RECHERCHES SUE LES FERMENTS ET LES FERMENTATIONS
Les recherches expérimentales de eette partie ont eu, pour point de départ, une Chaîne de faits pathologiques observés chez l’homme et de vues théoriques qui remontent au cours de mes premières études médicales.
Je fus amené à penser que la fièvre qui atoujours été considérée eomme xme Fermentation, et surtout par Van Helmont, devait être attribuée plutôt à l’action directe Ae substances chimiques nNkceWe des microbes.
Je conçus l’idée que les microbes, qui ne sont, en somme, que des cèllules infimes, devaient excréter ou sécréter des poisons, tout comme les grandes cellules végétales ou animales. Quelques rares savants français parmi lesquels il convient de citer A. Gautier,
mtsen general semblaient ces vues théoriques et r xé sur les microbes, esprits et démontrcrlargi ttdsoin, les substances ch
ement de 1886, « Microb e 242 p.) et, un peu plus ti
Investigateurs s’engagè:
voie de recherches et y 1 fécondes.
■quables propriétés pyrétogènes des macère
; un grand nombre de longues séries de i :s, chimiques, histologiques, physiques, el état de pureté, des liquides de macérai l’autophagie, une substance chimique qui, un accès de fièvre très intense et tout à cette raison, j’ai proposé d’appeler Pjréto us, en étudiant méthodiquement cette subs le était une Diastase très énergique, c’es mts dits solubles ou chimiques, encore n t toujours à faire l’étonnement des chimis dà cette découverte, a écrit M. le Professe it chimiste de la Faculté de Médecine de
INTRODUCTION
« fois bien établie, que la fièvre peut être provoquée par lè passage, « dans le sang, d’une substance notoirement zymotique.
« L’idée que la fièvre est uue sorte de fermentation est déjà « exprimée par Van Helmont et l’avait probablement été par « d’autres, avant lui. Mais, une idée n’est pas une vérité, avant « qu’on en ait donné la preuve (Toxines, p. 533, i vol. 1896). »
Ce fait positif, unique dans les annales de la Science, fut, pour moi, comme mi foyer d’où jaillissaient, dans toutes les directions, des rayons lumineux. Rapproché d’autres faits plus ou moins analogues, ainsi que de vues théoriques qu’il étayait ou justifiait, il m’engagea à fonder une Théorie générale sur la Nature et les Rôles physiologique, pathogène et thérapeutique des Diastases ou Ferments dits solubles et chimiques.
J'introduis, dans cette Théorie, parmi ungrand nombre de vues originales, cette idée personnelle que cette Diastase semble posséder, à côté de ses propriétés chimiques qui sont évidentes, les propriétés moins nettes, très obscures même parfois, d’un être vivant, d’un Ferment microbien. Et je donne à cette vue une force nouvelle, lorsque, comme conclusion d’un très grand nombre d’observations faites sur l’homme et d’expériences, je formule clairement, p. 654, dans mon mémoire sur l’Agent pathogène de l’influenza, cette Hypothèse nouvelle :
« L’Agent pathogène de Vinfluenza doit être un élément vivant, « infiniment plus ténuque le plus petit des microbes connus, extrême- « ment toxique, si subtil, que son état moléculaire serait plus ou moins « voisin de l’état de vapeur, ce qui lui permettrait de passer instan- « tanément dans le milieu intérieur et de l’empoisonner.
« Cet agent serait donc une sorte de vapeur animée, n (Mémoire lu
INTRODUCTION
devant rAcadémie le lo juillet i894 et publié dans la Revue de Médecine du lo août 1896).
Depuis, eette Hypothèse a été encore solidement étayée par des savants très compétents et fort estimés de tous.
Je formule aussi, dans la Théorie générale, une Théorie nouvelle de la virulence, en considérant la Diasfase, à la fois, comme l’Agent nécessaire de nutrition, <Tattaque et de défense du microorganisme, cellule ou microbe, qui l’a produit, comme un Ferment qui, à ses propriétés chimiques bien évidentes, me semblait, plus ou moins obscurément, unir certaines des propriétés biologiques diun Être vivant. ¥A\eTpose, ainsi, une des bases les plus solides et les plus larges de la grande « Théorie des défenses de l’organisme » qui, depuis, a eu tant de succès dans le monde savant.
J’introduis encore, dans cette Théorie générale un grand nombre d’idées originales et de Théories spéciales que je ne puis mentionner dans cette courte Introduction.
L’Académie accueillit très favorablement mon travail, et, après avoir voté des remerciements à l’auteur, à la suite d’un rapport élogieiix de la commission qu’elle avait chargé d’en vérifier les principaux faits, elle lui attribua, en 1890, l’un de ses principaux prix (le prix Perron) « décerné, tous les cinq ans, au mémoire qui paraît le plus utile au progrès delà médecine » et décida de le faire insérer dans le Recueil de ses Mémoires (t. xxxii, fasc. I).
C’est à partir de cette époque, surtout, que les Investigateurs s’engagèrent, de plus en plus, dans cette nouvelle voie de recherches et qu’ils y firent un grand nombre de découvertesforlimportantes.
Ainsi, alors qu’avant 1889, on ne s’occupait pour ainsi dire pas de l’étude des Diastases, j’ai compté que, depuis cette époque à 1900, S46 Investigateurs ont publié plus de 4’do mémoires originaux sur ces substances et leurs analogues, mémoires qui se répartissent
INTRODUCTION
en 33 variétés de recherches. Et je suis loin, je pense, de les connaître tous !
En les recueillant et les méditant, j’ai eu la grande satisfaction de constater qu’î'fs conconrrent tous, plus ou moins directement ou indirectement, à confirmer mes résultats, à étayer ou à transformer en vérités expérimentales un certain nombre de mes idées et de mes théories, tout en les dépassant souvent, ou en ouvrant encore de nouveaux horizons aux Penseurs et aux Investigateurs.
Parmi ces travaux, une catégorie mérite, ici, une mention spéciale. C’est celle des travaux publiés par le professeur Buchner de Berlin, et par ses élèves. Ils y démontrent que la même Diastase extraite delà même levure qui m’a fourni la Pyrétogénine détermine, à dose infime, dans une solution de sucre à 4o o/o, une véritable et rapide fermentation alcoolique, tout comme le ferait la levure elle-
Gest là une des plus brillantes confirmations de mes travaux.
Ainsi, en lo ans, ce grand mouvement scientifique aboutit à l’édification d’une nouvelle et vaste branche de la Science qui se montre pleine de promesse pour l’avenir, ainsi que je l’avais explicitement prévu et formulé, en 1889, dans la Théorie générale qui devait servir, surtout, d’instrument de pénétration expérimentale, branche que j’avais proposé de désigner par le nom de Diastaso-
Cette première partie renferme encore un grand nombre de questions nouvelles et originales (pxi me sont personnelles et dont je vondrais pouvoir faire ressortir, ici, la haute importance. Je dois me borner à en indiquer quelques-unes. Telles sont :
1“ Destruction et Récupération des propriétés diastasique et pyrétogène de la pyrétogénine ;
INTRODUCTION
2° La Nature des Diastases et les propriétés stéréométriques et mécaniques de leurs molécules ;
3° Elargissement de la conception du Ferment et de ta Fermentation ;
4» Classification générale des Ferments et des Fermentations ;
5» La Fermentation spermatique ;
6» La Structure de la Molécule vivante ;
7” Les Tissus physico-chimiques, moléculaires et atomiques ultramicroscopiques de la Matière vivante ;
8“ L’Histologie de l’Avenir et l’étude optique des propriétés chimiques, physiques, mécaniques et mathématiques de la Matière vivante ;
Je ne puis que prier le lecteur de vouloir bien se reporter à
VAperçu historique sur les Ferments et les Fermentations.
DEUXlExME PARTIE