La roupie vaut 1 fr
2. Ce tableau, dans les publications officielles de la colonie. place les dépenses relatives à la Direction et à l'Inspection parmi les dépenses de l’enseignement primaire ; de sorte que le total des dépenses de l’enseignement primaire, dans ces publications officielles. comprend les dépenses de l’enseignement primaire supérieur, industriel et élémentaire. plus les dépenses de Direction et d'Inspection ; cela tend sans doute à iWasquer de quelques centaines de roupies la diminution croissante des crédits affectés à l'enseignement primaire, puisque les dépenses de la Direction et de l'Inspection augmentent Presque conSiamiment. J'ai cru plus exact de faire des frais de Direction et d'Inspection une colonne séparée et de ne totaliser sous la rubrique enseignement primaire que ce qui appartient réellement et exclusivement à cet enseignement.
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111 mixtes. Toutes ces écoles recoivent ensemble 10,733 garçons et 4,385 filles ; d'où il suit, étant donnée la population infantile de l'Inde française, que, au 31 décembre 1903, la moitié des garçons et les quatre cinquièmes des filles d’âge scolaire ne reçoivent aucune espèce d'instruction. Il est étonnant que, dans ces conditions, les crédits affectés à l'instruction soient continuellement rognés. Dans la présidence de Madras, pour ne citer que celle-là, les Anglais ont, au contraire, toujours augmenté le budget des écoles, si bien que ce budget qui était en 1893 de 6,094,484 roupies, était en 1903 de 8,127,253 rouples.
Parmi les 280 écoles tant publiques que privées constatées au 31 décembre 1903, très peu enseignent le français : c’est ainsi, notamment, que près de 200 écoles dites de « poyal » (c'est-à-dire établies sous les vérandas des maisons) et qui instruisent le tiers des enfants qui vont à l’école, n’enseignent qu'en langue indigène (lecture, écriture, calcul, récilalion de poésies); de sorte que dans notre colonie 85 0/0 des garçons et 96 0/0 des filles
ne recoivent aucune instruction du français.
On a calculé que sur 63,000 électeurs, 55,000 au moins ne parlent pas un mot de français ; l'ignorance du français est telle qu'il est 1mpossible à un fonctionnaire métropolitain de se faire comprendre des commis indigènes qu'il a sous ses ordres; dans les rues, un Français ne peut obtenir aucun renseignement des agents de police ; et, malgré les innombrables demandes formulées par les Hindous à l’occasion des vacances aux postes administratifs même les plus humbles, on n'a jamais songé à exiger des candidats la connaissance du français. Des conseillers municipaux et des maires ignorent notre langue ; le conseil municipal de Karikal tient ses séances en tamoul et le conseil municipal de Chandernagor en anglais. Le plus pittoresque en cette invraisemblable et pourtant vraie situation est que nous employons une parle des crédits de l'instruction à l’enseignement de l'anglais ; n'est-ce pas incroyable ? alors que les indigènes de nos possessions déjà vieilles ignorent le français et, tandis que l'Alliance française consent pour l’enseigne-
L'ENSEIGNEMENT DANS L'INDE FRANCAISE 967 ERP ET PAR TRAME ete MMA EE
ment du français dans nos territoires de l'Inde des sacrifices annuels, il existe au collège Calvé à Pondichéry et au collège Dupleix à Chandernagor une section anglaise de l’enseignement secondaire dans laquelle on ne parle qu'anglais et qui prépare exclusivement aux examens de Madras et de Calcutta :
il serait difficile de faire mieux si nous étions chargés de propager la langue anglaise dans l'Inde francaise. La section anglaise du collège de Pondichéry qui comprend un cycle de. trois années d'études, a en moyenne 200 élèves ; elle en a cu jusqu’à 748 pendant l'année scolaire 1898-99: c’est d’ailleurs toujours la section anglaise qui est la plus peuplée : ainsi, au collège de Chandernagor, l’enseignement secondaire comptait, en 1903, 99 élèves, dont 456 pour la section anglaise et 83 pour la section française. Tous ces jeunes Hindous, préparés aux examens anglais, qu'ils soient reçus ou refusés à ces examens, n'en quittent pas moins notre territoire dès qu'ils sont en état de gagner leur vie et vont porter leur activité au service de l'Inde anglaise; ce sont des arbres que nous
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cultivons et dont nous ne goûtons jamais les fruits.
Dans cette vieille colonie, qui ne parle pas un mot de français, nous avons jugé à propos d'établir un enseignement secondaire et un enseignement supérieur. L'ENSEIGNEMENT SU- PÉRIEUR comprend une école de médecine et une école de droit. L'école de médecine forme des officiers de santé, des vaccinateurs et des sages-femmes; je trouve que cel enseignement n’est pas intelligemment organisé; on veut enseigner trop; il est en outre tout à fail regrettable que la thérapeutique médicale et Ja thérapeutique chirurgicale qui sont, en somme, la fin, la raison d’être de la médecine, soient enseignées comme des choses accessoires par des officiers de santé hindous, tandis que les autres parties de la médecine, qui sont d’un intérêt moindre, sont enseignées par des médecins métropolilains ; ceux-ci, d’ailleurs, le plus souvent imbus des procédés d'enseignement en usage dans nos Facultés, imitent inconsciemment leurs anciens maîtres et font généralement des cours beaucoup trop complexes auxquels les élèves ne comprennent
rien; et, au bout de cinq années d'études, ceux-ci sont d'une ignorance remarquable; on leur confère néanmoins le diplôme d'officier de santé, par indulgence, non pour eux mais pour les professeurs, afin de masquer l’infériorité de l’enseignement donné. Les officiers de santé ainsi formés ne savent pas conduire le moindre traitement; ils entassent dans la même formule les médicaments les plus disparates et, vite lassés de méthodes qui ne réussissent pas entre leurs mains, reviennent à l’empirisme hindou. Les sages-femmes ct
les vaccinateurs ont à fournir trois ans d'é-
ludes ; le résultat est meilleur pour les sages-
femmes qui, ayant peu à apprendre, finissent par bien savoir; elles arrivent, sinon à posséder des connaissances techniques (ce qui d’ailleurs serait assez inutile), du moins à faire proprement des accouchements simples, ce qui est beaucoup. Au sujet des vaccinateurs, je dirai simplement qu'il me parait exagéré de demander une assiduité de trois ans à un Hindou pour lui apprendre tout bonnement à vacciner.
L'école de droit forme des agents minis-
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tériels et des conseils agréés qui remplissent près les tribunaux locaux les fonctions d’avocals et d'avoués : Je ne suis pas compétent pour juger la valeur de ces produits; on s’accorde généralement à dire que l'Hindou devient un habile procédurier. Je veux seulement constater que les affaires pullulent dans l'Inde française, ce qui me paraît devoir s'expliquer par l'abondance des hommes d'affaires ; car je crois qu'en la circonstance l'organe crée la fonction: certains de ces hommes d’affaires ont leurs rabatteurs qui leur rendent compte de toutes les matières à chicanes; et, grâce à l'habileté procédurière, des conflits minimes ect très simples traînent successivement devant toutes les juridictions. J’estime cetle pléthore d'hommes d’affaires regrettable, car 1l est socialement désavantageux que la procédure qui est improductive détourne d’occupations produclives tant d’activités individuelles.
L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE a donné lieu dans l'Inde à des polémiques passionnées; les Hindous, extrêmement orgueilleux, ont tou- Jours mis un point d'honneur à être traités