‹ Notes pour servir à l'histoire de l'Englise française de Strasbourg, 1538-1794Chapitre 27 sur 63 · Bergerius Calvino, 5 Id. Oct. iî)î)5 (^Opp. XV · texte numérisé non relu

Bergerius Calvino, 5 Id. Oct. iî)î)5 (^Opp. XV

2. Encore le ^25 mars 1S56 F. Hotman écrivait à Calvin : nEcclesiola nostra hahet duos optimos ministrosu {Opp . XV, 83) .

3. Vermiglius 23 sept. 1555 (Opp. XV, 788). 11 écrivait encore à Calvin le 8 décembre : nNostra ecclesiola poHus est sedata quam tranquilla... neque aliunde timendum est nisi ab iisdem qui tragœdiœ Garneriœ choragi fueruntu {Opp . XV, 885) .

pagne contre les paroisses réformées françaises de leurs cités respectives. Ce n'est pas sans raison que les savants éditeurs de Calvin ont flétri ce factura par rintitulé même sous lequel ils Tout publié dans leur recueil ; il nous donne, en effet, une bien triste opinion de Fhomme qui pouvait entreprendre une pareille croisade à la plus grande gloire de Dieu. Attaques incessantes de la part des ecclésiastiques «fidèles», appel au bras séculier, excitation même des plus mauvaises passions de la foule à laquelle on représentera que cette invasion de Français peut lui faire perdre son gagne-pain, rien ne manque à cette stratégie cléricale savamment organisée par le chef accrédité du luthéranisme à Strasbourg ^

Pour le moment cependant, le Magistrat était trop désireux de conserver une paix si difficilement obtenue pour qu'il parût prudent de rouvrir les hostilités, et le nouveau ministre put se vouer tout entier à la réorganisation de sa paroisse. C'est à peine si nous pouvons relever quelques détails isolés pour les années suivantes. Nous apprenons à connaître, par une des lettres d'Alexandre à Calvin, l'innovation qu'il introduisit vers cette époque dans la liturgie de l'Eglise. Il entremêlait les phrases françaises de périodes latines, non par «attachement au papisme», mais parce qu'il comptait parmi ses auditeurs plusieurs seigneurs anglais momentanément fixés à Strasbourg et qui ne pouvaient suivre une prière française. C'est à leur demande, ainsi qu'à celle de plusieurs membres des Conseils de la république^ qu'il se permit cet écart des formes

i. Marbachius Beyero, 48 sept. 4555 (0pp. XV, 767).

teur; de pareils aniis se rencontrent toujours. Ce mémeHotman, qui deux ans auparavant voyait en Alexandre un prédicateurd'élite , s'empressa de raconter tout au long les propos du ministre strasbourgeois à Calvin, et le célèbre écrivain ajoutait en matière de conclusion morale : «Tu peux voir par là quelle espèce d'homme est notre Carmélite, quel il a toujours été et quel il sera toujours ^i» S*il était permis d'employer en pareille matière une comparaison aussi profane, nous dirions que la lune de miel de son ministère était bien et dûment terminée pour le pauvre Alexandre. Ce ne fut bientôt dans la paroisse qu'un cri général contre sa «turbulence», et le mécontement se trahit, d'après un témoin, jusque dans l'enceinte sacrée'. Le prédicateur si subitement tombé en disgrâce, n'essaya pas de lutter contre l'opinion publique au sein de sa com* munauté; quatre ans après son arrivée dans nos murs, nous le voyons quitter Strasbourg pour n'y plus revenir^. Il nous est impossible de fixer d'une manière plus précise la date de son départ. Âttendit-il la venue de son successeur Houbray, qu'il devait connaître, ou bien son départ eut-il lieu bientôt après les scènes tumultueuses mentionnées par Hotman? Nous ne saurions le dire. Le second

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