‹ Notes sur la formation du franco-normand et de l'anglo-saxon [microforme]Chapitre 5 sur 20 · TRADUCTION · texte numérisé non relu

TRADUCTION

Pour l'amour de Dieu et pour le peuple chrétien, et notre commun sa lut, de ce jour en avant (dorénavant), en tant que Dieu me donnera de sa.

voir et de pouvoir, je soutiendrai mon frère Karle que voilà, et par aide et en toute chose, ainsi qu'on doit, par devoir, préserver son frère, pourvu qu'il en fasse de même chose pour moi, et

eist meon fradre Karlo ne prendrai jamais avec

in damno sit : Ludher (Luthaire leur frère aîné) aucun accommodement qui, par une volonté, soit au préjudice de mon frère Karle ici present.

Les premiers Anglais ont été des Celtes.

L'existence des îles britanniques fut révélée par le récit d’un Grec de Marseille, du nom de Pythias. Il était le contemporain d’Aristote. 330 ans avant Jésus-Christ il avait fait ce lointain et curieux voyage et lorsqu’il en causait il assurait que le pays était ‘riche en mines d'étain, en forêts, en pâturages, mais couvert de brouillards.” Lorsque César vint envahir la Gaule, les Celtes de Bretagne vinrent au secours des Celtes de France. Ils étaient braves. Horace en

parlant d'eux dit que cette race ‘jamais ne

mais avec aire leur un accom- , par une préjudice Karle ici

s Celtes.

révélée du nom d'Aris-

il evait

et lorsys était n pâtuorsque eltes de tes de ace en

mais ne

craignit les funérailles.” Quant à César, il

en fait cette description étrange :

“Les peuples de l'intérieur ne sèment point, ils vivent de lait et de viande et s’habillent de peaux de bêtes. Tous les Bretons.

se teignent avec du pastel de couleur bleue : cela rend leur aspect horrible dans les combats. Ils portent les cheveux longs et se rasent tout le corps, excepté les cheveux et la moustache.”

Un autre écrivain romain remarquait que les Celtes avaient deux passions, se bien battre et bien parler ‘rem militarem et.

argute loqui.”

Du V au XI° siècle l'Angleterre s’est exprimée dans une langue purement germa-.

nique. Laissons parler Jusserand. ‘“ Les futurs anglais venus des bords de l'Elbe, ne possèdaient alors aucun caractère qui leur fut propre à eux seuls. Ils étaient semblables

à leurs frères du continent : ils n'étaient rien

autre chose que des continentaux émigrés.

À la période suivante, les maîtres du pays sont des Français, tout pareils aux Français de France; ce sont des gens venus de Normandie, de Touraine et d'Anjou.”

‘“ À cette époque les Germains formaient les Goths, les Angles, les Saxons, les haut et les bas-Allemands, les Hollandais, les Frisons, les Lombards, les Francs, les Vandales et plus au nord les Danois, les Norvégiens, les Suédois. Plus tard ils prirent pour capitales, dit Jusserand ” les villes anciennement fondées par les Celtes: Londres, Vienne, Paris, Milan.

“ Ceux qui firent la conquête de l'ile de Bretagne furent les tribus du Nord-Est, celles qui habitaient depuis le bas Elbe jusqu'à la basse Vistule. L'invasion la plus terrible fut celle du V° siècle. Les Angles, les Francs, les Saxons, les Lombards y prirent part; une encore plus terrible fr:

“migrés. du pays Français nus de ad

rmaient es haut les Fri- ‘andales végiens, nt pour ancien-

ondres,

l'ile de rd-Est, Ibe jusla plus Angles, ards y ble fr:

celle du [X:° siècle:. elle fut faite par les successeurs de Charlemagne : Danois et Nôrmands y prirent part.”

Les Angles, dont le nom devait rester à tout le peuple, occupèrent le Northumberland, une partie du centre de la côte nordest, depuis l’Ecosse jusqu’au comté actuel d'Essex ; les Saxons s’établirent plus au sud, dans les régions qui reçurent d'eux les noms d'Essex, Sussex, Middlesex, Wessex : Saxons de l'est, du midi, du milieu, de l’ouest. De là, le nom d’Anglo-Saxons généralement donné aux habitants du sol pour toute la période pendant laquelle des dialectes purement germaniques furent parlés en Angleterre. Ce nom composé qui a été l’objet de beaucoup de controverses, a l'avantage d'être clair ; il a pour lui le long usage ; et il convient, par sa forme même, à une période où le pays n'était point unifié et appartenait à deux

agglomérations principales de tribus, celle

+ ee

des Angles et celle des Saxons. A cette époque, ajoute-t-il, ils prirent des Romains les mots castrum ; ils en firent chester : strata, street, ; colonia, coln comme dans Zzncoln.”

Tout à coup surgit l'invasion normande.

La bataille de Hastings vient tout changer.

Le franco-normand devient alors la langue des châteaux, l'anglo-saxon celle des chaumières. Alors apparait le mot français. Le Domesday book redigé par ordre de Guillaume les appelle “Æranci;” les chroniqueurs anglo-saxons “ Fyanciscan.” Les vainqueurs parlent à peine la langue des asservis.

Guillaume le Conquérant malgré ses efforts ne peut s’y faire. Richard Cœur de Lion qui est le cinquième roi après la conquête, entendant un Gallois lui dire : “ God holde ye æinp” “ Dieu sauve le roi” se retourne vers son écuyer et lui dit :

—“ Demande à ce rustre si c’est un rève qu'ils nous conte.”

Au XIII° siècle l’'anglo-saxon continuait

À cette Romains : Strata, incoln.” mande.

hanger.

langue s chauais. Le illaume liqueurs

iqueurs sservis.

efforts e Lion nquête, hole ye

ne vers

in rève

tinuait

HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE 3l

à être imparfaitement compris par les Norrands. Henri III dans la 17ème année de son règne est obligé de faire traduire et d'expliquer aux moines de Colchester une charte qui contient des mots anglais. Ces derniers étaient plus forts sur le franconormand. Par nécessité ils en connaissaient

les principes: Thomas à Becket qui fut martyrisé dans la cathédrale de Canterbury parlait admirablement le français. Il était un pur Saxon.

M. Jusserand cite un curieux échantillon de la littérature anglaise au XIIT° siècle ; ce sont des vers écrits par un religieux normand de Westminster et dédiés à Eléonore de Provence, femme d'Henri II!.

Le monde n’est, bien vous l'os’ dire Pays, royaume ni empire X Où tant ont été bons rois Et saints comme en île d’Anglois.

Saints, martyrs et confesseurs Qui pour Dieu moururent plusieurs :

Les autres forts et hardis moult Com fut Arthur, Edmund et Knout.

“Voilà un Normand d'Angleterre, ajoute M. Jusserai:d qui fait en français l'éloge d'un Breton, d'un Saxon et d'un Danois.”

Les plus vieux monuments de la langue franco-normande sont les lois de Guillaume le Conquérant. L'orthographe en est excessivement capricieuse. Webster assure, dans son dictionnaire, que certains mots y sont épelés de quinze à vingt manières différentes. L'imprimerie viendra plus tard rectifier toutes ces erreurs. Tout de même

cela n'empêche pas de voir encore de nos

jours, dans le registre de la corporation de Stratford, le nom de Jean Shakspeare, père du grand poëte, écrit de quatorze manières différentes, et Guillaume le Conquérant n’est

pas plus favorisé sous ce rapport. Son nom n'est-il pas épelé de six manières sur l’inscription de la célèbre tapisserie de Bayeux ?

Il ne faut donc pas s'étonner des erreurs d'épellation qui fourmillent dans les pre-

re, ajoute is l'éloge Danois.” la langue uillaume est exCessure, dans ts y sont res diffétard rec-

le même

re de nos ration de are, père manières rant n’est Son nom sur l'ins- 3ayeux ?

erreurs

les pre-

mières lois normandes. Ainsi dans lecodede

Guillaume le ?# et le w alternent entre eux.

Exemple : la loi 25 dit guarant tout aussi

bien que warant ; guage tout aussi bien que

wage. Une autre, la loi 36, comporte le mot

guetter et weté.

Les contractions, les abréviations s’intro-

duisent dès lors dans ce qui devait être plus

tard la langue du pays de Bretagne.

Voltaire qui était un observateur, a remarqué

que ‘les Anglais gagnent sur les Français

deux heures par jour en parlant, parce

qu'ils mangent la moitié de leurs mots.”

Exemples: Government, Gouvernement;

Fudgment, Jugement; Captain, Capitaine.

On retrouve aussi des mots anglo-saxons

dans les lois de Guillaume le Conquérant,

mais il a eu le soin de nous en prévenir par

ce préambule :

Ces sount les leis et les custumes que li Keiïs William grantat à tut le puple de

Engieterre après le conquest de la terre. Îci des meismes que li Reis Edward tint devant lui.”

Il affirme dans une de ces lois, la loi 18, l'idée catholique de cette manière touchante. — Fyanc home... deit doner le dener Saint- Père.

Il est curieux de suivre à travers le temps, la création des mots français qui formeront partie de la langue anglaise. Prenons comme exemple la période qui couvre le partage du royaume entre les fils de Clotaire et qui va jusqu'au siège de Paris par Henri IV.

Voici quelques uns des mots nouveaux de

la langue française que les anglais accep-

teront comme leurs :

Page 1