RÈGLES A SUIVRE PENDANT LES CHALEURS
Evitez de travailler pendant les heures des fortes chaleurs ; commencez de bonne heure (en Angleterre on commence, pendant les mois chauds, à 4 heures du matin), et sensibilisez les papiers le soir, quand il fait plus frais.
Employez un collodion très-fluide.
Laissez sécher la glace recouverte de papier de transport dans un endroit frais et un peu humide; si le papier sèche trop vite, il se produit de la réticulation.
INSUCCÈS
I^a g;clatiite colorée se dissiout dans le liaiti de bieliroiiiate. — Ceci arrive seulement pendant les temps chauds. Le bain est trop chaud. Refroidissez-le en y mettant quelques morceaux de glace, ou choisissez un endroit plus frais.
A^ant de sécher, la g^élatiue coule. — Séchez le papier dans un endroit moins chaud. En ôtant le papier du bain, tirezle au-dessus d'un tube de verre, ou posez le papier, le côté noir en-dessous, sur une glace ou une plaque de zinc, couvrez-le d'une feuille d(i toile caoutchoutée, et chassez Peau par la rach3tte. La raclette doit être un peu plus large que le papier, sinon on aurait à craindi-e des stries insensibles à la lumière.
Win otaiit le papier de la g;lace, on le trouve couvert de poussière ou de fibres. — La glace n'était pas propre. N oubliez pas la toile caoutchoutée, en appliquant la raclette.
liC papier séché est très-dur et ne s'applique pas bien au cliché dans le châssis positif*. — Il a été séché trop vite ou k une température trop élevée. Il faut lui laisser le temps nécessaire pour attirer un peu d'humidité de l'atmosphère.
i.e papier colle au cliché. — Il est humide ou bien c'est le cliché ou le feutre qui est humide. Si le papier est très-hygroscopique, on le couvre de collodion très-dilué, qu'on laisse parfaitement sécher. Il est toujours bon de poser, sur l'envers du papier, une feuille de papier ciré. Je me sers d'une planchette recouverte de drap.
Après avoir appliqué (avant de développer) le papier
INSUCCÈS
liiiBBai«le Huv la ^laee eollodioiiucc^ oii retiiarqiBC, à travers la ^la<*c. dejs l»«illes cl*air, — On
laissera le papier un peu plus longtemps dans l'eau froide, et on le placera très-soigneusement sur la glace. Ces bulles d'air ne disparaissent point par Faction de la raclette, seulement elles se divisent. Il vaut mieux retirer le papier, Thumecter et l'appliquer de nouveau sur la glace.
I^a gélatine ne eolle pas sur la glace, les liortls du papier se soulèvent. — Ceci arrive si le papier a été longtemps dans le bain d eau froide, ou si la gélatine bi chromatée s'est décomposée parlage ou par une atmosphère impure. Dans le premier cas, il suffira de poser une glace forte sur le papier et de le laisser ainsi pendant 5 à 10 minutes Pour être sûr de son papier, on fera bien de lessayer de la manière suivante : On en coupe un petit morceau qui n'a pas éiô soumis a Faction de la lumière, et on le plonge dans de Feau chaude. Si la gélatine s'y dissout, le papier est bon. Si elle repousse Feau, elle s'est décomposée. Ce défaut ne se montre que rarement avec du papier fraîchement sensibilisé.
lia eouelie devient ^rès-vi(e insoluble même dans l'oliseurité. — Ceci arrive dans les temps chauds et humides. Ajoutez au bain de bichromate 1 p. ^/o de carbonate de soude (pas d'ammoniaque), et laissez sécher dans un courant d'air pendant 4 ou S minutes.
Dans le liain dVau ebaude le papier ne veut pas se détaelier, obi l'épreuve ne se développe pas l»ieu, elle reste trop noire. — L'exposition à la lumière a été trop longue ou trop de temps s'est écoulé entre le tirage et le développement. Essayez de l'eau plus chaude ou un bain de carbonate de soude à 2 Vo- Ou bien la gélatine s'est décomposée.
l.e papier se détaelie très-vi^e et l'épreuve est trop claire. — Exposition insuffisante. Développez dans de l'eau chaude.
Après avoir plongé le papier dans l'eau chaude,
INSUCCÈS
il Sic ioriiie des» bulles» d*alr sur le papier au eliarboii — I/eau est trop chaude. Commencez avec de l'eau moins chaude et élevez la température plus lard s'il est nécessaire. Les bulles se montrent quelquefois dans lepreuve, il faut les éloigner de suite après avoir retiré le papier, en y laissant tomber de l'eau chaude, lies» bords; de l^épreuve s»e s»oiilèTeiit, le eollodiou res»laiit altaebé à la s;laee. — On n'a pas entouré le cliché de bandes de papier noir ou gris; ou la gélatine s'est décomposée.
lie collodioii se détaclie avec l'épreuve. — La cire contient du suif, ajoutez un peu de résine. La couche de collodion est trop sèche en la plongeant dans l'eau froide ; ou cette eau a été trop fi'oide, en hiver. Faites dépolir les bords de la glace.
Le eollodiou se déchire. — II est trop tendre ou trop frais. Ajoutez très-peu de vei'nis pour clichés. Ou la couche a été déchirée en y posant le papier. Avant de racler il faut toujours appliquer la toile caoutchoutée.
Il se trou%e des fibres ou des poussières eutre l'épreuve ci la jg^lace. — Ces impuretés étaient sur la glace ou dans l'eau.
Des bulles d'air eutre l'épreuve et la g;lace. — Ce défaut a été décrit plus haut.
lia couclie devient ridée. — Lorsqu'on développe trop vite.
li'épreuve est parsemée de feutes ou de g;erçures. — liC bain de bichromate a été trop chaud ou trop concentré, ou le papier y est resté trop longtemps.
li'épreuve est $;rainée ou réticulée. — Le papier a été introduit trop tôt dans l'eau chaude après avoir été appliqué sur la glace ; il faut le laisser pour quelques minutes en contact avec ia glace. Ce défaut se montre aussi avec du papier qui a été séché très-vite dans une température élevée; et avec du papier dont la couche est partiellement décomposée
lliiilure d'une partie de la coucbe, figures irrégu-
INSUCCÈS
lières» rassemblant à la niotBsse. — Gélatine décomposée par les exhalations de volières, écuries, closets, gaz, etc. Le défaut se montre plus fortement deux ou trois jours après la sensibilisation.
Un des cas les plus graves d'insuccès qui soit k ma connaissance, a été reconnu provenir des exhalations d'une volière contenant une vingtaine d'oiseaux qui se trouvait dans le cabinet obscur. Depuis qu'on a changé de localité, tous les insuccès ont disparu.
Réticnlations de la eouclie en développant sur une glace. — Il faut laisser le papier plus longtemps dans l'eau froide, avant de rattacher à la glace. Ce défaut n'arrive jamais quand on développe sur du papier. On peut laisser le papier dans l'eau froide pendant un quart-d'heure; si les bords se soulèvent, on pose une glace forle dessus. Ou on lire le papier au charbon, avant de procéder au développement, à travers d'une cuvette en fer-blanc remplie de collodion très-dilué.
Petites taelies Itrlllantes dans l'éprewve (petites bulles d'air). — Môme remède. Pour reconnaître la cause de cet accident, faites l'expérience suivante : Plongez deux petites feuilles de papier au charbon dans de l'eau froide. Retirez-en une après deux secondes, appliqucz-la sur une glace, et raclez ; laissez Faulre dans l'eau pendant cinq minutes, avant delà poser sur la glace. En regardant à travers la glace, on trouvera la première couche couverte de ces bulles d'air ; l'autre n'en contiendra pas.
l>es nnages^ surtout dans le iond de Tcprcuve. — Si ces nuages ne se dissipent pas par l'eau chaude, ils peuvent être causés parce que la couche de collodion n'a pas été suffisamment lavée dans l'eau froide.
Hanque de denil-teintes dans l'épreuve. — Le cliché est ti'op clair. Exposez le papier sensible pendant quelques secondes à la lumière diffuse avant de tirer. Ou le papier a été séché trop vite ; le bain de bichromate est trop faible ou trop vieux. Le papier sensible est trop vieux.
INSCGCKS.
li^éprcnvc fie tlélaelie de la g^laee eu i§(éeliaiit. Ceci arrive eu séchant trop vite. Cire falsifiée ; ajoutez une petite quantité de résine.
li'épreiive étant couverte fie papier de transport ue se détaclie pas de la ^-laee. — La glace n'est pas suffisamment cirée; trop de résine dans la cire. On a ôlé une grande partie de la cire en polissant la glace. On a versé le collodion sur un même point, au lieu de promener la bouche du flacon audessus de la glace ; la cire s'est dissoute à ce point et l'épreuve y colle. On a appliqué trop de chaleur en séchant le papier de transport. Quelquefois l'épreuve se détache en la laissant pendant quelque temps dans l'eau froide. Elle perd par ce procédé un peu de son brillant.
I^e papier de transport sec se détaelie en laissant l'épreuve sur la i^laee. — Le papier de transport a été plongé dans de l'eau trop chaude, ou la couche de gélatine s est dissoute.
Bi' épreuve détacliée de la glace est couverte de taclies brillantes, surtout dans les g^randes lumières et le long- des contours. — L'eau dans laquelle on a trempé le papier de transport a été trop froide ou trop chaude^ c'est-àdire la couche de gélatine n'a pas été suffisamment ramollie, ou elle s'est dissoute dans l'eau chaude.
li'épreuve est grainée. — L'épreuve sur glace a été trop longtemps mouillée à l'eau froide avant que le papier de transport y ait été posé, ou elle a été plongée dans de l'eau chaude eu bien dans de l'eau froide.
îiCs demi-teintes de l'épreuve ont disparu pendant l'opération du transport. — Ceci ai'rive loi'squ'on opère sans collodion.
AGRANDISSEMENTS
AGRANDISSEMENTS
Cette nouvelle méthode donne depuis quelque temps des résultats surprenants à plusieurs opérateurs, et il a été constaté qu'il est impossible d'obtenir des épreuves d'une telle beauté par aucun autre procédé; elle est trés-simplearès-expéditive, etne nécessite pas de soleil ; lamplification se fait même dans le cabinet obscur, ou le soir quand il n'y a pas de poses.
On procède comme suit :
D'après le petit cliché on fait dans le châssis-presse un positif sur verre, soit sur collodion sec, au collodio-chlorure d'argent, soit au charbon. L'appareil d'agrandissement consiste en une lanterne avec une lampe à pétrole, munie d'un condensateur de 6 pouces de diamètre^, d'un porte-cliché et d'un bon objectif pour carte de visite.
On place le petit positif dans le porte-cliché et on projette son image agrandie sur un cadre en bois couvert d'une feuille de papier blanc. On met au point, et on remplace le cadre par une glace collodionnée et sensibilisée au bain d'argent; on pose 40 à 90 secondes, suivant le degré de l'amplification, on développe et on fixe le grand cliché. D'après ce grand cliché, on fait un positif au charbon qu'on transporte sur carton.
Arrivons aux détails du procédé. Le diapositif au charbon se fiiit de la manière indiquée page 85. On se sert pour ce genre de travail d'un papier mixtionné spécial.
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Ce petit positif est retouché à lencre de chine; s'il y a des ombres ou des plis à renforcer, on le fait avec une estompe en peau ou en papier chargée de poudre de graphite. De cette manière on peut changer un fond clair en un fond sombre, etc.
Ce diapositif peut également se faire au collodion humide. Alors il faut diluer du bon collodion négatif avec les deux tiers de son volume d un mélange k parties égales d ether et d'alcooL On place le cliché dans la lanterne, et on fait le diapositif dans une chambre noire dirigée vers celle lanterne.
Dans cette opération, il faut appliquer un verre dépoli très-fin derrière la lentille condensatrice, c'est-à-dire vers la lampe.
On développe avec la solution de sulfate de fer ordinaire, mais diluée de la même quantité deau. Ce petit diapositif est très-faible et transparent; appliqué contre une feuille de papier blanc, il doit représenter un bon positif.
Comme nous l'avons déjà dit, on met le petit positif dans le portecliché de l'appareil ; on allume la lampe à pétrole et on met au point avec l'objectif. Une chambre noire n'est pas nécessaire parce qu'on opère le soir ou dans le cabinet obscur. Seulement, il faut avoir un grand châssis, ou même seulement un cadre en bois couvert de vernis pour recevoir la glace sensibilisée. Pour la mise au point, on ne se sei't pas de glace dépolie, car il serait difficile d'y trouver le foyer, mais d'une planchette en bois léger couverte d'une feuille de papier blanc.
Pour faire le grand cliché, on se sert ou du collodion humide ordinaire, ou de lemulsion. La dernière offre quelque avantage quand on opère avec des glaces de grande dimension, parce qu'elle ne nécessite ni de bain d'ai'gent, ni de grandes cuvettes.
Le grand cliché est recouvert de papier diaphane qu'on colle, par les bords seulement, sur les deux côtés du verre. Comme cette double couche de papier rend le cliché très-vigoureux, il faut avoir soin de ne pas trop le renforcer. Les feuilles de papier sont bien mouillées et les bords du cliché sont enduits d'eau gommée.
On colle un papier sur la face, et un autre sur le dos du cliché, et on laisse sécher.
La petite retouche se fait avec le pinceau et l'encre de chine sur le
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papier qui couvre la couche de collodion. On y égalise les défauts du négatif, on adoucit les rides. Sur le papier qui couvre Tenvers du cliché, on opère avec lestompe et la plombagine pour renforcer les parties qui s'imprimeraient trop noir.
Lappareil d agrandissement dont je me sers est une simple lanterne on bois garnie de fer-blanc, avec un système de trois lentilles condensatrices, dont deux de 6 pouces de diamètre, et la troisième de
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de la lanterne se trouve une lampe à pétrole avec deux mèches, sans cylindre, qui fournit une lumière très-régulière et assez forte. On pourrait la remplacer par un jet de gaz, mais alors il faut poser plus longtemps. Le petit diapositif sur verre est inséré dans le cadre, qui touche presque le condensateur. Tout bon objectif à portraits peut être employé à lagrandissement.
Un tel appareil n est point indispensable, car on obtient les mêmes résultats en opérant avec la lumière du ciel; mais on comprend Timportance d'un appareil qui est toujours k notre disposition et dont la lumière est toujours la même. C'est surtout en hiver qu'on en tirera les plus grands avantages, en utilisant les longues soirées.
PHOTOMICROGRAPHIE,
PHOTOMiCROGRAPHIE
L'amplification des objets microscopiques peut se faire de la même manière par la lumière artificielle que celui des petits clichés. M. de Kolkow a montré qu'il est possible d'obtenir des résultats excellents avec la lumière de pétrole, et je pense que la description de son appareil ne sera pas sans intérêt.
Il consiste en une planchette A, de 2 m. de long sur 30 c. de large, percée d'une fente pour les vis SS, qui servent à fixer le pied du microscope et la chambre noire G. La chambre noire est composée de la boîte F, et du soufflet H. Le microscope I est manié par la crémaillière K, quand on a à faire des amplifications considérables par la ficelle qui réunit la crémaillière L avec la vis M.
La mise au foyer se fait par Toculaire E, qui est fixé dans une plaque de zinc portée par le cadre D. La position de la plaque de zinc doit coïncider avec le foyer de l'oculaire et avec la glace sensible ; de cette manière on obtient facilement et directement plus de netteté qu'on ne pourrait obtenir en mettant au foyer avec un microscope sur la glace dépolie. N est le porte-objet; 0, l'éclairage Dujardin; P, une glace dépolie qu'on introduit en faisant des amplifications faibles.
La lumière est livrée parle sciopticon Q; la position du condensateur R n'est point changée. Quelquefois il est préférable de remplacer le condensateur 0 par un petit objectif double à court foyer.
PHOTOMlCKOGKAPIIIl!:.
Avec le coUodion humide on pose 5 minutes pour un agrandissement de cinq cent fois.
En remplaçant la lampe par la lumière Drummond, on peut opérer plus vite, mais le sciopticon donne assez de lumière dans la plupart des cas.
PHOTOGRAPHIE PANORAMIQUE
La combinaison d'un appareil panoramique avec un bon objectif double présente des avantages très-importants dans tous les cas où il sagit de prendre des objets dune grande étendue latérale, comme les s;roiipeii, les Tueii» panoramique!», les poiits^ etc. Aucun objectif à grand angle ne serait en état de lutter avec lappareil panoramique muni d'un objectif double, parce que ce dernier l'emportera toujours par la grande quantité de lumière qu'il permet d'utiliser; question de vie pour la photographie, car on sait dès longtemps qu'une image prise avec un objectif à court foyer et k grande ouverture donne avec une pose courte, un cliché plus vigoureux et plus rond que quand on se sert d'un objectif àlong foyer ou avec un petit diaphragme, même avec une pose prolongée. L'avantage devient plus impoi'tant lorsqu'il s'agit de la reproduction des vues animées, surtout des groupes.
Il y a dix-huit ans que je m'occupe de la fabrication de l'appareil panoramique; me trouvant, en 1859, sur Tîle de Jersey, j'y faisais la connaissance de feu M. Thomas Sutton, qui me faisait voir sa nouvelle invention — la chambre panoramique. — C'était une chambre noire avec un châssis rond, et un objectif globulaire composé de deux ménisques, dont l'intérieur était rempli d'eau distillée. Après l'avoir essayé, j'achetai la chambre même, qui est encore en ma possession avec mon premier cliché pris à Jersey, et de plus j'achetai les brevets pour la France et la Belgique, pendant que M. Ross, de Londres, achetait les brevets anglais. Cette chambre est encore aujourd'hui très-
PHOTOGRAPHIE PANORAMIQUE
commode pour le papier ciré ou pour les pellicules, et elle contient des arrangements précieux pour ce but. Mais pour le collodion sur verre elle est impraticable, à cause des verres courbés. Mais avec les derniers perfectionnements des procédés aux émulsions, il est bien possible qu'un jour on se souviendra de cet appareil. Depuis ce temps-lk j'ai continué à construire des appareils panoramiques, j'ai suivi tous les perfectionnements des autres inventeurs, de Johnson et C**, et je suis parvenu à en faire un instrument éminemment pratique pour une foule d'applications.
L'appareil se compose d'une chambre noire^ munie de son objectif double ou aplanétique ; la chambre noire est mobile et tourne autour d'un pivot qui se trouve au-dessous de l'objectif; le châssis^ de son
côté, marche pendant ce mouvement de gauche à droite et suit, d'une manière très-exacte, Timage des objets qui se réfléchissent sur la
PHOTOGRAPHIK PANORAMIQUE.
glace sensible. Autrefois j ai construit des mécanismes à ressort, pour faire marcher lappareii, ce qui réussit assez bien pour les petites dimensions; mais, à partir des glaces de 50 cent, de largeur, je trouve qu il y a grand avantage à faire le mouvement en tournant une manivelle. Cette opération est très-facile et très-sûre, et on n'a pas à craindre d'accidents.
Les meilleurs objectifs a employer avec l'appareil sont, pour les vues panoramiques, les ponts et les grands groupes en plein air,raplanétique de 19 lignes de diamètre et de 10 pouces de foyer. Pour les vues plus lointaines, on peut se servir d'un aplanétique de 23 lignes de diamètre. Pour les groupes de petite dimension, dans Taielier vitré, pour les vues animées et pour les objets très-rapprochés, on se servira d'un bon objectif double de 30 lignes de diamètre et de six k huit pouces de foyer.
Il ne faut jamais mettre.au point avec la crémaillière de Tobjectif, toujours avec la clef qui accompagne l'appareil ; sans cela il n'y aurait pas de netteté absolue. La table qui porte la chambre noire doit se trouver dans une position horizontale; et si on veut plus d'avant-plan, on baissera la planchettequi porte l'objectif; veut-on plus de ciel, on l'élèvera, tout en laissant à la chambre noire sa direction horizontale.
Les rayons lumineux se transmettent à travers une ouverture étroite pratiquée dans la petite planchette qui se trouve devant la glace sensible. Plus cette ouverture est large, plus vite faudra-t-ii tourner la manivelle; et plus vite sera la pose. L'expérience a démontré que dans les groupes pris avec cet instrument il y a rarement des têtes bougées. Un habile photographe, à Dorpat en Russie, M. Cari Schullz, m'a envoyé des douzaines de grands groupes pris avec mon appareil, qu'il est impossible de faire d'aucune autre manière. J'ai là un groupe d'environ deux cent soixante-dix personnes, et toute les figures sont nettes et grandes comme sur une bonne carte de visite. Le même artiste a fait une grande collection d'épreuves panoramiques des châteaux impériaux à Peterhoff, k Zarskoe-Zelo, et il serait difficile de trouver quelque chose de plus beau comme netteté, perspective aérienne, grandeur de l'angle de vue, et comme régularité des lignes dans les architectures et les vues prises dans des villes. Les
PHOTOGRAPHIE PANORAMIQUE
parties d'eau sont ravissantes. Pour la reproduction des ponts, la chambre panoramique est très-utile. Une des meilleures vues qui ait été faite dernièrement, est celle du nouveau pont k Rotterdam ; on y trouve un avant-plan vigoureux et bien détaillé; le pont même, avec ses nobles dimensions; au-dessous du pont, le fleuve avec des navires; et dans le lointain, la ville de Rotterdam, vue à travers les vapeurs d'eau ; et chaque objet, même le plus distancé, est net.
J'ai fait la description de ces épreuves pour démontrer remploi que Ton peut faire de la chambre ponoramique.
On se sert de verres plans ordinaires, ou de glaces. La chambre marche aussi bien avec le collodion humide qu'avec les procédés à sec.