DISTRICT DE SAINT-FARGEAU
Canton de Saint-Fargeau
Ce canton comprenait : Saint-Fargeau, Lat^au, Ronchères et Sa in t' Martin- des- Cha mps.
En Tan IV, tous les prêtres du canton se sont mis en règle avec Tautorilé ecclésiastique légitime.
Saint-Fargeau. — Ont prêté serment : Pierre Bernard, curé, Jean-Ange Cornille, ex-chanoine, Jacques-Edme Morelle, sousdiacre, prieur de Saint- Victor de la Motte, diocèse de Fréjus, et Nicolas Morache, vicaire. Bernard fut maintenu à Saint-Fargeau en 1803.
Le 21 germinal IV on écrit de Saint-Fargeau que «depuis quinze jours les oreilles du patriotisme ne sont plus frappées des sons du fanatisme. » Des mesures avaient été |)rises, au nom de la liberté, contre les prosélytes qui s'obstinaient à sonner.
Lavau. — Legendre, assermenté.
Je trouve aussi un César la Perrière, qui aurait fait, comme curé de Lavau, les déclarations exigées par la loi.
Le 13 frimaire V, la commune de Lavau est signalée comme sonnant les cloches pour convoquer au culte. (P. R.)
Ronchères. — Vée, assermenté, est encore curé en 1803,
Boisseau. (V. Tannerre.)
Saint-Martin. -^ Chéron, curé, et Deplet, vicaire, assermentés Plus tard, Jean-François Pautrat fait les déclarations voulues pour exercer le culte à Saint-Martin.
Une lettre du commissaire du directoire à Saint-Fargeau signale la commune de Saint-Martin, parce qu'on sonne les cloches. Les habitants refusent d'enlever les cioix; la gendarmerie prête mainforte à ragent qui est chargé do cette besogne. (13 frimaire V.) (P. R.)
Canton de Bléneau
Ce canton comprenait : Bléneau, Champceorais, Rogny et Saint' Privé
Bléneau. — Louis-Gabriel Ganne, né le 11 juin 1745 à Illiers, diocèse de Chartres. D'abord assermenté, il est honoré plus tard des rigueurs de Padministration. Condamné à la déportation le 14 brumaire Vil, il reste à l'Ile de Ré du 26 décembre 1798 au 23 juillet 1800. En 1803, on le retrouve curé de Bléneau, où il meurt le 1 ' avril 1808.
Careau, vicaire assermenté. (V. Chevannes).
Un nommé Laroche, prêtre Irappé de déportation et détenu à
Auxerre, demande, en Tan VIII, à jouirjdu bénéfice de l'arrêté des consuls. Il présente, pour justifier ses serments un certificat délivré par la commune de Blérieau. Le déparlement arrête qu'il sera mis en liberté et qu*un passeport lui sera délivré pour Toul, où il veut se retirer. (Dép.)
Le 13 frimaire V, le commissaire du Directoire à Saint-Fargeau, dénonce le Clinton de Biéneau comme conservant les croix et faisant sonner TAngelus et le catéchisme. (P. R.)
Champcbvrais. — Lanier, assermenté. Peut-être a-t-il rétracté, car en 1792, il est remplacé par Deplaye.
RoGNY — Brideron, assermenté.
Saint- Privé. — Ëdme La voilée, né à Mézilles, curé^ et Pacault, vicaire, assermentés. LavoUée ayant désavoué ses serments, est condamné à la déportation le 14 brumaire VII. Parti de Dammartin le 4 nivôse Vil, il est écroué à Auxerre le 17 ventôse et envoyé le 19 germinal à Tîle de Ré. ^''Dép.) Il y reste jusqu'au 5 janvier 1800. En 1803, il redevient curé de Saint-Privé.
Le 13 frimaire V, la commune de Saint -Privé est signalée comme sonnant journellement TAn^elus et le catéchisme. (R. P.)
Canton de Ghampignelles
Ce canton comprenait : Ghampignelles, Granchamps^ LouesmCy Saint Denis -sur-'Ouanne. Villeneuce-les-Genêts
Champignblles. — Masson, curé, et Marchai, vicaire, assermentés.
Grandchamps— Charles-Nicolas Baltus, assermenté le 30 janvier 1791. Le curé était loin d'accepter les nouvelles lois sans protestation. Aussi dès le mois d'avril 1791, la municipalité le dénonce au département. On lui reproche : de ne pas vouloir dire la messe aux heures indiquées par la municipalité; de se refuser à lire au prône les décrets de TAssemblée nationale et les délibérations de l'administration ; de n'avoir prêté serment qu'avec toutes sortes d'explications et de restrictions ; enfin d'offrir de l'eau bénite aux ci-devant soigneurs.
Le directoire larrête que la municipalité et le curé de Grandchamp soient rappelés « aux sentiments de paix et d'union dont ils doivent être animés pour concourir efficacement au bien public. » (Dép. 30 avril 1791.)
Jean Baptiste Hébert, vicaire, prête le serment à la constitution civile le 3^ janvier 1791, celui de liberté, le il septembre 1792, celui de souveraineté du peuple, le i5 brumaire IV, puis devient ministre du culte à Sergines où il est, en Tan VII, condamné à la déportation.
LouESME. — Bertrand, assermenté.
Saint-Denis. — Iiavoliée, assermenté.
Villeneuve. — Coûtant, assermenté. Maintenu en 1803.
Canton de Druyes
Ce canton comprenait : Druyes, Andryes, FontenailleS' près ' C ourson, Moles mes et Taingy
Druyes. — Jean-Benoit Lafournière , assermenté le 9 février 1791, fait le serment de liberté le 18 septembre 1792. Sans doute il rétracte bientôt ses serments, car au mois de septembre 1793, il est dans la maison d'arrêt d'Auxerre et quelques semaines plus tard le 27 brumaire II, il est condamné à la réclusion par le tribunal criminel. (Uislr. Aux. et Ad***^ com**» de Druyes. Il reste dans la maison de réclusion d'Auxerre jusqu'en messidor III.
Rendu à la liberté, il retourne au milieu de ses paroissiens qui reprennent aoec empressement le libre exercice du culte catholique ; et sur sa demande le département lui fait remettre deux missels et des livres de chant qui ont appartenu à Téglise de Druyes. (Thermidor III.) ^P. R.)
Le 2 brumaire IV, il fait le serment de souveraineté du peuple et le 30 ventôse la déclaration nécessaire pour exercer le culle, et cela à la demande de la très grande majorité des habitants. Néanmoins sa déclaration t)arut tardive, et comme il avait exercé le culte avant de la faire, il fut de nouveau poursuivi devant les tribunaux. (Dép. 13 prairial IV.) On ne s'aperçut qu'ensuite que, s'il n'avait pas fait les démarches exigées par la loi de prairial III, c'est qu'alors il était en réclusion.
En présence du serment de haine à la royauté exigé en l'an V, la conscience de Lafournière se révolte de nouveau, et, le premier jour complémentaire V, pour se soustraire à toutes ces exigences des lois, il fait la déclaration suivante : « Je cesseray après vespres toutes fonctions de ministre du cuite catholique et avertis l'administration que je ne me regarde plus comme tel ny dans cette commune ny dans aucune autre. » Aussitôt les persécutions recommencent contre lui. Le 8 brumaire VI, l'administration cantonale écrit au département que Lafournière a refusé de prêter serment ; que, déconcerté par la découverte de la conspiration du 18 fructidor et décidé à suivre le parti royaliste, il est parti dans son pays à Châlon. Plus tard on recommande de surveillerez^ indioidu où il se fixera. (P. R.)
Lafournière fut condamné à la déportation le 14 brumaire VIL
Au départ de Lafournière, Claude-Nicolas Portrait vient dé-
clurep qtt*il choisit le temple de Druyes pour exercer le culte, et fait le serment de Tan V. (6 frimaire VI). D'où était-il ? Le 15 messidor VI, il demande un passeport pour aller à Nevers pour ses affaires. Peut être était-ce son pays. {Xd^^ c*^® Druyes).
Andryes. — Simon- Pierre Nespoulous, curé ôt maire, assermenté ie ?8 janvier 179!, fait, le t7 septembre 1792, le serment de liberté.
A la un de 1793, on fait des promesses à ceux qui déposeront leurs lettres de prêtrise. Nespoulous a la faiblesse de les remettre. Mais, dès le 3 brumaire iV, il exprime son repentir et déclare qu'il est affligé de s'en être privé; que sa conscience lui représente ces lettres comme un objet sacré dont le but est de lui rappeler ses devoirs religieux. Pour ces raisons, il adresse au département une pétition pour dertiander à ce qu'on lui rende ces lettres.
Considérant qu'aucune loi n'a reconnu Texistence de ces lettres ni ordonné leur dépôt, le directoire décide que Tadministration n'a pas à s'occuper de cette question. (Dép.)
Nespoulous prête le ^serment de l'an V, le 3® jour complémentaire. P. R.)
Etais. — Lajard, assermenté le 4 février 1791, fait le 23 septembre 1792, le serment de liberté.
Nicolas-Edme Rafieau fait les mêmes serments. Le 13 prairial IV il est inquiété pour avoir exercer le culte avant d'avoir fait la déclaration prescrite par la loi du 7 vendémiaire.
Raffeau prête le serment de Tan V. Aicette époque il était em ployé au bureau de l'enregistrement.
En 18u3, il devient curé d'Etais.
FoNTENAiLLES. — Fériarquo, assermenté.
MoLBSMES. — Vichard, assermenté.
Edme-Pierre Pajon, ministre du culte fait, le 14 floréal V, la déclaration pour exercer ie culte dans l'église de Molesmes, et le 15 germinal VI, pour l'exercer à Fontenailles.
Jacques Pajon, né à Vierzon, ancien bernardin de Reigny, prêtre résidant à Molesmes, y fait le serment de Tan V, le 3* jour complémentaire.
Il est condamné à la déportation le 12 prairial VI, à l'âge de cinquante-deux ans. Il reste à File de Ré du 2 août 1798 au 5 avril
Les deux Pajon ne sont ils qu'un seul et même personnage ? Dans ce cas il y aurait erreur de, prénoms dans une des pièces que j'ai consultées.
Pajon, religieux de Reigny, aurait résidé quelque temps à Arcy et à Villiers-la-Grange. (P. R.)
Le 18 floréal IV, Charles Fouinât, demeurant à Courson, est ap* pelé par les habitants de Molesmes pour exercer le culte dans l'église Notre-Dame dudit lieu. (Ad®" c*^« de Druycs.)
Est-ce ce Charles Fouinât qui, résidant à Tonnerre, fut condamné à la déportation en i'an Vil ? (V. Tonnerre.)
Taingy. — François Giilet assermenté, a sans doute rétracte, car le 9 nivôse II, la municipalité lui refuse un certificat de civisme. Giilet et ses adhérents sont, à cette occasion, dénoncés comme perturbateurs à Taccusaleur public. (Dép).
Condamné à la déportation le 4 ventôse VIL
A l'article Charbuy, j'ai identifié â tort, d'après une note de M. Quantin, Giilet, de Charbuy, et Giilet, de Taingy.
François-Nicolas Giilet est autorisé, le 15 nivôse VI, à exercer le culte à Charbuy. Mais dès le 8 prairial VI on le trouble dans l'exercice de ses fonctions. Il est condamné à la déportation le 14 brumaire VII, quatre mois avant Giilet de Taingy, et le 5 frimaire on fait apposer les scellés sur ses meubles. (Ad^*'^ c^* de Saint- Georges.)
Etienne Pastoris, né à Lyon vers 1748, génpvéfin, prieur-curé de Saint-Ambroise de Meiun, assermenté le 23 janvier 1791 à Melun, où il prête encore, le 15 août 1792, le serment de liberté. Il rétracte sans doute bientôt son serment, car en 1793 il est détenu à Sens et n'est mis en liberté que le 20 frimaire III, sur avis favorable du conseil général et du district de Sens, et on lui délivre un certificat de civisme.
En prairial III, il est appelé pour exercer le culte à Toucy où il fait. serment de soumission aux lois, puis, en Tan IV, serment de souveraineté du peuple, en faisant, avec plusieurs citoyens, la déclaration nécessaire pour faire les offices dans l'église paroissiale. (P. R. et Ado^ c*»« de Toucy.)
Il passe ensuite à Taingy, où il prête le serment de l'an V. Son zèle lui mérita cependant d^être condamné à la déportation le 14 brumaire VII. Il s'était soustrait aux recherches de la justice; mats il finit par être arrêté et conduit à la prison d'Auxerre le 20 floréal seulement. L'écrou fut levé le 27 prairial et il partit pour Tîle de Ré, où il resta du 23 juillet 1799 au 10 janvier 18u0. Rendu à la liberté, il se retira à Auxerre. (P. R; et écrou Aux.)
Pastoris fut, je crois, le dernier prêtre du département envoyé à nie de Ré
Canton de Mézilles
Ce canton comprenait : Mézilles, Fontaines, Septfonds et Tannerre.
Le 13 frimaire V, le commissaire du directoire à Saint-Fargeau dénonce le canton de Mézilles comme conservant les croix et faisant sonner l'angelus et le catéchisme. (P. R.)
Mézilles. — Delaporte, curé, et Thouan, vicaire, assermentés.
Fontaines. — Oudelin, qui est indiqué dans Talmanach de Sens pour 1791, a dû disparaître avant la loi du serment, car le prêtre qui est cité comme curé de Fontaines dans la liste des assermentés, se nomme Cuny François.
En 1793, Cuny est dénoncé par le maire et emmené par la gendarmerie. Il avait alors 60 ans. Devant le Directoire (12 avril), on lui reproche d'avoir mal parlé de la Convention. La loi accordait des secours aux parents des soldats morts pour la patrie. Or le curé aurait dit, en parlant d'une femme dont le fils était mort sous -les drapeaux : « Ah! la pauvre femme, elle n'aura rien. Ils promettent plus de beurre que de pain. » Et le voilà traduit devant le tribunal révolutionnaire (20 mai 1793^, Cuny affirme qu'il n'a pas tenu ce propos ; les habitants de Fontaines attestent son civisme et il est rendu à ses paroissiens. ^Dép.) (V. Wallon, Hist, du trib. réooL, t. I, p. 130.)
Sans doute le maire avait du ressentiment contre le curé qui, ayant à faire un baptême, s'était plaint de ce que lo maire avait refusé de suspendre une assemblée tenue dans l'église. Le curé faillit payer de sa tête ses observations biens justifiées. (Dép.)
Le 2 nivôse II, Cuny est traduit de nouveau pour incivisme devant le tribunal révolutionnaire. Il se dérobe aux recherches et les scellés sont mis sur ses meubles.. (Dép.)
François Auvray, né à Saint-Hilaire du Harcouet (Manche^, probablement ex-curé de Dracy, est à Fontaines en l'an IV. Le 11 prairial IV, le ministre de la police générale envoie au département une lettre datée de Fontaines, le 21 avril 1796, signée Auvray, au citoyen Desboizard à Montebouvg, par Carenton. De cette lettre il résulte qu'Auvrayest un ^réire réfractaire qui exerce le culte à Fontaines, que plusieurs grands vicaires et autres insoumis sont cachés dans le pays, que tous ensemble ils emploient les armes du fanatisme et de la superstition pour tâcher d'opérer la contre-révolution dans les campagnes. On ordonne l'arrestation d' Auvray qui sera poursuivi devant le tribunal criminel. (Dép.)
Il est condamné à la déportation le 14 pluviôàe VI et envoyé à l'île de Ré, où il reste du 7 août 1798 au 6 mars 1800. Il est curé de Dracy en 1803 et, en 1810, de Fontaines, où il meurt vers 1814.
Septfonds. — Beaufils, assermenté. Il rétracte bientôt son serment et s'enfuit. Le 11 octobre 1792, le département déclare vacante la cure de Septfonds. (Dép.) Beaufils est remplacé par Maréchal.
Tannbrre. — Charpillon, assermenté.
Edme-Mathurin Boisseau, né k Saint-Martin-des-Champs, prête serment comme curé de Ronchôres, puis vient comme ministre du culte à Tannerre. Condamné à la déportation le 22 frimaire VII, il est écroué à Auxerre du 20 au 24 nivôse, puis envoyé à llle de Ré, où il reste du 22 février 1799 au 4 février 1800.
Canton de Saint-Sauveur
Ce canton comprenait : Saint - Sauceur, Fontenoy, Lalande, Moutiers, Sainte- Colombe et Saints.
Saint-Sauveur. — Charles-Léonard Guillaumeaui^, né le 29 novembre 1745, curé, et Tulout, vicaire, assermentés, Le 8 messidor VI, Guillaumeaux, curé et secrétaire de la municipalité, est dénoncé par ragent municipalau département, qui décide que le curé videra le presbytère et sera remplacé. (Dép.* 11 fri|ctidor VI.)
Le 26 ventôse VII, Guillaumaux est condamné à la déportation. En conséquence, le 7 germinal, les gendarmes se transportent à Saint- Sauveur pour Tarrôter. Mais un attroupement d'environ quatrevingts personnes, conduit par le citoyen Boisseau, cherche à les empêcher d'emmener leur prisonnier. On les frappe à coups de sabots et on les accable d'une grêle de pierres. Us dressent procèsverbal, et le 9 germinal le département dénonce le f^it au tribunal criminel et envoie douze hommes de la force armée à Saint-Sauveur jusqu'à nouvel ordre. (Dép.)
Envoyé à l'île de Ré le 15 germinal, il y arrive le 7 mai 1799 et y reste jusqu'en janvier 1800. A. son retour, il se retire à Seignelay pendant quelque temps (P. R.), puis redevient curé de Saint-Sauveur, où il meurt le 24 juillet 1806.
En Tan V la commune de Saint-Sauveur était signalée comme sonnant les cloches. (P. R.)
Tulout. (V. Chastenay.)
Fontenoy. — Mutelé, assermenté.
Lalande. — Pallais, assermenté, meurt en 1791, et est remplacé par Antoine Chabau.
Moutiers. — Roussel, assermenté.
Sainte-Colombe. — Debèze, assermenté. En l'an VI, l'agent municipal de Saint-Sauveur signale Debèze, ministre du culte et adjoint municipale Sainte Colombe, qui fait sonner les cloches pour les orages, et exerce une influence dangereuse sur l'administration
municipale. Le 12 messidor VI, le département, en présence de si graves accusations, déclare que ce prêtre n'est qu*un intrus dangereux et qu'il sera destitué. (P. R.) Maintenu à Sainte-Colombe en
Saints. — Emilien Philippeaux, né à Dijon, assermenté. En Pan III, il est dénoncé pour être sorti de l'église revêtu d'habits sacerdotaux pour une procession. Le département^ clément pour une fois, juge, le 21 prairial, que le curé a agi ainsi par fausse interprétation de la loi du 3 ventôse. (Dép.)
Condamné à la déportation le 28 messidor VI, il reste à l'île de Ré du 8 septembre 1798 au 9 février 1800.
A son retour, il se retire quelque temps à Jaulges (P. R.); puis revenu à Saints, il y meurt vers 1810.
Canton de Thury
Ce canton comprenait : Thury, Lain, Lainsecq et Sougères,
Thury. — Mariette, curé, et JoKy, -vicaire, assermentés. (V. dép. 16 avril 1791.)
Un prêtre, nommé Rousseau, faisait fonction d'instituteur en 1701. Comme prêtre, il prête serment le 2 janvier. Le 27 nivôse VII, Tadministration c^^ de Thury suspend Rousseau de ses fonctions d'instituteur et demande sa destitution. On lui reproche d'avoir fc occasionné du scandale en se présentant revêtu d'habit de prêtre dans le lieu des assemblées décadaires et d'y avoir troublé l'ordre et causé du tumulte par ses propos et gestes. D'ailleurs, il inculque à ses élèves tous les préjugés du fanatisme. » (Ad<"^ c^® de Thury.)
Et c'est avec de telles accusations qu'on envoyait les prêtres à l'échafaudl
Lain. — Gaudet, assermenté.
Lors de la vente du presbytère, il fallut envoyer des gendarmes pour mettre l'acquéreur en possession. (P. R.)
Lainsecq. — Duc, assermenté. (V. Che vannes.)
SouGÈRES. — Nir».olas Rolland, assermenté, ' ainsi que Dufeu, vicaire, ci-devant religieux augustin.
• En germinal VII, le commissaire du pouvoir exécutif à Thury signale, dans son arrondissement, « un seul individu dont la conduite et l'influence ont nui singulièrement aux progrès de l'esprit public de la commune qu'il habite et de celles environnantes, par les relations que son état de prêtre et son zèle vraiment fanatique lui avaient fait obtenir : c'est le nommé, Nicolas Rolland, ministre du culte catholique à Sougères, lequel, quoiqu'il ait prêté tous les serments exigés, n'a jamais pu se familiariser avec les principes
républicains. Il a, lors du passage de Mailhe, manifestement fomenté et dirigé des mouvements populaire» et attroupements séditieux dirigés contre ceux qui n'étaient pas de son parti et contre les autorités constituées. Son influence est pernicieuse dans la commune. » (P. RJ Celte lettre est remarquable par le vague des accusations qu elle contient.
Maintenu à Sougéres en 1803.
GantoB de Treigny
Ce canton comprenait : Treigny^ Ferreuse et Sainpuits
Treigny. — Jean-Joachim Chabrol, curé, et Level, vicaire, assermentés.
Le l*' nivôse VIII, le ministre de la police générale faisait, sur la situation à Treigny, le rapport suivant : « Au mois de messidor dernier (VI), un attroupement considérable s'est porté au domicile du commissaire du directoire pour lui dire que le peuple ne voulait pas des fêtes décadaires et qu'il tenait à célébrer les dimanches et fêtes de l'ancien calendrier. Chabrol îivait conseillé ce rassemblement; mais c'est le nommé André Hubert qui en a pressé et organisé Texécution. 11 alimente le fanatisme dans la commune par toutes sortes de moyens ; il prête des sommes d'argent au ministre et achète des ornements (!!!) Les fauteurs ont été punis par la police judiciaire et le ministre du culte a été condamné à la déportation. » (P. R.)
Chabrol avait été, en effet, condamné le 4 vendémiaire VII pour refus d'obéissance aux lois. Ses biens furent mis sous séquestre le 11 frimaire VII et amodiés le 1<" ventôse parce qu'il s'était soustrait aux mesures prises contre lui. (Ad°^ c*^« de Treigny.) Le 20 frimaire VIII, il demande à jouir de l'arrêté des consuls, et le 8 nivôse le département le relève de la déportation. Le 14, Cha^brol exprime le désir de reprendre ses fonctions de ministre du culte et prête serment à la constitution de Tan VIII. (Dép.)
Perrbuse. — Bourlier, assermenté.
Sainpuits. — Parmentelot, assermenté. Il était aussi titulaire de la chapelle de Palguey, paroisse de Vaxoncourt (Vosges). t
h03 DISTRICT D'AVALLON
Les listes de prestation de serment conservées aux archives de l'Yonne signalent comme ayant refusé ce serment : Maillard, curé de Saint- Pierre d'A vallon, et Moreau, son vicaire, Antoine Baudoin, curé de Lucy le- Bois, et Baudoin jeune, son vicaire, Gros, curé de Dissangis, ;Chanlon, curé de Thisy, et Bégon , curé de Quarré.
Comme dans les autres districts, beaucoup de curés ne l'avaient prêté qu'avec restriction, ou llont promptement rétracté. Il est facile de s'en convaincre en lisant l'excellent olivrage de M. l'abbé Gally : Notices sur les prêtres ei religieux de l'ancien archidiaconé d'Aeallony insermentés et persécutés pendant la Résolution.
Canton d'Avullon
Ce canton comprenait : Aoallon, Etaules, Magny et Sauoigny'le^ Bois.
Pour Maillard, curé de Saint-Pierre, Moreau, vicaire, et Garnier Benjamin-Jacques, chapelain de Saint-Lazare, voir l'ouvrage de M. Gally.
Un prêtre nommé François Roche, qui a résidé à Avallon, était déporté en ventôse II. (Dép.)
Saint-Martin : Cortot. Etaules : Riboullol. Magny : Béthenon Sauvigny : Minard (assermentés).
Canton de Ch&tel-Censoir
Ce canton comprenait : Chàtel-Censoir^ Asnières^ Brosses^ Chamoux, Lichères et Montillot.
Rémond, curé d'Asnièros, et Daubin, curé de Chamoux, persécutés après rétractation de leur serment. (Voir abbé Gally : op.
cit.
Chatel-Censoir : Sergent, ci-devant chanoine. Brosses : Marizy. Lichères : Leroy. Montillot : Desautel (assermentés).
Canton de Gnillon
Ce canton comprenait : Guillon^ Cussy, \Pisy, Saint' Andréa Savigny-en^Terre^Flaine, Varennes-les-Guillon, Vassy et Vignes.
GuiLLON. — François Varenne, assermenté.
CussY. — Torchin, curé, avait été signalé comme rétractaire dès le 13 août 1791 et remplacé parJDemars. Celui-ci revint bientôt aussi sur son sarment et se|retira à Montréal.
Pizy: Edmond Millet. Saint André: Cosseret. Savcgny: Brade (assermentés . Le 31 mars 1791, on invite ce dernier à opter entre sa cure et le canonicat dont il jouissait à Avallon. (Dép.)
Vignes. — Louis Oudelin prête serment le 13 féMier 1791, mais en tout ce qui est purement cwil et politique, c Enfant de la sainte Eglise catholique, apostolique et romf»ine, dit>il, père spirituel.de mes brebis, je le demande, me serait-il permis sans sacrilège d'appuyer seulement d'un de mes doigts cette constitution, si elle osait toucher au spirituel... » Il développe cette idée en termes nets et catégoriques qui lui valent plus tard d'être mis en réclusion, quoique ayant encore fait, en 1792, le serment de liberté. (P. R.)
Au commencement de Pan IV, il réclame sa liberté. « Pourquoi donc, écrit-il, me laisse-t-on languir dans une maison d^arrêt depuis si longtemps ? Est-ce parce que je vous ai avoué que je n'avais fait mes serments qu'avec restriction? Voudriez-vous être plus rigides que le district d* Avallon qui a cru devoir passer par- dessus et ne m*a point donné de successeur ?... » Et il continue en affirmant encore sa foi catholique. (P. R )
Rendu à la liberté, il fut dénoncé quelques mois après et mis de nouveau en réclusion le 27 ventôse IV. (Dép.) En 1803, il est maintenu à Vignes.
Varennes : Potel. Vassy : François -Toussaint CoUin (assermentés).
Canton de Jonx-Ia- Ville
Ce canton comprenait : Joux, Lucy^le-Bois, Massangis, Précy'Le-Sec, Saini-Moré et Voutenay,
Joux. — Bonnardot, assermenté.
LucY-LE-Bois. - Pour les deux Baudoin, voir Touvaage de M. Gally.
Magnan, vicaire, desservant Tharot, est élu curé de Lucy-le- Bois.
La présence simultanée du curé légitime et de Pintrus était une source de difficultés. Le directoire d' Avallon jugea à propos d'en écrire à TAssemblée nationale « pour la prier d'aviser dans sa sagesse aux moyens qu'il conviendra d'employer pour prévenir les funestes effets des dangereuses maximes débitées par les prêtres réfractaires pour surprendre l'esprit de leurs anciens paroissiens contre les nouveaux pasteurs qui leur sont donnés par la loi, déclamations telles que plusieurs de ceux qui viennent d'être élus, craignant des mauvais traitements, n'ont point osé jusqu'ici se l'aire installer dans les églises confiées à leurs soins, notamment ceux nommés à la cure de Lucy-le-Bois et à celle de Quarrô-les- Tombes ! » (Dép. 14 mai 1791.)
Pierre Santigny de Thory. (V. abbé Gally : o/). eit,
M. Santigny a écrit sous le pseudonyme de Marin à M. Tabbé Perreau (qu'il appelle Aiype) chapelain du roi en 1815, des Lettres à un ami sur la eaptlmté des Prêtres détenus sur les vaisseaux en rade de l'isle d'Aix, près Rochefort en 17 94 ei 1795, (Bibll. du p. Sém. — Recueil de pièces, t. II.)
Ces lettres, au nombre do cinq, ne donnent que des renseignements généraux , sans nommer aucun des prêtres déportés. Elles sont parfois dans la description des tortures d*un réalisme étrange.
A Poitiers, on les laisse treize heures sans nourriture et on les dépouille de leurs vêtements; à Saint -Maixent et à Niort la populace les accable d'injures grossières. Les déportés sont embarqués sur le Wcbshington et les Deux Associés, M. Santigny dit avoir éprouvé là, ainsi que quelques-uns de ses compagnons, une sueur de sang. Les malades descendus à Tile Citoyenne (ci-devant Madame) y sont fort mal soignés et traités avec la dernière bar* barie. Au moment de l'hiver 1794-95, qui fut très rude et qu'ils passent sans feu, tous les prisonniers sont reconduits sur les vaisseaux : les malades sur Vlndien les convalescents sur les Deux • Associés et les bien portants sur le Washington Ils reviennent à Rochefort au mois de février 1795'et sont libérés, en mars, à Saintes. De huit cents environ qui avaient été embarqués, il n'en restait pas plus de deux cents.
M. Monceaux : la Révolution, cite sous les n<^' 1175, 1355 à 1358 des Nouveaux cantiques spirituels édités chez Fournier, à Auxerre, en 1792 et 1795, et dont Fauteur est le curé de Lucy-le-Bois.
Massangis. — César Forestier, né à Rouvray vers 1754, asser • mente. Plus tard, il refuse d'accepter les lois antireligieuses et il est condamné à la déportation le 2 thermidor VI. Le 21, on séquestre ses biens. (Ad®" c*** de Joux.)
Forestier est à Tile de Ré du 8 septembre 1798 au 11 mai 1800. Maintenu à Massangis en 1803.
Jean-Baptiste Queneau, d'abord ministre du culte à Nitry, vient ensuite à Massangis, son pays nat-il, où il est dénoncé et condamné à la déportation le 2 thermidor VI. Le 21, on séquestre ses biens. (Id.) Déporté à l'île de Ré le 8 septembre 1798. il est libéré vers le 5 février 1800 et se retire à Jaulges. En 1803, il est nommé curé de Nitry, et meurt vers 1809.
Précy-le-Sec. —Jean-Baptiste Monnet, assermenté. Comme ses confrères de Massangis, il se révolte contre les exigences de Tadminislration, est condamné à la déportation le 2 thermidor VI avec séquestre de ses biens le 21. (Id,) Envoyé à Tile de Ré, il est libéré le 16 pluviôse VIII et se retire à Jaulges. Maintenu à Précy en 1803.
Pierre Piault, né à Précy le 5 mars 1745, et, je crois, curé de
Joux-la- Ville, rétracte ses serments et se retire^ Préfty, où il est secrétaire de radministiation. (Ad^» c**® de Joux.) Condamné à la déportation le 2 thermidor VI, il resta à Tîle de Ré du 8 septembre 1798 au 4 février 18^•0. Curé de Châtel-Censoir eh 1803. il est nommé à Précy en 1814 et se retii*e en 1829.
Saint-Moré. — Charles Detyre, assermenté, fait aussi le sermen* de liberté, le 20 septembre 1792. En Tan VI, il avait cessé ses fonctions et s'était retiré à Vézelay. (Ad*^ c^ de Vézelay.) Il était frère d'Antoine Detyre, chanoine de Vézelay, déporté.
VoùTenay. — Tripier, assermenté.
Canton de»risIe-snr-Serein
Ce canton comprenait : l'Isle, Angely, Annoux, Civry, Coutarnoux, Dissangis, Proeency et Sainte-Colombe.
L'IsLE. — Benjamin Aubertot. (V. abbé Gally, op. cit.)
Jean-Baptiste Houdaille, prieur des Cordeliers de Tlsle. (V. Saint- Germain- des-Champs.)
Angely. — Edme- François Berrué, originaire de Ligny-le-Châtel, était frère de Madame Bresson, fondatrice des Sœurs de la Providence de Ligny. Prêtre c n 1786, il est d'abord vicaire desservant Talcy, puis curé d'Angely, où il prête serment, mais le rétracte presqu'aussitôt. Le 28 ventôse II, il écrit à Boileau, président du district, pour protester contre la dénonciation portée contre lui par le citoyen Béthery. (Dist. Avallon.; Il se dérobe d'ailleurs aux recherches des gendarmes et vient donner les secours de la religion à Ligny, son pays natal, et à Milly, pays de son père. Malgré le décret de déportation porté contre lui, Berrué demeure caché.
En vain, le département ordonne, le 6 brumaire V, d'arrêter Berrué, prêtre réfractaire, réfugié à Ligny, chez sa mère. (Dép.) Il est introuvable, et, le 10 brumaire VI, on écrit que Berrué, réfractaire. n'ayant jamais obéi, condamné à la déportation, est maintenant caché ou eh fuite. L'auteur de la lettre ajoute : « Tout ce qu'on a pu avancer jusqu'à ce jour sur les vices imputables à la majorité des hommes attachés au ministère du culte est justement applicable à ce sujet dangereux, évidemment menteur, fanatique et ' imposteur, haineux, vindicatif à l'excès, audacieux, brouillon, paturellement turbulent.
Le lieu de la retraite actuelle de ce mauvais prêtre est ignoré, mais il est notoire que le temps de sajpremière déportation s'est écoulé à Noyers, tant chez la nommée Gros, veuve Brûlé, dit Binot-Maréchal, que chez Gros, fils de ladite veuve, cordonnier demeurant au même lieu. Il pourrait bien se faire que le pigeon fi;t retourné au colombier. » (P. R.)
Est-il besoin de faire remarquer que si le dénonciateur ne songeait qu'à servir son ambition, ceux qui donnaient IMiospitalité au curé d'Angeiy, risquaient leur vie. Ce persifflage ne pouvait aitein dre leur honneur. Le même accent de haine se retrouve dans tomes les lettres du môme auteur contre les prêtres fidèles des cantons de Tlsie et de Montréal.
Ce n'est qu'en Tan VII que Berruô fut découvert, et sur un ordre du commissaire du directoire, écroué, le 4 floréal, dans la maison d'arrêt d'Auxerre. (Ecrou, Aux )
Le 26 du mémo mois, en vertu d'un arrêté du département du 24, il est transféré, pour cause de maladie, dans la maison de réclusion. Il y restera sous la surveillance d'un gendarme qui ne le quittera ni jour ni nuit, et à ses frais! (Dép.)
Entre les mains de cet étrange infirmier^ Berrué mourut le surlendemain 28 floréal VII (mai 1879).
Le 3 messidor de la même année (juin 1797), l'administration cantonale de Tlsie ordonne que main levée sera donnée aux hériliers de Berrué, des scellés apposés à Angely sur ses effets mobitiers. (Ado^ c*^« de l'Isle.)
La Semaine religieuse du 30 mars 1878 donne une notice très édifiante sur M. jBerrué. Il faut y rectifier : 1^ le nom : la notice rappelle Charles, il s'appelait Edme-François ; 2<* la date de la mort : Berrué mourut, non pas en 1794, mais en mai 1799. (Etat civil d'Auxerre.)
Annoux. — Dieudonué, assermenté.
CivRY. — Pierie Agnus, ex-vicaire de i'Isle, assermenté. Il prête aussi le serment de Tan V. Maintenu à Civry en 1803.
CouTARNOux. — Breton, assermenté. Une note insérée dans la • liste des assermentés dit qu'il vient d'être nommé grand vicaire à Moulins. (V. abbé Gally, op. cit.
Breton fut remplacé par Vacant.
En l'an VI, Jacques Breuiliard, demeurant à Coutarnoux , d4porté et rentré, a obtenu un passeport pour l'Italie. Le dénonciateur attitré du canton écrit à son sujet : « Les principes qui guident ce prêtre me font assurer que notre gouvernenient républicain ne fera que gagner à le savoir exister sous celui italien, il n'a au surplus jamais éludé le vœu de la loi. » C'est-à-dire qu'il a subi deux fois l'exil. (V. abbé Gally, op. cit.
DissANGis. — Louis Gros refuse de prêter serment et Laurent Beau, desservant de Blacy et Talcy, est élu à sa place. Mais le curé légitime ne cède pas la place et, à deux fois différentes, le 23 aep« tembre et le 9 octobre 1791, Beau se plaint au district des agissements de son prédécesseur « qui est très intolérant i, et de l'appui qu'il reçoit de la municipalité. Il demande sop éloignement.
Gr£)s reste encore au milieu de ses paroissiens et, le 27 décembre, plusieurs habitants portent plainte contre lui. Ils l'accusent de chanter la messe à Dissangis, d^ôtre toujours animé de colère et de qualifier le sieur Beau de scélérat et de coquin. Ces plaignants reconnaissent d'ailleurs que ^'ancien curé est soutenu par la majorité des officiers municipaux.
Le 4 janvier 1792, c'est le citoyen Lorot, procureur à Dissangis qui dépose une nouvelle plainte au district d'Avallon. Ce pauvre homme raconte qu'étant pour ses affaires à Coutarnoux, annexe de Dissangis, Gros a excité contre lui une multitude de ; femmes au nombre de plus de quarante , qui lui ont reproché d'avoir écrit contre leur curé. Quatre, parmi lesquelles la nommée Claudine Gallois, femme d'Etienne Renaud, jardinier, l'ont empoigné et l'ont porté jusqu'au bassin de la fontaine pour l'y jeter. 11 a échappé à la mort par la fuite. ^P. R.)
Le 28 octobre 1792, la municipalité de l'Isle écrit au district que Gros jugé et condamné à quitter Dissangis, s'est retiré aux environs d'Aulun, après ses forfaits. (Dist. Aval,) ^ V. abbé Gally, op. cit.)
Provency. — Jean Baptiste Baudenet, né à- Annoux, assermenté, prête aussi le serment de Tan V. Ce dernier serment est aussi prêté par Claude-Thomas Brouillard de la Tour-du-Prey de Provency.
Sainte-Colombe. — Foignot, assermenté, prête aussi le serment de Tan V.
Claude Meunier, ancien curé de Sainte-Colombe, demeurant à
la Cour d'Origny, depuis plusieurs années, prête le serment de
l'an V.
Canton de Montréal
Ce canton comprenait : Montréal j Anstrudes, Athie, Blacy^
MarmeauXy Sceaux, Talcy^ Thi^y et Tréoilly,
Montréal. — Louis Boussey, ci -devant chanoine de Montréal et titulairede lachapelle Notre-Dame de Montceau,district de Beaune, assermenté, rétracte bientôt son serment.
Une lettre d'une violence^ inouie fut écrite contre les prêtres du canton de Montréal. On les traite d'immoraux, fanatiques, incrédules et on lance contre eux les accusations les plus odieuses. Le ton luimême de la lettre indique un parti-pris de dénigrement : on sent qu'il n'y a là que des calomnies accumulées à plaisir. Les prêtres attaqués dans ce factum tristement curieux sont : Claude Bourget et Fran(;ois Terre, chanoines, Pierre Languereau, chanoine, cidevant curé de S. Pancrace d'Aulun, Claude Montereau, chanoine, cidevant curé de Chalon-sur-Saône. François Mynard, prieur du prieuré hospitalier de Saint-Bernard de Montréal, et Jacques Mynard, son frère, chanoine, Louis Boussey, curé dudit lieu, Jacques ,
Compagnon, chanoine, Demart, ex-curé de Cussy, Charles Champenois, ex-curé de Gissey en Auxois, etPhilippot, curé d'Athie. La fidélité de ces prêtres et rattachement de leurs paroissiens avait fait donner au pays le nom de Petite Vendée, (P. R.)
Plusieurs de ces prêtres furent incarcérés. Le 20 mai 1793, le conseil général de Montréal, demande à ce que les deux Mynard, Bourget, Montereau et Terre, sujets à réclusion, soient tenus en état d'arrestation dans leur domicile, à cause de leur vieillesse et de leurs infirmités. Le département répondant à cette demande, ordonne que les conseils généraux d'Avallon et de Montréal mettront lesdits citoyens en liberté. (Dép.)
Anstrudes. — Charles Baudot, assermenté.
Athie. — Philippot, assermenté, plus tard réfractai re et persécuté, (V. Montréal.)
Blacy et Talcy. — Laurent Beau, assermenté , est élu curé de Dissangis où il prête de nouveau serment. (V. Dîssangis )
Il est remplacé par Perreau, assermenté.
Un prêtre du nom de Prévost, venant de Quincy, réside à Talcy, pendant la Révolution (Dist. d'Avallon.)
Marmbaux. — Jean- Baptiste Gourier, ex-curé de Flogny, assermenté.
Sceaux et Trévilly. — Boilleau, assermenté.
Thizy. — Mathurin Chanlon refuse le serment, Léauté est élu à sa place et prête serment. (V. abbé Gally, op, cit,
Canton de Quarré-les-Tombes
Ce canton comprenait: Quarré, Beaueilliers^ Bussiêres, ChaitelluXf Saint'Brancher, Saint - Germain - des - Champs, Saint» Léger et Sainte- Magnance,
Les habitants du canton de Quarré se faisaient remarquer par leur fidélité aux exercices du culte. Dans les paroisses où les prêtres venaient à manquer, les fidèles se réunissaient dans les cidevant églises, et les anciens instituteurs présidaient ces réunions et chantaient les prières de TEglise.
Quarré — Biaise Bégon refuse le serment parce qu'il est contraire à la religion catholique. Au mois de septembre on signale au département des difficultés entre Bégon et Sergent, curé de Sainte- Magnance, élu curé de Quarré. (V. Lucy-le-Bois.)
Ces difficultés firent reuler Sergent, qui sans doute aussi ne se souciait guère du titre de curé intrus , et il resta à Sainte-Magnance, ayant rétracté son acceptation. (Dép. 13 août 1791.) A sa place on désigne François Welter, ci-devant capucin à Avallon. Il
était encore k Quarrô on l'an IV, s^étant soumis à toutes tes loi^. (Ado"^ ci« de Quarré.) (V. Gally, op, cit.)
Le 27 novembre IV, le ministre de la policj générale ordonne d'arrêter les deux frères Naulot qui se tiennent à Quarré et font des incursions nocturnes dans le canton de Rouvray. (DépJ L'un était curé de Sincey, l'autre de Brisson-en-Morvan. (Abbé Gally, op. cit.)
Bbauvilliers (annexe de Saint-Léger). — Edme Logeât, vicaire, prête serment. Dès le 15 avril 1791, il rétracte en ces termes : « Messieurs. Le 1«' janvier de cette année, je prêtai le serment concernant la constitution civile du clergé. Depuis ce temps, j'ai réfiéchi sérieusement sur la nature et les effets du serment. Je suis pleinement convaincu que les effets répugnent autant à la délicatesse de sentiments que doit avoir tout honnête homme, que luimême il est contraire à la sainteté de la religion catholique que je professe. En conséquence, je rétracte mon serment dans tout ce qui regarde la religion. Du reste, je renouvelle bien sincèrement celui de me soumettre aux lois de ma patrie, et quels que soient mes sentiments religieux, jamais lenr manifestation ne troublera l'ordre public. »
Cette lettre est envoyée par la municipalité au district d'Avallon et on décide, le 16 juin 1791, de veiller à ce que Logeât ne remplisse aucune fonction pastorale ou publique. II pourra seulement dire la messe d*une manière privée.
Logeât meurt peu après à Beauvilliers. (P. R. et Ad<»" c**« de Quarré.)
Logeât est remplacé par Antoine Arthaud , peut-être ci-devant religieux minime à Avallon. Il prête le 14 octobre 1792, un serment de fidélité à la République. L'acte n'est d'ailleurs pas signé de lui et il passe pour l'avoir rétracté verbalement. Il a cessé d'exercer au mois de^vendémiaire IV et s'est retiré à Etaules, si l'on en croit la rumeur publique. (Rapport de Tad»» c*« de Quarré du 19 jfloréal IV.) iP. R.) En 1803, Arthaud est en effet curé d'Etaules.
BussiÈREs. — Claude- Henry Racollet, assermenté. Fait dans la suite les différents serments exigés, entreautres celui de Tau V, le 17 vendémiaire VI. — ^Maintenu à Bussières en 1803.
Un nommé Joseph Laury, propriétaire à Bussières, prête le 1«' fructidor Vil, le serment civique, pour se conformer à la loi sur la police des cultes dont il désire exercer le ministère suivant la forme des catholiques. (Ad«*^ c*- Quarré.)
C'était sans doute un laïque qui présidait les offices, à défaut de curé.
Chastellux.— En 1790, le curé Rousseaudisparait, sans avoir prêté serment. Marcel Lestre est élu à. sa place en 1791. Il prête serment
et quitte Chastellux au commencement de l'an II. Bernard Jollot qui le remplace, fait dans les premiers mois de Tan IV, la déclaration nécessaire pour exercer le culte, et meurt presqu'aussitôt après. {Ad<>^ c^® Quarré.) La commune reste alors sans curé.
Le 18 nivôse VII, François Augueux, prête le serment de Tan V et fait la déclaration pour 'exercer, dans la ci-devant église les fonctions de ministre du culte catholique. (Id.)
Saint-Brancher. — Hilaire Robert (V. M. Gally : op. cit.)
Saint-Germain, — Anginot, assermenté. Peut-être a-t-il rétractée car dès Tannée suivante nous trouvons à Saint-Germain d'autres ministres du culte.
Par un rapport de l'administration communale de Quarré, en date du 19 floréal IV, nous savons que le citoyen Antoine- Michel Ogliastro (qui était, je crois, des capucins d'Avallon) ministre du culte à Saint-Germain, prête serment le 18 septembre 1792 (serment de liberté). Il quitte la commune quelques jours après. — Hollier, qui lui succède,. prête le même serment, le 25 octobre. En Tan III, il cesse ses fonctions et s'adonne au commerce.
Jean-Baptiste Marchand, ancien minime d*Avallon , remplace Hollier. Il fait, le 22 prairial III, sa soumission aux lois de la République. Mais moins d'un mois après, le 17 messidor il rétracte son serment et s'enfuit. L'administration le signale le 19 floréal IV. Dans un lettre que j'ai citée au sujet de Fromentot (Joigny) , on envoie son signalement pour le faire arrêter. Il avait alors 55 ans.
Exilé ainsi, puis rentré, il est plus tard détenu en la maison d'arrêt d'Auxerre. Il s'y trouve au 18 vendémiaire VI et alors le département lui écrit qu'en rétractant ses serments il a encouru la rigueur des lois et que sa déportation a été prononcée par le ministre de la police générale. On lui demande dans quel pays il veut se retirer, afin qu'on lui trace sa route. tP. R, et Dép.) La loi obligeait les réfractaires à sortir dans la quinzaine du territoire de la République.
Marchand est remplacé par Gabriel Esselin, né à Charolles, et ci-devant desservant de Cormarin fCôte-d'Or>. Il déclare le 24 messidor III, qu'il a l'intention d'exercer le culte à Saint Germain et de se conformer aux lois compatibles aoec le culte catholique. Il tient d'ailleurs à se dire prêtre de l'église catholique, apostolique romaine. Le 19 floréal IV, l'administration de Quarré avertit qu'il a disparu depuis quelques mois et s'est caché.
Le î3 frimaire V, le ministre de la police générale ordonne l'arrestation d'Esselin , prêtre insermenté {et cela, malgré l'avis de l'agent municipal de Saint Germain)', le 17, comme il fallait compter avec la population, la gendarmerie d'Avallonest réquisitionnée pour arrêter le curé. (P. R.) Déporté alors, il rentre après la loi du
7 fructidor V. Mais les événements du 18 fructidor provoquent une nouvelle loi et le premier jour complémentaire V, Esselin déclare qu^ii va sortir de nouveau de la République et demande pour sauf conduit un extrait de sa déclaration. (Ad^^c** Quarrô.) Il avait alors 38 ans.
Le 6 nivôse VII. Jean Bernard (cabaretier ?/ fait le serment de Tan V et fait la déclaration voulue pour exercer les fonctions de ministre du culte catholique dans Téglise de Saint- Germain. (Id.)
Jean-Baptiste-Pierre Houdaille, demeurant à Saint-Martin au- Meix, commune de Saint- Germain, condamné à la déportation le 26 ventôse VII, est écroué le 5 floréal. Il demande, vu ses infirmités, à être provisoirement mis en liberté. Le département fait droit à sa demande, mais en déclarant qu'il restera à Auxerre. (Dép. 14 nivôse Vlil). L'écrou est le\éle lendemain. (Ecrou. Aux.)
Un nouvel arrêté du 23^ nivôse le met sous la surveillance de l'administration cantonale de QuarréoCt Tautorise à se rendre au Meix. (Ad'»^ c*^« Quarré.) En 1803, il devint curé de Saint-Germain.
Saint-Léger. — Claude- Alexandre Pal lais, assermenté, fait toutes déclarations exigées par les lois et prête le serment de Tan V, le 10 vendémiaire VI. (Id j
Saintb-Magnance. — Jean Sergent, assermenté, est élu curé de Quarré, où il prête de nouveau serment et revient presque aussitôt à Samie-Magnànce. Il y prête le serment de l'an V, le 2* jour complémentaire. (Id). Maintenu à Sainte-Magnance en 1803.
Bourrey, prêtre fidèle. (V. abbé Gally : op. cit.)
Canton du VauIt-de-Lugny
Ce canton comprenait : le Vault, Annay* la-Côte. Annéot, Doniecy-sur-le-Vault, GirolleSy Island, Menades, Pontaubert, 5ermizelles et Tharot.
Le Vault. — Charpentier, assermenté,
Annay. — Velin, assermenté.
Annéot. — Chargrasse, assermenté, maintenu en 1803.
DoMECY. — Colard, assermenté.
Girolles. — Tripier, assermenté, maintenu en 1803.
IsLAND. — Blandin, assermenté. Le 3 brumaire IV, Collet le signale comme sujet à déportation et on ordonne de Tarrêtcr. (Dép.) Maintenu en 18U3.
Menades. — Cliipart, ri- devant carme, élu curé le 6 juin 1791, assermenté.
Pontaubert. — Houdaiile, assermenté. (V. Saint-Germain-des- Champs.
SsRMiZELLES. — A cc quG M. Tabbé Gally a écrit au sujet de Lamarre Athanase, j'ajoute que sur IMnsistance dos habitants il reprit ses fonctions vers la fin de Tan V (28 juillet 1797). Il dit la messe quatre fois et pour ce crime, il fut condamné, le 22 fructidor, à trois mois de prison et 500 francs d'amende. Il n'avait d'ailleure pas fait l'acte de déclaration exigé pa»* la loi. Lamarre se réfugie de nouveau en Suisse. (P. R. Lettre de Lamarre au citoyen Boilleau, président du dép.)
Le 5 frimaire VI, le ministre de la police générale écrit que Lamarre est d'un incivisme connu et qu'il est à désirer que le directoire le laisse en Suisse où il s'est retiré avec passeport.
Lamarre était en instance pour rentrer et c'est à ce sujet qu'il écrivait à Boilleau la lettre que je viens de citer et dans laquelle il se justifiait de l'accusation d'avoir fanatisé sa paroisse. (P. R.)
Tharot. — Magnan. (V. Lucy-le-Bois.)
En 1793, Mathieu.
Canton de Vézelay
Ce canton comprenait : Vézelay, AsquinSf Blannay^ Domecysur^Cure, Fontenay^ Giory^Pierre-Perthuis, Saint 'Père et Tha^ roiseau.
VÈZELAY. — Saint-Pierre : Le Roy, n'a pas prêté serment.
Saint-Etienne. — Le Cocq, assermenté, devient curé constitutionnel de la Madeleine. Le 15 avril 1702 il écrivait : « Les Cordeliers sont dissipés, le couvent est vendu. On ne vient pas si facile • ment à bout des femmes que des hommes. Quelques Ursulines se sont retirées dans leurs familles, d'autres ont été mener la vie commune dans d'autres maisons. La supérieure, se croyant noble et ayant surtout une bonne tête, est restée avec deux converses. Le bâtiment ayant été vendu au district, le département a annulé la vente. Les chanoines de Vézelay se sont emparé de la chapelle et y ont établi une contre paroisse, y font l'office paroissial et ont établi un schisme le plus déclaré avec le curé désigné par la loi. Seul au milieu de douze prêtres qui me dévorent, quel bien puis-je faire? »
Le 7 septembre 1793, le Cocq se plaint encore dans une lettre au procureur général du département. Il se plaint que l'évêque n'est pas encore, depuis quatre ans de révolution, venu visiter sa paroisse. La liturgie n'est pas changée. Les prières du prône ne sont pas analogues au gouvernement. Le culte public de la paroisse est sans aucune organisation.
Il sait que le prêtre Lairot, qui est à Auxerre, pense bien. La manière dont il est traité par les autres semble en être une preuve.
Si les maux qu'il endure sont réels, c'est une pnîuve qu'il est dans les principes de notre Révolution. (P. R.)
Animé de pareils sentiments, ie Cocq n'avait pas à redouter la persécution.
Pour les chanoines de Vézelay qui ont subi la persécution, voir l'ouvrage de M. Gally.
AsQuiNs. • • Grognot meuit le 9 février 1791, à l'âge de quatrevingts ans. Jean-Marie Blenne est élu k sa place et prête serment. Le 24 février 1793, le curé catholique Blenne se plaint au district du maire d'Asquins, qui s'est permis de dire dans une assemblée du conseil général qu'il fallait que le b... de curé f... le camp et qui lui refuse un certificat de civisme. 11 demande raison de ce refus. (Dist. corresp.)
Le 23 août 1793, il rétracte son serment en ces termes : « Je, Jean-Marie Blenne, prêtre, rétracte avec une pleine liberté le serment civique que j'ai prêté purement et simplement, et qui a été condamné par le Souverain Pontife uni au corps des évêques. La nouvelle constitution du clergé de France est établie sur des principes hérétiques... »
Le 9 nivôse II '29 décembre 1793), il est arrêté, conduit au Comité révolutionnaire de Vézelay et, le lendemain, enfermé au couvent des Ursuliues. Blenne n'était pas homme à se laisser faire sans protester. Le 22 pluviôse, il se plaint qu'on le laisse mourir de faim et d'ennui dans la maison de réclusion de Vézelay et demande à être transféré dans la maison d'Availon. Malgré ses prières, on le laisse à Vézelay où il continue à se plaindre des privations qu'on lui fait subir. Une nommée Parmentier, sa ns doute sa parente, écrit de Metz-le-Gomte au district, exposant que Blenn e détenu à Vézelay, manque de tout et demandant sa libération. (Lettie du 24 ventôse IL) Après trois mois de réclusion, Blenne est conduit à Avallon, où il reste encore plusieurs mois en prison. Après la chute de Robespierre, il est mis en liberté (2ô vendémiaire UI). Il rentre d'abord à Asquins, où il possède la moitié d'une maison; mais, par suite de l'arrêté Guillemardet, ii est obligé de se rendre à Avallon. Il y reste jusqu'au 12 ventôse III, puis rentre à Asquins, où il est de nouveau persécuté. Blenne lui-même expose tout cela dans un mémoire fort curieux. (P. R. Asquins, L.)
Bientôt une nouvelle lutte s'engage entre Blenne et la municipalité. Le curé b'appuyant sur la loi demande l'ouverture de l'église ; la municipalité s'y refuse et veut qu'on fasse à Blenne défense d'exercer ses fonctions. Le 13 messidor III, le Directoire blâme la municipalité et lui ordonne de laisser libre l'usage de l'église et de la tenir ouverte de 7 heures du matin à 7 heures du. soir. (Dép.)
Le conseil d'Asquins avait encore trouvé un autre sujet de dé-
ik
nonciation contre Blenne. Le 7 messidor, elle l'avait désigné comme étant dans le cas de désarmement. Le district est de cet avis et le département, par arrêté du 23, approuve cette décision, disant que Blenne est un ferment de discordre, qu'il devra, provisoirement, se présenter chaque jour devant la municipalité, sinon il sera arrêté. Mais Blenne ne désarme pas, il reprend Toffensive. Le 13 messidor, le département a donné, à la municipalité, l'ordre d'ouvrir Téglise; elle n'en a rien fait. On lui a demandé de préciser les faits sur lesquelles elle6*appuie pour présenter le curé comme dangereux à la tranquillité publique, elle n'a pas communiqué son procès- verbal. On veut le faire désarmer comme terroriste; tandis qu'au contraire il a été victime de la tyrannie de la Terreur et reclus, en plusieurs fois, pendant treize mois. Le 3 fructidor, le département, rapportant son arrêté du 23 messidor, ordonne de restituer les armes à Blenne. (P. R. et Dép.)
Mais les administrateurs de la commune ne (^auraient dormir tant qae le curé sera armé. Ils appellent à leur secours le district qui, le 9 fructidor III, trouve enfin une terrible raison contre Blenne : c'est qu'il a rétracté son serment d'une manière éclatante.
Comment se sont terminées ces luttes et ce qu'est devenu Blenne : je n'ai pu le découvrir.
Bureau (V, Irancy) était ministre du culte à Asquins en l'an VI.
Blannay. — Guillaume Monnet, né à Arnay-le-Duc le 12 novembre 1741, assermenté, prête aussi le serment de libei*tô en 1792 e* le serment de souveraineté du peuple le 1! brumaire IV. (Ad^»"» c*** de Vézelay )
DoMECY-suR-CuRB. — Chenal, prêtre fidèle. (Voir abbé Gally : op. cit.)
FoNTENAY. — Louis Lcgros, assermenté, rétracte son serment par écrit le 2 juin 1795. Le 8 nivôse VII, on ordonne de le rechercher. Arrêté le 18 messidor VII, il reconnaît qu'il a rétracté ; il expose que son âge et ses infirmités l'empêchent de rester dans la maison d'arrêt et il demande à être transféré dans la maison de réclusion réservée aux prêtres infirmes : ce qui lui est accordé. (Dép ) Le 27 nivôse VIII, on l'autorise à sortir chaque jour, mais il demeurera détenu. (Mté Auxerre.) Maintenu en 1803.
GivRY. — Midol, né le 25 octobre 1731, assermenté, prête aussi le serment de liberté le 16 septembre 1792. Maintenu en 1803.
PiRRRE-pERTHUis. — Boisscau, asscrmcnté.
Saint-Père. — Saint- Aubin, assermenté. Le 7 novembre 1793, il expose au district d'A vallon qu'il a un frère âgé de 82 ans et une jeune nièce. Il l'adoptera, s'il le faut, pour échapper à la proscription. (P. A. Dist. Avallon.)
Tharoiseau. — Dominique Petitier de Chaumail, né à Corbigny le 10 mars 1722, assermenté, fait aussi le serment de liberté le 29 septembre 1792. Il exerce encore à Tharoiseau en Tan II et en Tan VI et y est maintenu en 1803. (Ad»" c*^« de Vézelay.)
DISTRICT DE TONNERRE Canton de Tonnerre
Tonnerre. Notre-Dame. — François Horiot, ex -desservant de Moutiers-Saint-Jean refuse, en 1790, de lire au prône les décrets de l'Assemblée Le 25 septembre, le département décide qu'on les lira sans lui. En 1791, il prête serment; mais dès Tannée suivante, il est dénoncé comme faisant prêcher des prêtres réfraotaires. Maintenu en 1803.
Remy Tetel, langrois, vicaire de Tonnerre, refuse le serment ou le rétracte. Condamné à la déportation le 20 septembre 1792, il rentre en France vers la fin de Tan V ; mais les événements de fructidor arrivent aussitôt^et le 25 vendémiaire VI, il est obligé de s'exiler de nouveau et obtient un passeport pour « sortir hors de la République. » (Dép.)
Edme-NicolasIFouinat, vicaire. (V. Sormery.)
Saint-Pierre. — Claude Demarcenay.
Legrand dit Courcy ou Coursel ou Corseil (je trouve ces trois noms), chanoine de Saint-Pierre, fait le 14 prairial IV la déclaration pour exercer le culte à Tissey. Le 25 frimaire VII, ;il est propriétaire à Collan et percepteur des contributions (Ad»^ c**« de Vézinnes.)
Percheron,' chanoine de Saint- Pierre,'devient membre du district de Tonnerre en Tan IL
L'abbé Roussel donne deux Campenon, nés à Tonnerre et vicaires de Saint-Pierre : Tun, ancien cistercien, aurait été fidèle et déporté ; l'autre, ancien bénédictin, assermenté.
Jean-Baptiste- Thomas Robert, prieur, insermenté, Bancelin, chapelain de l'hôpital^ rétractdire, Boutarel, desservant de Vaulichères et Gennevois, desservant les religieuses, tous les deux insermentés, devront être remplacés. (P. R. lettre du 27 mars 1792.\
Camille-Michel -Marie Ferrouillat, religieux de Saint-Michel ei Jean-Baptiste Ferrouillat, ex-moine, retirés à Grimault, sont condamnés à la déportation le 6 nivôse VII. Ecroués le 20, ils sont envoyés à l'île de Ré le 24. (Ecrou. Aux.) Ils étaient nés à Lyon. L'un d'eux est l'auteur du gnomon de Thôpital.
Canton d^Ancy-le-Franc
Ce canton comprenait : Ancy-le-Frane et Ctuy, Argenteuil^ Chasêignelles, Lézinnes, Pacy, Sambourg et Vireaux.
ÂNCY-LB Franc. — Pierre Ârends, assermenté, meurt le 10 mai
Remy Boucley, prôire à Ancy-le-Franc, né 'le 21 août 1764, a prêté les serments requis. (Ad»» c*^« d'Ancy-le-Franc.) (V. l'Eglise d'Ancy-le- Franc ^ par J. Vbuillot.)
ÂRGBNTBUiL. — Jean Piot, ex-vicaire d'Annoux, insermenté ou rétractaire.
Chassionbllbs.* L'abbé Roussel donne comme curé en 1791 un nommé Pierre Chameroy. Les almanachs de 1791 et 1793 n'en font pas mention.
Thouvenin. (V. Baon.)
Lézinnbs. — Jean-Baptiste Hodet, auparavant vicaire de Villiersles-Haut, assermenté. Plus tard il se montre très zélé pour donner les secours religieux à ses paroissiens et est condamné à la déportation le 18 ventôse VIL Le 9 germinal les gendarmes se transportent à Lézinnes pour arrêter Hodet ; mais ils sont entourés d'une foule d'hommes, de femmes et d'enfants qui les menacent Etant parvenus à entrer dans la maison, ils aperçoivent le curé qui se dirige vers une fenêtre pour se sauver; ils veulent se précipiter pour s^emparer de lui , mais les paroissiens les arrêtent par les pans de leurs liabils et pendant ce temps le curé s^échappe. Douze hommes qui étaient à Venizy, depuis le. 3, sans doute pour une semblable expédition, reçoivent Tordre de se rendre à Lézinnes.
Le 16 nivôse VIII, Hodet qui était resté introuvable, demande à jouir de Tarrété des consuls, il • st relevé de la déportation et revient à Lézinnes, où il est maintenu en 1803. (Dép.)
Pacy. — Jean Dechampeaux aurait été fiièle et déporté, diaprés Tabbé Roussel, Je ne trouve aucune indication à ce sujet.
Sambourg. — André Collet était encore curé de Sambourg en
ViRBAUX. — Nicolas Blanchard, né à Cordamble, près Langres, ayant refusé de prêter serment est bientôt poursuivi et emprisonné à Auxerre au mois de mars 1792. Il proteste d'ailleurs qu'il n'a jamais résisté aux lois en ce qui concerne Tordre temporel. Le 23 mai, il écrit au tribunal du district disant qu'au reçu de sa lettre il sera vraisemblablement échappé de sa prison. Ses mesures étaient prises, et dans la nuit il put s'évader à Taide d'une corde attachée au pilastre de la maison commune. Pendant quelques mois, il réussit à remplit en secret les fonctions du saint ministère. Livré
par un de ses parents, il fut condamné à ttaort et guillotiné à Langres le 12 juin 1793.
Il essaya vainament de convertir le capucin assermenté qui l'assistait. Nicolas Blanchard l'assigna à quarante jours devant le tribunal de Dieu, et le quarantième jour, le capucin était trouvé mort dans sa chambre.
V. Sem. rettg, des 18-25 mai et 1«' juin 1867 et 8 juin 1878. - Reoue de la Récolution^ septembre 1884: article de M.Bezancenet. — Charles d'Héricault : la France rèoolutionnaiee, p. 322, 325.
Canton de Gh&tel-Gérard
Ce canton comprenait : Chàtel-Gérard^ Aisy, Etioey, Jouaney, Pasillyf Perrigny^sur-Armançony Sarry.
Chatel-Gérard. — Claude Baillet, assermenté,
AisY. — Nicolas Blanchot, ministre du culte et instituteur particulier à Aisy, vers 1798, prête, le 29 pluviôse VIII, le serment do fidélité à la constitution de l'an VIII. (Ad«n c*i* Châtel-Gérard.)
Etivey. — Jean-Baptiste Guiot, assermenté, rétracte sans doute car il est bientôt remplacé à Etivey par Jean-Baptiste Pierson et se retire à Perrigny-sur-Armançon, où il prête serment à la constitution de Tan VIII comme ministre du culte.
D'après l'abbé Roussel il avait été, avant 1789, vicaire de Noyers et desservant de Chalindrey et devint, après la Révolution, curé de Mussy.
Jean-Baptiste Pierson prête serment à la constitution de l'an VIII (9 ventôse). (Ad«*» c»»« de Châtel-Gérard.) Maintenu à Etivey.
Pasilly. — François Mariglier, assermenté. Il fait, le 3 ventôse, le serment à la constitution de Tan VIII. {kà9^ c*^* de Châtel-Gérard ) Maintenu à Pasilly.
Perrigny. — Pierre Rigollet, né à Montbard, a sans doute rétracté son serment, car il est, en 1792, remplacé par Gibey.
Guiot. (V. Etivey.)
Sarry et Jouancy. — Pierre Berthier, assermenté. Il prête aussi le serment de Tan V. D'après l'abbé Roussel, il avait été curé de Poinchy et fut curé de Jouancy en 1803.
Louis-Marie Daniel Dieudonné, né à Noyers, vicaire de Sarry, assermenté.
Philippe Brûlé, vicaire de Sarry, Censy et Jouancy, arrêté comme réfractaire en 1793, est condamné à la déportation le 28 mars 1794 par le tribunal criminel de la Haute-Marne Conduit à Rochefort et embarqué sur le Washington^ il meurt le 7 mars 1795 à l'âge de quarante ans. (V. Semaine religieuse an 2 février 1867 et du 2 mars 1878.)
Canton de Gmzy
Ce canton comprenait : Cruzy, Arthonnay, Gigny, Glandy Quincerot, S^nnecoy, Trichcy et Villon.
Cruzy. — Nicolas Houssard, du diocèse do Reims, ex-vicaire do Dann3moiiie, assormenté Curé d'Arthonnay en 1803.
Arthonnay. — Charles Louis Harot, assermenté. II est probable qu'il rétracta bientôt, car il fut remplacé par Jean- François Trubert qui prêta serment le 4 décembre 1791 et le 3 janvier 1793.
GiGNY. — Jean Remy Roy, chanoine de Tonnerre, assermenté.
Pierre Fragment, que je trouve cité comme curé de Gigny, prête serment et obtient uu certificat de civisme.
Gland. — Jacques Boucheron, ex-vîcaire de Saint-Martin-sur- Armançon, condamné à la déportation le 18 frimaire VII. Maintenu à Gland en 1803, il meurt vers 1829.
Quincerot. — Jean-Didier Jacquemard, assermenté.
Sennevoy. — Sébastien Ralet, assermenté.
François Fournier, ci-devant chanoine de Chablis, devint à la Révolution vicaire de Sennevoy. Je le trouve aussi cité comme vicaire de Vireaux. Arrêté le 19 germinel II, en vertu d'un mandat d'arrêt du district de Tonnerre. Fournier est détenu dans la maison de réclusion dite Chamon, à Tonnerre. Le 29 floréal, le citoyen Maure, représentant du peuple, envoie d'Avallon un arrêté portant que le citoyen Fournier, ci-devant ministre du culte à Sennevoy, sera mis en liberté sur le champ, à la condition expresse de contrar'.ter l'engagement du mariage avec Marguerite F., de Sennevoy, et qu'il ne pourra être inquiété ni recherché pour les motifs qui ont occasionné sa réclusion. Cet arrêté est exécuté le 4 prairialll. (Ecrou, Tonnerre.)
Mais Fournier n'avait vu là qu'un moyen d'obtenir sa liberté. A peine est-il à Sennevoy que, sous prétexte de terminer des affaires, il s'en va dans la commune de Rouvre, lieu de sa naissance. Onze jours s'écoulent et Fournier ne revient pas de ce voyage, « qui n'est que de vingt-quatre lieues tant pour aller que revenir. » Marguerite F. s'en étonne et envoie un exprès pour le rappeler à Tordre. L'exprès revient seul, rapportant que Fournier a bien dit qu'il reviendrait, mais de manière à faire croire le contraire, car il a déclaré qu'il n'avait fait la promesse d^épouser Marguerite que pour acoir sa liberté et a même blâmé les prêtres qui se mariaient. Marguerite s'en plaint, le 17 prairial II, au Comité de surveillance de Tonnerre. (Comité de survc» do Tonnerre, f° 25.)
Aussitôt l'administration se met de ia partie, ordonne des poursuites contre Fournier qui, craignant d'être jeté de nouveau en
Googl^
prison, revient à Sennevoy et contracte mariage le 21 prairial II. Mais, le soir même, Fonrnicr disparaissait laissant là son épouse qu'il ne voulait pas revoir. Il existait un acte officiel de mariage, l'administration n'avait plus rien à voir avec Fournier.
Ce fait de la fuite de Fournier le jour même de son mariage est authentique. Car le 24 nivôse III, il est attesté par Marguerite et quatre témoins par devant le maire qui, de sa propre autorité, prononce le divorce et annule ce mariage quMl considère comme n'ayant jamais existé. Le 20 floréal IV, Marguerite F., s'ap ■ puyant sur les mêmes raisons de non cohabitation, contractait un autre mariage. (Etat civil, Sennevoy.)
Sans doute comme le vieillard Eléazar, Fournier aurait dû éviter Tapparonce même du mal, pour ne pas scandaliser; mais on ne doit pas oublier que Fournier a voulu rester prêtre, malgré le s persécutions perfides dont on le poursuivait. Un document qui remonte déjà à une date éloignée affirme qu'à Sennevoy Topinion était restée favorable à Fournier et qu'on le regardait comme un prêtre fidèle à ses engagements II se serait retiré au Val-des- Choux.
M. Fortin et d'autres chroniqueurs ont prétendu que des prêtres avaient ainsi contracté mariage uniquement pour échapper à la proscription et avec la résolution de s'en tenir à cet acte officiel. Les incrédules ne sont guère disposés à admettre celte explication. N'est-il pas curieux de trouver des pièces authentiques qui prouvent que le fait a existé?
Trichby. — Jean Del homme. L'abbé Roussel pense qu'il était encore curé en 1795. C'est une erreur, je crois. En 1793, il est remplacé par Jacquemart, vicaire de Trichey, desservant Quincerot. Peut-être Delhomme avait- il refusé ou rétracté le serment. Jacquemart avait sans doute déjà remplacé, comme vicaire, Simonel (encore vicaire en 1791), qui avait eu dos difficultés avec l'administration de Trichey. (Dép. 12 mai et 15 septembre 1791.)
Villon. — Nicolas Bocquenet, assermenté (Dép. 7 juin 1791.)
Canton d^Epineuil
Ce canton comprenait : Epineuil, Cheney, Dannemoine, Mélisey, Molosme, Saint- Martm-sur-Armonçon et Tronchoy.
Epineuil — Jean -François Joseph. Gabriel Landelle, assermenté.
Cheney. — Nicolas Richard, assermenté.
Dannemoine. — Théodore Regnard, né à Cruzy, en 1722. Le 16 mai 1791, le département lui enjoint d'avoir à just'fier de sa prestation de serment. Ce qui semble indiquer qu'il ne l'a pas prêté ou ne l'a fait qu'avec restriction.
Louis Mary, viôaire et chapelain, a<sermonté (Roussel.)
Mélisey. — François-Jeaii-Baptisto Rouvoiro des Bordes, asser- ■ meiiic. vRoussel.)
MoLOSMES. — Olympe Philippe-René Corsin, asscrment»^. Maintenu en 1803
Saint Martin. — François Carré, assermenté le 30 janvier 1791. iDép. 6aoûtl791.)
Tronchoy. — Claude-Antoine Nargaut, né au diocèse de Besan • çon, ex- vicaire de Dannemoine, insermenté, reçoit un passeport pour sortir de la République, le 11 septembre 1792. (Dép.)
Il est remplacé par Bonvenu.
Canton de Noyers
Ce canton comprenait : Noyers, Annay, Censy, Grimault, Molay
et Nitry
Noyers. — M. Thomas, curé, étant mort au mois d'août 1790, Tévèque de Langres avait nommé à la cure do Noyers, le 30 août, Edmc- Georges Dechampeaux, qui donna sa démission, quelques jours après, en faveur de Claude-Bernard Challan Les lettres do provision données audit Challan par Tévêque de Langres sont du 9 septembre. Challan, curé légitime, prend possession de la cure, « à vue de clocher, pour raison de rempôclicment apporté par le peuple à l'observation des formes ordinaires. » Voici la raison do cette opposition.
Dès le 18 aoûf, la municipalité avait réclamé, pour curé, le vicaire Jobard. Le 11 septembre, une délibération de la municipalité et des habitants conférait la cure au sieur Jobard et décidait que la municipalité assisterait à la prise de possesion escortée d^un détachement de la garde nationale. Le notaire fut contraint de procéder à la prise de possession. La commune envoyait au district et au comité ecclésiastique deux requêtes tendant à nomination de Jobard, « sur le motif qu'il jouit de l'estime et de la confiance des habitants. »
Mais bientôt le notaire proteste que son acte est nul puisqu'il n*a été que l'effet de la violence; Jobard, de son côté, proteste contre su lyjmination illégale et cette singulière prise de possession ; le Directoire du département est saisi de Taffaire.
S'appuyant sur ce que la nomination du sieur Challan, faite par Tévéque de Langres, est antérieure au décret concernant la constituîion civile du clergé, le Directoire déclare que la municipalité et les habitants n'avaient pas caractère pour conférer la cure. Ils devront reconnaître Challan pour leur curé et « lui porter, en cette qualité, honneur et déférence. » Au besoin, on emploiera la force
armée pour faire exécuter cette décision. (Dép 19 et 28 octobre 1790.)
Le 7 décembre, des commissaires de l'administration de Tonnerre arrivent à Noyers pour installer Challan. Mais les habitants s'y opposent encore et le maire Hailot, qui sans doute veut faire de la conciliation, « craint pour sa vie, » dit le rapport. Le lendemain une nouvelle manifestation a lieu devant Thôtel du Dauphin^ où sont les commissaires ; un nombre considérable d'habitants proteste contre la nomination de Chalian. Cependant le maire donne sa démission ; Challan accepte de prendre Jobard comme vicaire : celui-ci accepte cette situation et lé conseil général reconnaît Challan pour curé.
La paix se fait-elle entre tous les habitants? Toujours est-îl que des cris de joie se font entendre, les cloches sonnent à toute volée, la garde nationale et la maréchaussée conduisent Challan au presbytère puis à Téglise; le curé et le vicaire se donnent le baiser de paix, et à la fin de la messe on chante le Te Deum.
Le 30 janvier 1791, Challan et Jobard prêtent serment.
La paix ne devait pas être de longue durée. En 1791, le curé dé« nonce Jobard, qui a refusé de publier le mandement de M. de Loménie, empêche la jeunesse de se confesser à lui, et a rétracté son serment ainsi que Bonnetat Jean -Claude, prêtre né à Nuits et résident à Noyers. (Il est question dans cette lettre de la fuite du roi.) — Président du club de Noyers, il demande des mesures de sûreté publique et dénonce les instituteurs du collège et les sœurs d'instruction. (Lettre du 20 mai n93.) (Dép. 25 mai.) Mais bientôt il est dénoncé à son tour, d^abord pour avoir refusé la bénédiction nuptiale à quatre jeunes gens, sous le prétexte qu'ils ne s'y étaient pas disposés par la confession, que sans doute ils avaient faite à un autre prêtre; puis, le 7 septembre 1793, pour avoir laissé chanter dans le temple du culte catholique le Domine saloum fac regem. On rappelle qu'il a déjà été traduit et jugé au tribunal correctionnel pour port du costume ecclésiastique. Plus tard, on le signale comme s'étant opposé à ce qu'on chante l'hymne à la liberté et ayant fait des difficultés pour assister à la plantation des arbres de liberté. Il avouait qu'il ne voulait pas se compromettre. Le 11 ventôse II, le Directoire décide de le dénoncer au Comité de sûreté générale de la Convention.
Ces alternatives de fermeté et de faiblesse, de royalisme et de démagogie ne disposaient pas Challan à devenir un confesseur de la foi II prête, à Noyers, le serment de l'an V, ainsi que Thibault etBerthier, ministres du culte pour Noyers, Censy ot Jouancy.
Le 15 juin 1791, Jean- Baptiste Jobart, vicaire, rétracte son serment disant : « J'entends que les objets de la constitution civile du
clergé qui concernent essentiellement Tautorité que l'Eglise a reçue de Jésus- Christ demeurent formellement exceptées du serment que j'ai prêté le 30 janvier 1791. » P. R.)
Emigré ou caché à la suite de cette rétractation, il revient à Noyers vers Tan III. Le 17 thermidor de cette année, le procureur de la commune le signale à l'administration comme remplissant dans difiFérentes maisons les fonctions du culte. (Ad<»**c^«de Noyers). Le 29 le département le dénonce à l'accusateur public. Mais il se dérobe encore, et le 20 pluviôse IV, le département ordonne de le rechercher et de l'arrêter « attendu que revenu danà la commune de Noyers, il y pervertit l'opinion publique. » (Dép.) Cest-à-dire qu'il faisait tout le possible pour remplir son ministère.
Jean-François Trubert, retiré à Noyers, sa ville natale, en 1791, d'après l'abbé Roussel, est sans doute le même que Trubert dessei'vant d 'Aigrement.
Léauté, ex doctrinaire retiré à Noyers, d'après le même auteur, est probablement le curé constitutionnel de Thisy, plus tard curé d'Annoux.
La petite ville de Noyers donna asile à plusieurs prêtres pendant la péi*iode la plus difficile de la Révolution, aussi l'administration centrale du département stimulait l'ardeur de celle de Noyers. Elle lui écrivait, le 18 vendémiaire VI, entr'autres recommandations : « .... La prêtrise ne peut être, aux yeux de la loi et de ceux qui en sont les organes, un caractère indélébile que rien ne puisse effacer.... Votre attention doit sa porter néanmoins sur ces individus, vous devez les surveiller d'une manière plus particulière et si vous obteniez la preuve qu'ils ont repris l'exercice de leurs fonctions, votre devoir vous imposerait l'obligation de les dénon* cer sur ie champ aux tribunaux.... Vous ne négligerez pas de nous informer des moindres détails qui pourraient compromettre la bonne direction de l'esprit public
Il existe à la Bibliothèque nationale un écrit intitulé : Tableau de mes persécutions aux supérieurs ecclésiastiques et à l'opinion publique (1797), Cette pièce a pour auteur un prêtre originaire de Noyers (Yonne). (Monceaux, n» 30fJ9.^
Annay et Molay formaient, il semble, avec Purrigny, une commune qu'on appelait les Villages -de -la-Ricière. (V. Dép 16 juillet 1791.)
Granperrin. (V. Aigrement.^
Edme Hugot, né. en 1737, ex-vicaire de Maligny, assermenté, rétracte bientôt son serment et est emprisonné à Tonnerre. Il fait le sermL'ut de l'an V, ainsi que Pierre-Edme-Barnabé Drouin, cidevant cistercien, demeurant à Richebourg. (P.R.) L'abbé Roussel cite un Jean- Baptiste Drouin, également ancien cistercien, qui au-
rail été fidèle et déporté et qui serait mort vers 1810.
Censy. — (V. Sarry).
Cours, Grimault bt Vilubrs-lbs-Granoes. — Guillaume Lézier, curé de Cours et Grimault, né à Paris en 1732, chanoine régulier, assermenté
Sébastien Henriot, vicaire de Cour^, desservant Grimault et Villiers, assermenté, devient curé de Choignes et Saint-Agnan (Haute Marne).
Yves-Joseph Malary, recieur du collège de Noyers, ci-devaut doctrinaire, élu curé de Grimault, prête serment le 30 janvier 1791 et le 24 septembre 1792. Le 24 janvier 1793, Gauthier, curé d'Yrouerre, le fait nommer, sur la demande des hi^biiants, desservant de Bétu à la place de Jean-Baptiste Mathieu, qui ue reparaîtra pas. Malary accepte. Plus tard, il fixe sa résidence à Argenteuil, éiant alors âgé de 58 ans. Il prête le serment de Tan V. (Ado*» c*« d*Ancy-le-Franc.)
NiTRY. — Jean Louvrier, né à Bessy, neveu d'Antoine Louvrier, curé de Lucy-sur-Cure, fut d'abord vicaire d'Irancy, puis desservant de Lichères En 1791 il est désigné comme curé de Nitry et desservant de Lichères. Son serment est invalidé et il est remplacé le 12 juin 1791. (Dép.) V. Lichères.
Louvrier fut obligé de se retirer en Suisse où il fit partie d'une association fondée pour la préservation et la persévérance des prêtres exilés. J'ai eu en ma possession une sorte de diplôme d'agrégation à son nom.
Louvrier fut remplacé à Nitry par Martin eau.
Guencau, ministre du cuite à Nitry. (V. Massangis.) Maintenu à Nitry, en 1803.
Canton de Ravières
Ce canton comprenait : RaoièreSy Cry, Fuloyt Jutly, Nuits, Stigny et Villters-les-Haut.
Ravières. — Claude Soufflet, ex-curé de Montsaon, assermenté, assiste encore en 1796 à l'inhumation de M. Areudt, curé d'Ancyle-Franc. Il devient curé de Gigny,
Antoine Profilet, né à Mussy-sur-Seine, en 1763, vicaire, rétracte son serment le 17 août 1791. Il est dénoncé, le 17 avril 1792, comme persécv tant les prêtres assermentés, les traitant d'intrus et défendant de se confesser à eux. (P. R.) Il s'exile volontairement le 12 septembre, et le 7 fructidor II on met le séquestre sur ses biens. (Dép.) Le 11 ventôse IV, son frère, Pierre Protllet, propriétaire à Mussy, et les autres héritiers d'Antoine réclament ses biens, (Ad<»^ c** de Ravières.) Il était sans doute mort en exil.
Cry. — Joseph Gontard, du diocèse d'Autun, assermenté, assiste,
en 1796, à-rinhumation du curé d*Ancy-le-Franc. Maintenu à Cry en 18r»3.
Charles-Auguste Guérard, prêtre insermenté et sujet à la déportation, certifie, le 11 floréal V, qu'il n'est pas sorti de la République depuis le 1*' mai 1792/11 fixe sa résidence à Cry. Il avait alors 43 ans. (Ad<»*» c**® de Ravières.)
FuLVY. — Nicolas Dupont, insermenté, fut condamné à la déportation. Il se trouve sur la rouie de Texil avec . Ravie:*, son vicaire desservant Viliiers-les Hauts. Il fut remplacé par Paintandre.
Nuits. — Jean Antoine Servule Dupotet de Beuvron, insermenté. Il est dénoncé, le 17 avril 1792, comme persécutant les prêtres assermentés, les appelant intrus et défendant de s'adresser à eux pour les sacrements. (P. R.) Le 10 septembre, il obtient de la municipalité de Noyers un passeport pour se retirer à Genève; mais au lieu de s'expatrier, il trouve moyen de so cacher, et le 6 pluviôse V, il affîrme quUl n'a pas quitté le terriioire de la République depuis le 1^' mai 1792, et fait attester par douze citoyens de Nuits qu'il a résidé pendant ce temps chez les citoyens Caverot» notaire, Ch. Lochet et Delalevée. Il avait alors cinquante ans. On lui délivre un certificat de résidence et on l'admet à jouir du bénéfice de la loi du 14 frimaire V.,(Ado" c*« de Ravières.)
Dupotet avait été remplacé par Jean-Baptiste-François Berger qui, en 1793, se plaint des vexations que lui fait subir le maire (Dép.i 2 juillet.) Berger était membre du district de Tonnerre.
Stigny et Jully, — Jean-Emmanuel Tisserand a, je crois, refusé ou rétracté le serment.
Laiourcey, ex-bénédictin, vicaire, assermenté. Maintenu à Stigny, en 1803.
ViLLiERs-LEs Hauts. — Louis Ravier, vicaire insermsnté, fut condamné à la déportation. Le 28 août 1795, il écrivait, de Constance, à ses paroissiens, une lettre des plus touchantes, longue de dix-neuf pages. Il rappelle qu'il y a plus de quatre ans qu^il est arraché du milieu de son troupeau chéri. Par suite de sa déportation, il est sorti de France par le duché de Bouillon, où il trouva M. Dupont, curé de Fulvy et de ViUiers. Arrivé en Westphalie, à Dubner, diocèse de Munster, il lut bien reçu et y exerça pendant deux ans son ministère. Mais il pensait à ses paroissiens, il voulait les revoir et il a quitté la Westphalie il y a quatre mois. Après une marche fatigante du 150 lieues, portant son paquet sur le dos, il est arrivé à Constance, qui n'est éloignée de ViUiers que de 80 lieues. Mais de nouveaux obstacles l'ont obligé de s'arrêter là. Il donne à ses paroissiens des conseils spirituels et les prémunit contre les nouveaux curés constitutionnels qui ne sont que de faux prophètes. (P. R.)
Revenu bientôt à Villiors, Ravier forme une société catholique de Villiers, qui désire exercer le culte sous la direction d'un pasteur selon l'Eglise.
Depuis cinq mois, un prêtre du nom de Mariglier(v. Pasilly) faisait les offices à Villiers. Ses partisans se plaignent do Ravier, qu'ils trouvent exigeant. Ravier, soutenu par une grande partie de la population, s'était fait remettre les clefs du temple, et Mariglier avait été obligé de quitter la paroisse en présence des attroupements qui se formaient contre lui. Mais le 28 thermidor V, des plaintes sont portées contre ceux qu'on appelle des perturbateurs, et l'administration cantonale de Ravières, traitant Ravier de prêtre séditieux, ordonne la fermeture provisoire de l'église et renvoie les plaintes au tribunal correctionnel de Tonnerre. (Ad°" c*® de Ravières.)
Ravier avait été remplacé en 1792 par Imbert
En 1796, il y avait, comme ministre du culte à Villiers, Charles Bicbot, cx-curé de Chazerey, qui assiste à l'inhumation de M. Arendt à Ancy-le-Franc.
Canton de Tanlay
Ce canton comprenait : Tanlay, Ancy-le-Seroeux, Argentenay, Baon, Commtssey, Pimelles, Rugny, Saint- Vinnemer et Thorey.
Tanlay et Saint- Vinnemer. — Tanlay était une succursale dépendant de la cure de Saint- Vinnemer et l'administration de ces deux paroisses avait ceci d'anormal que le curé résidait à Tanlay et le vicaire à Saint-Vinnemer.
Toussaint Lepiince, curé, prête serment dans Péglise de Tanlay, le 30 janvier 1791. Le 13 août 179^ le département lui ordonne de fixer sa résidence à Saint-Vinnemer, chef-lieu de la cure et non à Tanlay. (Dép.) II fait le serment de souveraineté du peuple le 14 frimaire IV. (P. R.) Leprince était du diocèse de Chartres.
Jean-Robert Moutelle, châtil lonnais, vicaire, réfraciaire, est condamné à la déportation le 17 septembre 1792. Le 27 floréal II on ordonne de mettre le séquestre sur ses biens. (Dép.)
Daubenton, ci-devant cordelier à Tanlay, demande le 3 décembre 1791 à prêter, devant la municipalité d'Auxerre, le serment imposé aux prêtres non-fonctionnaires par décret du 29 novembre. Ce décret n'étant pas encore parvenu officiellement, on le prie d'attendre. (V. Sementron.)
Ancy lk-Serveux. — François Genuncl.
Jean-Bernard Laverdet fait, le 1" frimaire IV, la déclaration de souveraineté du peuple. (P. R.) Il habitait Ancy.
Argentenay. — Annexe de Lézinnes.
Baon. — Louis Thouvenin, ex-vicaire de Blacy, prête serment le 6 janvier 1791. En 1792, il réside à Chassignelles. Mais en Tan II il est de nouveau à Baon. Le 28 pluviôse, un commissaire se présente pour faire oisite s'il n'y aoatt point ches lui rien qui fut contraire à la loy. Thouvenin lui refuse l'entrée de sa maison. Le 30 brumaire IV, il iait la déclaration de souveraineté (Ad®^ d'Ancy-le- France et comité de surveillance de Tonnerre.)
CoMMissBY. — Charles-Joachim Harvier, assermenté.
PiMBLLES. — François Mole, assermenté.
RuGNY. — Edme -Augustin Campenon aurait été réfractaire, d'après l'ablié Roussel. (V. Seni. relig. des 16 et 23 novembre 1878.) Maintenu en 1803, mort en 1834.
Thorby. — François Boucheron, assermenté. (Roussel.)
Canton de Vésinnes
Ce canton comprenait : Vésinnes^ Bernouil^ Collan, Junay, Roffey^ Serriynyji TitBey et Vézannes
Vézinnes et Junay. — Nicolas Molard avait prêté tous les serments exigés. Mais ayant sans doute rétracté, il est dénoncé vers la fin de 1792 et jeté dans les cachots jusqu'à la mort de Robespierre. Au 18 fructidor, on Taccuse d'avoir célébré le culte après y avoir convoqué les citoyens; il est traduit au tribunal criminel do Tonnerre et condamné à un an de détention. On machine ensuite sa déportation, que le Directoire prononce le 18 frimaire VII. Molard prend la fuite. Soixante-douze habitants de Vézinnes et Junay écrivent au ministre en faveur de Molard, leur curé depuis quatorze ans. Parmi les signataires figurent Lemaigre, Protêt, Gogois, Manteau, Chanlay. (P. R.) Plus tard, Molard fut incarcéré à Troyes.
Bernouil. — Jacques Prignot. L'abbé Roussel le donne, à tort je crois, comme assermenté. Le 2o floréal IV, l'administration cantonale de Vézinnes le signale comme n'ayant pas prêté serment. (Ad»" c*® de Vézmnes.)
CoLLAN. ~ Pierre Burot, assermenté.
Pierre Piault, ministre du culte à Colian, est assigné le 19 ventôse V devant le tribunal correctionnel de Tonnerre, pour s'entendre condamner à 500 francs d'amende et à deux mois d'emprisonnement, pour avoir exercé le cul(e sans autorisation préalable. Il lui sera faii défense, sous plus grandes peines, de résider dans la paroisse. (Arch. Yonne. Police des cultes. M.)
Fut-il condamné ? Je ne le sais. Il n'était pas eu prison à la fin. de Tan V, car il prêta le serment requis à cette époque, et fit, le 7 fructidor VI, la déclaraiion pour exercer le culte à Tissey. Plus
lard, il revinl à Collan et fut encore dénoncé, le 15 brumaire VII, pour défaut de déclaration. (Ad®"» c^« de Vézinncs.)
RoFFEY. — Paul Desiioyers. L'abbé Roussel le donne comme fidèle et déporlé.
Il fui remplacé par François Priouzet (peut«ét'/e le même que celui qui, d'après Tabbé Roussel, étaii curé de Buxeuil et avait prêté SOI ment.^ A RofFey, il refuse le second serment du 15 août 1792. Le 20 floréal IV, il est dénoncé pour ce fait et on lance contre lui un mandat d'arrêt (Ad*»"» c*« de Vézinnes.) En 1803, Priouzet devient curé de Rofifey.
En 1793, il avait été remplacé par Beau.
Serrigny. — Louis-Nicolas Crenet, ex-vicaire de Notre-Dame de Tonnerre, assermenté. Il rétracte bientôt son serment, refuse de publier au prône certains décrets et est mis en réclusion. Il est mis en liberté le 7 pluviôse VI. (A*" c^* de Vézinnes.) Maintenu en
TissBY. — V. Tonnerre et Collan.
Vézannes. — Jean Fays, né à Langres vers 1750. L'abbé Roussel le donne comme assermenté. Cependant, le 20 floréal IV, Tadministralion le dénonce comme ayant refusé le serment prescrit par la loi de 1790. (Ad*"» c^» de Vézinnes.) Maintenu en 1803.
Canton d'Trouerre
Ce canton comprenait : Trouer re, Béru, Chemilly-sur-Serein^ FléySf Fresnes^ Moulins, Foilly- sur ^ Serein, Sainte -Vertu et Vicier s,
Yrouerre. — Paul Gauthier, né à Tonnerre, d*abord chanoine de Chablis, puis curé d'Yrouerre, prête serment le 30 janvier 1791. (V. Monceaux : La Résolution, n»* 529. 53d et 973.) Il fait, le 4 nivôse V, la déclaration de souveraineté. (Ad***^ c** de Noyers.)
Béru. — Jean-Baptiste Mathieu, vicaire, né à Montigny-le-Roi (Langres), en 1764, vicaire de Thivet, puis de Béru, insermenté, ou réfractaire, fut condamné à Ja déportation.
Obli^çé de se cacher, il se tint longtemps dans un caveau humide chez un jardinier de Chaumont et y contracta une maladie incurable. Outre plusieurs ouvrages imprimés, il a laissé dix-sept volumes in 4<» manuscrits surlediocèso de Langres. Il mourut, en 1829, chanoine honoraire de Langres. (Roussel.) Le 24 janvier 1793, Mathieu avait été remplacé par Malary. (V. Grimault ) .
Chemilly. — Pierre Georges Poinsot, assermenté. En 1791, il adresse à l'Assemblée nationale une requête qui montre sa charité pour ses paroissiens ruinés par un incendie. H avait fait construire le pont. à ses frais. Le Directoire du département appelé à délibérer rejette la requête du curé. Le contraste est frappant entre le
dévouement du curé et l'indifférence des membres du Directoire. Dép. (10 septembre 1791.)
Flêys. — Jean-Claude Grand, ex-cordelier, né au diocèse de Langrcs en 1728, prête le serment le 30 janvier 1791, après un discours pathétique analogue à la circonstance.
Frbsnbs. — Jean Renault, réfractaire^ est condamné à la réclusion en 1793. Le 20 avril, le procureur général syndic du district d'Auxerre, envoie un arrêté qui suspend provisoirement Texécution de la sentence.
En ventôse IV, Renault est dénoncé de nouveau et reclus à Auxerre. Le 27 ventôse il demande du vin à cause de son âge, de la faiblesse de sa constitution et de ses infirmités, ce qu'on ne lui accorde qu'après l'avoir fait visiter par le citoyen Roux, chirurgien. (M té Anxerre.)
Moulins. — André Bridan, né à Ravières en 1728, d'abord curé de Sambourg, asseriâenté, rétracte bientôt son serment, est poursuivi et condamné à la réclusion à Auxerre. Il avait alors 67 ans. (Dép. 26 ventôse IV.) (V. Sem. ReL, 23 décembre 1899.)
Il subit une seconde fois la réclusion en l'an VI, car le 7 floréal anVII, le ministre de la police générale écrit au commissaire du pouvoir exécutif du département : « Il y a environ dix -huit mois, l'administration centrale do l'Yonne a ordonné la réclusion du nommé André Bridan et demande sa mise en liberté ; sauf à être mis en surveillance dans le canton de Ravières, pour obtenir des secours de sa famille, vu son grand âge et ses intirmités. » Ce qui lui est accordé. On le trouve une troisième fois reclus â Auxerre, et le 27 nivôse VIII, on l'autorise à sortir chaque jour, mais il ne devra pas quitter la ville. Néanmoins on lui permet bientôt de sj retirer à Ravières. 11 y reste d'abord sous la surveillance de la municipalité, et le 13 veniôse VIII, il obtient un passeport pour Paris (M té Auxerre.)
PoiLLT. — Claude Forgeot, né à Chaumont, vers 1747, assermenté.
Sainte- Vertu. — Mathieu Michaut, d'abord curé^ d'Arthonnay. Il fui doyen de Noyers en 1803.
Il y a, aux archives de PYonne, une liasse de pièces concernant un nommé Michaut, missionnaire, qu'on accuse d^exciter les prêtres à la révolte. On le cherclie à Vertu-sur-Serein. On accuse l'agent et les gendarmes de s'y être mal pris ôt de l'avoir laissé échapper. S'agit-il du curé de Sainte- Vertu, de Pierre Micliaut de Buiieaux, ou d\iii Claude Michaut condamné â la déportation, après quatre ans de fer? Mes notes ne me suffisent pa.'s pour élucider cette question.
Viviers. — Royer, assermenté.
DISTRICT DE SAINT-FLORENTIN - Canton de Saint-Florentin
Ce canton} comprenait : Saint- Florentin^ Aorolles, Chéu^ Germigny et Jaulges.
Saint-Florentin. — Tonnelier. (Aucun renseignement.) Claude -Anastase Guillaume, né le 27 avril 1752 et ministre du culte à Saint -Florentin, assermenté, ayant été obligé de cesser ses fonctions, donnait des leçons de dessin et de violon. Dénoncé le 19 fructidor VI, comme un prêtre dangereux, il est condamné à la déportation le 22 du même mois. Le 4 vendémiaire Vil, on procède à son arrestation, ce qui ne se fait pas sans difficulté. Des attroupements se forment, on injurie les représentants du gouvernement, un citoyen armé d'un sabre veut délivrer le prisonnier. Le curé et les chefs d'attroupements sont conduits à Auxerre le lendemain. (P. R.) Ces manifestations en faveur de Guillaume le justifient de Tépithète de coquin accolée à son nom par une administration du département.
Le 6 vendémiaire VII, le département donne ordre de le transférer à rile de Ré, où il reste du 25 octobre 1798 au 19 février 1800.
Curé de Saint-Florentin en 1802, il meurt le 2 janvier 1805.
L'administration municipale de Toulon écrivait, en l'an IV, à Tadjudant-général Noël Hérard, au quartier général de Dijon, la lettre suivante communiquée le 13 thermidor à l'administration de Saint-Florentin.
• Nous nous empressons, citoyen général, de vous annoncer, avec cette enthousiasme qu'éprouvent les républicains lorsquMIs voyent tomber la tête des ennemis de la République, que monsieur Paul Decourtives vient d'être radié aujourd'hui avec le plomb. Puissent tous ses adhérents recevoir bientôt la punition due à leur perfidie. Vive la République. Salut et amitiés. »
Cette pièce était, si je ne me trompe, dans le dossier relatif au clergé. Il y eut doux prêtres de ce nom à Ligny-le-Chàtel, au milieu du xvni* siècle.
AvROLLEs. — Pierre-Simon Caminot prête serment le 30 janvier 1791 mais il le fait précéder d'un préambule contenant des protestations qui ,en détruisent le sens et la portée. Le maire échange à ce sujet une correspondance avec le procureur syndic du district de Saint-Florentin ; celui-ci demande que le curé prête de nouveau serment. Mais au lieu de le faire Caminot s'efforce, dans un discours, de justifier sa conduite par plusieurs citations de lois ecclésiastiques qui, selon lui, interdisent à la puissance civile toute espèce de juridiction, d'inspection et d'autorité sur le clergé.'
Le Directoire considérant que ce discours a pu donner des doutes sur la sincérité du serment comme sur le civisme et le dévouement dudit sieur curé à la nouvelle constitution, Tinviie à envoyer son acte de prestation de serment. (Dép. 24 février 1791.)
Le 10 mai, le département invalide le serment de Caminot et arrête au'il sera remplacé. (Dép.) Le 12 juin, les électeurs du district se réunicsent au nombre de 50 et nomment curé, Etienne- Claude Beugnot ci-devant chanoine de Brienon. Beugnot est installé le 23 juin, jour de Fête-Dieu, par Tadministration du district, assistée de la gendarmerie, par crainte de l'opposition d*une partie des habitants. (P. R.)
Caminot se tient caché pendant quelque temps. Le 24 septembre 1792, on décide qu'il sera arrêté et déporté s'il reparaît dans le district. (R, P.) Caminot s'était réfugié en Italie.
Curé du Mont 1803 1808, de Sergines 1808-1820, il se retire à Bouillyoù il meurt en 1829. (Voir abbé Cornât, Mont-St-Sulpice)
Mathieu Picard, d'AvroUes, qui avait été curé de Saint-André de Joigny, fut condamné à la déportation le 13 brumaire VI (P. R.) et mourut à Cayenne (V. Semaine religieuse du 6 juillet 1878.)
Chéu. — Dumesnil était encore ^curé en 1803.
Germigny. — Louis Crochet, vicaire de Gien, curé de Beines, curé de Germigny en 1779, assermenté le 30 janvier 1791. Le 3) septembre 1792, en faisant le serment de liberté, il déclare que cette loi était déjà gravée dans son cœur. Plus tard, il devient commissaire du pouvoir exécutif près le canton de Chablis. (On peut consulter, à son sujet, Monceaux : La Réoolution, n°* 1^'28 et 32t2 à 3256, et un article de M. Joly, dans le BuL Soc. se, de l^ Yonne, 2« semestre de 1888.)
Marie-Boiiaventure Thiénot, ex-cordelicr d'Auxerre, vicaire de Germigny le 31 mars 1790. Le 22 pluviôse III, on lui ordonne de se retirer au chef-lieu du district ou dans une ville de plus de 5 000 âmes. (P. R )
Jâulges — Jacques-Hilaire Moreau, de Saint -Florentin, assermenté. Considéré plus tard comme réfractaire, il est condamné à la déportation le 22 prairial VI, à l'âge de 56 ans. Il reste à l'Ile de Ré du 5 août 1798 au 24 février 180'). A son retour, il se retire à Jaulges avec Philippeau de Saints, Robert de Pontigny, Gueneau de Nitry, et Monnet de Précy. (P. R.)
Canton de Brienon
Ce canton comprenait : Brienon, Ballechaume, Bligny, Esnon, Mercy et Faroy-en-Othe.
Brienon. — Jean Hunot aîné, chanoine trésorier et curé, Sébastien Hunot puîné, vicaire et François Hunot, jeune, chanoine,
tous trois nés à Briènon, prêtent d'abord serment, mais le rétractent bientôt. Leur rétractatiou est signalée au département le 17 juillet 1792. (Dép.). Condamnés à la déportation, ils arrivent à Rochefort le Î3 mai 1794 et sont embarqués sur le Washington-
Jean et François moururent au mois d'octobre et Sébastien au mois de novembre 1794.
On trouve des détails fort édifiants sur ces martyrs de la foi dans les Mémoires de M. Soudais publiés dans la Semaine Religieuse de 1866 et la Vie de Michel Soudais, (Voir aussi : Semaine Religieuse dn 5 octobre et du 23 novembre 1878 — Monceaux, op. cit., n°«2348 et 2355.)
Edme Lancôme, né à Brienon, chanoine de cette ville, arrêté vers la fin de 1773, est condamné à la déportation avec Soudais, les frère Hutiot et plusieurs autres  cause de son état de santé, on le laisse à Âuxerre, mais il y est soumis à toutes sortes de mauvais traitements.
Jean-François Saint-Jean, né à Saint-Paul (Artois), autre chanoine de Brienon, n*avait pas été emmené avec les autres à cause de sa mauvaise santé. Le 28 germinal II, le département réclame son transfert à Auxerre. Les administrateurs du district ayant répondu que, d'après le certificat du médecin, il n'est pas transportable, on ordonne une nouvelle visite. Enfin le 11 prairial II, on se décide à le faire conduire à Auxerre par Thierriat, membre du comité de surveillance. A peine arrivé, on Tenferme dans le ci-devant séminaire et on le met entre les mains de deux officiers de santé qui diront, non pas si on doit le renvoyer chez lui, mais s'il n'est pas absolument hors d'état d'être déporté. (P. R.^
Le 15 frimaire III, on vend les objets mobiliers trouvés chez les cinq chanoines 6i-dessus nommés, déporté.s ou reclus. (Id.)
Libérés vers la fin de Tan III, LancAme et Saint-Jean sont bientôt inquiétés de nouveau. Le 23 nivôse IV, des rassemblements séditieux ont lieu en leur faveur et la maison du commissaire du directoire exécutif est criblée de pierres. Le département ordonne, le 3 pluviôse, au commandant de gendarmerie de protéger l'arrestation et le transfert à la maison de réclusion d'Auxerre desdits prêtres. (Dép.)
Le 10 avril 1796, un citoyen de Brienon écrit une fort belle lettre pour demander leur liberté. (P. R.)
Avaient-ils échappé aux recherches ou s'étaient- ils évadés? Le 22 prairial IV (juin 1796) le commissaire du directoire ordonne des recherches afin de les livrer à la justice nationale. Lancôme avait alors soixante ans et Saint-Jean quarante ans. (V. Joigny, Fromentot.) (Collection Chauvin, Chablis.)
Un autre prêtre de Brienon, Jean-François-Xavier ilunot, est
condamné à la déportation le 14 brumaire VII. ^P. R.) Sans doute le même que le curé de Champlost en 1803.
Bouveret, chanoine. (V. Bouilly.)
Bbllbchaume. — Jacotin, assermenté, maintenu en 1803.
Bliony. — Cossé.
EsNON. — Deschamps.
Mercy. — Segault.
Paroy. — Adrien Saint-Yves, né à Reims, prémontré de Dilo, prieur-curé de Paroy, assermenté, rétracte son serment. Le 22 pluviôse III, on lui ordonne de quitter sa paroisse pour prendre résidence au chef-lieu du district ou dans une ville de plus de 5O0O âmes. Condamné à la déportation le 26 thermidor VI, il reste à Tile de Ré du 19 octobre 1798 au 9 février 1800. (P. R.) Maintenu à Paroy à son retour ; il meurt en 1804.
Canton de Cerisiers
Ce canton comprenait : Cerisiers, Arces, Cérilly, Coulours, Dilo, Fournaudin, Vaudeurs et Villechétive,
Cerisiers. — Carmentrand.
Arcbs. — Guénin, assermenté, rétracte son serment. Le 22 pluviôse III, on lui ordonne de quitter sa commune et de prendre résidence au chef-'ieu du district ou dans une ville de plus de 5 000 âmes. (P. R.)
Arces. — Pierre, neveu de Pierre, curé de Champlost, ministre du culte à Arces
Le 26 fructidor VI, Tadministration du canton de Cerisiers fait un rapport sur IVsprit public dans ce canton On y lit au sujet de Pierre, d'Arces : • Il observe les saints canons avec une ferveur peu commune. C'est lui qui célèbre toutes les momeries du fanatisme avec la plus grande pompe aux jours marqués par son rituel... Il reconnaît toujours l'autorité de son évoque exercée par des grands vicaires à Sens, et même du Saint-Siège, qui a aussi son fondé de pouvoirs on ne sait où.
Deux ans auparavant, à l'occasion de la vente du presbytère, on avait été obligé d'envoyer la force armée pour rétablir l'ordre.
Les communes voisines et du même canton marchent dans le même sens et font peut-être pis encore; car bien des gens et surtout des femmes y ont conservé l'usage, aboli partout ailleurs, d'aller à confesse. • (P. R.)
Cérilly. — Costel prête serment avec restriction. Ce serment n'étant pas considéi^é comme valable, on remplace Costel le 26 juin 1791. Le 24 décembre 1792, on le signale comme ayant disparu du district ; s'il reparaît il sera déporté. (R. P.)
CouLOURS. — Hybord, de l'ordre de Saint -Jean-de-Jérusalera, curé de Couleurs, assermenté.
DiLO. - Bocquet, prieur-curé, asseroïenté. En 1790, on .lui avait accordé, ainse qu'à Couppé, de Villechétive, une partie des meublés de TAbbaye de Dilo.
FouRNAUDiN. — Daubresse. Le 17 novembre 1792, les habitants élisent pour curé, Louis-Joseph B.... qui reçoit des pouvoirs de Loménie. (V. Perrin, Loménie^ p. 87*)
Vaudeurs.— Pierre Robin, condamné à la déportation , le 18 ventôse VII, est écroué le 7 germinal Vil à Dijon, à Page de 73 ans. Le 15 germinal, le département émet Tavis que la déportation soit commuée et le 18 on le renvoie en réclusion à Auxerre. (Ecrou Dép.)
Villechétive. — Couppé, ci- devant prémontré-chantre de Dilo, assermenté.
Canton de.Flogny
Ce canton comprenait : Flogny^ Butteaux, Carisey, Dyé, La Chapelle, Percey et V illier s- Vineux
Flogny. — Nicolas Meignen prête serment et le rétracte presqu'aussitôt. Dés le mois d'août 1791 il est question d'élire un curé à sa place. (Dép. 2 août.)
Il est signalé comme étant parti sans passeport ; s'il reparaît, il sera déporté. (Lettre du 24 septembre 1792. P. R.) Il fut plus tard curé de Lamarelle (Haute-Marne ) (Roussel).
Curé en 1792, Blandin.
François Moussu, d'abord curé de Vézinnes, chapelain d'un bénéfice à Flogny, assermenté, prête aussi le serment de liberté en 1792. Il fait preuve de civisme et est autorisé à rester à Flogny le 3 nivôse III ; il était à cette époque, assesseur du juge de paix. En floréal IV il exerce le culte à Villiers-Vineux, sur la demande des habitants, qui ont fait le 14 vendémiaire la déclaration voulue par la loi.
Il fut aussi cette même [année, maire de Flogny. Ad®" c*^» de Flogny et P. R.)
Butteaux. — Charles Legouest avait promis de prêter serment ; mais l'administration déclare qu'il ne doit pas Tavoir prêté : il sVst d'ailleurs retiré à Carisey vers 1792 et il y fait pour lui^niême^ en l'an IV, les exercices religieux. Il prête le serment de liberté le 21 décembre 1792 ( Ad»" c**® de Flogny.)
Pierre Michaut dit Limonade, missionnaire du Loango en Afrique, rentre en France en 1790 et réside à Butteaux depuis le 1*' messidor III. Le 9 floréal IV, le département demande des rensei •
gnemenU sur les serments qu'il a prêtés cl le fait poursuivre pour infractions aux lois concernant les cultes. Le 21 floréal IV, le juge de paix fait son enquête, et relève contre lui des charges que j'aime à signaler Un témoin Taccuse de ce qu^il ne veut pas se laisser appeler citoyen. D'autres rapportent que depuis un mois, Michaut faisait dabord annoncer la messe avec la cloche civique ; puis de concert avec l'agent, il la fait annoncer à son de caisse et en der* nier lieu par des enfants avec des tarterelles. On lui reproche d'avoir dit que les mariages faits devant l'officier public sont des mariages de payons. Un dernier témoin déclare qu'il a vu plusieurs fois Michaut faire des enterrements dans le cimetière proche Téglise, revêtu de sa soutane et de son surplis. (P. R.)
Pour répondre à ces accusations, l'administration de Flogny atteste que Michaut a fait la déclaration requise par la loi de vendémiaire. Peu après, les habitants déclarent qu'ils veulent exercer leur culte dans l'église et qu'ils choisissent Michaut pour ministre- (V. Sainte- Vertu)
Carisby. — Joseph Benoit préie serment le 23 janvier 1791. Plus tard il le rétracte ou tout au moips y ajoute des restrictions. Le 3 prairial IV, le commissaire du pouvoir exécutif constate qu'il y a sur le registre, des surcharges qui lui font douter de la valeur de ce sermeni. (Ad«^ c*^« de Flogny.)
Dyé. — Charles Frédéric que Dieu veut Leclerc^ est élu curé par *e district le 12 juin 1791 et reçoit le 13 juillet ses pouvoirs dé l'évéque de l'Yonne. II prête les serments requis par les lois. Mais le 30 messidor VI, le commissaire du canton constate des ratures, des surcharges, des signatures mal apposées. Leolerc avait sans doute demandé la radiation de son serment, ou avait ajouté des restrictions. (Ad«" c*** de Flogny.)
La Chapelle — Nicolas Varney prête les serments requis par les lois de 1790, 1792 et vendémiaire IV. (Ad»» c»i» de Flogny — 30 floréal IV.)
Percey. — Beau, prête serment et le rétracte presque aussitôt* (Dép. 2 août 1791.) Le 24 .septembre 1792 on le signale comme étant partisans passeport et on déclare que s'il reparaît il sera déporté» (P. R.) Le 11 ventôse VI, on le considère toujours comme émigré et déporté et on décide de le rayer de la liste des électeurs. (Ad<» c*'* de Flogny.)
L'abbé Roussel fait à tort un même personnage d'un Claude Beau qui aurait été successivement vicaire de la Chapelle-Flogny. d'Annoux, curé de Percey, vicaire de Blacy et curé de Dissangis. D'abord le curé de Dissangis a pour prénom Laurent et prête tous les serments requis. Beau, do Percey, au contraire, est r^fract^ir^ et obligé de se soustraire à la persécution.
Jean-François Dupuy, domicilié à Percey depuis le 28 nivôse IV, venait de Maine-et-Loire et était un ancien religieux minime de Laon. Il avait été obligé de quitter le pays du Maine en 1793 II prête le serment de Tan IV Le 26 pluviôse VI, il fait savoir qu'il va se retirer à Saint- Florentin. (Ad^n c*^» de Flogny.)
Gaiimard. (V. Neuvy.)
ViLLiERs- Vineux. — Louis Lambert, fidèle et condamné à la déportation. iRoussel.)
Moussu. (V. Flogny).
Canton d'Héry
Ce canton comprenait : Héry^ Bleigny, Hautèrioe, Montigny Pontigny, Rowsray et Venouse
Héry . — Etienne Dambreville, assermenté. Membre du Directoire du district de Saint-Florentin en 1793 et 1794. (V, Monceaux, op. cit., n«269.)
M. Molard, dans les procès- verbaux du département (t. III, p. 47), cite un nommé Belot, ancien trésorier de la chapelle du château de Seignelay, assermenté, qui a rempli pendant quelques mois les fonctions de vicaire à Héry.
Le 23 floréal VÏI, des citoyens, qu'on traite de fanatiques, se présentent chez Tagcnt national et le forcent à donner les clefs du temple. Logent est obligé de demander des gendarmes pour empè • cher de célébrer la fête de saint Louis. (P. R.)
Bleigny. — Antoine Berold, assermenté, prête encore le seraient de Tan V, ainsi que Ëdme Martineau, prêtre résidant à Bleigny. (P. R.)
Hauterive. — Chancelle (1791). Mire (1792). Aucun renseignement — Coquerelle (V. Seignelay.)
Montigny -— Delamotte.' (Aucun renseignement.)
Jean- Baptiste Maugras, ancien vicaire de Ligny, prêt*» les sernaents de 1792 et de l'an V. Maintenu à Montigny en 18' 3.
PoNTiGNY. — Jean-Baptiste Mariette, religieux do Pontigny, devient curé constitutionnel en 1791.
Jacques-Joseph Py, ci-devant religieux de Pontigny, né le 8 août 1744, fait, le 20 prairial III, la déclaration nécessaire pour exercer le culte à Beaumont. (Mté Beaumont.) Le 12 brumaire IV^ il fait la déclaration de souveraineté du peuple, et le 17 du même mois les habitants de Beaumont déclarent qu'ils choisissent leur église pour l'exercice du culte. (Dist. Auxerre.)
Jeau-François- Pierre Demorienne, ci-devant religieux de Pontigny, fait le serment de liberté, à Auxerre, le 13 novembre 1792.
Pierre-Jean-André Costemberg, prête, à Pontigny, le serment de Tan V, ainsi que Gi'bcrt Boutarel.
Claude-Nicolas Ecureux, résidant à la Rcsie, prête le serment de l'an V. (V. Villeneuve-Saint-Salves.)
Potherat de Corbierre, ci -devant religieux, devint vicaire et officier public de Neuvy, en juin 1792.
François-Nicolas Robert, né à Melay (Haute-Marne), en 1757, ci-devant religieux de Pontigny, assermenté, remplit pendant très peu de temps les fonctions de vicaire à Chablis, en 1791. Plus tard il réside à Maligny et dessert Villy. Condamné à la déportation, le 14 brumaire VII, il est enfermé à la maison d'arrél de la citadelle de Ré, le 6 nivôse VII. Libéré le 16 pluviôse VIII, il est envoyé en résidence à Jeaulges. (P. R.) Il est nommé ensuite curé de Pontigny, où il meurt en 1821.
RouvRAY — Jean-Pierre Joly prête serment en 1791 et en l'an V, (P. R.^
Venouse. — Allégrvît, assermenté.
André-Elie Ablon prête, à Venouse, le serment de Tan V. En 18<^3, il est curé de Rouvray.
Canton de Ligny le-Ghàtel
Ce canton comprenait . Ligtiy^ la Chapelle- Vaupelteigne^ Lignorelles, Maligny, Méré^ Varennes et Villy
LiGNY. — Louis Bouteille, né à Clamecy, d'abord vicaire de Saint-Pierre de Langres, assermenté. En 1792, il fait le serment de liberté avec Jean-Baptiste Maugras, son vicaire, qui, peu après, devient curé de Montigny.
Le 17 pluviôse II, Bouteille est dénoncé à l'accusateur public, puis arrêté et détenu au séminaire d'Auxerre, le 1"' ventôse II. En Tan III, il proteste contre sa détention et demandera sa mise en liberté. Lo 21 frumaire III, le conseil général appuie sa demande en lui délivrant un certificat de civisme et répond de sa personne, affirmant qu'il nVôté dénoncé que par passion et malveillance. Pondant sa réclusion. Bouteille avait été porté sur la liste des prêtres émigrés ou déportés ; il réclame contre cette inscription et il est rayé de la liste (11 nivôse 111) (P. R )
Le i»' nivôse VI, on constate qu'il est absent depuis six semaines. Son absence paraît suspecte. Et comme un peu plus tard il fait demander, par huissier, un certificat de ses serments, le président de l'administration répond qu'il est censé mort civilement et réfuse le certificat. (Ad®° c**« de Ligny.) Trois jours après. Bouteille, qui n'était pas caché bien loin, reparaît et prête le serment de l'an V.
Bouteille fut condamné à la déportation le 14 brumaire VII ; mais il sut encore éviter l'exécution de cette sentence. Le 28 ger-'
minai VI!, il déclarait qu'il renonçait à son incolat, à Ligny, pour alltr habiter à Dancevoir (Haute-Marne). P. R.)
La Chapelle-Vaupelteigne. — Gaspard Mulson, ci devant chanoine de Tonnerre, insermenté: est condamné à la déportation dès 1792, part sans passeport. (P. R.)
Louis-Marie Fosseyeux, ci -devant chanoine ùe Chablis, le remplace et prête serment. Le 1" nivôse IV, il réside à Ligny, comme fonctionnaire public; il avait alors 33 ans. Plus^ tard, il va à Coulanges- sur-Yonne comme procureur de la commune, et enfin va remplir les fonctions d'instituteur privé à Varzy (Nièvre).
Forney, ci-devant Chartreux, remplit les fonctions de ministre du culte à la Chapelle, en Tan IV, après le départ de Fosseyeux. (Ad°» c*^® de Ligny et arch. de Coulanges.)
LiGNORBLLES. — Jeau-François Bougault, auparavant curé d'Héry, assermenté. 11 n'a pas dû quitter sa paroisse pendant la Révolution et y fut maintenu.
En l'an V, les habitants de Lignorelles se révoltent à l'occasion de la vente du presbytère et on leur impose une garnison de gendarme pour les mettre à la raison. (Monceaux, n» 2799.)
Maligny. ~ Nicolas Viochot, ex-vicaire de Selongey, où il était né en 1735, assermenté, devient officier municipal de Maligny. Le 16 nivôse 111, on Tautorise à rester parce qu'il a fait preuve de civisme. Le 11 floréal V, on l'insulte dans le lieu destiné à l'exercice du culte, pendant la célébration du Te Deum, à l'occasion de la paix. Joseph Allard et Edme Laroche sont condamnés pour ce fait le 9 messidor V, à un mois de prison et 200 livres d'amende. (Monceaux, n- 2750, 2815 et 2836.)
Le 8 messidor VI , Viochot se relire à Autun chez sa sœur Le 8 brumaire VII, il est condamné à la déportation ; mais il obtient de l'administration de Ligny un certificat de civisme. On atteste qu'il n'a pas cherché à fanatiser le peuple, qu'il fréquentait les fêtes nationales aussi exactement qu'il pouvait et prononçait des discours en faveur du gouvernement républicain. ( Ad*»"^ c*^® de Ligny.) Maintenu à Maligny en 1803. Il se retire à Tonnerre en 1822 et y meurt en 1825.
Jean Desvoitines, né â Coiffy-le-Bas, assermenté, est percepteur à Maligny en l'an III et obtient l'autorisation de rester dans la commune à cause de son civisme. En l'an VI, il est ministre du culte, après le départ de Viochoi. Il est condamné à la déportation le 14 brumaire VII. (P. R.)
Jean-Baptiste Blanchard, prêtre, réside à Maligny depuis le 25 vendémiaire VI. Il avait 72 ans.
Robert. (V. Poniigny.)
Jean-Baptiste Dcbrienne dcjmande, le 7 floréal VI, à l'adminis-
tration cantonale de le faire nommer instituteur à Ligny. En l^an VII, il demande à exercer le cule à Maligny. (Ad®" c*** de Ligny.)
Méré. — Balthazar Tridon, né à Cérilly en 1746, ex-vicaire de Fainles-Moutiers, assermenté.
Varennes. — Edme-Martin-Sébastien Jourdeuil , ex-vicaire de Courtenot, assermenté ; il ne résidait plus dans le canton en Tan VI. Maintenu en 1803.
Rivât i?).
ViLLY. — Pierre Rosier, né à Breuvannes, assermenté.
Nicolas Antoine Millot, ex-vicaire de Roôcourt-la Côte, curé en
1792, assermenté, puis curé d'Oudincourt. (Roussel).
Canton du Mont-Saint-Sulpice
Ce canton comprenait : Le Mont, Bouilly, Cheny, Chichy
Ornioy^ Rehourseaux et Vergigny
Mont-Saint-Sulpice. — Le curé, Nicolas Vallours, né à Champlost, malade pendant les quinze dernières années de sa vie, avait pour le suppléer un desservant, M More, et un vicaire, M. Moreau. Vallours mourut en novembre 1793.
Jean More, né à Neuvy-Sautour en 1753. Le 23 janvier 1791, il s'absente de la paroisse pour n*avoir pas à prêter le serment. Mais il se laisse gagner et prononce la formule imposée, le 2 février. Bientôt Rome parle. Dès lors More est décidé à rétracter son serment. Il le fait solennellement du haut de la chaire le 3 juillet et il exige que sa rétractation soit inscrite sur le rcgstre de la municipalité. « J'ai toujours été décidé, écrit-il, à ne jamais me séparer de l'Eglise romaine et à ne point tomber dans le schisme et je sens que le serment que j'ai prêté m^y conduisait. La droiture de mes intentions, mon attachement à la religion. catholique, dont je suis le ministre otqui sera toujours chère à mon cœur, me font prendre sans balancer le parti de rétracter mon serment... h Cotte admirable profession de foi a été donnée en entier par le P. Cornât, dans ndi Notice sur le Mont-Saint-Sulpice, Il se retire àNeuvy, demande, en 1792, un passeport pour Fribourg et se retire en Suisse. Il était menacé de la déportation.
Après avoir passé quatre ans à Soleure, il revient au Mont où il donne en cachette les secours de la religion. Puis il se réfugie dans un château pour échapper à la déportation.
Curé de Butteaux en 1803, il est nommé curé du Mont en 1808, se retire en 1820 aux Chevalliers, commune d'Hauterive, où il meurt le 24 lévrier 1830.
Louis-Martin Moreau-Dufourneau, né à St-Florentin, assermenté le 23 janvier 1791, est mis en réclusion à Auxerre le 30 novembre
1793. Il demande, le 18 fructidor II, un certificat et obtient sa li* berté le 16 octobre 1794. ',Mté Aux.) Revenu au Mont, il y exerce le
ministère d'abord en cachette, puis publiquement après la déclaration exigée. Condamné à la déportation le 18 ventôse VI, il est embarqué sur la Bayonnaise, le !•' août 1798. Libéré le 25 août 1800, il prend place, à ses frais, sur le Victorieux, Mais au moment où le navire va atteindre Bordeaux, il est pris par une frégate anglaise. Conduit à Lisbonne, M. Moreau revient en Franco par J'Espagne.
Curé de Champigny en 1803, il meurt le 11 septembre 1810.
(Voir abbé Cornât . Notice sur le Mont-Saint-Sulpice.)
BouiLLY. — Kdme Adrien Dupuis, assermenté, fait le 1" brumaire IV, la déclaration voulue pour exercer le culte à Joigny. (Arch. Joigny).
Jean-Baptiste Bouvret, né à Brienon en 1762, chanoine de cette ville, puis curé de Bouiliy, où il travaille avec zèle au salut des âmea. Chargé de desservir la paroisse du Moni pendant la détention de M. Moreau, il est bientôt dénoncé lui* même, conduite Paris, condamné à Téchafaud , le 18 fructidor II, comme contrerévolutionnaire et exécuté .le jour même en place de Grève. Ses biens sont mis en adjudication le 14 ventôse III. (Monceaux, n^ 2355 ) (V. Sem. relig. du 31 août 1878.)
Chbny. — Daniel Lépagnol, assermenté. Le 22 pluviôse III, on Toblige à se retirer au chef-lieu du district ou dans une ville de plus de 5000 âmes. (P. R.)
Chichy. — Vincent, assermenté. Même décision que pour Lépagnol.
Ormoy. — Gallot, assermenté.
Rbbourseaux. — Edme Médard Lasseur, prête serment et le rétracte presque aussitôt. Condamné à la déportation le 19 novembre 1792, il se retire sans passeport en Angleterre. (P. R.).
Vbrgigny. — Les deux fières Louis Pouillot et Jean -Pierre Pouillot sont condamnés à la déportation le 14 brumaire VII. L'un des dfux avait déjà été en réclusion à Mont-Armance (Saint-Florentin.) (P. R.)
En 1^03, Louis est curé de Jaulges ; Jean-Pierre est maintenu à Vergigny.
Canton de Neuvy-Sautour
Ce canton comprenait: Neuvy^ Beugnon, Lasson, Sormery et Soumaintrain.
Nbuvy. — Jean-Baptiste Henry, né à Parly, génovéfain, prieurcuré de Neuvy, asseï mente, était membre du district on 1793. En Tan V, le commissaire du dire^itoire du canton le prend à partie. Il écrit le 3j brumaire : < A Neuvy oa donne aussi quelques coups de carillon pour les baptêmes et mariages ; mais le curé ayant ouï
dire que je lui ferai donner un billet de logement, on est venu me dire que c^étaient des enfants qui avaient commis cette contraven lion. » Le 6 pluviôse, il le dénonce de nouveau parce qu'il continue à quêter. Le 13 pluviôse, nouvelle lettre où il dit que « les ennemis de la République s'agitent en tous sens. > Bientôt ces dénonciations amènent un résultat et Henry est condamné à la déportation le 22 fructidor VI. Arrivé à Tile de Ré le 25 octobre 1798, il est libéré le 24 février 1800. Maintenu à Neuvy en li03, il meurt en 1821. A son retour «le l'exil, il était en résidence à Seignelay. (P. R.)
Sébastien Galimard, né à Saint> Florentin en 1757, prêtre de rOratoire, est nommé en 1790, légent du collège de Saint- Florentin Condamné à la déportation, il reste a TIle-de-Ré, du 26 décembre 1798 au 24 février ISOO. Il réside quelque temps à Seignelay, puis est curé de Bœurs de 1812 à 1830. (P. R et Semaine Religieuse du 5 avril 1879.) Est-ce le même que le curé de Percey en 1792? Dans les pièces qui le concernent on ne le donne que comme ex prêtre de l'Oratoire
Le 16 floréal VII le commissaire de Neuvy écrit, les larmes aux yeux, que le 12, on a brisé les arbres de liberté. Lettre curieuse. (P. R.)
Beugnon. — La Semaine Religieuse a publié les Mémoires de Michel-François Soudais, en 1866. Ces Mémoires ne concernent que sa première déportation, (28 avril 1794, 6 mars 1795). Guenot, dans sa vie de Michel Soudais, donne le récit de sa double déportation. La Semaine Religieuse du 5 octobre 1798, contient une courte notice sur ce cotjfesseur de la foi.
J*ai néanmoins quelqu s renseignements officiels à donner pour confirmer et compléter ce qu'on sait de M. Soudais.
Par arrêté du il brumaire II, le comité do surveillance do Saint- Florentin, décide de transférer Soudais, de Saint Florentin à Auxerre. Il envoie sur son compte un dossier volumineux qui entraine la condamnation à la déportation, le 27 floréal II. ^P. R. et Dép ).
En 1795, Soudais rentre à Beugnon; mais à peine y est-il qu'il est dénoncé de nouveau. Le Commissaire du pouvoir exécutif déclare qu'il est sujet aux dispositions de la loi du 3 «Jiumaire IV; le 11 nivôse IV, le départemeni ordonne son arrestation et ^a réclusion à Auxerre (Dép.) Mais cette fois Soudais se dérobe Le iS prairial IV, ou réquisitionne la gendarmerie de Saint-Florentin, pour le lechercher. Ou présume qu'il se retire, tantôt chez son frère à Dilo, tantôi chez le ci-devant prieur dudit lieu. (Dép.) Monsieur le curé de Couleurs lient d*un vieillard qu'il y a à la Longueraie, hameau de Cerisiers, une grange où Soudais, obligé de se
cacher, disait la messe. Le ?6 thermidor, le département le fait rechercher dans la commune de Mercy. Le 6 pluviôse V, on dénonce encore le fuyard et réftactaire Soudais. Guenot dit qu^à ce moment il s'était retiré dans le département de TAube Le 23 nivôse VI, Iç département fait savoir qu'il réside à Mercy où il fanatise le peuple et royalise les esprits et donne ordre de Tarréter. (Dép.) Cette fois on réussit à le découvrir et il est condamné de nouveau à la déportation.
Dans les pièces sur la Révolution, série L., se trouvent trois pièces intéressantes concernant M. Soudais :
Une pétition de Marie^Soudais,, sœur do Michel Soudais Elle demande au préfet de l'Yonne, la mise en liberté de son frère, faisant valoir que sa santé est altérée
Un certificat ( 2 prairial VII) de Bruslé, officier de santé à Saintes, ancien médecin en chef de la marine, au port de Rochefort . CDans ses mémoires, M. Soudais parle des bons soins donnés par M. Bruslé aux déportés.) M. Bruslé certifie qu'il a donné des soins au citoyen Michel Soudais, pendant tout le temps qu'il est resté enfermé à la maison Notre-Dame à Saintes, pour des affec tions scorbutiques très graves qu*il avait contractées, pendant son séjour sur les vaisseaux où il a souffert tous les maux réunis. Il déclare en outre que, quand il fut rendu à la liberté» à l'époque du 16 ventôse III, sa santé était dans un tel état do délabrement qu'il était facile de jnger qu'il serait impossible de le rappeler dans un état heureux. Les circonstances où il se trouve en ce moment, (an VII) aggravent sa situation et la rendent très dangereuse pour sa vie.
Certificat (14 ventôse VII) de deux autres officiers de santé de nie de Ré. Ils attestent qu'ils ont donné des soins à Michel Soudais pour des affections scorbutique* graves.
Ces deux certificats venaient sans doute à l'appui de la pétition de Marie Soudais en faveur de son frère (P. R.)
Michel-François Soudais, né à Champlost le 12 mai 1753, vicaire de Champlost, puis d'Âuxon, curé de Beugnon en 1790, est déporté une première fois d'avril 1794 à mars 1795, à Rochefort. Déporté une seconde fois en 1798, à Tile de Ré, il s'évade en juillet 1799. Maintenu à Beugnon en 18u3, il y meurt le 4 octobre 1843
Lasson. — Le 30 brumaire V, Leclerc, commissaire du directoii e du canton de Neuvy, signale les crimes de Louet. Il fait sonner tous ses offices comme sous l'ancien régime ; aujourd'hui ci-devant dimanche, il a l'ait sonner la messe. Le 4 nivôse V, nouvelle dénondation : Louet refuse d'évacuer le presbytère; il continue à officier et à sonner ses processions, même Télévation de son pain sans lecain*
Avec un tel commissaire, il n'est pas étonnant que la persécution ait sévi, plus qu'ailleurs, daiis le canton de Neuvy.
Louet est maintenu à Lasson en 1803.
SoRMBRY. — Amable Fleury, assermenté, fait aussi le serment de liberté et d'égalité le 14 octobre 1792 et prononce à cette occasion un discours dont Timpression est votée par la municipalité. (Montceaux, op. cit. n° 1242.)
Edme Nicolas Fouinât, né à Varennes, curé d'Azé, est réclamé en 1795 par les habitants.de Sormery. Le 12 thermidor IV, le département lui ordonne de quitter le presbytère. Il s'y refuse et la municipalité arrête, le 20 fructidor, qu'elle demandera la gendarmerie de Saint-Florentin pour expulser le curé. Mais on prévoit que la chose ne sera pas facile et qu'il faudra compter avec, la population; qu'il y a crainte bien fondée d'excitel* un soulèvement qui obligera l'agent et la gendarmerie de se retirer.
Fouinât reste à Sormery jusqu'en février 1798, ayant des pouvoirs réguliers. Il passe ensuite à Racines avec des pouvoirs pour les deux paroisses. A peine y était-il depuis deux mois qu'une troupe de cinquante révolutionnaires vient l'assaillir pendant la nuit. On s'empare du curé, on le traîne à Saint-Florentin, puis à Auxerre. Condamné à la déportation, il reste à l'ile de Ré du !•' juin 1798 au 23 janvier 1800.
Maintenu à Sormery en 1803, il devient curé de Percey en 1814 et meurt en 1820.
M. Fouinât a laissé dans les registres de Sormery une relation très émouvante des persécutions qu'il a subies. Cette relation a été imprimée en entier dans la Semaine religieuse du 7 août 1880. (V. Courgenay.)
Edme-Nicolas Fouinât ne fut pas vicaire de Tonnerre, comme le dit l'abbé Roussel. Il ne quitta Azé qu'en 1793.
Charles Fouinât, né à Tonnerre le 13 août 1766, que nous trouvons à Molesmes en l'an IV, lui condamné à la déportation le 18 frimaire VII ec resta à Ré du 22 février 1799 au 17 février 1800. II fut aussi ministre du culte à Courson. En 1802, il résidait à Tonnerre. Il mourut doyen de Cruzy le 18 juin 1833.
SouMAiNTRAiN. — Cliauvol, asscrmcuté, maintenu en 1803.
Canton de Venizy
Ce canton comprenait : Venisy,, Bœurs, Chailley^ Champlost et Turnrj
Venizy, — Pasques. (Aucun renseignement).
Bœurs. — Boisseau, assermenté, obtient un passeport le 29 messidor VI. (Dép.)
Chailley. — Ablon. En 1793, il est remplacé par Jean-Baptiste- 20 p Etienne Hardy, ci devant religieux. (Dép ) Rai
Champlost. — Jean Georges-Pierre , né à Rigny-le-Ferron , fête vicaire do Champlost de 1753 à 1756, devient curé de la paroisse ces en 1762» Assermenté, il rétracte plus tard son serment et reste 1"6' dans la paroisse jusqu'en 1797, époque à laquelle il est recherché S par la police, arrêté dans la maison habitée actuellement par Tins- pol tituteur, et condamné à la déportation le 6 frimaire VII. Il avait nal alors 71 ans. « Vu ses infirmités et sa réclamation, le département pai demande au gouvernement de commuer la peine de déportation en le colle de réclusion. Mais si Thumanité réclame cette faveur, la chi tranquillité du canton qu'il habite, et qui est trop voisin du chef- ^ vis lieu du district, exige qu'il soit plus éloigné de cet arrondissement j 7 où sa présence ne pourrait que fortifier le fanatisme et accroître les partisans de ce prêtre insoumis. » Le département demande en conséquence qu'il soit transféré à Dijon. (Dép. 14 frimaire VII.) \ j^^ Après être resté quelque temps en réclusion à Auxerre, Pierre est J j^ en effet transféré dans les prisons de Dijon, où il meurt confesseur de la foi, réparant ainsi noblement un instant de faiblesse et d'cr^ reur. (Note de M. Tabbé Gérard.)
Nicolas Jean-Baptiste Pinsot, vicaire de Champlost, assermenté, devient membre du district de Saint-Florentin. ^^
Pierre Boisseau, né à Tu! ny, ministre du culte à Champlost est condamné à la déportation le 6 frimaire VII. Curé de Champlost en 1802, il est nommé en 1803 à Marage (Aube).
TuRNY. — Malaquin.
Joseph Boisseau de Turny est condamné à la déportation le 6 frimaire Vil.
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