‹ Notes pour servir à l'histoire de l'École de Montpellier à fin du XVIIIe siècle, précédé d'une notice sur M. Pierre RoucherChapitre 1 sur 1 · BÉRARD · texte numérisé non relu

BÉRARD

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(I) M. lient* , docteur et dernier doyen des professeurs de l’uni-

la nouvelle école, méritait, plus que tout autre, de diriger celle-ci.

(2) M. Dumas, docteur île l’université. L’ordonnance royale qui le nommait, en 1*89, «à une chaire vacante dans l’université , fut rapportée, et il se présenta pour cette même place à la dispute , où il prouva que le choix que l’on avait fait de lui no ressemblait en rien à une faveur.

(3) M. La fait rie, docteur de l’université, élève et secrétaire de ltnrthez; il se distingua dans le concours pour une chaire.

(4) M. ( iouan , docteur et professeur do l’université de médecine. Nul botaniste en Europe ne pouvait présenter des titres égaux aux siens.

(ù) M. A moreux, docteur de l’université , connu depuis longtemps dans le monde savant par ses ouvrages sur l’archéologie et l’histoire naturelle.

(6) M. Chaptal, docteur de l’université, professeur de chimie des états de la province. Cet homme, destiné à être le bienfaiteur de l’école , commença dès-lors sa belle mission , en dirigeant le choix du comité d’instruction publique , et en acceptant une chaire pour laquelle il abandonnait celle qu’il occupait dans la fameuse école normale, à côté des de Laplace , Monge, Hertholet , etc. ; il renonçait aussi à la place de directeur général des poudres et salpêtres de la république.

(7) M. Bérard , directeur de la fabrique des produits chimiques de Chaptal. Doué d’un esprit d’observation peu commun et d’une aptitude extraordinaire pour l'analyse , il avait constamment dirigé ses travaux vers la partie pratique de la chimie. En se démettant de sa chaire , dès le principe , il priva l’école des leçons de sa grande expérience. 11 a payé depuis amplement sa dette , en nous donnant son fils.

(8) M. Baumes, docteur et professeur de l’université de méderine. Si ce dernier litre n’eût pas clé suffisant pour lui valoir une chaire dans la nouvelle école , il aurait pu présenter ses quatorze couronnes académiques, et, ce qui était bien plus extraordinairement honorable pour lui, la délibération de la Société de médecine de Paris qui l’engageait à ne plus concourir, «à l’avenir, pour les prix.

(9) M. Seneaux , maître, professeur et dernier secrétaire du collège de chirurgie.

(10) M. Montabré , docteur en chirurgie de l’université de médecine (*) , alors chirurgien-major d’un hôpital militaire.

(11) M. Victor Broussonnet , docteur de l’université de médecine , où il avait suppléé deux fois son père dans le cours de médecinechirurgie, était médecin en chef des ambulances de l’armée des Pyrénées-Occidentales , quand il fut appelé à la chaire de l’école de santé par le comité d’instruction publique. Cette nomination devait être approuvée par le comité du salut public , et celui-ci venait de faire inscrire sur la liste des émigrés Auguste Broussonnet. Il ne fallut rien moins que les témoignages favorables du général en chef (Moncey ) , pour sauver au professeur proposé la réclusion à laquelle la loi condamnait les frères d’émigrés.

La chaire, restée ainsi vacante, fut donnée quelque temps après à M. Berthe , docteur de l’université , qui, dans le concours Sabatier, avait fait preuve de rares talents.

(12) M. Fouquet, docteur et professeur de l’université de médecine. Son nom renfermait tous ses titres à une pareille place.

(13) M. Pétiot, docteur de l’université de médecine, était à la tète des praticiens de la ville. La manière dont il s’acquitta de ses fonctions prouve le discernement de ceux qui les lui avaient confiées. Les étudiants trouvèrent en lui 1 expression de Y art , tandis que son collègue représentait la science.

(14) M. Poutingon, maître et professeur du collège de chirurgie, chirurgien en chef de l’hôpital des militaires vénériens.

(15) M. Vigarous , docteur de l’université de médecine ; il avait paru avec distinction dans le concours de Sabatier. Ceux qui le nommèrent à la chaire de clinique chirurgicale , le prirent probablement pour son père , une des illustrations de la chirurgie française au xvme siècle.

(16) M. Laborie , maître et professeur du collège de chirurgie , démonstrateur d’anatomie et d’opérations chirurgicales dans l’université de médecine.

(17) M. Méjan, maître et professeur du collège de chirurgie , un des chirurgiens-majors de l’ Hôtel-Pieu Saint-Eloi. Il soutenait, par des connaissances étendues et une adresse singulière dans les opérations , la réputation que son père avait attachée au nom

(*) M. Mon labre fut du petit nombre de ceux qui prirent le {;rade de docteur en chirurgie , que Chirac avait imposé à l’université de médecine.

«le Méjan. 11 échangea bientôt sa chaire contre colle de M. Vigarous, et tous les deux se trouvèrent à leur place.

(18) M. Virenquo, docteur de l'université de médecine et maître apothicaire, était si ingénieux et si paresseux, que pour s’éviter la peine de faire des expériences chimiques , il en devinait le résultat.

(VI) Les réglements de la clinique furent rédigés par le professeur bouquet, approuvés par l’école et sanctionnés par le gouvernement. Voici quelle était leur disposition :

Les étudiants de la troisième année formaient la classe des auditeurs , ceux de la quatrième étaient consultants. Les uns et les autres , seuls admis dans l’hôpital , sur des caries personnelles, y entraient avec le professeur et en sortaient avec lui.

Quand arrivait un nouveau malade , le professeur désignait deux consultants, qui , chacun à leur tour, interrogeaient et examinaient le sujet sous la direction du professeur qui guidait pas à pas cet exercice. En résumant leurs idées, il exposait les siennes avec les preuves qui leur servaient de base, répondait aux questions , éclaircissait les doutes et tâchait d’amener peu à peu une conversation , où le maître s'effaçait sans que les disciples cessassent d’apprendre. Cette leçon clinique se répétait tous les jours jusqu'à la tin de la maladie. A la seconde visite, les consultants lisaient ce qu’ils avaient déjà consigné par écrit, la veille, après quejl’élève de garde] avait fait son rapport sur les obsenations faites3 pendant les vingt-quatre heures qu’il était resté dans l’hôpital ; la consultation et la leçon continuaient.

Les chefs de clinique, chargés d’enregistrer les prescriptions, veillaient, dans le jour, à leur exécution, recueillaient les observations les plus intéressantes , destinées à être réunies par trimestre dans les archives de la clinique; enfin , ils devaient être toujours prêts à suppléer les consultants.

Le vendredi de chaque semaine , il y avait , dans la salle extérieure, une séance publique , où un des consultants lisait un mémoire sur un sujet que le professeur avait donné huit jours auparavant. Deux étudiants désignés au commencement de la séance présentaient leurs réflexions critiques auxquelles 1 orateur lâchait de répondre : c’était, pour le professeur, 1 occasion d une leçon de théorie. On lisait ensuite l’histoire des malades guéris ou morts. Dans ce dernier cas, on relatait l’autopsie cadavérique , à laquelle on ne manquait jamais pour l’instruction des étudiants.

Ce mode d'enseignement fut scrupuleusement suivi par les professeurs Fouquel et Pétiot , et par leurs successeurs llroussonnet

cl Lafabrie. De cel institut sortirent une foule de médecins, dont l’école de Montpellier s’enorgueillit à juste titre. Cependant quelques nouveaux professeurs réclamèrent en 1814 , époque de rénovation , la liberté absolue dans les éludes. Ils obtinrent la suppression des cartes d’entrée, et les portes de l’hôpital s’ouvrirent au public profane, qui envahit la place des étudiants. Dès-lors certains crurent avoir étudié la clinique quand, pendant la visite , ils s’étaient promenés dans les salles de l’hôpital, et que , assis dans l’amphithéâtre, ils avaient vu pratiquer des opérations , faire des ouvertures de cadavres , et entendu parler sur une maladie.

Le professeur Y. BROÜSSONNET.

Extrait du Journal de la Société de Médecine -pratique de Montpellier . Numéro d’ Avril 184?.

J. MARTEL aîné , imprimeur de la Faculté de Médecine.

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