I. Madame d'Aunet, Voijage d'une femme au Spitzberg
KOTES SUR LA KORYEGE.
passant et de seduire la clienlele par le luxe des prevenances est un des privileges de la France et p&rticulierement de Paris. Cette science etait fort arrieree en Norvege quand madame d'Aunet la visita :
« Les magasins de detail sont organises de fagon si discrete qu'il devient difficile de les deviner. En furetant dans les rues, on demeure surpris d'apercevoir au fond de pieces eclairees par de petils chassis garnis de verres troubles, des fourrures precieuses et de luxueuses etoffes, entassees, pele-m61e, surdes rayons, avec des jarretieres de laine, de la filasse et des boutons d'os. Si Ton entre dans un de ces caphai-naiims, on obtient difficilement de se faire montrer des marchandises. Le boutiquier norvegien ignore I'art de faire acheter ; a peine consent-il a vendre; il dedaigne les manieres complaisanles qui sont de rigueur dans sa profession ; il fume magistralement dans un coin, et, lorsqu'on I'aborde, il prend un air rogue, qui semble engager le passant a bien rfeflechir avant de le deranger ' . »
Quarante ans out passe sur ces observations et le boutiquier norvegien les a mises a profit pour apprendre la politesse. II est aujourd'hui avenaut sans obsequiosite. II salt que toutes les manifestations,