une base qui a conservé sa solubilité. »

De même dans le procédé au charbon, la demi-teinte ne touche pas au support, elle se perd pendant le développement, parce que la gélatine qui se trouve entre la demi-teinte et le support se dissout

PROCÉDÉ AU CHARBON

dans l'eau chaude. M. Fargier a donné une belle explication de ce procédé (1).

Soit X A le papier; B B la couche de

gélatine dont la partie noire a été insolubilisée par Taclion de la lumière. La partie transparente du cliché se trouve là ou le point C louche k la surface du papier. L'action lumineuse commence sur la surface B B et pénètre dans la gélatine, d'autant plus profondément que cette action sera plus vive et plus prolongée. La partie coagulée affecte, par exemple, la forme B C B, et constitue l'image. Mais cette image, s appuyant sur la partie restée soluble, est entraînée et disparaît pendant le lavage. Il ne reste tout au plus que la partie qui, au point C, repose sur le papier A A.

M. Fargier dit que si on pose le papier sur le cliché, non point du coté préparé, mais bien dujcôté opposé, de manière que la lumière, au sortir du cliché, traverse le papier avant d'arriver à la gélatine, la coagulation commencera à la surface qui est en contact avec le papier, et l'image en totalité restera fixée au papier après le lavage. Mais ce moyen a l'inconvénient que les épreuves sont grenues, parce que le papier n'est pas d'une translucidité égale.

Il substitua donc le collodion au papier. Dès ce temps il était possible de faire des épreuves au charbon qui possédaient les demi-teintes. Mais le procédé était encore trop compliqué pour l'emploi journalier. En 1864, M. J. W. Swan détachait du verre la couche de collodion et de gélatine, et plus tard il faisait connaître le procédé qui porte encore son nom, et dans lequel il retourne au papier comme premier support de la couche sensible. Le papier sensible, après avoir été exposé à la

(i; Bulletin de la Société française de Photographie, Décembre 1860.

PROCÉDÉ AU CHARBON

lumière dans le châssis positif, est enduit d'une couche de caoutchouc et pressé contre un papier qui a reçu un enduit de la même substance. Ces deux papiers sont immergés dans de l'eau chaude, où le premier papier se détache, en laissant l'image développée sur le papier caoutchouté. L'épreuve étant renversée, on doit la transporter de nouveau en la collant sur un papier gélatiné, le papier caoutchouté est ramolli par l'application de quelques gouttes de benzine, après quoi on l'éloigné.

Le procédé de M. Swan a été employé commercialement pendant beaucoup d'années, jusqu'à ce qu'en 1869 M. Johnson trouva que le papier au charbon à l'étal légèrement humide pouvait être attaché à toute surface imperméable h l'eau, par la seule pression. Celte découverte rendait superflue la manipulation un peu désagréable du caoutchouc, et simplifiait le procédé. Si l'épreuve doit être transportée pour la renverser, M. Johnson se sert comme support temporaire d'une plaque de métal ou de verre qu'il enduit d'une couche de cire, de collodion ou de vernis. Plus tard, on est parvenu à remplacer cette plaque par un papier ciré spécial, qu'on appelle le support flexible. M. Léon Vidal recommandecomme tel du papier albuminé qu'il a immergé pendant dix minutes dans une dissolution saturée d'acide stéarique dans de l'alcool. A M. Vidal aussi nous devons la recommandation importante d'entourer le cliché de bandes de papier noir.

Les DIFFÉRENTES MANIÈRES du PROCÉDÉ au CHARBON

Par le fait que nous sommes forcé de faire agir Feau chaude sur l'envers de la couche de gélatine, et de donner un nouveau support à la couche impressionnée avant de développer l'épreuve, il sest formé différentes manières du procédé au charbon, qu'on peut classer sous les noms de transport simple et de transport double.

Le procédé au transport simple comprend les manipulations suivantes :

Le papier sensibilisé, après avoir été exposé à la lumière au-dessous du cliché, est mis dans de Teau froide, attaché par son côté noir à une surface imperméable à Teau, et plongé dans de l'eau chaude, où le papier se détache et l'épreuve se développe; cette surface peut être du verre, du papier verni, du bois, du métal, enfin on choisira la substance convenable. Une dissolution d'alun sert à dissoudre toute trace de chromate. De telles épreuves sont inverses; il faut donc se servir d'un cliché renversé ou détaché.

Le procédé au transport double donne des épreuves non renversées quand on se sert de clichés ordinaires; on opère de la même manière, seulement on donne au support, sur lequel on développe, un enduit de cire, de collodion ou de vernis. L'épreuve étant sèche, on la couvre de papier gélatiné humide, on fait sécher et on détache l'épreuve qui se

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