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Kankaki, Petites-Iles, l'Erable, Saint-François-Xavier, etc., où la langue française est presque exclusivement parlée.
À Pullman, pas moins de 1,000 ouvriers canadiens-français travaillent dans les ateliers où se cons ‘ent ces wagons magnifiques que tout ie monde connaît. Même le chef de l’atelier d'ornementation est un canadien-français.
À Bourbonnais, un petit village très prospère, on ne peut trouver un seul habitant n'appartenant pas à la race canadiennefrançaise.
Dans les steppes d'Orenbourg une .Sfanitsa de cosaques parle le français le plus pur. Ce sont de nos frères “qui prisonniers de guerre en Russie sont devenus sujets du
Czar.' Près de Berlin il y a toute une
1 La Gazette d’'Orenbourg nous donne à ce propos des curieux renseignements historiques :
Quand, après la retraite de Moscou de l’armée de Napoléon I°', les villes de la Russie centrale commencèrent à regorger de
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colonie française descendants des proscrits de l'édit de Nantes. Mais revenons à la citation du journal anglais. Il continue en
ces termes émus :
“Suivez la marche du progrès de la langue qui s'étend vers le soleil couchant ; frappez à la barrière des Montagnes Rocheuses, et
si une voix vous répond ce sera en français.
prisonniers français, on en dirigea un certain nombre sur nos villes frontières. Un groupe de ces prisonniers fut envoyé alors à Orenbourg et établi dans les forteresses et les stanitsas cosaques de cette province. Un aide de camp du maréchal Ney, le baron de Bourgoin, fut alors interné à Menzelinsk.
La guerre finie, un ordre impérial, daté du 14 décembre 1815, prescrivit le rapatriement des prisonniers. La plupart de ces derniers s’empressèrent, bien entendu, de rentrer en France, mais quelques-uns déclarèrent vouloir rester en Russie et devenir sujets russes. On leur offrit alors de devenir cosaques et tous les Français domiciliés dans le district de Verkhne- Ouralsk, à savoir les nommés Antoine Berg, Charles-Joseph Bouchain, Jacques-Pierre Bisailon, Antoine Wickler et Edouard Langlois déclarèrent vouloir se faire cosaques. On les fit entrer dans les troupes cosaques d’Orenberg et il = marièrent tous plus tard avec des jeunes filles cosaques.
D’après les derniers renseignements statistiques, on compte à l’heure qu'il est parmi les cosaques d’Orenberg 39 descendants de ces cosaques de nationalité française,
Montez vers le nord ; suivez les traces du missionnaire des Esquimaux et là, sous les franges aux diverses couleurs du prisme de l'aurore boréale, on comprendra la langue française.
‘“ Descendez vers le sud, et dans les plaines de la Louisiane, vous entendrez parler le langage du Franc, sur les rives du grand Mississipi, comme on l’a parlé pendant des siècles sur les bords historiques de la Seine. Son existence est dans son universalité et sa future immortalité dans sa beauté et sa perfection.
“ Comme catholiques nous réfléchissons trop rarement à ce que nous devons à la langue française, au Canada. Supposons pour un moment que dans un jour néfaste elle dût disparaître! Du moment que la langue disparaîtrait, les lois disparaîtraient
aussi; une fois ces dernières disparues,
nous serions exposés à l'union législative,
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Les institutions religieuses et nationales de notre province seraient alors à la merci d'une tempête qui les ébranleraient jusque dans leurs fondations. Les grands remparts qui protègent ces institutions sacrées sont les lois de la province et la perpétuité de ces lois dépend de la préservation et de la propagation de la langue française.”
‘“ Dans le domaine des arts, des sciences et des lettres, les travaux des Canadiensfrançais passent inaperçus pour la masse de leurs concitoyens d’origine étrangère.
Comme les infusoires de l'océan ils construisent des bancs de coraux, fondations des îles florissantes de l'avenir dans la mer de l’histoire canadienne. Qu'ils en soient loués, remerciés et honorés à l’occasion de leur fête nationale. Puisse leur bannière flotter longtemps, sur la terre qu'ils aiment et porter dans ses plis le bonheur et la prospérité de l'avenir, C’est du fond du cœur
que nous leur souhaitons toute joie en ce jour de leur fête patronale; que l'écho de nos montagnes ne cesse jamais de redire leurs chants classiques! Que leurs lois règnent toujours dans la justice et la perfection qui les caractérisent pour fertiliser l’histoire de notre patrie! Puissent leurs institutions, qui sont aussi les nôtres, s'augmenter en nombre! Que leur influence s’accroisse toujours! Æsfote perpetua; soyez éternelles! Que jamais un Marius n'ait à pleurer sur leurs ruines. ”
Voila certes un beau et noble langge qui fait autant honneur à celui qui le parle qu'à celui à qui on l'adresse. D'ailleurs ce journal n’est pas le seul à penser ainsi.
En réponse à une récente adresse des Canadiens-français, à Ogdensburg, le nouvel évêque de cette ville, Mgr Gabriels, s’est
exprimé comme suit :
—“* Vous êtes du beau pays du Canada
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descendants de la France, la fille aînée de l'Eglise. Votre langue est la langue française, la langue de vos pères; la langue des traditions chrétiennes, celle qui, après le latin, peut être à bon droit appelée la langue de l'Eglise; c'est la langue des Clovis, des St-Louis, des Bossuet, la langue des grands écrivains, des ouvrages ascétiques. Conservez-la donc cette belle langue; qu'elle soit chez vous la langue du foyer domestique, la langue des parents et des enfants.
Etudiez aussi l'anglais qui vous est indispensable dans le pays où vous vivez, car c'est la langue du commerce et des affaires.
La connaissance des deux langues vous assurera un cachet de supériorité sur ceux au milieu desquels vous vivez. (Gardez votre foi, aimez toujours notre sainte religion, tels sont les vœux que je forme.” Dans le Maine on tient le même langage.
À la convention canadienne-française de
Biddeford, le curé de cette ville disait à son nombreux auditoire :
“ À l'époque de la cession du Canada à l'Angleterre, la Nouvelle Angleterre
! comptait à peu près la même population M française que le Maine renferme de Cail nadiens aujourd'hui; c’est-à-dire environ 60,000. Qui sait si l'avenir ne réserve
pas au cortingent de notre Etat un développement analogue à celui de 1759?
Pour ma part, je n'hésite pas à croire que les 6000 Canadiens du Maine suivront la même marche ascendante de leurs aînés
de la Nouvelle-France et se multiplieront
avec la même proportion qu'eux. Le nom
de notre Etat est français, sa découverte
est dûe aux Français, pourquoi ne serait-il
pas dans l'ordre que la majorité de sa
population fût française ou canadienne-
1 française avant cinquante ans ?
“ Nous applaudissons à ces mâles paroles,
ajoute la Semaine Relipieuse, et on peut dire que le succès d’une cause est presque assuré, du moment que l’on a la foi à un semblable degré. La partie est sans doute plus diffcile à gagner, à raison de certains désavantages que n'avaient pas les 60,000 Canadiens abandonnés, il y a 150 ans, sur les rives du Saint-Laurent. Mais tout de même, si nos compatriotes du Maine et des autres Etats de la Nouvelle-Angleterre le veulent sincèrement, ils peuvent renouveler le miracle de leurs ancêtres, “pourvu, comme l'a dit M. le curé de Waterville, que notre peuple continue de rester fidèle à ses belles traditions, qui ont fait sa force dans le passé, et ne s'écarte pas de la voie que lui ont tracée d'avance, dans les champs de l'immigration américaine, les saints missionnaires qui ont évangélisé la plus grande partie des Etats-Unis sous la protection de la France, et qu'il consente à faire cause
commune avec son clergé qui ne lui veut que du bien et dont le patriotisme, du reste, ne pourra jamais être mis en doute après | | les preuves qu'il en a données aux époques
| critiques de l’histoire du Canada.”
“Si les 60,000 Canadiens de 1759 ont conservé leur langue, leur religion, et forment un peuple distinct; si les Acadiens sont
{ sortis du tombeau dans lequel on croyait les avoir ensevelis à tout jamais, s'ils achèvent de regagner le terrain perdu, c’est parcequ'ils ont suivi à la lettre le programme que nous venons de mentionner. Que nos compatriotes de la Nouvelle-Angleterre le suivent à leur tour, avec la même fidélité, et avant un siècle, plusieurs des Etats adossés à la frontière de la Province de Québec
seront français et catholiques comme cette
dernière.”
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Mais il est temps de mettre sous les yeux du public ce cahier de notes qui porte pour titre ces mots bien français :
—Honni soit qui mal y pense.
Ils ont été consacrés à l’histoire par une jarretière perdue, jamassée par un galant homme qui en fit un des principaux ordres d'Angleterre.
Sur les armes royales de la Grande-Bretagne on lit encore ces mots :
— Dieu et mon droit.
Certes, voila deux devises qui sont faites pour affirmer au monde que les anglais, tout en proscrivant le français dans certaines de leurs colonies sont bien restés français de souvenir. Tout ne le prouve-t-il pas, même jusqu'à ce mot que l’on croit être si
Gritish—le home—mot qui vient de notre vieux mot normand HOME, £omme ?
« Cessons donc, mes frères, d'écrire et de répandre à l'étranger le bruit que le Canadien français et l'Acadien parlent mal le français et que notre langue n’est qu'un patois, Contentons nous de répondre à ceux qui croient à ces stupidités, en leur affirmant que l'anglais n’est que du français déguisé. (Citons leur comme exemple ces paroles si françaises qu'ils ont sur nos vieilles armes normandes :
—Honni soit qui mal y pense.
Et maintenant adieu, ami lecteur. J'ai soulevé le voile qui enveloppait un coin d'horizon philologique peu connu. Qu'on en fasse son profit. Que les fanatiques qui ont contribué à la suppression de la langue française au Manitoba apprennent qu'ils ne
parlent qu'un mauvais patois français, patois
pas mal défiguré, et que c’est au dépens de
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ce dérivatif franco-normand que l'on appelle maintenant le pur anglo-saxon qu'ils se sont rendus injustes, ridicules, mesquins vis-à-vis
de nos gens. Il est encore temps pour eux
d'échapper à la terrible responsabilité qu'ils
sont à la veille d'accepter dans l’histoire du Canada, celle d'être traîtres à la parole donnée, à la foi des traités.
Le feront-ils ? Serons-nous obligés de conserver exclusivement pour nous cette devise dont ils sont justement si fiers ?
— Honni soit qui mal y pense.
20 rue St-Vincent, Montréal,
EUSÈBE Fizs, IMPRIMEURS,