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tracé de l’Intercolonial, Il prouve le contraire, On a constaté que cette contrée est toute praticable, à l'exception de quelques milles aux sources des rivières Miramichi et Tobique. Même À, M. Fleming dit qu'il y a raison d'espérer qu’une exploration soignée aurait pour résultat de démontrer qu’on peut trouver là un tracé praticable aussi bien qu'ailleurs, 1
‘“ Je crois réellement que cette ligne directe peut devenir un chaînon important de la ligne-artère du Canada. J'ai étudié la question, j'ai pris quelques notes sur tout ce sujet, j'ai préparé quelques tableaux de distances, etc., que je serai heureux de vous transmettre quand vous le désirerez.
‘ Cette ligne possède des avantages particuliers qui n’ont besoin que d'êtres exposés pour assurer sa construction, même comme chemin commercial ou comme chemin de colonisation.
“ Le sol est riche et cultivab'e le long de toute la ligne, à un mille et demi de ce sommet et à une hauteur de 200 à 300 pieds au-dessus du sommet de cette ligne, sur la ligne de partage des eaux qui vont au St-Laurent et à la Baie de Fundy, on a fait l'automne dernier (1886) de magnifiques récoltes de blé, d'avoine, d'orge, de pommes de terre, etc Il est donc utile de dire que si ce chemin de fer était construit, les terres qui sont maintenant inoccupées et qui se vendent trente cents l’acre, seraient bientôt prises avec plaisir à cinq et même à dix fois ce prix, et qu’une chaîne non interrompue d’établissements s’étendrait en peu de temps de Québec à Edmunston.
‘© Si l’on fait passer l’embranchement de la Rivière-du-Loup par la vallée de la rivière St-François, qui est son tracé naturel, cela donnerait au besoin une voie passant sans interruption par le territoire canadien, mais augmenterait la distance de Québec à Edmunston de 60 à 70 milles comparativement à la ligne droite.
‘Avec ce chemin de fer passant par la rivière Noire et un pont à Québec, la vallée de la rivière St Jean deviendrait bientôt pour le commerce de Québec un pays d'alimentation (bac& country) non moins important que celle du Lac St-Jean, pour laquelle cette ville a fait tant de sacrifices.
‘Quant au pont sur le St-Laurent à Québec, quelques-uns entretiennent la curieuse idée qu’il ne ferrait que nuire au commerce de notre port, en entraînant tout à Halifax.
(1) Consultez à ce propos le rapport de M. Fleming aux pages 30, 32, 58, 62, 63, 64, 69, 70, 75, 76, 142 et 143.
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“# Québec est éloigné d’Halifax d'environ 678 milles par le chemin
de fer Intercolonial, et d’environ 530 milles par la voie la plus courte possible,
“ Québec est éluigné de Liverpool de 2,900 milles. “ Halifax est éloigné de Liverpool de 2,855 milles. Différence en faveur d'Halifax, seulement de 45 milles.
“ Mais le projet soumis est plus court à partir de Québec, de sorte
qu'on peut dire que Québec et Halifax sont à la même distance de Liverpool.
“ Ceci étant le cas, l’idée que Québec peut éprouver du tort de la part de Halifax ou de tout autre port des provinces maritimes, tant que son port est ouvert à la navigation, équivaut à dire que l’on peut trans porter pour rien, sur un parcours de 500 à 600 milles de chemin de fer, les marchandises et les voyageurs.
‘Sans un pont à Québec, le réseau des chemins de fer du Canada
est incomplet, et nos poits de l'Est sont condamnés fatalement à rester déserts,
“Il y des millions et des millions d’acres de bonnes terres cultivables, bien boisées, bien égouttées dans la partie orientale de la province de Québec, ainsi que dans le nord et le centre du Nouveau-Brunswick. Elles ne sont pas habitées et elles n’ont pas de chemin.
“ L’étendue de terrains cultivables qui serait traversée par cette ligne entre le Grand Sault et Moncton, terrains qui ne sont pas colonisés à
raison du manque de voies de communication par terre ou par eau, est immense.
# Cette ligne passerait aussi À 15 ou 20 milles des vastes houillières du Grand Lac où l’on a déjà localisé un bon tracé de chemin de fer.
“ Le grand avantage de cette ligne, c’est que sur tout son parcours d'Ottawa à St-Jean, il n’y a qu’une seule ligne terminée, au lieu qu'il y en a cinq ou six sur la ligne de Sherbrooke à Mattawamkeag.
“ Nous avons ncminalement le terminus d’été du chemin de fer canadien du Pacifique à Québec, mais poür l'avoir réellement et pratiquement, il nous faut avoir un moyen de communication directe par chemin de fer avec la rive-sud.
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“ La construction de ce chemin de fer de Québec à Edmunston déterminerait la constructicn du pont, en un mot ferait revivre le commerce et la prospérité de Québec.”
Ainsi s'exprime M. O'Sullivan dans le rapport que je lui ai demandé et que j'ai pris plaisir À faire traduire pour la Société de Géographie de Québec.
Je ne voulus pas en rester là. J'écrivis à cet arpenteur pour :€ remercier de ses renseignements et pour lui en demander d’autres.
Sur ces entrefaites, certains calculs étaient livrés au public à propos de la construction du pont de Québec ; l'ingénieur en chef des chemins de fer de la province, M, Light, transmettait un état approximatif des revenus annuels que rapporterait cette construction indispensable. J'en donne une traduction, Ces chiffres sont basés sur le mouvement des différents trains des lignes suivantes :
“ Chemins de fer Intercolonial, Québec Central, Grand-Tronc et Chemin de fer du Nord.
“264 wagons par jour, ou 82,632 wagons par année à $4..... 7$320,528
‘ Dépenses annuelles pour l'entretien du pont, réparations, etc. 50,000
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“ Surplus pour rencontrer l'intérêt etle fonds d'amortissement. $270,528
(Signé) AL LIGHT. ”
De son côté, un autre ingénieur de renommée, M. W. Shanly, M. P., calcule que la moyenne par jour serait une circulation sur le pont projeté de 160 wagons allant à l'Est, et de 40 wagons allant à l'Ouest : soit 200 wagons par jour à $4, donnant un total de $800 par jour, ce qui équivaudrait à un revenu annuel pour 313 jours de $250,400.
M. C. À. Scott fait remarquer à son tour que ces calculs faits pour six Cheiains de fer sont fort raisonhäbles, et qu’ils sont peut-être audessous de la moyenne, Trois chemins de fer, dit-il, à eux seuls, font Passer quotidiennement À peu près 1300 wagons sur le pont Victoria.
Pourquoi n’en serait-il pas ainsi du trafic sur le futur pont de Québec ? Mais revenons à mes notes Rour servir à la colonisation, au commerce et à la construction d’un chemin de fer destiné à developper les ressources qu’offrent les terres situées près de la frontière du Maine.
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Mis de nouveau en demeure, M. Henry O’Sullivan me répondit par la lettre suivante :
Lorette, 14 août 1886.
À Monsieur N. FAUCHER DE ST-MAURICE, M. P. P., Québec. Monsieur,
* J'ai l'honneur d’accuser réception de votre lettre du 13 courant, par laquelle vous me demandez de vous faire un exposé des principales raisons qui m'ont engagé à préconiser comme je l'ai fait, les avantages qu'offrirait une voie ferrée entre Québec et Edmunston, passant par les comtés de Dorchester, Bellechasse, Montmagny, L'Islet, Kamouraska, etc.
‘{ En réponse, je dois vous dire que les avantages que procurerait au pays tout entier la construction de cette importante voie ferrée, sont trop nombreux et trop variés pour qu’il me soit possible de vous en donner une idée complète dans une simple lettre; néanmoins, je m'’efforcerai de vous faire un résumé des principaux de ces avantages.
“ Cette voie ferrée s'impose, parceque les raisons suivantes sont , urgentes :
‘1. Pour assurer l’union des provinces de l’est et de l’ouest du Dominion, et aussi pour établir entre elles des relations commerciales, l’artère principale (/runk line) de notre réseau de voies ferrées devrait être prolongée jusqu’à nos ports d'hiver sur l'Atlantique en suivant la ligne la plus courte et la plus directe, ligne offrant des pentes et rampes faciles, ligne qui permettrait de transporter économiquement la surabondance des produits agricoles de l’ouest vers l’est.
‘ Les mêmes trains qui auraient apporté ces produits pourraient, en s’en retournant vers l’ouest, transporter la houille des mines inépuisables des provinces maritimes, et répandre ainsi, sur nos marchés de l’intérieur, un combustible meilleur et plus économique que celui qui peut nous venir de l'étranger.
“ 2. La ligne de Québec à Edmunston serait en quelque sorte le trait d'union qui mettrait le réseau des chemins de fer de la province de Québec en correspondance avec celui des voies ferrées du Nouveau Brunswick.
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‘4. Par la ligne projetée entre Québec et Edmunston et son prolongement de Grand Falls à Canaan, la distance entre Ottawa, Moncton et les principaux points du littoral de la Nouvelle-Ecosse, du Cap- Breton et de l'Ile du Prince-Edouard, serait de soixante-et-quinze milles environ plus courte que par aucun autre tracé déjà étudié.
“5. D’après la connaissance que j'ai de cette partie du pays, je n'hésite pas à affirmer que si la ligne directe entre Québec et Edmunston et de là à Saint-Jean était Construite, on pourrait, avec des machines d'égale force, y rémorquer des charges doubles de celles que l’on pourrait remorquer sur la ligne Mattawamkeag,
Achine sera terminé, il ominal de terminus du
rement, durant l'hiver, plus directement aux ports des Etats- Unis ; de plus, la distance de Lachine au littoral-Est des Etats-Unis est comparativement si Courte, que le trafic, une fois habitué à cette route, s’y rendra aussi bien en été qu’en hiver, et nos ports de mer sur l'Atlantique resteront déserts tant qu’ils n'auront pas été mis en com-
munication directe avec les chemins de fer de l'Ouest, par la voie projetée.
‘7. La prospérité des différentes voies ferrées qui viennent aboutir à Québec dépend entièrement de l'avenir de celle-ci comme Port de mer. Avec un pont à Québec, la branche Lévis-Richmond du Grand-Tronc et le Québec-Central deviendraient les principales artères du trafic toujours Croissant qui s’établierait entre la grande voie maritime du St-Laurent et les états de la Nouvelle-Angleterre : mais, tant que ces deux lignes n'auront pas accès aux docks et aux bassins du port de Québec, et tant que ce dernier sera désert comme il l'est aujourd’hui, elles ne seront jamais autre chose que des voies d'intérêt local.
‘8. L'existence de cette ligne de jonction entre le réseau de Québec et celui du Nouveau-Brunswick contribuerait grandement à assurer la
construction da pont de Québec. Ia direction générale que suivrait le
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tracé de la ligne projetée étant celle des grands cours d’eau, il n’y aurait pas de travaux de terrassement coûteux À faire et les ouvrages d'art seraient, en général, de peu d'importance ; de plus, sur tout le parcours entre Ottawa et St-Jean, en passant par Québec et Edmunston, il n'y a qu’une seule ligne de faîte (sxmmit) à traverser, tandis qu'il y en a six à franchir sur la ligne adoptée de Sherbrooke à Mattawamkeag.
“9. La ligne projetée ouvrirait à la colonisation une vaste étendue de terres fertiles richement boisées dans les comtés de Bellechasse, Montmagny, l’Tslet et Kamouraska ; et si elle était prolongée jusqu’à Moncton, Comme tronçon du grand transcontinental canadien, elle ne pourrait manquer de donner naissance à plusieurs chemins ou embranchements qui favoriseraient l’exploitation des ressources agricoles et minérales de plusieurs milliers de milles carrés de terres fertiles dans les comtés de Témiscouata et Rimouski et au nord et à l'intérieur du Nouveau- Brunswick, terres qui sont inhabitées et complètement privées de moyens de communication,
“10. Comme la ligne projetée passe À près de cent milles au sud de
l’Intercolonial, à Métis, et à plus de cent milles au nord de la ligne de Sherbrooke et Mattawamkeag, et qu’elle traverse un pays fertile et très riche en essences forestières et en minéraux économiques, il semble qu’elle doive recevoir l'approbation et l’appui de tous.
“ Dans le cas où vous désireriez obtenir de plus amples renseignements sur les distances et la topographie du pays traversé par la ligne projetée, je me permettrai de vous renvoyer aux plans, profils et rapports que j'ai déjà préparés sur ce sujet, À votre demande, documents qui sont déposés au Ministère des chemins de fer et au bureau des Terres de la Couronne,
‘€ J'ai l'honneur d’être, Monsieur, Votre très obéissant serviteur, (Signé) HENRY O’'SULLIVAN, Arpenteur et ingénieur civil, Inspecteur des arpentages de la province de Québec.” Voilà de bonnes raisons, n'est-ce pas ? En outre, il est de la plus haute
importance pour Québec, Lévis et les comtés du sud du St-Laurent que les belles terres qui s'étendent en arrière: de Dorchester, Belle-
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