‹ Notes pour servir à l'histoire de l'empereur Maximilien [microforme]Chapitre 30 sur 33 · MAXIMILIEN DEY\ NT LA MORT · texte numérisé non relu

MAXIMILIEN DEY\ NT LA MORT

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à me rejoindre, je bénirai sa main divine qui s'est appesantie sur nous.... Adieu.... Adieu!

« Ton pauvre Max, »

Cette lettre était écrite en français.

D memes

Que reste-t-il à ajouter à tous ces faits qui appartiennent maintenant à l’histoire ?

Un détail: ce sera tout. Après cela le lecteur rourra briser la coupe. Il l'aura vue pleine jusqu’à la lie ; il l'aura vu vider par Maximilien et par ses généraux avec le plus grand courage. Un témoin oculaire écrivait de Queretaro en date du 24 août 1867, c’est-à-dire deux mois et cinq jours après l’exécution de l'Empereur :

« Avant mon départ de Mexico, j'avais entendu dire que le corps de l’empereur avait été enlevé et dirigé vers la côte. Imaginez ma ‘surprise, lorsque l’on me demanda ce matin si

je voulais visiter le cadavre ; et jugez, s’il est

possible, de l'horreur et du dégoût que j’éprouvai

lorsque je vis et lorsque j’entendis ce que je vais

rapporter. Je ne puis décrire les sentiments qui |

m'assiégent à la pensés du spectacle dont j'ai été

220 MAXIMILIEN témoin dans cette ville, rendue à jamais célèbre par l'exécution de Maximilien et de ses généraux. « J'ai trouvé le cercueil contenant les restes, dans une chambre au premier étage de la maison occupée par le senor don Mûnos Lerdo.

Un soldat montait la garde à la porte, laissant entrer quiconque désirait voir le cadavre, avec une complaisance activée par une libéralité de quelques réaux. L'appartement paraissait avoir été employé à l’usage de magasin ; il était trèssombre et très-sale. Le cercueil était au centre de la chambre, appuyé sur deux bancs de bois grossiers. Il était couvert d’un drap noir, orné de franges d’or communes ; au-dessus était un faux couvercle. En le soulevant, il laissait voir trois carreaux de verre, à travers lesquels on apercevait les dépouilles mortelles de l’infortuné Maximilien, à l’aide d’une chandelle de suif fournie par le soldat. L'empereur était vêtu d’un habillement composé d’une redingote bleue garnie par devant d’une rangée de boutons de métal, d’un pantalon bleu, et de fortes bottes de cavalerie. Ses mains étaient couvertes de gants blancs, très-sales. Sa bouche et ses paupières

mets MORT 221

étaient entr'ouvertes, laissant voir les dents et les yeux. La barbe a presque entièrement disparu, ainsi que la plus grande partie de ses cheveux. Ils ont été coupés par le docteur Licea, chargé de l’embaumement, et vendus jusqu’à cinq onces, ou $8o pour une petite mèche ! Le corps de l’empereur est resté dans la maison Licea jusqu’à la semaine dernière, époque à laquelle il a été transporté dans l'endroit où il est aujourd’hui, et pendant ce temps il a servi de moyen de spéculation. Le docteur a disposé de tous les effets appartenant à Maximilien dont il a pu se saisir, et ila vendu pour de fortes sommes de petits morceaux de vêtements tachés de sang. Le docteur affirme que le gouvernement ne lui a pas payé sa facture d'embaumement, se montant à $40,000 (1! |), et qu’il a dû pourvoir a ses intérêts du mieux qu’il a pu.”

Trève de ces horreurs ! et fermons ce livre.

Ma tâche d’appréciateur et de compilateur est terminée. Je vous ai montré le savant, le

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