‹ Notes sur l'IndeChapitre 23 sur 142 · EE EE DS · texte numérisé non relu

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quelque drogue; mais, dans l’ensemble, chacun d'eux jouit d’une physionomie philosophiquement distincte.

Le médecin pour envenimés est toujours un spécialiste; les morsures et les pseudo-morsures sont assez fréquentes pour justifier cette spécialisation; ce spécialiste doit connaître à fond toutes les ressources de son art et pratiquer certaines vertus : la piété, la charité, l'humilité; ce qui ne l'empêche pas, d’ailleurs, de se faire très largement payer et, à l’occasion, de ruiner ses clients. On peut dire que le traitement prescrit consiste toujours en médicamenis; je n'ai trouvé qu'une exception à celte règle et seulement dans une relation de voyage peut-être sujette à caution! : voici ce que dit Sonnerat, commissaire de la marine :

« La guérison qui s'opéra à Karikal est des plus surprenantes. On prit un jeune poulet dont on appliqua le fondement sur la morsure ce qui fit à peu près l'effet d'une ventouse et attira le venin; le poulet mourut en peu de temps; on en appliqua un second qui fut

1. Voyages aux Indes et à la Chine, par Sonnerat, commissaire de la marine, 1783, t, I. p. 121.

LES SERPENTS ET LEURS MORSURES 19 bientôt mort et remplacé par un troisième ; successivement, on en appliqua jusqu’à treize. Le dernier ne mourut pas et ne parut point malade et l'homme fut parfaitement guéri. »

Les médicaments en usage contre l’envenimation sont extrêmement nombreux; ils sont énumérés par les auteurs avec un désordre déconcertant; pour la clarté de l’exposition, je les présenterai suivant leur mode d'administration.

lo USAGE EXTERNE.

A. — Pour APPLIQUER SUR LA MORSURE ELLE-MÊME.

1° Contre la morsure de toute espèce de serpents :

a) Pierre à serpent : On prend 150 grammes de corne de cerf coupée en morceaux de la grosseur du doigt et aussi longs que gros; on

remplit à moitié un vase en terre avec du sable

it el l’on enfonce les morceaux de corne dans ce sable. On prend alors : Ecorce d’'Acacia arabica. 30 grammes.

Suljale de cuivre... 6 = EM à 1, AO DT RS DCE UE ô 5

On mel ces ingrédients el de l’eau dans le vase puis, on place le vase sur le feu et on chauffe jusqu'à ce que les morceaux de corne soient devenus noirs. Alors, on retire ces morceaux de corne, on les polit en les frotllant les

| uns contre les autres et on les fait infuser penpi dant une demi-heure dans du lait de femme ou | dans du vinaigref.

C’est la pierre à serpent; bien préparée, elle doit adhérer fortement au palais et, quand on la plonge dans l’eau, dégager des bulles d'air; elle doit donc être très poreuse.

On applique cette pierre contre les mor-

1. Le voyageur Hardy a signalé la pierre à serpent chez les Mexicains; pour la préparer, ceux-ci prennent un morceau de bois de cerf, l'enveloppent dans de l'herbe, enferment le tout dans un vase de cuivre et mettent sur le feu jusqu à calcination; la substance refroidie est une masse celluleuse, cohérente et noire. Lucain cite la corne de cerf comme employée contre l'envenimation par les Psylles.

sures ; elle s’y colle et ne tombe que lorsque tout le venin a été absorbé. Quand cette pierre a absorbé le venin d’une plaie, pour lui rendre ses propriétés, 1l suffit de la faire infuser une demi-heure dans du lait de femme ou du vinaigre.

b) Prendre un œuf dans un nid de milan, y faire un petit trou par lequel on introduil dans l'œuf une pelite quantité de mercure, boucher le trou avec de la cire et remettre l'œuf dans le nid. Vingt jours plus tard, reprendre cet œuf el l'ouvrir; on le trouvera plein de pilules blanches. Une de ces pilules appliquée sur la morsure attire à elle tout le venin et devient noire. Pour redonner à cette pilule sa blancheur et ses propriétés, la faire macérer dans du lait pendant une heure un quart.

c) Broyer des racines de Dalbergia dans du suc de l'écorce d'Hyperanthera moringa; on obtient un onquent qu'on frotte sur la plaie.

d) Mettre dans un vase de lerre des feuilles de Cynanchum exlensum, de Cleome felina, d'Hyperanthera moringa, d'Acalypha indica, d'Asclepias gigantea, de bêlel; faire chauffer

» à CCS ra

jusqu’à ce que les feuilles prennent une teinte Jaune d'or. Appliquer sur la plaie.

2 Contre la morsure de la Daboia elegans ! :

Prenez d’égales quantités de racines de ju- Jubier, de Dalberqia, de Caesalpina lacerans, de tomate, de Bassia longifolia; broyez dans de l’urine et appliquez l’onquent produit sur la morsure.

3° Contre la morsure de Gongylophis? :

Prenez des racines de Dracontium sauvage et de Sphaeranthus indicus, de la vieille fibre de Bassia longifoliaet de la suie ; broyez dans de l’urine; frotllez la morsure avec l’onguent

produit.

1. Ce serpent encore appelé serpent lapis est un vipérien ; ses narines concaves presque situées entre les yeux et sa tête dépourvue de plaques le mettent dans le groupe des échidnés ; il est très commun dans l'Inde et sa morsure est aussi dangereuse que celle du serpent à lunettes.

2. Ce serpent appartient au groupe des Erycidés; il a une tête plate, oblongue, à peine séparée du corps et n'est pas venimeux.

RER ON TA PER PORTER DAME NES DRE PRE ME 4 Contre la morsure des vipères :

Prenez d’inégales quantités de gingembre, de jonc odoriférant, de chair de ral musqué; mettez dans de l'huile de ricin et faites bouillir. L'onguent produit sera mis malin el soir sur la morsure.

B. — Pour ADMINISTRER EN COLLYRE.

1° Contre la morsure de toute espèce de serpents :

Prenez un ral musqué; incisez la peau du ventre depuis la bouche jusqu'à l'anus; introduisez dans l'abdomen de ce ral du soufre, des graines de l'arbre Mimusops eleugi, de l’'Assa fœlida et du suc de peypircu!; recousez le ral el suspendez-le au plafond pendant huit jours. Le huilième jour, broyez-le jusqu'à oblenir une fine poussière. Pour l'usage, délayer un peu de celle poussière dans de la salive el mettez dans les deux yeux du malade.

1. Nom tamoul d'une espèce de courge très amère et non mangeable.

2° Contre la morsure du Lycodon aulicus!:

Prenez d'égales quantités de Cardamone, de poivre et de racine de Symphoresma involucrala ; broyez dans du suc de lavande; faites sécher. Mettre dans les deux yeux du malade.

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