SUR LE
Il y a déjà quelque temps, je recevais du R. P. Moylan, de la Société de Jésus, une brochure fort intéressante et tirée à un petit r mbre d'exemplaires. Cette étude est due, je crois, à Mile Louise Livingston Hunt, une des parentes du général Montgomery. Elle contient des notes curieuses sur le malheureux officier américain qui est venu mourir sous les murs de Québec pendant la terrible nuit du 31 décembre 1775. Elle nous fait voir le côté intime de la vie de Montgomery.
Elle nous montre tout le cas que le général faisait de la justice de la cause de son pays.
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Elle nous peint tout son courage, toute l’importance qu’il attachait à l’accomplissement de son devoir.
Le général Montgomery est né le 2 décembre 1738, à Convoy House, près de { Raphoe, dans le nord de l'Irlande. Son père était baronnet irlandais et sa famille, originaire de la Neustrie, remonte au-delà de | l'année 912, époque où Rollon fût créé | premier duc de Normandie. Officier dans
l'armée anglaise — au 17° d'infanterie de
ligne-—il passa sa jeunesse à faire la guerre contre les Français et les tribus indiennes.
Il se distingua au siège de Louisbourg, i sous Wolfe, suivit Haviland dans sa fameuse marche de Sorel, et fit brillamment les campagnes des Indes Occidentales en 1761 et 1752. En 1775 ce fût lui qui fit remettre au Congrès le drapeau du 7° fusillier anglais pris au fort Chambly par ses subalternes le colonel Bedel et les majors Brown et
Livingston. En Angleterre, il fut admis dans l'intimité de Fox, de Burke, de Barré qui avait été blessé au siège de Québec.
Ils étaient tous membres du Parlement.
Leurs idées sur les droits des colonies empoignèrent cet esprit chaud, ardent, dévoué aux idées républicaines, et profitant, un jour, d’une injustice qu'on lui avait faite, en accordant à son préjudice une commission de major à un officier moins ancien que lui, il donna sa démission, passa neuf ans à voyager sur le continent ; en 1773 il revint en Amérique et vint s'établir près de New-York.
N'étant encore que capitaine dans l'armée anglaise, Montgomery avait fait la rencontre de Mlle Janet Livingston, fille de Robert R. Livingston, un des juges du Banc du Roi. Il avait ordre de rallier un poste lointain, et ce n'était que par pur hasard que ce soir là, il était descendu avec les officiers
de sa compagnie à la villa du juge, sise à Claremont, sur les bords de l'Hudson. On dansait : une invitation avait été envoyée aux militaires de passage.
Depuis, le souvenir de Mile Janet l'avait suivi par terre et par mer. À son retour, sa première visite fut pour elle, et en juillet 1773, Mlle Livingston devenait Mme Montgomery. |
J'ai sous les yeux la correspondance échangée à ce propos entre Montgomery et le juge Livingston. J'en donne la
traduction :
Kingsbridge, mai 20, 1773.