‹ Notes sur le Canada [microforme]Chapitre 14 sur 69 · BR PDA PRÉ SE > ARTE · texte numérisé non relu

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sissaguas, les Mohawks, les Oneidas, les Ojibbewas, les Six Nations, et les Wyandottes. Québec a les Abénaquis, les Hurons, les Alvonquins, les Iroquois, les Montagnais et les Naskapis. La Nouvelle-Ecosse, le Nouveau-Brunswick et l’Iic du ’rince- Edouard ont les Micmacs. Enfin, au Nord- Ouest vivent les Cris, les Corbeaux, les Gros Ventres, les Pieds Noirs, les Sioux et quelques autres tribus moins importantes.

Les relations qui traitent des premiers temps de la colonisation de la Nouvelle-France, évaluent au moins à 190,000 le nombre des aborigènes qui la peuplaient, quand les Français prirent possession du pays. La plupart des tribus qui l’occupaient alors se faisaient la guerre entre elles. Les Iroquois, les plus belliqueux de tous les indigènes de cette partie de l'Amérique, avaient, depuis plusieurs années déjà, entrepris une guerre d’exterimination contre les Hurons, leurs voisins, qui habitaient comme eux les contrées qui se trouvent au sud du lac Ontario, et avaient même remporté déjà contre leurs ennemis des avantages signalés. Champlain, qui venait de jeter les fondements de Québec, en 1608, décida de prendre fait et cause pour les Hurons contre les Iroquois. Ces derniers, le plus souvent aidés et poussés par les agents de l'Angleterre, devinrent dès lors les ennemis irré-

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conciliables et acharnés des Francais, et mirent plusieurs fois la-colonie naissante à deux doigts | de sa perte.

| Si on considère que, lors de la fondation de fl Montréal, qui eut lieu en 1642, c’est-à-dire environ cinquante ans après la première tentative un peu TT sérieuse de colonisation du Canada par la France, 1 il n’y avait encor. que deux cents colons européens, on se rend aisément compte de tous les dangers qu’eurent à courir les premiers occupants de cette colonie délaissée de la mère-patrie, toujours en lutte avec une nation guerrière et cruelle, vivant continuellement sur le qui-vive, la charrue d’une main et le fusil de l’autre.

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Mais il y a déjà longtemps que ces farouches guerriers d'autrefois sont réduits à l'impuissance, et quoique, depuis plus de deux siècles, ils aient enterré la hache de guerre et vivent à l’ombre des traités, chaque jour leur race décroît et tend à disparaître.

Que doit-on conclure de cette dégénérescence singulière qui produira avant longtemps, graduel- | lement mais fatalement, l’annihilation complète WA d’une race puissante et vivace jadis, dans un pays où les descendants des européens qui y ont été transplantés se multiplient d’une manière aussi surprénante ? :

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Les Peaux-Rouges du Canada n'ont pas à se plaindre pourtant des vexations ou des privations auxquelles on a pu attribuer leur disparition en d'autres pays. Les derniers débris-de leurs tribus vivent sous la direction de leurs chefs, sur des territoires dont la propriété leur est garantie par les traités et sauvegardée par des privilèges spéciaux qui les mettent à l'abri de déprédations injustes de la part des particuliers. Ils ne peuvent pas non plus se plaindre d’être trop à l'étroit, disséminés, comme ils le sont, par-tribus de quelques cents âmes, sur un territoire immense, dont une grande partie, encore inexplorée, leur est ouverte pour la chasse et la pêche.

Cependant, au Canada, comme partout du reste, où ils viennent en contact avec la civilisation, sans cause apparente, ces robustes enfants de la nature s’étiolent et dépérissent.

Le fait est indiscutable ; mais où doit-on chercher la véritable cause de ce phénomène physiologique ? |

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On est généralement porté à croire que larigueur LE à, du climat canadien est peu propice à la culture d'a des céréales et des plantes fourragères. Il n’en est L és

rien, cependant, et peu de pays sont aussi favorisés sous ce rapport.

Un fait remarquable et qui semble au premier Eos abord inexplicable, c’est que sous les latitudes sep- | tentrionales la végétation est plus vigoureuse et le

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sol plus productif que dans les zônes tempérées. La terre inactive pendant l'hiver dégage, à l’approche du printemps, une exubérance de sucs des plus favorables au développement des végétaux.

La province de Manitoba et une grande partie des territoires du Nord-Ouest, qui sont appelés à devenir, à une époque prochaine, le grenier de l'Amérique, peuvent être cités comme une preuve irréfutable à l'appui de cette particularité ; car toutes les céréales et les plantes fourragères des climats tempérés y donnent des résultats exceptionnellement avantageux. Dans ces terrains d’alluvion inépuisables, le Llé produit aisément trente à quarante boisseanx pour un, les navets atteignent des proportions colossales et la betterave à sucre y peut rivaliser sans désavantage avec les plus beaux spécimens récoltés dans les provinces de Québec et d’Ontario.

Voici, du reste, le rendement moyen, par acre, * de certaines productions agricoles, au Manitoba, d'après des statistiques officielles, pendaut les cinq dernières années :

* L'acre égale 40 ares 47 centiares.

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Si on tient compte de ce que le Minnessota, qui passe pour l’état le plus fertile de la grande république américaine, ne produit en moyenne que 37 minots d'avoine et 27 minots d'orge par acre, il est permis de classer les territoires de l’ouest parmi les contrées les plus productives du monde.

Voici maintenant un état approximatif de la récolte du blé dans les principaux pays agricoles, en 1881, qui établit que la production de ce grain, quoique proportionnellement moins considérable, au Canada, que celle des autres céréales, est cependant suffisante, étant donné le chiffre de la population :

Etats-Unis ...sssss soseseee D0,0600,000 minots, *

Indes . sen soc vs ver ss 42,000,000 , “

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* La mesure employée pour les matières sèches est le minot qui équivaut à 36 litres 34 centilitres.

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Italie ses, see sense. 19,000,000 minots.

Allemagne .......… ss L4,000,000 « TURQUIE sors dors 12,000,000 “ Grande-Bretagne .…..…...10,000,000

Autriche-Hongrie. ....…,.10,000,000 CONATa een e serre sos. 4,000,000 “ Australie ............…. 3,000,000 “ Hollande et Belgique... 2,500,000 «“

On serait tenté de croire que la neige qui couvre le sol, pendant les mois d'hiver, doit, en interdisant l’accès des pâturages aux bestiaux, présenter un obstacle presque insurmontable à l’élevage du bétail. Au contraire, malgré la nécessité où l'éleveur se trouve de nourrir ses animaux à l'étable durant cinq mois de l’année, il ne retire pas moins des revenus considérables de ce genre d'industrie. Les chevaux canadiens, doués d’une vigueur exceptionnelle, sont très recherchés sur les marchés américains. Les races bovine, ovine et porcine acquièrent aussi au Canada un développement tel, que souvent de grands éleveurs anglais viennent y chercher les produits améliorés d’animaux dont ils ont, quelques années avant, fourni a souche aux fermiers canadiens. Les pâturages de certaines régions peuvent avantageusement être

comparés avec les plus plantureux pacages de la, Suisse,

L'exportation des chevaux, des bêtes à cornes et des moutons a produit en 1881 un assez fort montant, comme l'indique le tableau ci-dessous :

Nombre Valeur Chevaux 21,993 $2,094,037 Bêtes À cornes 62,277 3,464,871 Moutons 354,155 1,372,127

Ces animaux ont été dirigés, pour la plupart, vers l’Angleterre. *

Pendant cette même année, le Canada a exporté 17,649,491 livres ** de beurre ayant produit $3,- 573,034 et 49,255,523 livres de fromage vendus

pour $5,5 10,443.

L’aisance relative dont jouissent la plupart des cultiveteurs canadienns leur donne la facilité de il se procurer uri confort domestique qui est loin de 0: ressembler au genre de vie presque toujours restreint des populations rurales, en Europe. On l'

peut même reprocher à lu classe agricole uneten- Æ PI dance au luxe assez prononcée pour entraver souvent sa marche vers une plus grande prospérité

à laquelle elle pourrait facilement atteindre avec br un peu plus d'ordre et d'économie. ce me pr

* En 1681, le Canada a exporté en Angleterre 49,409 bêtes à cornes et 80,222 moutons. « +* La livre égale 453 grammes 59 centigrammes. qu

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