HARPAGON. M ARIANE, CLÉANTE, ÉLISE, FROSINE, LA MERLUCHE
La Merluche. ( Il vient en courant, et fait tomber Harpagon.) — Monsieur...
Harpagon. Ah! je suis mort.
Cléante. — Qu'est-ce, mon père? vous êtes-vous fait mal?
Harpagon. — Le traître assurément a reçu de l'argent de mes débiteurs, pour me faire rompre le cou.
Valère. — Cela ne sera rien.
La Merluche. — Monsieur, je vous demande pardon, je crovois bien faire d'accourir vite.
Harpagon. — Que viens-tu faire ici, bourreau?
La Merluche. — Vous dire que vos deux chevaux sont déferrés.
Harpagon. — Qu'on les mène promptement chez le maréchal.
Cléante. — En attendant qu'ils soient ferrés, je vais faire pour vous, mon père, les honneurs de votre logis, et conduire Madame dans le jardin, où je ferai porter la collation.
Harpagon. — Valère. aie un peu l'œil à tout cela ; et,
LA MISE EN SCÈNE DE » L'AVARE
Quand les personnages s'en vont goûter au jardin, Harpagon montre quelque inquiétude. Il n'aime guère qu'on aille rôder dans ces parages : souvenons-nous qu'il n'existe selon lui, aucune « cache fidèle » offrant même sécurité (acte I, scène iv). Après les derniers mots qu'il adresse à Valère, il se dirige naturellement, tout en gémissant « 0 fils impertinent... », vers la porte par laquelle est entré Brindavoine. Car l'homme qui apporte de l'argent attend toujours et il est bien clair qu'Harpagon ne pense qu'à lui, malgré tout.
prends soin, je te prie, de m'en sauver le plus que tu pourras, pour le renvoyer au marchand.
Valère. — C'est assez.
Harpagon. — 0 fils impertinent, as-tu envie de me ruiner?
ACTE IV. — L'acte IV se jouera dans le décor des actes I et II. Les allées et venues y sont moins nombreuses qu'au troisième et l'action gagnera à se dérouler dans un cadre plus resserré.