‹ Notes pour servir à l'histoire de l'Englise française de Strasbourg, 1538-1794Chapitre 22 sur 63 · Calvin à M. de Falais, avril 1546 {0pp. X · texte numérisé non relu

Calvin à M. de Falais, avril 1546 {0pp. X

5. Rœhrich {Reform. des Elss., II, 208), d'après le Journal inédit de Fagius.

4. En tout cas il n'a pu être le successeur de Calvin à Strasbourg, comme l'a cru M. Douen {op. cit., l, p. 542), s'appuyant sur une donnée des éditeurs de Calvin (Opp. VI, p. XV), qui n'était point correcte, et dont les preuves font, actuellement du moins, absolument défaut. Nous ne voulons pas catégoriquement nier qu'il ait pu soigner en notre ville la réimpression du psautier de 1542, mais la chose nous parait peu probable et l'argument tiré d'une prétendue lettre d'Alexandre, du 25 mai 1542, n'est point confirmé par le texte des procès-verbaux officiels (XXI, 25 mars 1542).

pitalière cité rhénane, appelé par le gouvernement de la cité. Il y arriva le 25 mai 1554, et le 28 mai suivant les délégués du Magistrat, Mathieu Pfarrer, Frédéric de Gottesheim et Jean Marbacb, conférèrent avec lui à môtel-de-Ville. On lui annonça que les Conseils songeaient à satisfaire au vœu de la paroisse française en congédiant Garnier, qu'on avait jeté les yeux sur lui et qu'il devait ne point accepter de position ailleurs, mais attendre à Wesel rappel oiflciel du Magistrat. Il s'engagea de son côté à enseigner selon la Confession d'AugSbourg et à vivre en bonne harmonie avec ses futurs collègues, se réservant seulement de retourner à Canterbury, où il jouissait d'une prébende de chanoine, si jamais les circonstances redevenaient propices. Le Magistrat, en le congédiant pour cette fois, lui donna douze écus pour payer son voyage ^ Garnier ne songeait nullement à quitter alors et Alexandre lui-même ne voulait sans doute pas occuper de haute lutte une position qu'il estimait devoir lui être offerte du consentement de tous^. Il se rendit donc au pays de Montbéliard, après avoir séjourné peu de temps seulement à Strasbourg. Sa présence, dont le motif ne pouvait rester entièrement inconnu, n'en provoqua pas moins quelque agitation dans la paroisse française et surtout dans l'esprit de Garnier'.

i. Diarium MarhachiU fol. 161.

2. Le magistrat n'avait pas d'ailleurs l'intention de violenter la paroisse ; il déclara seulement que les anciens devaient se mettre en relation avec Alexandre {0pp. Calvini, XV, 663).

5. Alexandre se plaignit au Magistrat d'avoir été formellement dénoncé par Garnier aux églises de Montbéliard pour ce motif. Mémorial der XXI, 9 févr. 1555. Calvin lui-même reprocha sévèrement cette conduite à Garnier. Calvinus Garniero, s. dat. (avril-mai 1555. 0pp. XV, 657).

A son défaut, l'Eglise réformée se trouva momentanément en présence d'un conducteur qu*elle n'avait point demandé. Il est assez difficile d'apprécier la conduite de ce nouveau-venu, parce que nous n'avons sur son compte que le témoignage de ses adversaires, quMI serait imprudent de croire partout sur parole. Lors du départ de Calvin en 1541, Mélanchthon avait proposé au Magistrat de Strasbourg de le remplacer comme professeur par un ancien prieur des Carmélites de Bourges, Pierre Bouquina Ce personnage n'occupa que peu de temps la chaire en question, il quitta même la ville, mais il y revint, soit en 1 555, soit plus tôt déjà, et trouva parmi les fidèles de notre paroisse un certain nombre d'adhérents, au milieu du <chaos» qui suivit la déposition de Garnier. Si nous en croyions ce dernier, tous les hommes pieux auraient abandonné le temple depuis le moment où le jugement fut prononcé contre lui. «On ne voit plus dans cette Babylone ni Pierre Martyr, ni Zanchi, ni les anciens de l'église, ni les diacres, ni aucun autre honnête homme. Nos adversaires seuls s'y rendent. Loquet reste encore à son poste, mais il nous suivra bientôt, et c'est tout ce qu'il souhaite'.» Le fait est que nous devons considérer Bouquin comme un intrus, puisque nous apprenons par un document officiel que les anciens de la paroisse se refusaient à partager la Cène avec lui ^. Nous pourrions même supposer

i. On trouve aussi la forme Boucquet ou Boquet dans quelques auteurs modernes, mais Bouquin nous a semblé traduire plus correctement la forme latine Boquinus, constamment employée par nos sources.

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