‹ Notes pour servir à l'histoire du clergé de l'Yonne pendant la révolutionChapitre 8 sur 9 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Dans la Semaine religieuse du 17 avril 1897, j^annonçais la publication de notes concernant le clergé de FYonne pendant la Révolution. J^ai tenu parole, jo n'ai donné que des notes. Le plus souvent j'ai employé les termes même» des documents que j'avais sous les yeux. Ces notes sont fort incomplètes ; j'en ai donné la raison.

Cette publication était^elle opportune ? Plusieurs l'ont contesté. Je ne suis pas de leur avis. Il faudrait être absolument ignorant de notre histoire locale, pour ne pas savoir que vingt fois déjà et plus, on a imprimé que presque tous les prêtres de l'Yonne avaient prêté serment. Je n'ai donc rien révélé quant au nombre des assermentés. Au surplus ne suis-je pas justifié par cette parole de Léon XIII : « Comme il est dit au livre de Job : Dieu n'a pas besoin de nos mensonges. » L'historien de l'Eglise sera d'autant plus fort pour faire ressortir son origine divine..., qu'il aura été plus loyal à ne rien dissimuler des épreuves que les fautes de ses enfants, et parfois même de ses ministres, ont fa^t subir à cette épouse du Christ dans le cours des siècles. Etudiée de cette façon, l'histoire de l'Eglise, à elle toute seule, constitue une magnifique et concluante démonstration de la vérité et de la divinité du christianisme. » (Encyclique au clergé de France.)

Je souhaite qu'un prêtre, ayant et plus de temps et plus de talent . que moi, entreprenne une étude d'ensemble sur la persécution re- Ugieusc subie par notre clergé local, à la fin du xviii® siècle. Mais j'estime que cette étude n'aura de valeur qu'autant qu'elle sera faite « avec une grande probité. » Il faut à l'auteur des données exactes pour charpenter son récit; autrement il s'expose à trouver un contradicteur qui, mieux outillé, détruira sa thèse mal échafaudée.

La plupart des prêtres de notre département ont donc prêté le serment à la constitution civile. Il y a, d'ailleurs, de glorieuses exceptions. Mais, pour ne parler que du clergé paroissial, ne sont-ils pas très nombreux ceux qui ne l'ont prêté qu'avec restriction ou l'ont rétracté presque aussitôt en termes admirables d'énergie et de foi? En 1793, une centaine de curés n'étaient plus dans leurs paroisses : quelques-uns sans doute étaient morts, les autres, en grand nombre, étaient en exil, ou exerçaient en cachette leur ministère au péril de leur vie.

Ceux qui ont pu rester dans leurs paroisses, se sont mis, pour la plupart, aussitôt que possible, en règle avec l'autorité légitime et ils ont su racheter une erreur d'un moment par une vie édifiante et

par le courage avec lequel ils onl subi des persécutions aus^si longues et cnielles que peu justifiées.

A la reprise de la persécution, en l'an VI, plus de quatre-vingts prêtres ont été condamnés à la déportation, cinquante environ Tont sublie en réalité, plusieurs y ont trouvé la mort. Si Ton ajoute à ce nombre ceux qui ont pris la route de l'exil dès 1792, ceux qui ont été mis en réclusion dans les prisons du département et ceux qui sont morts sur Téchafaud, nous pouvons constater que notre clergé a bien donné près de deux cents martyrs ou confesseurs de la foi. Et l'Yonne éiait, je l'ai dit quelque part, dans les conditions les plus défavorables. En vérité, l'auteur futur de Thistoire du clergé de TYonne, en remuant les archives communales et en consultant les travaux qui, centralisés à Sens, vont conserver les traditions locales, pourra écrire des pages glorieuses pour le diocèse.

Et si jamais la persécution religieuse s'allume de nouveau en France, nous trouverons là de beaux exemples à suivre. Fasse Dieu que nous ayons, comme les Soudais, les Baudoin, les Hunot, les Fouinât, les Berrué et tant d'autres, le rourago do subir la persécution et la mort plutôt que de trahir l'Eglise catholique, apostolique et romaine. nou% réjouissant d'avoir été jugés dignes de souffrir pour Jésus-Christ.

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