‹ Notes pour servir à l'histoire de l'empereur Maximilien [microforme]Chapitre 32 sur 33 · MORT · texte numérisé non relu

MORT

entre la Louisiane et le Guatemala, ce grand rève que Hyppolite Castille avait fait en 1856 : — Le rôle de la France, écrivait-il alors, est de poursuivre l'épanouissement de la race latine jusqu’au Mexique et dans les états du Sud, rétablissant là, comme en Europe l'équilibre entre cette race et la race anglo-saxonne germaine.

Cette idée formulée par Castille n’était pas nouvelle. Après le 18 brumaire, Napoléon ne voulait-il pas entraîner le Czar Paul I dans une coalition contre l’Angleterre, en lui promettant de répandre d’un côté la prépondérance latine en Amérique pendant que l’autocrate s’engagerait à propager en Asie les idées slaves ?

Cet épanouissement de la race latine entrevu par certains utopistes, ce grand problème politique que Maximilien a touché de la main et qui l'a foudroyé — nous l’accomplissons tous les jours dans l'Amérique du Nord, sans bruit, sans secousses, mais avec la lenteur, avec la sûreté implacable de la lave qui coule du cratère et qui

s’'avance vers les campagnes.

Le Canada français représente la seule grande, nous pourrions dire la seule espérance de la France américaine.

Presque toujours l'Américain, sans idées générales, sans horizon politique, ne voit rien au-delà de l’heure présente et de l'effet apparent. li se figure que l'Amérique est à lui, parce que la dénomination d’Etats-Unis occupe sur la carte un immense territoire ; maïs il n’a pas conscience du travail ethnographique qui se fait en lui et en dehors de lui.

Quel but peuvent se proposer tous les Français restés patriotes dans le Nouveau-Monde ? Quelle ambition peut les animer dans l'exil ? sinon celle qui a fait battre les cœurs de tous les expatriés, dans tous les pays, à savoir, de se créer, sous les horizons lointains, ,une image aussi réelle que possible de la patrie absente, d’y transporter la langue, véhicule de toute la

pensée, de tous les sentiments ; la langue, lien mystérieux conservé avec les ancêtres disparus, lien des âmes à travers les âges ; la langue entraînant avec elle les traditions, la force

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