‹ Notes pour servir à l'histoire de la musique à LilleChapitre 4 sur 9 · Compte de 1688, f° 232 v · texte numérisé non relu

Compte de 1688, f° 232 v

5. « Au nommé Üève, musicien en cette ville, la somme de quarante-huit florins pour avoir composé la musique de l’opéra présenté à mondit sgr le jour de son arrivée (15 février). ((Compte de 1605). » — Alphonse d’Eve, né à Courtrai vers le milieu du XVlIe siècle, fit ses études musicales daus sa ville natale. Après avoir

On célébrait de même façon tous les événements heureux ; symphonistes et musiciens étaient recrutés par le concierge de l’iiôtel de ville, Pierre De Langre, à qui incombait la partie matérielle des fêtes L

A De Langre succéda Pierre Oaritte, garde-meuble de l’hôtel du Gouvernement, c’est à lui que revint le soin de réunir l'élément musical nécessaire * 1 2 . Musicien lui-même, Caritte était un novateur : le 31 octobre 1713 il fit valoir, à l’appui d'une demande d’exemption d'impôt, les services qu’il avait rendus « autant par ses talents sur les instruments de musique, qui luy ont procuré l’avantage de contribuer à vos plaisirs, Messgrs, en différentes occasions, avec celuy d’avoir insi nué la méthode française a la pluspart de ce qu’il y a de meill eurs

été ordonné prêtre, il dirigea le chœur de l’église Saint-Martin et obtint, en 1718, la place de maître de chapelle de Notre-Dame à Anvers. Il est l’auteur d’assez nombreuses compositions religieuses (Fétis, Biographie universelle des musiciens).

1. « A Pierre De Langre, conchierge à Ihostel de ville, la somme de xxiv florins, qu’il a païé par ordre de Messrs du Magistrat, le 8 de jullet 1684, à Loiselet et ses camarades joueurs de violou pour avoir joué de leurs instrumens pendant les feux des resiouissances faictes au suiet de la prise de Luxembourg.» (Compte de 1684). — « A Pierre De Langre, concierge, 495 florins 17 patars pour frais par luy exposés au sujet du bal donné à l’hôtel de ville (15 février 1694)... A Ferdinaud Le Petit, musicien en cette ville, la somme de 38 florins qu’il a païé à ceux qui ont chanté le concert de musicque en lhonneur de mondit seigueur lors de son arrivée (18 février)... A Pierre Caritte, 48 florins, quil a païé aux instrumens et violons qui ont joué pendant le concert de musicque et au bal fait lors de l’arrivée de inondit seigueur (22 février)... A Elisabeth-Angélique Courouwanne, C florins pour avoir fait tendre de drap verd le théâtre des joueurs d’instrumens au festin de l’arrivée du maréchal de Boufflers [12 décembre]... (Compte de 1694). — « Aux joueurs d’instrumens de cette ville, 13 florins 10 patars pour avoir joué pendant les réjouissances de l’entrée de mondit seigneur. » (Compte de 1095). — « Aux joueurs d’instrumens, violons, etc., la somme de 72 florins pour avoir chanté et joué au concert et bal fait dans Ihostel de ville pour les réjouissances de la naissance du fils de Monseigneur le Maréchal. » (Compte de 1697). — « A Pierre De Langre, concierge, la somme de 1639 florins 1 patar 6 deniers pour se rembourser de pareils frais qu’il a exposés au faict de la reiouissance d’un bal et collation donués aux dames les plus qualifiées de ceste ville [en y comprenant les femmes des magistrats], à la naissance d’un fils de Monseigneur le Maréchal de Boufflers. (22 décembre 1696)... (Compte de 1697 et Reg. aux Résolutions, n° 15*, f° 307.) — « A Pierre De Langre, 1907 florins, 13 patars, 9 den., frais de bal et collation faits a Ihostel de ville le dimanche 15 décembre 1697, a raison de la paix générale [traité de Ryswyck], où sont venus Monseigneur et Madame de Boufflers et autres dames. t> (Compte de 1698).

2. « A Pierre Caritte, la somme de 30 florins pour frais par luy exposés aux joueurs d’instrumens extraordinaires, le jour de la réjouissance pour la naissance de Monseigneur le duc de Bretagne. » (Compte de 1704, f° 368.) — « Au même, la somme de 36 florins pour la simphonie faicte par. ordre de Mrs du magistrat à deux repas que Monseigneur le maréchal de Boufflers a pris à Ihostel de ville à la Toussaint 1705. » (Compte de 170G, f° 279.) — « Au même, la somme de 100 florins qui lui ont été paies pour estre distribués aux hautbois et violons qui ont joué de leurs instrumens au bal faict à Ihostel de ville le 5 novembre 1728. » (Compte de 1729).

simphonistes en ceste ville, qu’il a fait conférer dans une salle de l’hostel de ville pendant plusieurs années L »

Donc, en 1688, quelques musiciens, sur les conseils de Caritte très vraisemblablement, s’associèrent pour fonder un « concert » ou académie; ils s’offrirent bientôt pour remplacer ceux de la ville, dont les services laissaient à désirer. Le magistrat prit le 3 janvier 1689 «la Loy assemblée» la résolution de remercier Arthur Loiselet, Etienne Duriet, Hippolyte Le Rouge, Toussaint Gatelain et de subroger d’autres à leur place 1 2 3 .

Le 18 mars suivant, nouvelle décision ratifiant la première \ « ce à cause que ceux du Concert estoient beaucoup plus capables et qu’ils offraient de rendre les mêmes services. » Il semble qu’on traita avec eux, pour cet office, à forfait et moyennant une somme fixe de 227 florins.

Le 24 du même mois fut prise la résolution suivante :

Moyennant les 227 florins qui sont affectez au Concert par Messieurs de la ville ceux du Concert qui participeront à ceste somme seront obligez de faire ce à quoi cette somme est destinée, savoir : jouer des sérénades aux portes de Mrs la veille du jour de l’an ; jouer le jour du Vénérable ; jouer la veille de la procession ;

jouer le jour de la procession devant la flerte de Notre-Dame de la Treille pendant ladite procession ; jouer tous les jours de la foire à l’hostel de ville ; jouer le jour de la Toussaint pendant la messe de Messieurs ; jouer les veilles des cinq grandes testes de l'année, y compris l'Assomption, comme de coutume, à l'hostel de ville.

Reg. aux Résolutions, n° 14, f°* ‘207-208.

Le magistrat ayant omis de spécifier la présence obligatoire des musiciens à la procession dite de la Sainte-Chandelle, ceux-ci refusèrent le service. Il leur fut immédiatement rappelé que la subrogation aux joueurs d’instruments comprenait tous les anciens usages, sans exception, et pour qu’ils n’en ignorent, on leur ordonna immédiatement de se rendre à ladite procession 4 .

Sans en donner la raison, les commissaires au renouvellement de la loi décident, le 21 février 1701, que dorénavant

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