‹ Notes statistiques sur l'Algérie et considérations sur l'origine et les effets de la crise actuelleChapitre 7 sur 64 · DE CONSTANTINE · texte numérisé non relu

DE CONSTANTINE

Totaux. . . .

La population des principales villes se composait comme

suit, au 31 décembre 1846

Européens.

Maures et Israélites.

Total.

Alger . 42,635

Bouffarick. . . 2,044

i Koléah . 503

| Cherchell. . . . 997

Province d’Alger . 1

Douéra . 1,005

| Blidah . 2,766

Dellys . 344

Bougie . 580

\ Tenez . 2,090

, Oran . 19,240

i Mers-el-Kebir. 1,002

Province d’Oran .

J Mostaganem. . 3,776

| Arzew . 909

\ Nemours. ... 406

/ Constantine. . 2,123

i Bône . 6,509

Province de Constantine.

LaCalle . 260

I Ph-'-PPev.He i et annexes, j

' Giselly . 252

Au 30 juin 1847, la population européenne des trois provinces était de 112,924 âmes; au. 31 décembre 1846, elle n’était que de 109,669, ce qui donne une augmentation de 3,253 dans le premier semestre de 1 847, ainsi répartie : 1,161 dans les villes et les localités de l’intérieur, et 2,094 dans les villes et les localités du littoral.

Oran a eu un gain de 1 ,802 ; Mascara de 326 ; Philippeville de 285 ; Arzew de 273, etc. Alger est en perte de 530 ; Tenez de 450 ; Blidah de 725 en 1 846, et de 226 dans le premier semestre de 1847.

La diminution de la population de la ville d’Alger et de Blidah s’explique par le départ d’une partie des ouvriers italiens, maçons et manœuvres, qui ont dù quitter ces deux villes, les travaux de construction y étant généralement suspendus.

Les habitants des villes et des localités sont administrés ainsi qu’il suit .

106,951 civilement.

5,973 militairement.

Total . 112,924

L’effectif par sexe se divise ainsi qu’il suit, au 30 juin 1847 :

43,161 hommes.

25,605 femmes.

44,158 enfants.

Total . 112,924

Pendant le premier semestre de 1847, les naissances ont été de 973 ; les décès de 761 ; d'où suit que l’avantage des naissances sur les décès a été de 212.

Les 112,924 habitants formant l’effectif de la population européenne, sont classés de la manière suivante :

50,520 Français; 62,404 étrangers : ce dernier chiffre se décompose ainsi :

522 Anglais.

140 Irlandais.

8,908 Anglo-Maltais.

968 Anglo- Espagnols (habitants de Gibraltar).

33,222 Espagnols.

253 Portugais.

8,115 Italiens.

6,040 Allemands.

394 Polonais.

77 Busses.

59 Grecs.

3,237 Suisses.

386 Belges et Hollandais.

83 Divers.

Total . 62,404

Au 10 février 1838, la population de la ville d’Alger se composait ainsi :

Européens . 7,575

Maures . 12,322

Juifs . 6,065

Total

Au 31 décembre 1846, elle se composait de la manière suivante :

Européens .

Maures .

Nègres .

Juifs .

Population flottante, Arabes. . . .

Total . 61,386; augmentation, 35,424.

Ce rapprochement entre les années 1 838 et 1846 donne les résultats ci-après :

Une augmentation de . 35,060 âmes pour la population européenne de la ville d’Alger;

Une diminution de . 4,344 — pour la population maure ;

Et une diminution de . 307 — pour celle des Juifs.

La diminution de la population maure s’explique par la cherté des denrées alimentaires qui a été croissante depuis la conquête , tandis que le petit commerce auquel les Maures se livrent plus spécialement, est au contraire resté stationnaire, sinon en décroissance; que dès-lors l’équilibre étant rompu entre le revenu et la dépense, ils ont dû émigrer pour s’établir dans des pays où des conditions d’économie, selon leurs ressources, se rencontraient mieux qu’à Alger. Une autre cause a influé sur l’émigration des familles maures d’une position plus élevée que celle des commerçants et des petits propriétaires : c’est leur répugnance pour les mœurs européennes, et le désappointement d’avoir perdu le prestige de leur position de fortune ou d’emplois sur leurs co-religionnaires.

On ne se rend pas aussi bien raison de la diminution de la population Israélite de la ville d’Alger ; car sa position politique, de fortune et d’hygiène a gagné considérablement sous ces trois rapports depuis la conquête ; il semble qu’on peut attribuer cette diminution ou ce stationnement à quelques causes inhérentes à la reproduction de la race juive , observation qui a été déjà faite à l’occasion de sa dispersion dans le monde. Ceci nous amène à dire que les Israélites , et plus particulièrement les Israélites d’Alger, contractent , en général , leurs mariages devant l’autorité municipale , bien qu’ils sachent que le mariage civil emporte l’abrogation du divorce. C’est un rapprochement que nous avons dû faire remarquer.

Nous devons signaler, eu même temps, que dans les territoires mixtes les Juifs indigènes sont soumis à la juridiction des hakems, c’est-à-dire qu’ils sont livrés à l’arbitraire des Musulmans, de tout temps antipathiques à la race juive ; aussi voit-on qu’ils n’ont pas fait un pas dans la voie de la civilisation. Pourquoi ne pas les placer sous la juridiction française? Ils y gagneront sous tous les rapports.

Les renseignements réels nous ayant manqué en ce qui concerne la population arabe de l’Algérie, nous avons cru devoir nous abstenir de traiter cette question ; nous nous sommes fait une loi de ne parler, dans ce travail, que des choses que nous pouvons justifier au besoin.

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