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Notes sur li̓le de la Réunion (Borbon). Annexe G, Lépidoptères

Les insectes de cet ordre sont peu nombreux à la Réunion, et subissentla loi qui veut que les îles soient plus pauvres en Lépidoptères que les continents. J'aurai donc peu d'espèces à ajouter, dans les tribus supérieures, à celles qui ont été décrites par M. Boisduval dans sa Faune de Madagascar; mais j'en ferai connaître une certaine cjuantité dans les tribus inférieures. Je suis persuadé qu'il en existe encore bien d'autres nouvelles, et je ne considère le présent travail que comme une première étape. Le zèle dont fait preuve l'un des observateurs qui m'ont fourni les matériaux de cet opuscule, m'est un sûr garant que, d'ici à quelques années, je parviendrai à compléter Tliistoire si intéressante des Lépidoptères de notre colonie, surtout en ce qui concerne les premiers états. On trouvera déjà ici la description de ceux de plusieurs des espèces qui composent ce résumé, et leur comparaison avec ceux de nos Lépidoptères européens fera voir que, proportion gardée , ils confirment les éléments de la classification naturelle.

Une autre cause qui rend l'Entomologie de la Réunion plus intéressante de jour en jour, c'est l'immigration , bien avérée maintenant, des espèces des îles voisines, et en particulier de Madagascar. C'est ainsi que la Salamis Rhadama s'y est acclimatée depuis une

dizaine d'années^ au point d'y devenir plus commune que dans sa

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patrie originaire. Une acquisition beaucoup moins inoffensive est celle de la désastreuse Scbœnobide qui dévore les plantations de cannes, funeste cadeau de l'île Maurice, cjui, elle-même, l'avait reçu de Ceylan.

Malgré ces additions à la Faune de l'île, la très-petite quantité des Lépidoptères de la Réunion fera paraître sans doute les divisions de genres, de familles et de tribus, bien nombreuses relativement aux espèces, en sorte qu'on trouvera le cadre souvent trop large pour le tableau; mais je prie le lecteur d'observer qu'il ne dépend pas plus de moi de restreindre ces divisions (prises sur un catalogue général des Lépidoptères du globe que j'ai dressé pour mon usage) que de combler les lacunes, souvent immenses, que le Créateur a laissées, à la Réunion, dans la série générale de ces petits êtres, ce qui fait ressembler son Eutomologie à une chaîne dont les neuf dixièmes des anneaux auraient été capricieusement enlevés. Ainsi, dans les Diurnes, la nombreuse famille des Piérides, si répandue pai- tout le globe, est complètement absente. Les Acrées, si communes dans les autres régions de l'Afrique, y manquent totalement aussi. Dans les Nymphalides, les Cyrestis, lesLexias, les Hanna^Xç'è Euryphene, genres essentiellement africains, n'y ont point pénétré. Les Satyrides, si abondants partout, n'y ont que de rares représentants; enfin les Lycénides et les Hespérides n'y comptent que bien peu d'espèces, tandis qu'elles pullulent dans les autres contrées.

Si nous passons aux Nocturnes, après les Sphingides dont le vol puissant et les migrations bien constatées expliquent l'abondance relative dans l'île, nous ne trouverons pas plus d'espèces des tribus supérieures que dans les Diurnes. Les Syntomides et les Glaucopides n'ont pas trouvé le moyen de franchir la distance qui la sépare de Madagascar. Quelques Euchéhdes et Lithosides y représentent la nombreuse phalange des Bombyx ; mais toute la tribu des Bombycides proprement dits, si répandue par tout le globe, y fait complètement défaut.

Un peu plus riche en Noctuélides , l'île de la Réunion offre çà et Là quelques échantillons des familles propres aux régions tropicales. Les Ophiusides, les Rémigides, les Thermésides y dominent, et,

dans les autres familles plus répandues, celle des Plusides se fait remarquer par quelques belles espèces. Les Géomètres y sont plus clair-semées et appartiennent principalement aux Boarmides et aux Géométrides proprement dites. Les Deltoïdes sont abondantes et paraissent une des légions privilégiées de l'île, où il en reste certainement beaucoup à découvrir. Quant aux Microlépidoptères et principalement aux Pyralides, si prodigieusement répandues dans certaines parties du globe, je n'ose en rien dire de général, car il est probable cjue la majeure partie a échappé âmes correspondants.

Tel est le bilan des productions lépidoptériques de notre colonie. Maintenant, si l'on fait abstraction du nombre pour étudier la physionomie des espèces, on voit c[u'elle tient à la fois des types indieu et américain ; mais, chose bien remarquable, c'est peut-être du type européen qu'elle se rapproche le plus, comme si Dieu avait destiné cette belle terre à être française. Les Vanessa Carclui et Hipjwmene, la Limenitis Bumetorum^ les Lycœna Bœtica, Telicanus^ Lysimon et Mijlica et l'Hesperia Borbonica^ qui forment le tie7's des Diurnes de File, ont une incontestable affinité avec nos espèces européennes, et quatre d'entre eux sont mêmes complètement identiques aux nôtres. Dans les Nocturnes, les Sphinx Celerio ^ Nerii, Convolmdi^ Atropos, la Deiopeia Pidchella^ les Noctua fietma, Armigera,, Chalnites, Ni, et la Slenia Ornatalis sont dans ce dernier cas, et quant aux espèces à physionomie européenne,, il me suffira de citer les Macr. Milvus, Lithos. Squalida, Geom. Mauritiata eXBorbonicata !a Chlœoph. Insulana^ l'Eurhip. Blandiatrix, toutes les P/ws/^, les Ophiusa Torrida et A7n?no7iia , toutes les Ili/perm et Simplicia, les deux Pyralis et toutes les Phycides, pour démontrer complètement une assertion qu'on pourrait croire au premier abord inspirée par la prévention.

J'ai parlé plus haut des emprunts que la Réunion a faits aux îles voisines pour enrichir sa Faune; il faut donc constater en retour ce qu'ehe a de spécial et d'exclusif. Rien de plus tranché sous ce rapport que l'existence du Papilio Disparilis qu'elle garde seule, sans l'échanger avec le PJwrbanta de Maurice ou VEpiphorbas de Madagascar, et ce fait est d'autant plus curieux que les Citnis, qui nom-

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rissent les trois espèces de Papillo, sont communs dans les trois îles; aussi il serait peut-être difficile de citer, en Lépidoptérologie, d'autres preuves d'un exclusivisme aussi prononcé. Les Macroglossa Apus et Milvifs, le Leptosoma insulare et l'Aganais Borbonica paraissent également particuliers à l'île. Quant aux espèces des autres familles, leur récolte est trop négligée en général pour que je puisse affirmer qu'elles ne se rencontrent pas dans les îles voisines; c'est donc sous toutes réserves que je citerai comme ayant une physionomie propre à celle-ci les Boarmia onjgaria^ Hypojmlpis terehrariaQi perforaria, Chlœophora insulana, Eurhipia blandiatrix, Odontina excavata, Ophhma finita ^ Ophiusa torrida, Gracilodes nysa, Lepyrodes geometralis.

Je finis cet aperçu en recommandant de nouveau à l'indulgence des lecteurs les inévitables imperfections qui résultent, dans le travail qui va suivre, du petit nombre et de la mauvaise conservation de mes sujets d'étude. L'histoire naturelle des espèces exotiques est encore dans des conditions de grande infériorité, quand on songe aux belles préparations des sujets européens et aux exigences de fraîcheur et d'intégrité que nos entomologistes poussent quelquefois même jusqu'à l'extrême; mais elle sortira peu à peu de cette infériorité, et les naturalistes à venir suivront avec facilité une route que nous ne pouvons que jalonner. Il suffît pour cela de quelques hommes aussi zélés que les deux observateurs qui m'ont mis à même de faire ce travail : M. Maillard, en m'apportant une série nombreuse de Lépidoptères recueilUs par lui avec toutes sortes de peines dans la colonie, où il a séjourné un grand nombre d'années; M. Vinson, en m'expédiant à plusieurs reprises les espèces qu'il continue à recueillir sur les heux mêmes, et en m'envoyant, presque à chaque courrier, d'excellentes observations sur leurs premiers états.

Chàteaudun, mai 1862.

Achille GUENEE

LÉPIDOPITÈRES. G. — 5

DIURNÏ, Lat.

Divis. 1. BICALCARATI, Gn. — Legiol. FUSÏFORMES, Gn. Phalanx HEXAPI, Un.— iv\WTENTACULATjE, Gn. Fam. PAPILIONIDiE, Lat. — Gen. PAPJLIO, Lin.

Papilio Disparilis, Bdv.

Bdv. Faun. Macl., p. 15, pi. 1 .— Spec. gén., p. 227.— Herr. Scli. exot. Q3-GA. — Pkorkfnta, Esp. 37-2. — Ilerbst. 12-3.

Ce beau Papilio n'est pas rare à la Réunion ; mais la femelle est beaucoup moins commune que le mâle. On en rencontre vingt de ce dernier sexe contre une du premier. Il voltige dans les allées des bois, autour des grands arbres.

Tribu. GRANULOSiE, Gn.

Fam. RHODOCERID.E, Bdv. -Gen. CALUDRYAS, Mv.

C'est un des genres les plus difficiles des Diurnes. La synonymie surtout est très-délicate à établir d'une manière certaine, surtout dans le groupe auquel appartient l'unic^ue espèce qui se trouve à la Réunion, et M. Boisduval, quiabeaucoup fait pour l'éclaircir, a laissé encore bien des doutes à résoudre et quelques erreurs à corriger.

Callidryas Florclla, Fab.

Eut. syst. 666. — God. Enc, p. 96.— Bdv. Spec. gén., 608.

J'admets avec M. Boisduval que cette espèce est la Florella de Fabricius, ce qui n'est pas absolument hors de doute, cet ancien auteur n'ayant décrit que la femelle et sur une variété des plus mar-

quées, puisqu'il lui donne en dessous trois points argentés, dont le premier beaucoup plus gros, et cette femelle venant de Sierra-Leone, pays dont je n'ai vu aucun individu. Néanmoins comme Fabricius^ dit : Apex alœ maculis aliquot fuscis, et que cette espèce est la seule de ce groupe dont la femelle n'ait pas le sommet entièrement noir, je regarde comme très-probable que l'espèce de Sierra-Leone est la même que celle-ci. Par contre, la femelle décrite par M. Boisduvai n'appartient certainement point à la Florella^ comme il est facile de s'en convaincre en lisant sa description, bien que celle du mâle lui soit tout à fait applicable (si l'on change toutefois le moipoi?its blancs^ du thorax en celui de poils qui était certainement dans rintention de l'auteur). Pour mieux préciser toutefois l'espèce de notre colonitj et faire qu'elle ne soit plus confondue avec ses congénères, je décrirai même le mâle ; et quant à la femelle^ qui l'a été d'une manière trop imparfaite par Fabricius, et nullement depuis lui;, j'indiquerai ses deux variétés, qui sont bien tranchées.

Le mâle est de la taille de Pyranthe ou un peu plus petit. On le reconnaîtra d'abord au bord terminal des premières ailes qui est concave, cas unique, je croiS;, dans ce genre. Le dessus est d'un blanc glauque, avec les deux tiers postérieurs recouverts d'écaillés plus veloutées, mais qui s'arrêtent un peu avant le bord terminal. Les ailes supérieures sont marquées d'un très-petit point noir sur la discocellulaire. Elles portent en outre, au bord interne, comme Pijranthc et Philippinaj un faisceau de longs poils blancs qui s'épanouit souvent par-dessus les inférieures. Le dessous est d'un glauque jaunâtre luisant, couvert de petites hachures plus obscures et souvent rosées, avec un petit point rose, pupille de couleur de chair, sur la disco-cellulaire. Les ailes supérieures ont, en outre, toute la moitié interne blanche, et les inférieures portent, au-dessus delà nervure médiane, une bandelette plus mate et plus jaune, formée par des écailles accumulées. Ces écailles correspondent, en dessus, à un espace oblong que M. Boisduvai appelle improprement sac glanduleux, et qui, dans cette section des CaUidryas, est médiocrement étendu. Le thorax est couvert de poils blancs qui se teignent de rose sale sur la partie antérieure et sur la tète. Les antennes sont d'un gris rosé, plus claires que

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chez Pyranthe et Philipjnna, et plutôt jaunes que roses eu dessous.

La femelle est plus petite, d'un blanc plus sale et dépourvue d'écailles veloutées. Le point cellulaire est plus gros et plus arrondi. L'apex et le sommet de la côte sont étroitement teintés de brun jaunâtre, et quelques groupes d'atomes de même couleur, isolés et placés entre les nervures, descendent jusqu'à moitié du bord. La naissance de la côte est lavée de gris. En dessous, le fond est plus carné, et on aperçoit un second point rose au-dessus de la discocellulaire des inférieures. Les supérieures sont lavées de jaune à la jonction du blanc avec le carné. Inutile de dire qu'elle n'a ni faisceau de poils ni sac glanduleux; mais il est bon d'observer qu'elle est dépourvue de la bandelette mate sur la médiane qui n'est point l'attribut exclusif des mâles puisqu'on la retrouve chez les femelles des Gonopteryx [Rha?nni, Ecclipsis, Gueneana^ etc.).

Telle est la femelle typique ; mais elle présente une charmante variété, d'un jaune serin très-pur en dessus, avec l'apex et les groupes terminaux d'un brun roux; le dessous est d'un jaune safran mat, haché de rose, abord interne des supérieures bien plus étroitement blanc. Chez cette variété on trouve, au haut de la cellule des inférieures, trois points argentés cerclés de rose sanguin et une série de taches ou groupes d'atomes du même rouge, bien au-dessus du bord terminal. Cette belle variété, c{ue je fais figurer pi. xxn, lig. 1, est si tranchée, qu'elle ne paraît pas appartenir à la même espèce, ni même au même groupe, et qu'on la croirait facilement de celui de Marcdlina. Je dois dire, au reste, que je possède une variété correspondante de la. Philippina, quoique d'un jaune moins tranché.

La chenille de la Floi^ella a été très-bien observée par M. Vinson. Elle a la forme des autres chenilles de Callldryas, et est d'un joli vert, avec les granulations ordinaires noires, divisées sur le dos en cinq à six sillons transversaux, La stigmatale est d'un blanc jaunâtre et surmontée d'une série de points noirs, plus gros que les granulations. Toute la partie ventrale est d'un vert pâle, ainsi que les pattes membraneuses. La tête est concolore et aussi pointillée de noir. M. Vinson a remarqué que toutes les chenilles qui doivent donner la variété jaune ont le premier sillon du cou entièrement noir.

tandis qu'il est concolore chez la variété blanche. Celle curieuse observation a besoin d'être répétée et généralisée.

Cette chenille vit sur la Cassia glauca DC ; elle se change en une chrysalide de la forme propre aux Callidryos et Collas, d'un vert bleuâtre tendre, avec une ligne latérale d'un blanc jaunâtre brillant et une arête dorsale d'un jaune vif. La pointe céphalique est teintée de noir. Le papillon cclol en novembre.

On peut voir, par ces descriptions, en quoi les premiers états de la F/o?t//« diffèrent de ceux des C. Pyranthe eiP/iilippmaqueM. Horsfieldnous a fait connaître dans son bel ouvrage sur les Lépidoptères de l'Inde.

La Florella est très-cornmune à la Réunion. Elle se rassemble, comme ses congénères, par groupes nombreux, dans les endroits où un peu d'humidité a séjourné, ou sur le bord des flaques marécageuses.

Fani. TERIAD.E, Gn. — Gen. TE RI AS, Bdv. Terias Florîcola, Bdv.

Faun. Mad., p. 21 ; — Spcc, p. 671.

Elle me paraît bien distincte de VUecahe, et elle est toujours la même. Les femelles sont beaucoup moins abondantes que les mâles.

La chenille vit sur le Giiilandina honduc , arbrisseau sarmenleux de la famille des Cœsalpinées. Je n'en ai pas la description, mais M. Yinson m'a envoyé un joli dessin de la chrysaUde. Elle est d'un vert jaunâtre et passe au jaune-citron vif quand elle approche de son éclosion.

Pliai. TETRAPi, Lin. - Tribu FILkMENTOSJE, Gn.

Fam. DANAIDiE, Lat. — Gen. EVPLOEA, Fab.

Euplœa <;oudofii, Bdv.

Faun. Mad., p. 36, pi. m, fig. 2.

Elle est très-commune et habite toutes les locaUtés; mais elle se plaît surtout dans les grands bois de l'intérieur de l'île, où elle vole

avec grâce au-dessus des branches, se posant souvent sur les panicules des jeunes palmiers pour en sucer le nectar, et contrastant, par sa belle couleur noire veloutée, avec le blanc de neige de leur fleur.

M. Boisduval a décrit, comme chenille de cette Euplœa, une espèce qui ne lui appartient pas. Celle-ci est d'un vert blanchâtre glacé, tirant un peu sur le jaune, avec une ligne vasculaire formée de petits points noirs et une stigmatale orangée, bordée supérieurement par une ligne noire festonnée et extérieurement par un filet jaune pâle. Ces bandes sont parsemées de points noirs isolés, de diverses grosseurs. Elle a huit épines ou filaments charnus, noirs, dont deux plus longs sur le cou. La tête est noire, et le premier anneau d'un jaune orangé, avec deux points noirs. Les pattes sont noires, avec une tache blanche intermédiaire.

Elle vit, dans le voisinage des habitations, sur le Nerium oleander Linn., comme le dit M. Boisduval; mais dans les forêts, où elle est bien plus abondante, on la trouve sur le Jiissemla aventa^ DC. La chrysalide est épaisse, du plus bel argent poh, avec des reflets d'or et de bronze. Elle brunit en conservant son éclat jusqu'à son éclosion, qui arrive le quinzième jour.

Gen. DAN Aïs, Lalr.

Danais Clirysîppus», Lin.

Syst. Nat., J19. — Fab., 154. — Cram., 118, BC. — Ilb., Ex- Sclim. — God., p. 187. — Bdv., Faun. Mad., p. 35; Icon., pi. xxm. — Dup. sup., 37. — Dev. et Gn., p. 135.

Rien à dire sur cette espèce si connue, si ce n'est que le type de la Réunion est très-beau, et cpie les ailes supérieures sont très-chaudes de ton et généralement plus foncées que celles des exemplaires de Chine et de la côte de Guinée. J'observe aussi que la bordure noire des ailes inférieures n'est ponctuée de blanc, en dessus, ç-?^*? da72s sa der?iiêre moitié.

Je ne sache pas qu'on ait rencontré à la Réunion la variété Aldppus.

Tribu SPINOS/E, Gn.

Fam. VANESSID.-E, Dup. — Gen. ATELLA, Dbd.

Âtella Plialanta, Dr.

Drur., I, pi. XXI. — Fab., 455. — God., p. 259. — Bdv., Fauii. Mad., p. 41. — Columbina, Cr., 238, AB, et 337, DE.

Elle est très-commune à la Réunion, mais elle est presque toujours fanée ou déchirée, ce qui provient probablement de la rapidité de son vol. Les femelles sont beaucoup plus rares que les mâles.

Gen. F^iV£ S5^, Latr.

Vanessa Cardui, Lin.

Lin., S. N., 157. — Fab. — God., — Bdv., etc.

Se trouve à la Réunion, comme dans la plupart des contrées du globe.

Vanessa Hippomene, Hb.

Hb. Ex. Schm. Nymph. VI. Hamadr. B, simpl. 2. — Bdv., Faun. Mad., p. 43, pi. vni.

Cette superbe Vanessa est rare à la Réunion; mais le type y est de toute beauté. La figure de Hubner n'en saurait donner une idée, car elle est presque moitié plus petite, et les couleurs en sont ternes et pâlies. Celle de M. Boisduval, qui approche bien plus de la nature, est pourtant encore plus petite d'un cinquième, et les bandes fauves ne sont pas encore assez vives. En réalité, cette belle Vanesse tient le milieu pour les couleurs entre Itea et Atalanta, et, pour la taille, égale au moins notre Antiopa.

Elle n'habite point le littoral et se plaît dans les régions élevées et froides de l'intérieur. M. Vinson a découvert, dans les montagnes des Salazes, la chenille, qui est d'un pourpre vineux, avec sept rangs d'épines rameuses d'un jaune vif, à extrémité noire. Elle vit sur la Bœmcria iirticœfolia ^i^rcug, plante de la famille desUrticées. La

LÉPIDOPTÈRES. G. — il

chrysalide est fortement anguleuse, à tète formant deux pointes bifurquécs, avec une grande arête thoracique sécuriforme , et une série de pointes dorsales inégales, d'un brun marron clair, avec des reflets dorés , les épines d'un beau jaune métallique et des taches d'un argent poli.

Gen. SALAMIS, Bdv.

(Junonia, Dbd.)

Salamis Rbadama, Bdv.

Faun. Mad., p. 44, pi. vu, fig. 2.

Ce brillant papillon n'est pas originaire de la Réunion, et y a été transporté de Madagascar ou plutôt s'y est propagé seul depuis quelques années. Il y est très-commun.

La chenille a été découverte par M. Yinson, sur la Justicia ventrlcosa, et retrouvée depuis en très-grande quantité sur les Bcderia spinosa et multiflora^ où elle vit en familles nombreuses. Cet aimable entomologiste en a fait un dessin exact qu'il se propose de pubher dans un mémoire séparé^dont je ne veux point déflorer l'intérêt, même par une description sommaire.

La Rhadama varie peu ou point en dessus, mais il n'en est pas de même pour le dessous. Il existe, surtout chez les femelles, deux types fort éloignés, dont l'un est varié de gris noirâtre et de blanc, avec une bande médiane sinueuse, aux secondes ailes, et la bordure des quatre de cette dernière couleur. Deux yeux aussi marcj;ués qu'en dessus, et à iris jaune, dont le premier est surmonté d'un gros point blanc, et le second est pupille de bleu et teinté supérieurement de rouge grenat, se découpent nettement aux inférieures, et l'angle anal y est marqué d'une liture noire et bleue, d'où part un filet de cette dernière couleur. Aux ailes supérieures se voient aussi deux yeux, mais plus petits, le premier seul cerclé de jaune et surmonté d'un ou deux points blancs, et le second empâté de noir.

,La seconde variété est d'un gris violacé clair ou gris de lin, uni, et sans aucune tache ni marbrure blanche. La bande des secondes ailes

devient ici une simple ligne noire, légèrement éclairée de gris jaunâtre fondu, et elle est tout à fait droite. Les yeux ont disparu et sont remplacés : aux inférieures, par une série de points roussâtres, et aux supérieures, par une grosse tache noire. Ce cju'il y a de plus extraordinaire, c'est que la forme des ailes elle-même est modifiée, la dent correspondant à la première aux secondes ailes, et à V Indépendante aux premières, étant notablement plus saillante.

Ces deux types si distincts proviennent pourtant de la même chenille, et notre étonnement diminuera si nous examinons les S. Orithya et Lavinia, chez lesquelles il se présente des variations analogues, mais presque toujours locales, tandis qu'ici les deux variétés et des individus intermédiaires sont produites par une même ponte.

Cette belle espèce va devenir si répandue dans les collections européennes, qu'il me paraît inutile de faire ressortir la diflerence considérable qui existe entre les sexes, différence que M. Boisduval n'a pu faire valoir dans sa description, mais que chaque entomologiste appréciera du premier coup d'œil.

Salamis Augtistiua, Bdv. Faun. Mad., p. 47, pi. vui, fig. 1.

Cette grande Salamis est rare à la Réunion. Je n'en ai que deux devant les yeux, une mâle et une femelle. Cette dernière a le bord terminal des premières ailes plus profondément creusé sous l'angle subapical; sa tache est plus grande, plus blanche, surmontée d'un groupe d'atomes violets, et, au-dessous d'elle, on voit trois ou quatre espaces blancs, vagues, rangés le long de la bordure brune. Enfin, en dessous, la bande brune des secondes ailes est largement éclairée de blanc en dehors, tandis que, chez le mâle, cette portion de l'aile est du même ton que celle du discjue.

Tribu. CARUNCULAT^, Gn.

Fam. DIADEMID^, Gn. — Gen. DIADEMA, Bdv.

Diadema Bolina, Dr.

Drury, I, pi. siv. — Ciam. G5 EF. - God., p. 390. — Bdv. Faun. Mad.,p. 39. = M isippm. Lin., 118. — Fab., 153. — God., p. 188 et 394. = Diocippus. Cram., 28 BG. —Fab., 158.

IS'est pas rare. On trouve ici la belle variété femelle Inaria Cr. 214 AB, chez laquelle les taches blanches et toute la partie apicale noire des premières ailes ont tout à fait disparu, en sorte cpie les quatre ailes sont entièrement fauves, avec une mince bordure noire. J'ai cru longtemps que cette variété formait une espèce séparée dont le mâle me serait inconnu.

Au reste, il ne faut pas se presser de réunir à la Bolina comme variétés toutes les espèces des anciens auteurs; j'ai dans ma collection la preuve qu'on s'est trop hâté à cet égard; mais ce n'est pas ici la place de l'administrer.

Fam. NYMPHALID.E, Latr. — Gen. LIMENITIS, Och.

Limenitis Dumetornm, Bdv.

Faun. Mad., p. 50, pi. vu, f. 6.

Je n'ai aucun renseignement nouveau sur cette espèce.

Tribu FURCUL^, Gn.

Fam. SATYRlDiE, Bdv. — Gen. CYLLO, Bdv.

Cyllo L,cda, Lin.

Syst.Nat.,151.— Fab.,333. — Cram.,196CDet292A.— God., p. 478. — Hb. exot. Schm. (le mâle) — Ilorsf., 4G1.

C'est un desSatyrides les plus répandus sur la surface du globe

a — \ /> LÉPIDOPTÈHES.

et peut-être un des moins étudiés. Ne donne-t-illieu qu'à de simples variétés de régions, ou constitue-t-il plusieurs espèces que Ton confond toutes sous le même nom? M. Boisduval semble trancher la ([uestion dans ce dernier sens dans sa Faune de Madagascar. M. Horsiield, au contraire, établit huit espèces (et peut-être neuf) pour l'Inde seule. La vérité est peut-être entre ces deux opinions; je crois donc bien faire d'indiquer ici les races de ma collection qui me paraissent tranchées. J'ajoute que je n'en possède aucune de TOcéanie, en sorte que BajiJisia, Fab. Donov., de la Nouvelle-Hollande, et Solandra, Fab., d'Otaliiti, peuvent bien en constituer deux autres. Cette petite étude est d'autant plus nécessaire que l'espèce de la Réunion pourrait bien être distincte de toutes ks autres et devrait alors recevoir un nom séparé.

Je commence par le Leda typique, dont je viens de donner la synonymie. J'observe toutefois que Linné et Fabricius lui donnent Sierra-Leone pour patrie, d'où l'on pourrait conclure que c'est notre espèce qu'ils ont vue, si leur description, quelque courte qu'elle soit, ne résumait en quelque sorte les caractères de l'espèce indienne, que tout le monde connaît sous ce nom.

Il est rare qu'il dépasse 70 millimètres. L'angle des ailes supérieures est très-peu sensible et ne forme c^u'une dent plus prononcée que les autres (j'en ai même deux individus qui ont le bord tout à fait droit). La frange n'est pas coupée de points blancs au-dessus. La dent des ailes inférieures est anguleuse et non caudiforme. Toutes les ailes sont d'un brun de terre d'ombre sans mélange de fauve, si ce n'est une faible liture près des taches noires, mais qui manque souvent et se réduit, surtout chez les femelles, à une simple éclaircie intérieure. Ces taches sont généralement petites chez les mâles, parfois presque égales, avec les points blancs rapprochés. Le dessous est d'un gris terreux clair, fortement strié et haché de brun. Les premières ailes ont trois ou quatre yeux et les inférieures cinq à six, bien marqués, noirs, pupilles de blanc pur, entouré d'écaillés violettes, et ils sont cerclés, quelle que soit leur taille, d'un iris jaune nettement circonscrit. — Les femelles sont plus pâles de part et d'autre, avec les taches noires plus grosses et les yeux encore plus

LÉPIDOPTÈMES. G. — iV,

marqués. Deux d'entre eux paraissent en dessus aux secondes ailes, et l'interne est toujours très-grand et cerclé de clair.

Mes individus viennent de Java, du Silhet et du Népaul.

Chez deux variétés seulement, le dessous tire sur le jaunâtre et le violâtre,-et les yeux sont en partie oblitérés. L'une d'elles se rapporte assez bien à Phedima Cram., 292 B.

Var? Ismene, Cr.

Cram. 26 AB. = Lef/«Drury, I, pi. xv. = Banksia God., p. 477 (non Fab.).

Un peu plus grand. L'angle des premières ailes et la queue des secondes sont bien prononcés ; le brun est foncé et les taches noires très-grandes. Un croissant fauve bien marqué entoure l'inférieure du côté interne, et une liture surmonte la supérieure. Je ne parle point du dessous qui varie autant que chez l'espèce suivante, mais qui n'est point régulièrement strié comme chez le type, et qui n'a, à la place des yeux, cpie de simples points. Les fîg. 26 B et 292 C de Cramer en résument assez bien les variations.

Cette variété ou espèce forme le passage du Leda à l'espèce suivante, au moins pour la forme des ailes et la couleur du dessous.

La chenille du Leda^ figurée par Horsfield, est fusiforme, verte, granulée de noir, avec de faibleslignes vertes et une stigmatale roussâtre. La tête est surmontée de deux pointes vertes à sommet rouge.

Var? Fulvescens, Gn.

LedaRh. Exot. Schm. (la Fem. seule). — Bdv. Faun. Mad., p. 58.

Toujours plus grand et atteignant 80°"". Les premières ailes ont le sommet coupé carrément et marqué de trois points blancs sur la frange, puis le bord rentre brusquement en formant un angle très-accentué. La dent des inférieures est tout à fait caudiforme. La teinte générale est constamment le brun très-jnêlé de fauve ^ avec les bords seuls cendrés et striés. Les taches noires des premières ailes sont placées sur une large éclaircie qui remonte, en se rétré-

G. — id LÉPIDOPTÈRES.

cissant un peu, jusqu'à la sous-coslale. Ces taches sont ainsi trèstranchées : la première large, ronde, marquée d'un point blanc un peu en deçà du niiUeu; la seconde en forme de bande qui s'avance jusqu'à la fin de l'éclaircie, et marquée d'un gros point blanc à l'extrémité opposée. Les secondes ailes n'ont que deux points blancs toujours très-petits, dont l'extérieur est parfois cerné de noir. Le dessous est très-yariable, gris-brunâtre, violàtre ou verdâtre ; mais les atomes dont il est souvent parsemé y forment plutôt des taches ou des ondes que des hachures. Les bandes sombres y sont presque toujours mieux et plus largement accusées, et les yeux y sont souvent supprimés, ou réduits à des points jaunes peu visibles ou à des iris confus. La femelle diffère peu du mâle; cependant, si on en juge par la figure de Hubner, elle est parfois oculée.

Ce beau Cyilo est très-commun à la Réunion, et je l'ai reçu, parfaitement semblable, de Madagascar.

M. Yinson a élevé souvent la chenille, qui est d'un vert jaunâtre avec des poils blancs et fins qui la rendent pubescente. Les incisions sont plus jaunes. Elle est rayée longitudinalement de vert plus foncé. Sa tête est armée de deux caroncules obtuses, de couleur lilas, hérissées de poils de la même couleur. Ses deux pointes anales sont de la longueur d'un anneau. Elle vit sur les grandes graminées, et en particulier sur le maïs [Zea maïs) et l'herbe de Job [Coyx lacnjmd). La chrysalide est épaisse, cylindroïde, obtuse, d'un beau vert tendre, et a presque la forme des nymphes à^Eiiplœa. Elle éclot en général le treizième jour.

Si je compare le dessin de M. Yinson avec la figure de Leda donnée par Ilorsfield, je trouve que la chenille du Fulvescens est moins iusiforme, plus cylindrique, à tête moins grosse, toute verte et sans points frontaux rouges, à cornes toutes violettes et non pas vertes et rouges, et complètement dépourvue de stigmatale rousse. La chrysalide me paraît aussi plus ramassée.

Cyllo Mycerina, Gn.

Mycena Cr., 291 F? = Suyudana Ilorsf. 466??

Je crois cette espèce tout à fait distincte et je m'attendais à la re-

connaître dans Time des six créées par M. llorsfield, mais elle ne réunit les caractères d'aucune d'elles, tandis qu'elle se dislingue nettement par des différences que cet auteur n'a point indiquées. Quant à la Mijcena de Cramer, elle s'accorde assez bien avec certaines variétés de celle-ci ; mais comme il ne dit que quelques mots du dessus, qu'il n'a point figuré, et qui fournit pourtant les caractères les plus sûrs, je n'ose lui en conserver le nom. J'en ai seulement choisi un très-rapproché, pour constater l'analogie.

Il est de la taille du Leda. Le sommet de l'aile supérieure est coupé obliquement jusqu'à l'angle, et^, le bord étant profondément creusé au-dessous de cet angle, il forme une dent beaucoup plus saillante (|ue chez les précédents. La queue des inférieures est aussi trèssaillante et le bord jusqu'à l'angle anal est droit et peu denté. Les ailes sont d'un brun noir velouté, avec l'angle apical et tous les bords d'un gris cendré tranché. Les taches noires des premières ailes sont très-petites et peu distinctes. Des deux points blancs, l'inférieur est très-petit et quelquefois nul, et le supérieur gros et anguleux. 11 n'y a de fauve c[u'une seule liture vague, oblique, placée entre ce point et la sous-costale, et saupoudrée d'atomes plus foncés. Le dessous est d'un brun-chocolat ou ferrugineux, un peu strié, avec les points jaunes à peu près comme chez laYar? Fulvescens, mais plus distincts, en raison de l'intensité du fond. — La femelle est plus claire que le mâle, et, chez elle, la côte, l'apex et la moitié du bord terminal des ailes -supérieures sont lavés de fauve sablé de ferrugineux.

J'en ai quatre individus bien semblables, tous du Silhet.

Gen. SATYRUS, Lat.

Satyrus IVareis^us, Fab.

E. S. Sup., 672-3 — Gud., p. 551. —Bdv. Faun. Mad. p. 59.

Commun à la Réunion.

Legio OIVISCIFORMES, Gn.

Phalanx MICROPI, Gn. — Tribu SULCATjE, Gn. Fam. LYCiENIDiE, Bd.— Gen. LYCMNA, Och.

Lycoena Bœtf ca^ Lin .

S. iN. 226. — Fab.,God., etc.

Outre que le violet est plus sombre que chez les Bœtica d'Europe ,

le dessous est un peu plus clair et les stries blanches y sont plus

nombreuses.

Lycaîna TcBicanigas, Herbst.

Hl)st. 305. — lîb. — God., etc.

Le dessous des ailes est plus blanc que chez les individus européens et les hgnes blanches plus conflu entes,, surtout chez les femehes.

Lycaena Iiysiasaoïî, Hb.

Hb. 534. — Och. — God., etc.

Ne diffère en rien de nos individus européens.

Lycœna Mylîca, Gn.

Elle est du même groupe que Lysimon., mais un peu plus grande. Le dessus des ailes est d'un gris brunâtre, saupoudré, chez le mâle seulement, depuis la base jusqu'au delà du milieu, de bleu clair argenté comme chez notre Alsus d'Europe, avec la frange d'un blanc sali. Le bord terminal des inférieures est précédé d'une série d'anneaux d'un gris clair, à peine distincte, correspondant aux lunules du dessous. Le dessous des quatre ailes est d'un cendré clair, avec une double série de taches d'un gris noir entourées de blanc : les postérieures ovales, les antérieures lunulées aux supérieures, chevronnées aux inférieures. Au-dessus est, comme chez la plupart des Lycénides, une série commune de points noirs finement cerclés de blanc, assez régulière aux premières ailes, mais dont les deux premiers points, aux secondes, rentrent notablement en dedans. Enfin au milieu de l'aile est un petit trait cellulaire précédé de trois points aux ailes inférieures seulement.

La massue des antennes est noirâtre extérieurement et d'un ferrugineux foncé intérieurement.

Cette petite Lycénide a été découverte par M. Yinson qui m'en a envoyé deux individus. J'en possédais depuis longtemps ime femelle achetée à Paris.

Divisio II. QUADRICALCARATI, Gn.

Tribu ANGUSTICOLLES, Gn.

Fam. HESPERIDyE, Latr. — Gen. THYMELE, Fab. Bdv. Thymele Flores>tan, Cr.

Cram. 391 E F. — Bdv. F. Mad., p. 01 .

Elle est très-commune à la Réunion. La chenille, dont je n'ai pas la description, vit sui' le Terminalia catalpa.

Nota. La Th. Florestan%Qxe\xoMye sans modification au Sénégal; j'en possède un individu tout à fait identique à ceux de la Réunion ; mais, à côté d'elle, vole une espèce qui lui ressemble tellement, qu'elle est probablement confondue avec elle, et qui se trouve peutêtre aussi à laRéunion. Cette Thymele, que j'ai nommée Arbogastes, ne diffère absolument de la Florestan que parce que les poils qui couvrent le corps, la tête, la base des premières ailes et le disque des secondes, sont d'un vert glauque très-clair. En outre, le collier de Florestan est marqué de chaque côté, près des yeux, d'un gros point orangé qui manque chez VArbogastes.

Thymele ISaniîïsaatecIi, Bd.

Faun. Mad., p. 62, pi. ix, fig. 3.

C'est seulement d'après l'autorité de M. Boisduval que je cite cette espèce, car je ne l'ai reçue ni de M. Yinson ni de M. Maillard, et les individus de ma cohection viennent de Madagascar.

Gen. EAGRÎS, Gn.

Eagris Sahadlias, Bdv.

Faun. Mad., p. 63, pi. ix, fig. 2.

Cette espèce, qui n'est pas très-rare à la Réunion, n'appartient pas

(lu tout au genre Thymele. Elle me paraît former un groupe à part d'un genre nouveau que j'ai adopté dans ma collection, et qui incline déjà beaucoup vers certaines espèces du genre Eanthis, Bdv.

Gen. HESPERIA, Lat.

Hesperia ISorltoiiica , Bdv.

Bdv. Faun. Mad., p. 65, pi. ix, fig. 5-6.

Commune à la Réunion, mais rarement fraîche. La chenille a été découverte par M. Yinson sur des graminées. Elle est d'un blanc verdàtre avec les lignes ordinaires d'un vert plus foncé. La tête, qui est très-grosse et trapéziforme, est marquée de deux petites hgnes latérales d'un rouge obscur, lisérées de blanc. La chrysalide est de la même couleur que la chenihe, oblongue, cylindre-conique et ayant la tête terminée par une longue pointe conique très-aiguë.

NOGTUMÏ, Lot.

Div. I. AREOLATI, Gn. — Legio PRISMATÏCORNES, Gn.

Fam. SPHINGID/E, Lat.— Gen. MACROGLOSSA, Ocli. Macroglossa Aptiis, Bdv.

Faun. Mad. p. 79, pi. x, fig. 4.

Cette jolie espèce ne paraît pas commune ; je n'en ai reçu que deux

individus.

Macroglossa 9Iilvii«, Bdv.

Faun. Mad. p. 78, pi. x, fig. 3.

Ce Sphingide, si voisin de notre M. StellatarwUy ne se trouve qu'à la Réunion, mais il n'y est pas très-rare.

LÉPIDOPTÉKKS. G.— 21

Gen. CHOEROCAMPÀ, Dup.

Ghœrocampa Itlriaîiis, Dr.

Drur. III, pi. II, fig. 2.— Bdv. Faim. MacL, p. 73, pi. x, fig. 5.= Sphmx Clio, Fab. 65.

Ce joli Sphinx, malgré la très-grande différence de ses couleurs, a tout à fait le port de notre Porcellus d'Europe.

Je pense, avec M. Boisduval, que le sphinx Clio de Fabricius n'est autre que celui-ci, et que les mots : posttcis ?es?«ce«5 viennent de ce qu'il avait vu un individu décoloré. En tous cas, son nom est postérieur à celui doDrury.

Cliœrocampa Esoii, Cr, Cram. 226 C. — Bdv. F. Mad., p. 71.

Il n'est pas rare, et M. Yinson l'a souvent élevé de chenille. Le papillon varie peu, si ce n'est pour la bande latérale dorée de l'abdomen, ainsi que pour la ligne qui traverse les ptérygodes. Ces bandes sont parfois très-brillantes et parfois à peine visibles.

Ghœrocampa Celcrio, L.

Lin. S. N. 12. — Fab. W. V., etc. = Phénix Engram. God.

Absolument identique avec notre Celerio d'Europe, où l'espèce, d'origine africaine, paraît s'être propagée accidentellement. Je l'ai reçu aussi de Bornéo et du Silhet, et il ne paraît varier nulle part.

Ghœrocampa j^erîl, Lin.

S. N. 5. — Rœs. — Frisch. — Cram. — God, etc.

Ne diffère en rien non plus de nos individus d'Europe.

Gen. CHLORINA, Gn.

Caract. gén. — Chenilles. . . — Antennes de la femelle très-minces, — palpes écartés au sommet, comprimés latéralement, — front court et carré, — collier déprimé, — thorax court, à ptérygodes aplaties et terminées par un faisceau de poils arrondi et discolore, — abdomen peu conique, zone de noir, garni latéralement de fascicules

d'écaillés blanches, — ailes larges : les supérieures ayant un sinus

profond au bord interne, les inférieures dentées.

Chlorina ]IIeg;9era, Lin.

S. N. 21 .— Mus.Lud.Ulr. 358. — Clerck, pi. xlvii, fig. 2. — Seba, pi. Li\, fig. \^-\^.—LacordaireiBih. F. Mad., p. 73, pi. xi, fig. 1.

Il est impossible de laisser ce beau Sphinx dans le genre Chœrocampa, dont il ne partage point les caractères, comme le prouvent ceux que j'assigne au genre Chlorina.

Cette magnifique espèce est facile à reconnaître dans les Tcones de Clerck et même dans Seba, dont les figures de Sphingides sont pomtant si grossières.

M. Maillard m'affirme qu'il a été trouvé à la Réunion. Je possède un individu de Madagascar et une behe femehe de l'Afrique occidentale, mais je n'ai point vu le mâle qui présente peut-être des caractères propres.

Gen. ZONILIA, Bdv.

Zonilia OEnopioii , Ilb.

Ilb. Ex. Schm. Legilimœ II. Eumorpliœ A, Elégantes 1. — Bdv. F. Mad., p. 75.

Il ne paraît pas très-rare à la Réunion. Les individus que j'ai vus sont plus grands et mieux écrits que la figure de Ilubner.

Gen. SPHINX, Lin.

Sphinx ron^'olvuli, Lin.

S. N. — Fab. — Ilb. — God, etc.

Ce Sphinx habite tout le globe, et les légères différences qu'on observe chez les individus des contrées les plus opposées ne résistent point à l'examen. Cependant M. Horsfield figure la chenille de celui des Indes, et cette chenille diffère de celles d'Europe, nonseulement par la taille qui est proportionnée au papillon , c'est-àdire beaucoup plus petite, mais encore par certains détails. Toutefois, la chrysalide est tout à fait semblable. Cette chenille, qui vit chez nous exclusivement sur les Convolvulus, mange les Phascolus dans

l'ïnde et se trouve en janvier. On trouve le papillon à Java, Pinang, Madras, etc. J'en ai devant les yeux un individu d'Australie. Je sais qu'il se trouve également en Tasmanie, dans la Nouvelle-Zélande et à Port-Natal. Il n'est point rare à la Réunion.

Sphinx Solani, Bdv.

Faun. Mad., p. 76, pi. xi, fig. 2.

Il ne paraît pas très-commun, et je n'en ai vu que deux individus rapportés par M. Maillard. Il serait à désirer qu'on découvrît la chenille, qui doit être fort belle, si j'en juge par ses analogues.

Gen. ACHERONTIA, Och.

Achcrontia ASb*®p©s, L, Lin. S. N. 9. — Fab. — Ilb. — God, etc.

Ne diffère pas des individus d'Europe.

Legio PLICATUL.^, Gn.

Trihn L I CHB NI VOIÎ^, Gn.

Fam. LITHOSID.'E, Bdv. — Gen. LITHOSIA, Fab.

Lilliûsia SqiaaSâïSa, Gn.

42"°". Mâle : Port des Litbosies européennes. Ailes supérieures d'un gris jaunâtre un peu carné, velouté jusqu'aux deux tiers, puis d'un gris luisant et plus noirâtre sous certaines incidences de la lumière, à franges concolores, sans aucun dessin. Ailes inférieures d'un gris un peu plus clair, veloutées depuis la base jusqu'au milieu; la partie luisante formant une large bordure. Dessous d'un gris carné, uniforme. Corps de la couleur des ailes, avec l'extrémité anale un peu jaunâtre. Antennes à cils presque imperceptibles.

Femelle un peu plus grande, ayant les premières ailes d'un gris uniforme, tirant davantage sur le noirâtre et entièrement luisant, et les secondes ailes plus claires, plus jaunâtres et aussi entièrement luisantes. Abdomen d'un gris cendré, avec l'extrémité anale finement jaunâtre.

Un mâle pris par M. Yinson. Une femelle par M. Maillard. Tous deux d'une conservation médiocre.

TvihM PLANTIVOR/E, Gn.

Fam. EUCHELID.^, Gn.— Gen. DEÎOPEIA, Slph. Deiopeia Putcliella, Lin.

S. N. 884. — Fab. — God., etc. — Pidchra, Esp. Ilb.

Généralement un peu plus grande et à taches rouges plus étendues que les individus d'Europe.

Deiopeia Venusla, Ilb.

Hb. Ziitr. ^1\-^lt. —Formosa, Bdv. F. Mad.,p. 85.

Commune à la Réunion. M. Boisduval a changé à tort le nom de cette espèce, puisque le Zûtraege de Hubncr est antérieur de cinq ans aux Analecta de Dalman, dont la Vemista n'est peut-être d'ailleurs qu'une simple variété de Bella.

La Vemista varie beaucoup pour le nombre des taches rouges et la largeur de la place blanche des premières ailes. Mais la variété la plus tranchée que j'aie vue et qui m'a été donnée par M. Maillard, a les ailes supérieures entièrement noires, avec quelques points rouges placés sur de petites taches carrées d'un jaune carné, et les ailes inférieures également noires, avec le disque étroitement blanc. L'abdomen est entièrement d'un gris-noir en dessus.

Deiopeia Crîbraria, CL

Clerck. le, pi. liv (1759). — Cram. 208 C G et 288 D. =Astrea Drur. II, p. 6, fig. 3. — Horsf., p. 308. =Pylotis, Fab. 222. — Oliv. Enc. 215. — Bdv. F. Mad., p. 85.

Elle varie tellement et habite des pays si opposés qu'on est toujours tenté d'en faire cinq ou six espèces. Celle de Java paraît surtout différente, et nous en avons reçu une dans ces derniers temps, des Philippines, qui semble aussi très-tranchée. Cependant, si je considère qu'à la Réunion même il existe trois ou quatre types différents.

je crois qu'il ne faut pas tenter de les séparer sans posséder des documents précis, résultant des premiers états. L'un de ces types est surtout remarquable en ce que tous les points et taches noirs sont liés entre eux et forment, aux secondes ailes, une bordure et une bande discoïdale surmontant la tache cellulaire. Aux premières ailes, la bande la plus rapprochée de la base est perpendiculaire, tandis que les deux points qui lui ont donné naissance sont placés obliquement chez tous les autres individus.

Horslield figure la chenille, qui ne s'accorde que médiocrement avec la description queM, Boisduval en donne dans la Faune de Madagascar,

Nota. — Le nom de Glerk est bien antérieur à ceux de Drury et de Fabricius qui ont été adoptés pour cette espèce par les auteurs modernes.

Gen. LEPTOSOMA, Bdv. {Nyctemera, Horsf. — Orphanus, Her. Sch.)

M. Horsfîeld nous a fait connaître les chenilles de ce genre, lesquelles ont beaucoup de rapports avec celles des Beiopeia, mais sont munies de deux aigrettes de poils comme les Orgijia. Quant aux insectes parfaits, leurs rapports avec les Deiopeia sont manifestes et ils se placent tout naturellement dans ma famille des Euchéhdes dont M. Ilorsfield les a si fort éloignés.

Leptosoma Insularc, Bdv.

Faun. Mad., p. 84, pi. xn, %. 1 .

La description de M. Boisduval est inexacte, probablement parce qu'elle a été faite sur un individu mal conservé, et comme toutes les espèces de ce genre sont très-voisines, il me paraît utile de la décrire d'une manière plus précise.

C'est de la Tripunctaria qu'elle se rapproche le plus, mais elle est plus grande (53""".); les premières ailes sont fuligineuses, avec une bande blanche oblique partant de la côte, s'élargissant notablement après la cellule et se reliant sous la 4, par une liture d'un blanc sale à la frange qui y est marquée de blanc. Le bord interne est d'un

blaiicjaunâtre et surmonté d'une longuebandelette de même couleur, divisée par une nervure et bifide à l'extrémité; le tout jusqu'aux deux tiers de l'aile. Les inférieures sont d'un blanc pur, un peu transparent, avec une bordure égale, noirâtre, crénelée intérieurement, et la frange entièrement noirâtre. L'abdomen est blanc en dessous, d'un blanc gris en dessus, avec une série dorsale de gros points noirs, et une autre série latérale semblable, surmontée de traits, mais sans la ligne orangée indiquée par M. Boisduval. L'extrémité anale seule est fauve. Le thorax est blanc, rayé de noir, et le collier fauve, avec deux taches noires. Les antennes sont longues, bien pectinées chez le mâle et un peu crénelées chez la femelle.

Legio FI LIP ALPES, Gn.

Fam. AGANAIDJÎ, Bdv. — Gen. AGANAIS, Bdv. (Hypsa, Hb. Horsf.)

M. Horsfield nous a fait connaître les chenilles de ce beau genre, que la forme de ses palpes a fait placer jusqu'ici dans les noctuelles, ou près d'elles. C'est donc un tort, ici comme toujours, de se laisser guider par un caractère unique, si tranché qu'il paraisse. Quant à la nervulation, le fait que les Aganaïdes ont la médiane des secondes ailes nettement quadrifide n'est pas mi obstacle à leur collocation auprès des Euchélides dont plusieurs genres présentent le même caractère; enfin, par leurs premiers états, les Aganaïdes se rapprochent à la fois de ces mêmes Euchélides et des Agaristides que, pour ma part, je place entre les Syntomides et les Aganaïdes, et non dans le voisinage des Castnies.

Aganais Borboniea, Bdv.

Bdv. F. M., p. 96, pi. 15, fig. 1. — Herr. sch. 118-J20. — I?îsularis, Bdv. F. M., p. 97, pi. 15, fig. 2 (la femelle).

La supposition que M. Boisduval faisait, que son Insulcnis pouvait bien, malgré ses différences, être la femelle de la Borhonica s'est réalisée, et il est reconnu maintenant que ces deux Aganaïs n'en forment qu'une seule.

Legio PliAL^NID.E.

Tribu GEOMETR.^, Gn.

Fam. 2. ENNOMID.E, Gn. - Gen. HYPERYTHRA, Gn. Hyperylhra llangiferarist, Bdv.

Bdv. Faim. Mad., p. 114.

Bien que je n'en aie pas la certitude, je crois que l'individu que j'ai devant les yeux se rapporte bien à la Mangiferaria de M. Boisduval que je n'avais pu me procurer lors de la rédaction de mon Species, où elle est omise.

Elle se distingue des autres Hyperythra par sa couleur d'un brun violàtre ou rougeàtre clair, un peu plus sombre à la cote et à la frange, par l'échancrure très-marquée de ses ailes inférieures au bord interne, par ses antennes à lames plus longues. A la Réunion, où elle est seule, elle sera facile à reconnaître au-dessous des ailes qui est d'un beau jaune fortement aspergé de rougeàtre, avec une large bordure de cette dernière couleur, sur laquelle tranche, audessous de l'apex des premières, un groupe d'atomes d'un blanc-Hlas.

M. Maillard me remet, avec cet exemplaire mâle, les débris d'un autre individu qui en est probablement la femelle. Il est d'une couleur très- différente et beaucoup plus rapprochée de celle des autres Hyperythra^ c'est-à-dire d'un jaune sale, avec trois lignes ou ombres plus obscures et parallèles. Le dessous est d'un jaune-citron à peine strié de rouge, avec une ligne subterminale rouge bien marquée, derrière laquelle est une teinte rouge fondue qui tend à former bordure, et une ombre semblable sur le disque.

Cet individu serait-il la G. Madecassaria Bdv. F. M., p. 114 ?

Fam. 5. BOARMIDyE, Gn. — Gen. BOARMIA, Tr.

Boarmia Incompletarfa, Gn.

Je décris cette espèce sur un individu unique, en mauvais état, et femelle : ce sont trois raisons pour que ma description laisse à désirer; et, si je l'ai faite, c'est que je n'ai pas voulu omettre une des plus grandes phalénides de la Réunion.

G. — 28 I.KPIDOPTÈRIlS.

48""° — ailesdentées(lesfrangesmaiiquent)d\ui gris jaunâtre clair, fortement saupoudré et strié de noirâtre, avec toute la partie située derrière la coudée plus obscure. Les deux lignes ordinaires sont plus foncées , en partie confondues avec les atomes, et on reconnaît mieux leur place que leur forme. L'ombre médiane est plus droite et terminée par une tache noire au bord interne; à côté d'elle est la tache réniforme, épaisse, ovale, noirâtre. L'exemplaire est trop usé pour que je distingue bien la subterminale. Le dessous des quatre ailes rappelle le dessus, mais il est plus pâle et plus uni. On y voit distinctement la grosse tache cellulaire noirâtre, et, sur le disque, une traînée transversale claire et jaunâtre. Le corps est entièrement de la couleur des ailes, sans dessins. Je ne puis rien dire des pattes, puisqu'il s'agit d'une femelle, ni des antennes, qui manquent.

Boarmia ©M-ygaria, Gn.

Je ne connais non plus cette espèce que par deux individus femelles recueillis, l'un par M. Maillard, l'autre par M. Yinson; et je ne sais si les caractères du mâle permettraient de la ranger dans le genre Boarmia proprement dit, où je ne la laisse qu'en attendant.

48°"° — ailes fortement dentées, d'un rouge testacé clair, pointillé çàetlà de noir, avec une série de lunules terminales noires, internervurales. Supérieures ayant, à la place des lignes ordinaires, des traînées d'atomes noirs, condensés par places, surtout à la côte, au bord interne sur la première ligne, et au milieu sur la seconde; celle-ci marquée, dans tous les cas, par deux séries de points nervuraux. Trois taches noires suivent la coudée : l'une sous la côte, et les deux autres accolées et séparées par la nervule indépendante. Ailes inférieures avec une seule traînée principale, partant du bord abdominal, expirant au milieu de l'aile et ayant au-dessus d'elle une ligne ponctuée, au-dessous, des atomes blanchâtres. Dessous, d'un gris roussâtre uni, avec les dessins du dessus en transparence et un petit trait cellulaire. Un trait noir sur chaque ptérygode. Deux points noirâtres sur le deuxième anneau de l'abdomen. Antennes concolores et aspergées de noirâtre.

Nota. — Chez un de mes individus, les groupes d'atomes et taches sont fort peu visibles.

LKPiDOPIÈlitS. G. — 29

Boarmia ^caciaria, Bd.

Faun. Mtid., p. 116, pi. 16, fig. 4. — Gn. spec. 391 .

Ne paraît pas commune.

M. ^laillard me communique une superbe variété femelle qui constitue peut-être même une espèce, ce que je ne puis décider, n'ayant ])\usVAcaciaria typique devant les yeux. Elle est blanche, avec une large bande commune, d'un brun-carmélite clair, accolée à la coudée, qui est noire et très-accusée. En outre, les premières ailes ont tout Tespace basilaire du même brun et, derrière la bande commune, à la hauteur de la cellule, une large place noire qui s'avance jusqu'au bord terminal. L'ombre médiane est nulle, et la tache cellulaire, non entourée de brun, n'est indi(|uée que par le groupe d'écaillés en relief qui caractérise cette section.

Gen. HYPOPÂLPIS, Gn.

Chenilles — Antennes des mâles longues, garnies de lames

très-longues et recourbées en dedans, puis devenant brusquement fdiformes en approchant du sommet : celles des femelles un peu granulées, à cils isolés, à peine visibles. Palpes longs, velus, chsposés en bec, mais fortement incombants, àarticles indistincts. Corps robuste: le thorax carré, laineux; l'abdomen garni latéralement de faisceaux de poils, conique chez les mâles, terminé chez les femelles par un oviducte saillant. Jambes postérieures des mâles renflées en fuseau. Ailes épaisses, larges, dentées, munies, sur la disco-cellulaire, d'un faisceau d'écaillés en relief.

Ce nouveau genre se rattache d'une part aux Hyjwchroma^ et de l'autre aux Boarmia du groupe (TAcaciaria, dans lequel la forme des palpes des antennes, l'oviducte des femelles, etc., ne permettent pas de le laisser. Il se compose de deux belles espèces, qui se trouvent toutes deux à la Réunion. Je ne sais rien de leurs mœurs qui doivent ressembler beaucoup à celles des Boarmia. Les femelles sont très-différentes des mâles.

Hypopalpis Tercbraria, Gn.

Mâle 50""°. Ailes d'un blanc sale, fortement aspergées de points

bruns, avec la frange concolore, précédée de points noirs internervuraux bien marqués. Les trois lignes ordinaires sont confondues au milieu des atomes bruns; mais leur place est accusée par des traînées d'un jaune d'ocre. En outre, la coudée, mieux marquée que les autres, est composée de lunules noires, et ainsi bien dentée. L'ombre médiane lui est presque contiguë par en bas; mais, par en haut, elle s'en écarte et touche le groupe d'écaillés blanches qui est sur la discocellulaire. Les ailes inférieures n'accusent guère leurs lignes que par deux traînées jaunes à peine distinctes. En dessous, les supérieures ont une grosse tache cellulaire et une liture à l'apex, noires; les inférieures n'ont qu'un petit trait dans la cellule et un commencement de traînée à la côte. Tout le corps est de la couleur des ailes, sans dessins ; l'abdomen seul a, sur le dos, de petits points noirs géminés. Les antennes sont entièrement de la couleur du corps.

La femelle (ou du moins deux individus en mauvais état qui m'ont été communiques par M. Guérin-Menneville, et qui me paraissent se réunir au mâle ci-dessus) en diffère par le fond plus blanc et moins saupoudré, en sorte que toutes les lignes sont distinctes; l'extrabasilaire composée de deux lilets dont, le premier vague et ondulé, le second fortement sinué-denté ; l'ombre médiane et la coudée disposées comme chez le mâle : la première presque droite , la seconde très-dentée et coudée sur la 1 ; enfin, la subterminale blanche entre deux filets noirs très-interrompus, mais empâtés vis-à-vis de la cellule. Cette dernière hgne se continue sur les ailes inférieures, ainsi que la coudée, qui est fine, dentée, très-sinuée et suivie d'atomes qui la doublent. En dessous, l'apex des supérieures est largement noir. La tarière abdominale est précédée de deux points noirs.

Je répète que les deux individus, sur lesquels je fais cette description, sont vieux, mutilés, et en partie effacés.

Hypopalpis Pcrforarîa, Gn.

J'ai cru d'abord que cette belle phalène était la femelle de la précédente, d'autantplus qu'elles proviennent du même envoi; maisles différences sont si considérables que je n'ose persister dans cette opinion, à moins toutefois qu'elle ne constitue une belle et grande variété de celle que m'a communiquée M. Guérin, ce qu'il m'est impossible de

décider sur aussi peu de matériaux et en l'absence de tous renseignements. Quoi qu'il en soit, voici sa description :

60™'". Ailes dentées, d'un blanc de lait, à peine semées de quelques écailles brunes et à frange concolore, précédée d'une série de gros points noirs internervuraux. Toutes les lignes sont très-distinctes, noires, et forment des bandelettes au moyen d'atomes partie noirs, et partie d'un brun-carmélite, qui les suivent. A l'aile supérieure, elle s'épaississent à la côte en gros traits noirs. L'extrabasilaire est double, très-irrégulièrement sinuée^ brune, entre deux filets noirs parallèles. L'ombre médiane est simple, formant deux sinus principaux, et suivie de brun, sur lequel se détache le groupe d'écaillés blanches en relief, qui est lui-môme précédé, par en haut, d'un point semblable. La coudée est fortement sinuée et régulièrement dentée, composée réellement de deux filets dont l'intervalle est rempli de brun, mais dont le second n'est visible qu'à la côte et en approchant du bord interne. A ce dernier endroit, elle se confond avec l'ombre médiane par un empâtement noir. La subterminale est blanche, ondée-dentée, et n'est accusée que par des faiseaux d'atomes noirs interrompus, formant trois groupes principaux. Ces groupes d'atomes se continuent sur les ailes inférieures, où ils forment une ligne vague et interrompue. Au-dessus est la suite de la coudée, composée de • deux filets ondes et dentés, noirs et bruns, et fortement accusés en approchant du bord abdominal. Enfin, au-dessus encore, est une traînée qui vient mourir près du groupe d'écaillés disco- cellulaire. Le dessous est blanc, avec des traces de lignes, une grosse tache cellulaire noire aux supérieures, qui ont le sommet également noir, échancré par une place apicale blanche; aux inférieures, la tache cellulaire est petite et traversée par une nervure blanche. Le corps est blanc avec une hgne noire sur le prothorax, deux rangées de taches noires sur l'abdomen, dont l'extrémité porte un anneau noir. Recueillie par M. Maillard.

Gen. HYPOCHROMA, Gn.

Hypochroma aBypoIcucaria, Gn.

Elle paraît remplacer, à la Réunion, la Hhadamcma de Madagascar; malheureusement je n'en ai qu'un seul individu, tout à fait

mauvais, (lépourvii d'antennes et à corps aplati, ce qui ne me permet de constater que les différences suivantes :

Les lignes sont plus noires, plus marquées ; il n'y a point de bordure proprement dite, mais seulement deux traînées d'atomes noirs et bruns qui découpent la subterminale, et dont la première est trèsmarquée à la côte des ailes supérieures : celles-ci seules ont l'apex légèrement teinté de noir en dessous, et il n'existe aucune trace des deux grosses taches noires, qui sont si marquées sous les secondes ailes de la Rhadamaria. J'ignore si l'abdomen est crête, mais j'y distingue très -bien une série de traits noirs dorsaux, que je ne vois point chez les espèces voisines.

Fam. GEOMETRID/E, Gn. — Gen. riIALASSODES, Gn.

Thalassodes Ilyrarôa, Ga.

Spec. géu. 565.

Je ne l'ai pas reçue de nouveau.

Thalassodes Cclltilarin, Gn.

Elle est voisine de la Vermicidaria àoni elle se distingue, au premier abord, par le point cellulaire des secondes ailes.

35°"". Ailes minces, d'un vert d'eau un peu grisâtre, avec une foule de stries d'un blanc soyeux très -visibles; et les inférieures même envahies, en partie, parce blanc qui laisse les nervures vertes. Ces dernières ailes ont, ali bout de la cellule, un point noir entouré de testacé qui, vu à la loupe, est formé par des poils. Avec de l'attention, on découvre aux premières ailes un point correspondant, mais bien plus faible. Aucun autre dessin. Seulement la côte est trèsfinement lisérée d'ocracé. Front blanc à sommet testacé. Pattes un peu rosées. Antennes blanches à lames assez longues, ocracées. Abdomen vert en dessus, blanc en dessous et à l'extrémité.

Prise par M. Maillard.

Thalassodes Rieinaria, Gn.

C'est une des plus petites du genre. 26'""'. Ailes supérieures à bord terminal convexe, inférieures à coude bien prononcé, d'un vert

pomme peu transparent, finement et assez rarement strié de l)lanc verdàtre, avec mie ligne de cette dernière couleur^ commune, fine, mais bien distincte, droite aux premières ailes ;, coudée et un peu tremblée aux secondes. Frange d'uu jaune d'or pâle, bien tranché. Côte des supérieures d'un jaune plus rouge. Dessous d'un vert d'eau pâle, sans dessins. Front et dessus des palpes fauves.

M. Vinson m'a envoyé plusieurs individus de cette jolie phalénite et, ce qui complète sa découverte, il en a élevé la chenille qui est verte, avec une ligne dorsale d'un rouge ponceau. Sa tète est terminée par deux cornes pyramidales.

Cette chenille vit sur le ricin [Ricinus communis L.); elle se change en une chrysahde ovoïde, allongée, verte, et éclot le septième iour.

Fam. ACIDALID.E, Gn. — Gcn. ACIDALIA, tr.

Acidalia lydciilata, Gn.

Spec. gén. 797.

Je ne Fai pas reçue de nouveau depuis la publication de mon Species.

Acidalia Maurlïiata, Bdv.

Gn. Sp. gén. S09. = Mi?iorata, Bdv. Faun.Mad.,p. 115.

Elle est très-voisine de nos espèces européennes du groupe Q, et a la taille de notre Incanaria. Les ailes sont d'un gris carné, à franges concolores et précédées de petits points noirs. Le bord terminal est un peu plus sombre et séparé par une ligne claire ; puis vient une ligne fine, denticulée, foncée, assez régulière aux premières ailes, formant une petite rentrée vis-à-vis de la cellule aux secondes. Vient ensuite une ligne discoïdale un peu sinuée, auprès de laquelle est un petit point cellulaire noir, bien marqué en dedans, aux supérieures, en dehors, aux inférieures. Outre ces lignes communes aux quatre ailes, on en voit une extra-basilaire aux premières. Le dessous est d'un gris très-clair et soyeux, teinté de noirâtre aux supérieures, avec le point cellulaire et une fine ligne noirâtre commune en ap-

G.— 34 LÉPIDOPTÈRi: S.

prochant du bord. Le front est noir et les antennes subciliées. Le mâle a les jambes postérieures blanches^ un peu renflées, avec une seule paire d'éperons.

J'en ai reçu deux individus de M. Vinson.

Fam. LAlŒNTIDyE, Gn. - Gen. COLLIX, Gn. Gollix Inaîquata, Gn.

38°"". Ailes supérieures presque entières, inférieures profondément et inégalement dentées ; les quatre d'un brun noir, à reflet un peu violàtre, traversées par de fines lignes plus obscures, ondulées, interrompues^ peu distinctes, et par de petites stries transversales ocracée?, visibles surtout à la côte des supérieures où elles sont géminées, et au bord abdominal des inférieures. On voit, en outre, sur chaque aile une tache, aussi ocracéC;, arrondie, placée vers le milieu, en avant du bord termina], et, sur les nervures, de petits points noirs et ocracés. Enfin, les supérieures ont^ dans la cellule, une petite crête d'écaillés noires redressées. Le dessous est d'un gris noirâtre soyeux, avec deux lignes parallèles, arquées, noirâtres, et une tache cellulaire noire. L'abdomen est noirâtre en dessus, ocracé en dessous.

Celte espèce, la quatrième du genre CoIUjc, se place entre Vlltj po&pilata et la Foraminata.

Gen. CIDARIA, Tr.

Cidaria Borbonfcala , Gn.

Spec. gén. 1076.

Je ne l'ai pas reçue depuis la publication de mon Species.

Legio XOCTU.E, Lin.

Pliai. TRIFID.E, Gn. - Tribu GENUIN^E, Gn. Fam. APAMID/E,Gn. — Gcn. PIIODENIA, Gn.

Prodeiiia Rcfinii, Ils.

lleiT. Scli., 145. — Gn. Spec. gén. 2od . = IIadc?ia llttoralis. Bdv. Failli. Mac!., p. 91, pi. 13, f. 8.

Elle paraît commune. Les individus varient un peu pour la nuance, mais non pour les dessins. On la trouve en décembre et elle s'introduit souvent dans les habitations.

Prodenia Testaccoides, (hi.

■ Spec. gén. 202, pl.6, %. 7.

.fai dit que cette Prodenia se trouvait à Maurice, mais elle habite également la Réunion, d'où M. ]\[aillard en a rapporté un beau mâle.

Gcn. MAMESTRA.Oth.

IMaïucstra &$iiB»iana , Gn.

48""". Ailes supérieures d'un brun de bois, à franges concolores, à Hgnes peu distinctes : la coudée denticulée, très-voisine de l'ombre médiane qui lui est parallèle dans sa moitié inférieure, l'extra-basilaire formant trois dents arrondies dont celle du milieu porte la tache claviforme qui estnoire etassez courte. Les deux taches ordinaires visibles, cernées de jaune d'ocre, ovale et réniforme : la dernière précédée d'un empâtement noir. Ligne subterminale peu distincte, formée de points noirs éclairés de jaunâtre. De petits traits noirs chevronnés précèdent la frange. A la base, près de la tache claviforme, est un espace clair, rougeâtre, plus ou moins visible suivant l'intensité du fond. Ailes inférieures noirâtres, à base et disque plus clairs, avec un point noirâtre, plus visible en dessous. Thorax brun foncé. Abdomen noirâtre en dessus, rougeâtre en dessous, avec les premiers anneaux garnis de poils abondants et toulfus sur le dos et le dernier bordé d'un double rang de poils épais, d'abord rougeâtrcs, puis ocra-

ces. Antennes pnbescentes à cils isolés à peine distincts. — Femelle semblable, môme pour les ailes infériem^es.

Elle "varie pour la couleur du fond. Cbez un mâle elle est d'un ton lestacé rougeâtre, avec les lignes mieux écrites.

Cette espèce qui paraît assez commune à laRéunion peut se placer entre les Mamcsta Rubrirena et Ahjecta.

Gen. PERIGEA, Gn.

Perigea Oeeolorata , Gn.

Elle est assez voisine de la P. Sutor, mais elle en est bien distincte.

30""". Ailes supérieures d'un gris testacé clair, avec les nervures plus foncées et les lignes ordinaires accusées par des ombres fondues qui les précèdent. La coudée est suivie comme cbez les autres espèces d'une série de petits points clairs, placés sur les nervures entre deux points foncés. La tache réniforme est grande, appuyée sur le haut de la coudée, concolore et marquée inférieurement d'écaillés blanchâtres. L'orbiculaire, aussi concolore, a un petit point foncé au milieu. Les ailes inférieures sont claires avec une large bordure noirâtre et la frange claire. En dessous, la côte des quatre ailes est nuancée de carné. L'abdomen a de petites taches grises ventrolatérales. Tout le corps est concolore avec une fine ligne noire, arquée, sur le collier, et le front marqué de deux traits noirs superposés.

Trouvée par M. Maillard. L'existence de cette espèce et' de la suivante à la Réunion démontrent le cosmopolitisme du genre Perigea. Bien que la très-grande majorité des espèces de ce genre habite les continents américains, nous en connaissons une de Java, une de la Nouvelle-Hollande, et une de la Russie méridionale. Il est donc répandu presque par tout le globe. C'est, au reste, le cas des Caradrina que les Pcr'ujea avoisinent si fort.

Perigea IVigrita, Gn.

C'est la plus foncée du genre et elle se rapproche beaucoup d'une espèce brésilienne que j'ai reçue depuis la publication de mon Species.

36""". Ailes supérieures d'un gris presque noir, absorbant toutes les lignes et sur lequel se détachent seulement les parties claires,

LÉPIDOPIÈUES. G. -37

savoir : les deux taches ordinaires, laréniforme étant parsemée inférieurement d'écaillés blanchâtres, la série de points blanchâtres qui suit ordinairement la coudée, et une autre série de points semblables précédant la frange qui est concolore. Ailes inférieures noirâtres, avec la base un peu plus claire et la frange ocracée, mais salie de noirâtre par places. Leur dessous fortement poudré de noir, avec un trait cellulaire et la trace d'une ligne. Abdomen noir en dessus et bien crête, même chez la femelle, seul sexe que je décris ici.

Nota. — 11 est certain qu'il se trouve encore d'autres Perigea à la Réunion, ainsi que je l'ai dit p. 232 de mon Species.

Fam. CARADRINID-E, Bdv. — Gen. AMYNA, Gn.

Aniyna Colon, Gn.

2(jmm ^iies supérieures larges, arrondies, et beaucoup moins prolongées à l'apex que la Selenampha, d'un brun violâtre foncé, avec les lignes ordinaires distinctes mais très-fmes, blanchâtres, irrégulièrement dentées et à peu près parallèles, accompagnées de teintes d'un brun-marron foncé. Avec de l'attention, on aperçoit la tache réniforme, dont la partie inférieure est teintée de brun plus clair et plus jaunâtre. De petits points blancs très-fms précèdent la frange. Les secondes ailes sont entièrement noirâtres, avec un petit trait blanc à l'extrémité delà 4. Leur dessous est gris, grossièrement saupoudré de noirâtre, sans trait cellulaire, mais avec une ligne dentée dans sa première moitié, droite mais plus visible dans la seconde. Le corps est de la couleur des ailes, mêlé de petites écailles grises.

Fam. HELIOTHID/E, Bdv.— Gen. HELIOTHIS, Odi. Heliothis jLrmig;era, Hb.

Hb. 370. — Tr. Dup.,etc.

Se retrouve à la Réunion sans modification, comme dans tant d'autres contrées du globe.

Tribu MINORES, Gn.

Fam. ERASTRID.-E, Gn. — Gen. ERASTRIA, Och. Erastria Blandula^ Gn.

18""". Ailes supérieures d'un blanc jaunâtre avec l'espace médian d'un brun cannelle clair, uni, cchancré supérieurement par un espace blanc qui dessine une tache réniforme marquée de deux points noirs et qui se relie à la côte. Espace qui suit teinté de brunâtre, avec des traces de ligne subterminale blanche et saupoudré vers l'apex d'atomes noirâtres, traversés eia-mèmes par des rudiments de lignes. Côte marquée à la base d'une tache brune irrégulière. Ailes inférieures d'un gris sale en dessus. Les quatre saupoudrées en dessous d'écaillés noirâtres, avec une ligne plus blanche tout près du bord terminal. Thorax blanc, poudré d'atomes bruns.

J'ai reçu à la fois cette petite espèce de M. Vinson et de M. Maillard.

Fam. ANTHOPHILID/E, Gn— Gcn. ANTHOPHILA, Och. Antbophila Aiigiista, Gn.

28""". Ailes supérieures brunes, traversées par des lignes ondées d'un gris bleuâtre, et au milieu par une éclaircie d'un blanc carné. Les taches ordinaires consistent en un petit point et une tache quadrangulaire, noirs. Près du bord serpente une ligne claire, marquée d'un point rouge brique et appuyée sur une tache noire, géminée extérieure, àla hauteur de la cellule. La frange est blanche et précédée de gros points noirs. Les secondes ailes sont blanchâtres, salies de noirâtre, avec la même bordure de gros points noirs et quelques rudiments de lignes parlant du bord abdominal. Le thorax est brun avec les ptérygodes fortement mêlées d'écaillés gris lilas. L'abdomen manque.

Cette jolie i^eiile A nt hop hila m'a été donnée par M. Yinson; elle ne se rapproche pas des espèces européennes, si ce n'est peut-être un peu de la Scitula.

F;im. CYxMBlD.'E, Gn. — Gen. CHLOEOPEORA, St. Chlœophora insulana, Bdv.

Faim. Mac!., p. 121, pi. IG, fig. 9.

Cette jolie espèce, qui a beaucoup de rapports avec nos Chlœophora européennes [Ciormia, Vemana), a été très-imparfaitement décrite; et comme elle varie beaucoup, je pense qu'une seconde description est indispensable.

19""". Ailes supérieures d'un jaune Yif, lavé de vert à l'extrémité, quelquefois même entièrement vertes, avec la frange d'un rouge porphyre. Trois lignes plus ou moins distinctes traversent l'aile : les deux dernières flexueuses, bien parallèles et placées sur la dernière moitié de l'aile. Ces ligues sont précédées de points ou groupes d'atomes de même couleur; tantôt elles sont entièrement vertes et alors peu distinctes et tantôt d'un rouge porphyre. Les secondes ailes sont d'un blanc hyalin, avec la première moitié delà frange lavée de jaune verdàtre mêlé de rouge. Le corps est de la couleur des ailes, qui n'ont absolument aucun dessin en dessous. Les femelles, ou du moins tous les individus de ce sexe que j'ai observés, ont, sur les ailes supérieures, une large tache d'un brun rougeâtre, reposant sur le bord interne et remontant jusqu'aux deux tiers de l'aile. Les inférieures ne différent en rien de celles du mâle.

Cette petite Chlœophora est très-commune à la Réunion. J'en connais une espèce très-voisine, de l'Afrique centrale; mais le pays qui en produit le plus est l'Inde, d'où j'en ai reçu un grand nombre d'espèces.

Phalanx II. QUADRIFIDvE, Gn. - Tribu VARIE GATyE, Gn. Fam. ERIOPID.E, Gn. — Gen. ERIOPUS, Och.

Eriopus llaillardfi, Gn.

Cette jolie espèce est assez voisine de notre Pteridis d'Europe, et doit se placer entre elle et la Ganga.

33"™. Premières ailes dentées, munies d'un angle au bout de la 3' et ayant la dent de la sous-médiane plus forte ; d'un brun fuligineux.

G. — 40 LÉPIDOPTËHES.

avec les nervures finement détachées en carné clair. Ligne coudée, géminée, sinueuse, brune, placée sur un fond un peu plus clair et se liant, sous la côte, avec une ligne en forme d'U, d'un blanc argenté, qui va rejoindre elle-même le sommet de l'extra-basilaire, en sorte qu'on dirait que toutes les lignes sont la continuation d'une seule. Une bandelette oblique, d'un rose clair, part du premier tiers du bord interne pour aller rejoindre la côte sous la ligne en U. Une liture, également rose, part de l'angle du bord terminal et va joindre, en formant une pointe, une autre liture qui naît du sommet de la côte. Une fine ligne blanchâtre, très-rapprochée du bord terminal, en suit tous les contours et aboutit, à l'apex, dans un trait d'un blanc rosé qui se prolonge sur la frange; enfin un filet très-fin et très-net, aussi d'un blanc rosé, précède la frange elle-même. Les secondes ailes sont noirâtres en dessus, blanchâtres en dessous, avec un point cellulaire et deux lignes noirâtres sinueuses.

Les antennes sont tout à fait filiformes dans la femelle, seul sexe que je connaisse, et j'ignore si celles du mâle sont garnies d'une nodosité.

Je n'en ai vu qu'un seul individu, pris par M. Maillard, et que je lui dédie.

Fam. EURHIPID^, Gn. — Gen. EURHIPIÂ^ Bdv. Eurliipia Itlandiatrix, Bdv.

Bdv. Gen., n°968. — Gn. Spec, n° 1115, pi. 14, f. 8.

Cette seconde espèce de notre genre européen, Eurhipia^ est décidément propre à la Réunion, et sa grande affinité avec notre Adulatrix est probablement la seule raison qui ait fait supposer à M. Boisduval qu'elle était européenne. J'en ai reçu un individu de M. Vinson qui l'a prise à la Réunion, et j'en avais acquis, après la publication de mon Species, un autre exemplaire chez un marchand naturaliste, et qui provenait également de notre colonie.

Fam. PLUSID.'E, Bdv. — Gen. PLUSIÀ, Och. Plusia Anrlfera, 11b.

llb. 463. — Treils.,p. 108. — Dup. Bdv. Gq., Jio3.

Elle est très-commune à la Réunion , et j'en ai reçu plusieurs individus de MM. Maillard et Yinson. Aucun, dans le nombre, ne se rapporte à ma Yar. A, et tous sont bien l'espèce typique.

Je suis plus que jamais convaincu que cette Plusia n'est point européenne, et que les exemplaires qui ont été pris à La Rochelle et en Espagne y avaient été apportés par des navires venant d'Afrique. Je doute même de la provenance de Java, que j'ai indiquée dans mon Species, sur un exemplaire appartenant à la Compagnie des Indes, mais qui est probablement aussi d'origine africaine.

Plusia Clialcites, Esp.

Esp. — Bk. — Treits. — Dup. — Bdv. — Gn. Spec. 1167. = QîiœstionisYixh.

N'est pas plus rare que VAurifera, Les individus de la Réunion ne diffèrent pas de ceux d'Europe.

Plusia Signatn, Fab.

Fab. Gn. Spec. 1171.

Je ne l'ai pas reçu de MM. Yinson et Maillard, mais je sais qu'elle se trouve à la Réunion.

Plusia j¥î, Engr.

Engr. — Hb. — Treits. — Dup. — Frey. — Bdv. — Gn. Spec.

J'en ai reçu de M. Yinson un individu qui ne diffère de ceux d'Europe qu'en ce qu'il est un peu plus sombre, surtout sur l'espace médian, et que le point argenté est plus oblong.

Plusia liimbirena, Gn.

Gn. Spec. 1179.

M. Yinson m'a envoyé plusieurs beaux individus de cette Plusie,

G. — 42 LËPIDOPTÈIJES.

qui se reconnaît, au premier abord, à la tache ovale d'un carné sombre qui est placée au milieu du bord terminal.

Elle varie pour la taille, et paraît n'être pas rare à la Réunion.

Plusia G. roscum, Ga.

32'"'". Ailes supérieures d'un brun mordoré, nuancé de gris rosé dans le voisinage des lignes et dans l'intérieur du signe doré. Ce dernier a une forme toute particulière, qui fera distinguer l'espèce à la première vue : il est formé d'un Y très-oblong, qui part de l'extrabasilaire et va rejoindre la coudée en formant une longue pointe. Cette dernière ligne est très-nette, fine, dorée, arquée, mais non sinuée, ni dentée. Il en est de même de la subterminale qui est extrêmement rapprochée du bord et suivie d'une bandelette rosée, partagée en deux par une hgne obscure. La demi-ligne est très-nette. L'extra-basilaire est ouverte sous la nervure costale, et semble faire le prolongement des deux branches du signe argenté. Le métal de toutes ces lignes est teinté de rosé ou de carné. Une petite tache noire suit la réniforme, et une autre est placée contre la demi-ligne, sous la nervure médiane. Les ailes inférieures sont noirâtres avec la base, et la frange blanchâtres; cette dernière, entrecoupée de points vagues, noirâtres. En dessous, se détache le point cellulaire.

Le thorax de cette jolie espèce est de la couleur des ailes, avec quelques linéaments rosés. La tête manque, ainsi que la partie postérieure de l'abdomen, ce qui fait que je n'en puis rien dire.

Elle se placera, dans le système, à côté de la P. Daubei^ avec laquelle elle a quelques rapports. Je pense même que celte dernière doit se trouver également à la Réunion.

Gon. Ofloiitina, Gn.

J'ai dit, dans mon Species, que le genre Plusiodonta pouvait se partager en deux. Je vois, par une espèce nouvelle de la Réunion, que ce partage est indispensable. Je laisserai donc le nom de Plusiodonta au genre qui renferme la Compressipalpis ^ et celui qui comprend les deux autres espèces s'appellera désormais Odontina. Yoici ses caractères :

Chenilles — Antennes simples et veloutées chez les deux

sexes ; — palpes très- ascendants, à second article très-large et sécuriforme, à 3" long, filiforme et presque vertical; — toupet frontal velu, conique, saillant; — thorax étroit, lissé; — abdomen long, lisse, terminé en pointe aiguë chez la femelle. — Pattes longues, à ergots prononcés ; — ailes supérieures anguleuses, aiguës à l'apex, munies, au bord interne, d'une dent squammeuse que suit un sinus profond, ornées de lignes métalliques; inférieures arrondies, fortement quadrifîdes : les 1 et 2 insérées au même point.

Ce genre lie étroitement les Plusides aux Calpides, et surtout au genre Orœsia, dont il se rapproche déjà beaucoup , quoiqu'il y ait, dans les palpes, des différences très-notables. Peut-être même la découverte des premiers états le fera-t-il rejeter dans les Calpides.

Odontina Excavaïa, Gn.

40™'". Ailes supérieures aiguës à l'apex, anguleuses au bord terminal, et munies au bord interne de deux dents velues, séparées par un sinus très-profond; d'un brun carmélite, marquées à la base d'une liture longitudinale claire, saupoudrée d'écaillés dorées, etc., au milieu, d'une ligne oblique de même couleur, fine, interrompue, partant de l'apex et se dirigeant vers le sinus du bord interne où elle se divise en deux. En outre, l'aile est traversée par de fines lignes noires, interrompues, peu visibles, et on peut lire aussi la tache réniforrae qui est grande et toujours d'un brun clair. A la côte, non loin de la base, sont deux petits traits dorés, arqués, se regardant par leur concavité, et placés sur un fond d'un fauve mordoré vif. La frange est d'un gris clair, et le brun s'y découpe comme des dents. Les secondes ailes sont noirâtres, unies, avec la frange comme aux premières : leur dessous est d'un gris sale, avec les neiTures plus foncées, mais sans ligne, ni trait cellulaire. Les palpes et le thorax sont bruns : les premiers, avec la partie interne d'un jaune clair. L'abdomen et les pattes sont gris comme les secondes ailes. — La femelle ne diffère point du mâle.

Celte belle pluside paraît sujette à varier. J'en ai devant les yeux un individu mâle, chez lequel tout l'espace médian est envahi par du noir violàtre qui absorbe une partie des dessins, mais qui laisse la réniforme en brun.

Fam. GONOPTERIDiE, Gn. — Gen. COSMOPHILA, Bdv. Cosmophila H^antliyndima, Bdv.

Fauii. Mac!., p. 94, pi. 13, fig. 7. — Gn. Spec. 1257.

Depuis la publication de mon Species, j'ai reçu un certain nombre de Cosmophila de différentes localités ; mais elles ne sont ni en assez grande quantité , ni assez bien conservées pour me permettre de séparer délinitivement toutes ces espèces si voisines. Il est néanmoins résulté des études imparfaites auxquelles j'ai pu me livrer, que les quatre espèces que j'ai publiées ne sont peut-être pas trèsbien assises, et les caractères que je donne pour les faire distingue]', surtout ceux qui reposent sur les couleurs , ne sont pas toujours spécifiques. L'espèce de la Réunion, en particulier, nécessiterait une description plus précise que celle de IM. Boisduval et la mienne; malheureusement je n'ai en tout que quatre individus du même sexe, et si mauvais, que j'aime mieux y renoncer que de remplacer une désignation imparfaite par une autre qui ne le serait guère moins. Il en est de même d'une espèce de l'Afrique occidentale que j'ai reçue aussi dernièrement. Plus tard, j'espère pouvoir donner une monographie de ce petit genre, dont les espèces sont tellement voisines entre elles que ce n'est qu'à graud'peine qu'on peut les distinguer.

Tribu EXTENSyE, Gn.

Fam. POLYDESMID.E, Gii. — Gen. POLYDESMA, Bdv. Polydesma Umbricola, Bdv.

Faun. Mad., p. 108. — Gn. Spec. 1312.

Paraît très-commune à la Réunion, surtout les femelles. Il serait à désirer qu'on pût bien connaître ses premiers étals.

J'ai reçu de M. Vinson une femelle moitié plus petite que les individus ordinaires, mais qui ne paraît pas spécifiquement différente.

LÉPIDOPTÈRES. G. — io

F.im. IIOMOPTERID.E, Gn.— Gen, UOMOPTERA.Mx. Homoplera Viusoisii, Gu.

La découveiie de cette belle Ilomoptère est due à M. Yinson, qui en a pris plusieurs individus, et qui m'a fait connaître sa chenille par un joli dessin qu'il m'a envoyé depuis. C'est donc pour moi un plaisir de lui donner son nom. M. Maillard en a pris aussi un certain nombre et m'a apporté la chrysalide, ce qui complète la connaissance de cette intéressante espèce.

43""". Ailes dentées, variées de gris blanc, de cendré bleuâtre et de brun carmélite, avec la frange concolore, nullement bordée de filets clairs ni de points noirs, mais précédée, à distance^ d'une fine ligne noire festonnée. Les supérieures ont l'espace basilaire d'un brun foncé, formant un triangle nettement hmité, avant l'extrémité duquel est l'extra-basilaire, noire et ondée. L'espace médian est de couleur variable, manqué d'une tache lunulée d'un brun de bois et îi'aversé, avant l'extrémité, par une ligne (la coudée) noire très-fme et très-sinueuse, dont le sommet est contigu à une tache costale triangulaire, d'un brun foncé. Les ailes inférieures ont une bandelette brune, lisérée de deux filets noirs, partant de l'angle anal et se perdant, ou du moins se délayant vers le milieu de l'aile. Au-dessus sont des ombres noirâtres, sinueuses, superposées, et se perdant aussi vers le miheu de l'aile. Le dessous est d'un blanc un peu jaunâtre, sablé de noir, avec un rang de très-petits points subterminaux et des traces de lignes près de la côte ; le tout très-fm et noir. Le thorax est brunâtre, avec quelques places grises.

Cette description s'applique principalement aux femelles. Le mâle est en général plus clair, avec l'espace médian et les ailes inférieures moins bariolés. Il a en outre le dessous de ces dernières ailes entièrement revêtu de poils drapés et jaunâtres; le dessous de son abdomen et ses pattes sont très-abondamment pourvus de ces mêmes poils; enfin ses antennes sont garnies de cils courts et fascicules tandis qu'ehes sont fihformes chez les femelles.

hd-Vinsonii varie extrêmement, soit pour la taille, soitpour les couleurs, surtout sur Fespace médian des premières ailes, qui est tantôt ])lancliâtre, tantôt d'un gris bleu, tantôt onde ou même entièrement

recouvert de brun carmélite. La femelle, toute proportion gardée,

varie plus que le mâle.

La chenille est fort jolie, très-allongée, d'un gris blanc avec une stigmatale d\m jaune pâle, surmontée d'une bandelette d'un fauve ocracélisérée et striée de noir. La région ventrale est teintée de noirâtre. La tête est d'un rouge clair. Les pattes écailleuses sont noires et les membraneuses de la couleur du ventre. Cette chenille n'a que deux paires de pattes ventrales bien développées et les deux autres paires sontrudimentaires. Elle tient sa partie postérieure relevée et, comme les autres Homoptérides, arque ses anneaux intermédiaires pendant la marche.

Ces chenilles sont très-abondantes sur le Poinciana regia Boj., arbre magnifique qu'on désigne dansl'île sous le nom de Flamboyant., à cause de ses fleurs d'un rouge de feu, et elles le dépouillent de ses feuilles avec rapidité. Pour se transformer, elles forment une cocjne peu consistante à l'aide de débris de végétaux, et s'y changent en chrysalides obtuses, de forme ordinaire et saupoudrées d'une efflorescence violâtre.

Le papillon éclot généralement en août et septembre, et est trèscommun à la Réunion,

Tribu PATUL.^, Gn.

Fam. OMMATOPHORID.E, Gn. — Gon. ClUGRAMMA, Bdv.

Cyligramma Argillosa, Gn.

Gn. Spec. gén., 1578.

Je n'ai pas reçu celte espèce de ia Réunion ; mais M. Maillard m'aifirme qu'elle s'y trouve aussi bien qu'à Maurice. Il est probable qu'on y trouverait aussi la Goudotii.

Fcim. BENDIDJ:. Gn. — Gen. UILODES, Gn.

Hulodcs iiandii, Gn.

Elle est intermédiaire entre Vlnangidata et V Eriophora ^ et la femelle ressemble beaucoup à celle de la première, tandis que le màlc

LÉriDOPTÈlŒS. G. — Al

est voisin de la seconde. lia, comme elle, les pattes extrêmement velues.

— 50""". Ailes non anguleuses : les supérieures aiguës etfalquées à l'apex, les inférieures légèrement coudées au milieu; les quatre d'un gris lestacé, parsemé d'écaillés noires, à frange concolore et précédée de petits traits noirs que surmontent, en les entrecoupant, des points noirs internervuraux. A quelque distance du bord, est une large bande d'un brun de bois, irrégulière et traversée par des lignes d'écaillés noires, maculaires aux supérieures, dentées aux inférieures. Les premières ont, entre cette bande et la base, des vestiges de lignes également noires et une tache réniforme d'un brun de bois, précédée d'un point. Le dessous est comme dans VEriophora dont on la distinguera facilement par le troisième article des palpes qui est plus long, et la frange aussi beaucoup plus longue et plus fournie, surtout au bord interne des supérieures. Le thorax, la poitrine et les pattes sont encore plus velus. Les antennes sont pubescentes.

La femelle est un peu plus claire. Ses premières ailes sont arrondies et non falquées à l'apex ; elles sont bordées de points, mais non de traits noirs. La bande couleur de bois est en partie effacée et, aux premières ailes, on n'y voit persister qu'un groupe d'écaillés noires entre la 4 et la sous-médiane, et, à l'apex, deux taches noires, presque entièrement recouvertes par de grosses écailles blanchâtres. Ses antennes n'ont que des cils isolés , à peine perceptibles , même à la loupe, et ses tibias, privés, bien entendu, des poils qui sont le partage du mâle, sont encore plus épais que chez la plupart des femelles de noctuélites.

Ces deux individus ont été pris par M. Maillard, qui m'a prié de dédier l'espèce àM. Maurice Sand, fils de notre grand écrivain, et qui cultive les lettres et les sciences naturelles avec un égal succès.

Tribu SERPENTIN J]:. Gn.

Fam. OPIIIUSID.E, Gn.— Gcn. OPHISMA, Gn.

Ophisma Trtspezoîrtes, Gn.

02'°™. Ailes supérieures aiguës et subfalquécs à l'apex, mais moins

que chez la Kliigii^ d'un gris testacé, parfois jaunâtre, avec l'extrabasilaire coudée sur la sous-costale, puis presque droite jusqu'àl'angle interne, la coudée très-bien écrite, formant un angle prononcé sous la \', puis presque droite et un peu oblique jusqu'au bord interne. Ces deux lignes forment ensemble un trapèze très-marqué : la seconde est éclairée d'un filet blanchâtre et parfois suivie, au sommet, d'un groupe d'atomes d'un blanc hlas. La tache réniforme est accusée par deux points noirs, souvent reliés entre eux par un arc de même couleur. De petits points noirs Irès-fms précèdent la frange, qui est un peu plus obscure que le fond. Les ailes inférieures sont aussi testacées, mais plus claires, surtout à partir d'une ligne discoïdale, arquée, en deçà de laquelle on voit une large tache noire, irréguhère, bifide du côté de l'angle externe, délayée et rétrécie du côté de l'angle anal. Cette tache noire ne se reproduit point sous ces ailes, tandis qu'on en voit, sous les premières, une placée après une ligne transverse, également noire, qui précède une tache cellulaire répondant à la réniforme. Tout le corps est testacé et sans taches et les antennes sont filiformes dans les deux sexes.

Cette grande Ophisma ressemble, pour les couleurs, à la Gravata des Indes et, pour la forme, hlaKhigii. Elle appartient, comme elle, à la quatrième division de mon Species, bien que ses lignes ne soient pas denticulées.

Elle paraît varier beaucoup. J'en ai sous les yeux un individu trèsrembruni, sur lequel les deux lignes tranchent en clair et où les taches noires occupent un bien plus grand espace, tant en dessus qu'en dessous.

Je ne la crois pas rare à la Réunion. Je l'ai reçue à la fois de messieurs Maillard et Vinson.

Opliisma Klngii, Bdv.

Faun. Mad., p. 103. —Gn. Spec. 16G0.

Cette superbe noctuelle n'ayant point été figurée par M. Boisduval, je crois devoir la faire représenter ici. J'ai toutefois une observation à faire à son sujet.

L'individu qui nous sert de modèle a, sur les premières ailes, sept

LËPIDOPTÉIiES. G. — -iO

bandes maculaires noires^ comme celui que décrit M. Boisduval, et les deux taches ordinaires sont grosses et bien marquées; mais je crains que ces exemplaires si bien écrits ne soient qu'une variété, comme la Tigrinaà& Fabricius en est une de la Melicerte. J'ai, en effet, dans ma collection une paire cV Op/iis7?ia qui ne diffère point de la Klugii par la forme et tous les caractères, non plus que parles ailes inférieures, tandis que les supérieures ont, au lieu des bandes maculaires, quatre lignes minces et continues, dont les deux dernières seules sont lunulées,etun simple croissant à la place de la réniforme. Cette OpMsma achetée par moi d'un marchand ({ui n'a pu me dire sa provenance, et que j'ai nommée 0. Saga^ serait-elle le véritable type de la Klugii?

Opliisma Fini ta, Gn.

Spec. gén., 1658. — In/inita, Gn. Spec, iGo9.

La conjecture que j'ai émise dans mon Species, p. 242, que l'O. Infinita pouvait bien être le mâle de l'O. Finita, est confirmée par cinq individus que j'ai sous les yeux. Bien plus, la femelle, quoique ayant habituellement la bande violàtre terminale aux quatre ailes, en est quel([uefois privée comme le mâle.

Il faut donc rayer ce nom à' Infinita du catalogue de la Réunion comme de la liste des espèces du genre Ophisma.

Je saisis cette occasion pour mentionner ici deux espèces du même groupe très-voisines de la Finita, et que j'ai reçues depuis la publication de mon Species, d'autant plus cju'il n'est pas impossible que l'une d'elles au moins habite la Réimion.

La première, que je nomme Definita, diffère principalement de la Finita par l'extra-basilaire qui est droite, et quelques autres différences de dessin ; mais ce qui la caractérise surtout c'est que le tarse de la jambe intermédiaire est fortement renflé et fusiforme, et imite presque ceux des Rémigides, le tibia ayant d'ailleurs le même renflement si curieux qu'on observe chez la Finita. J'en possède le mâle et la femelle, qui viennent de Port-Xatal.

La seconde, que j'ai appelée Pe?'finita, appartient au Muséum impérial de Saint-Pétersbourg, et m'a été envoyée en communication par M. Ménétriès comme provenant de Cayenne, ce qui me semble difficile à admettre, tout ce groupe étant africain. Elle est du même

brun que les autres, avec le bord terminal plus sombre, et une ligne

sublerminale claire qui s'arrête à la moitié de l'aile. On aperçoit l'origine des deux lignes ordinaires : la première au bord interne et l'autre à la côte, et l'ombre médiane, qui est brisée en angle trèsprononcé dans la cellule. La frange des secondes ailes est éclairée de blanchâtre dans les deux premiers tiers.

Gen. ACn^À,}{h.

Achfca Calclla, Gn.

Spec. gén,, 1607.

M. Yinson m'en a envoyé un individu très-mauvais, mais encore reconnaissable. ïl est probable qu'elle varie dans la même proportion que la Melicerta.

Je saisis cette occasion pour faire connaître les chenilles du genre Achœa, qui étaient encore ignorées lors de la publication de mon Species, et que je connais maintenant par un beau dessin fait en AustraUe, que je dois, comme tant d'autres documents précieux, à l'amitié de M. II. Doubleday. Cette chenille produit une espèce extrêmement voisine de la Melicerta, et il n'y a nul doute que celle de la Calella de la Réunion lui ressemble beaucoup.

Ces chenilles sont très-atténuées antérieurement, cylindriques en dessus, aplaties en dessous, etporlentsurle onzième anneau un petit tubercule bifide, et sur le quatrième, une large place de couleur différente du fond, qu'on n'aperçoit bien tout entière que quand la chenille courbe ses premiers anneaux, attitude qui lui est familière. On voit en outre une petite caroncule dorsale, qui doit varier suivant les espèces, sur le dos du sixième anneau. Le nombre des pattes ventrales est au complet; mais la première paire est très-courte ; aussi la chenille n'est-elle point arpenleuse comme les Homoptera et se contente-t-elle d'arquer ses anneaux antérieurs. La tète est petite et globuleuse. Elles vivent sur les grenadiers et autres arbrisseaux.

Achfça EjiGnardi, Bilv.

Faun. Madag., p. 102. — Gn. Spec, IG72. M. Maillard s'est assuré que cette espèce si belle et si variable habite également l'île de la Réunion.

Gen. SERRODES, Bdv.

Ce genre habite aussi la Réunion et n'est point exclusivement propre à l'Inde, comme je l'avais avancé dans mon Species. Il serait bien à désirer qu'on trouvât les chenilles ; car, ainsi que je l'ai dit, il est encore très-imparfaitement connu, môme en ce qui concerne la division des espèces.

ScrroJcs Inara, Cr.

Crara., 239 E. — Gn. Spec, lG7o.

M. Maillard m'en communique une femelle qui ressemble parfaitement au mâle que j'ai décrit. Elle est seulement un peu plus rougecàlre et n'a cju'une seule tache basilaire noire, qui est plus grande.

Nota. — Je crains maintenant que l'individu que j'ai décrit sous le nom cVlnara, var. A, ne se rapporte plutôt à la Camimim.

Gei). 0 PHI USA.

Ophiusa ABîgauBarss, Bdv.

Faun. Mad., p. 104. — Gn. Spec, 1094.

Cette jolie ophiuse ne parait pas très-commune : la femelle est p)lus petite et moins rougeàtre que le mâle.

Opliiusa Torrida, Gn.

Gn. Spec. gén., 1703.

Elle doit être localisée dans l'île, car MM. Maillard et Vinson no m'en ont communiqué qu'un seul individu, tandis que M. Guérin- Menneville en avait reçu une quantité considérable d'un même envoi.

Gen. GRAMMODES, Gn.

Gramniodes j^ssansonâa, Cr.

Cram., 230, D. — Gn. Spec, 1720.

Quoique je n'aie point reçu cette espèce de notre colonie, il me paraît difficile qu'elle ne s'y rencontre pas. Peut-être y constituet-elle une espèce à part et très-voisine, ainsi que je l'ai déjà dit, page 278 de mon Species.

G. — 52 LÉPIDOPTÈKES.

Gramniodes KeSto, Bdv.

Faun. Madag., p. 105. —Gn. Spec, 1722.

Ne paraîtpas très-commune. .Je n'en ai reçu que deux exemplaires.

Nota. — Je possède une jolie espèce très-Yoisine, non décrite &dxvè ijion S pecies, et venant d'Australie. Les lignes blanches des ailes supérieures sont disposées en rectangle dont la côte forme un des côtés, et les inférieures sont traversées par une ligne blanche.

Fam. EUGLIDID.E, Gn. — Gen. TRIGONODES, Gn. Trigonodes, Anfractuosa, Bdv.

Faun. Mad.,p. 104. — Gn. Spec, 1727. Habite aussi la Réunion.

Fam. REMIGID.E, Gn. — Gen. REMIGIA, Gn. Remigiu Frugalis), Fab.

Fab. 138. — Gn. Spec, 178. — Lijcopodia, Hb. Ziitr., 897.

Ne doit pas être rare. Cependant je n'en ai vu que quelques exemplaires.

Remigia ïjatli)cs, Gn.

Spec, 1774. — Repanda^ Bdv., Faun. Mad., p. 107. — Puncîula?isy Bdv. Dup.

Paraît moins commune à la Réunion que dans la plupart des autres parties du globe.

Remigia B»elBita,Gn.

Spec, 1780.

Ayant sous les yeux trois exemplaires de cette Rémigie, que j'ai décrite sur un seul individu dans mon Species, je compléterai ma description en faisant connaître le mâle dont M. Maillard me communique un individu bien frais, et que j'avais d'ailleurs, antérieurement, reçu du Sénégal.

Elle diffère beaucoup du mâle, comme toutes les RaiJiigia de cette division. Ses premières ailes sont d'un brun-chocolat violàtre avec les dessins d'un brun plus foncé. Ces dessins sont, au fond, les mêmes que ceux du mâle ; mais je ne vois pas de point noir au bord interne.

LÉPIDOPTËHES. G. — 53

La série de points iiervuraux qui se trouve avant le bord, dans mon exemplaire de Cafrerie et dans ma femelle du Sénégal, manque ici et même chez le mâle de la Réunion; mais on en reconnaît la trace, et je crois qu'on doit les retrouver chez d'autres individus de ce pays. Les secondes ailes sont d'un testacé obscur, avec une ligne postérieure et une ombre subterminale large, mais délayée, noirâtre, et la frange est teintée de roux. En dessous, ces ailes sont jaunes, saupoudrées de brun, avec une lunule cellulaire entre deux bandes foncées.

Remigia Mayerî, Bdr.

Faun. Mad., p. 104. — Gn. Spec, 1781.

Je ne l'ai pas reçue depuis la description que j'en ai faite sur des individus communiqués par MM. Boisduval et Guérin-Menneville.

Tribu PSEUDO-DELTOID.E, Gn.

Fam. AMPllIGONID.E, Gn. — Gen. LACERA, Gen.

Lacera Capclla, Gn^

.l'en ai reçu un bel individu de M. Vinson. Cette belle Ampliigonide habite donc aussi notre colonie.

Fam. THERMESID.E, Gn. — Gen. THERMESIA.

Thermesia SlarcliaSil, Bdv.

Faun. Mad., p. 105. — Gn. Spec, 182G.

.Te ne l'ai pas reçue de nouveau, mais elle se trouve à la Réunion.

Thermesia RuEtrlcan!^, BlIv.

Faun. Mad., p. lOCj. — Gn. Spec, 1829.

Je ne l'ai pas reçue non plus depuis la publication de mon Species.

Gen. HYPOSPILA, Gn.

Hypospila Tliermcsîna, Gn.

3Ymm — ^^^]gg (^^'^^ |3^,^J^ j^ [^^vq d'ombre clair^ à franges conco-

G. — 54 LÉPIDOPTÈ[U:S.

lores, précédées d'un rang de points bruns internervuraux alternant avec des traits de même couleur, placés à l'exlrémilé des nervures, et une ligne commune oblique, droite, claire, ombrée de brun du côté externe, partant de la côte avant l'apex des supérieures et aboutissant au bord abdominal des inférieures, au-dessus de l'angle anal. Cette ligne est suivie d'une autre, également claire mais bien moins visible (la subterminale), qui, aux ailes supérieures, forme de petites dents arrondies, et, aux inférieures, des dents très-aiguës et en zigzag. Outre cela, les premières ailes ont la côte finement lisérée de blancliàtre, puis largement ombrée de brun, et on y distingue les traces des lignes ordinaires et la tache réniforme, qui est large et brune. En dessous, les quatre ailes sont d'un testaeé clair, avec des dessins noirs bien écrits, savoir : une série de points terminaux, une seconde série de points, une ligne en dents de scie, et une grosse tache cellulaire. Les inférieures ont en outre deux autres lignes sinueuses de chaque côté de celle qui est dentée, et les supérieures ont un point dans la cellule, avant la tache.

Les palpes sont ascendanis, droits, à premier et troisième articles blancs, tandis que le deuxième est d'an brun-marron.

J'ai acheté cet insecte d'un marchand qui l'a reçu de l'île de la Réunion. Il partage et confirme tous les caractères de mon genre Hypospila; seulement le troisième article des palpes est plus long et plus redressé que chez la Bolinoidcs.

Gen. GRACILODES, Gn.

Gracilodos l^.rsa, Gn.

Spec, ]851.

Cette jolie espèce, que j'avais décrite sans en connaître la patrie, a été découverte à la Réunion par M. Ymson, qui m'en a envoyé une grande quantité d'individus des deux sexes.

Il en a aussi trouvé la chenille, qui est d'un vert clair, avec les incisions plus pâles. Sa peau, fine et transparente, laisse voir le vaisseau dorsal. Les points ordinaires portent des poils fins, visibles seulement à la loupe. La tète est aplatie. Elle vit en février sur le Vanguera edulis DC, arbre fruitier originaire de Madagascar. Elle ne reste en chrysahde que huit jours.

L'insecte parfait ne varie pas, et la femelle est exactement semblable au mâle, aux antennes près.

Legio DELTOID.ï, Lalr.

Fam. HYPENID.E, Hs. — Gen. HYPENA, Sch. Hypena Hasiatalïs, Gn.

Elle peut se placer après notre Extensalis d'Europe, dont elle a la coupe et un peu le dessin.

32'°'°.— Ailes supérieures noirâtres, lavées de gris et saupoudrées d'écaillés noires. La ligne coudée est sinuée et irrégulière : elle se découpe un peu en, clair au milieu de l'aile, et elle est précédée d'une teinte plus noire que le fond, sur laquelle se détache, tout près d'elle, dans la cellule, un petit point blanc composé de quelques écailles non redressées. La subterminale lui est à peu près parallèle et est formée par des taches noires, éclairées extérieurement de blanc ; l'extra-basilaire est peu distincte et composée seulement d'écailles noires. Des traits noirs terminaux, presque contigus, précèdent la frange, qui est concolore.Les ailes inférieures sont entièrement noires avec les mêmes traits. Tout le dessous est d'un gris foncé sans dessins, ainsi que le corps et les pattes. Les palpes sont droits et quatre fois aussi longs que la tète; les antennes minces et filiformes.

Prise par j\L Maillard,

Hypena Senecfalis,-Gn.

Elle est voisine de VObsitaUs d'Europe et de VExoticalls du Brésil.

26""".— Ailes supérieures mêlées detestacé, de cendré violàtre et de noir, avec une série terminale de lunules noires, lisérées de blanchâtre intérieurement, et suivies d'autres lunules placées sur la frange en sens contraire et séparées des premiers par un filet noir, fin. La ligne coudée est brune, deux fois sinuée, et se détache sur un fond clair, d'un cendré violàtre, qui forme presque une bande ; puis, à l'apex, est une tache blanche lunulée, à sommet blanc et sur laquelle se découpe une tache noire, bidentée inférieurement. Les ailes inférieures sont noirâtres, avec des nervures formant des rayons plus noirs, et la frange un peu festonnée et teintée de noir vif entre la 2 et la 4. En dessous, toutes les ailes sont noirâtres ; les premières

avec quatre points blancs costaux et un très-petit point noir éclairé de blanc sous le deuxième point, les secondes avec une lunule cellulaire. Les palpes sont larges, un peu arqués, à troisième article redressé et sécuriforme ; les antennes minces et filiformes. J'en ai reçu trois individus de M. Vinson.

Ilypena Inexâensalî», Gn.

Elle est très-voisine de ma Senialis, mais un peu plus grande (36™"). La coudée est oblique, ombrée du côté interne, et précédée d'une bandelette longitudinale claire placée, comme d\(t7Ai\ Senialis, au-dessus de la sous-médiane, mais dont je ne puis bien déterminer l'étendue, à cause du mauvais état de mes deux sujets. Un petit point clair cellulaire précède la coudée, comme dans la Nasutalis^ et une tache supabicale, semi-lunaire, d'un gris carné clair, renferme un second point blanc accolé à un noir qui se répètent en dessous d'une manière très-nette. La frange est concolore et précédée d'une simple ligne brune un peu festonnée. Les ailes inférieures sont noirâtres, avec la frange d'un brun testacé, divisée par un filet foncé, mais nullement tachée de noir, et unie. Les antennes sont pubescentes chez le mâle, qui a trois crêtes velues à la base de l'abdomen, sétacées chez la femelle, qui a l'abdomen lisse.

Une mauvaise paire prise par M. Maillard.

Hypena JFrapBïîcraai», Gn.

Elle aie port et la taille de notre Proboscidaiis {3Q'"'"). Les premières ailes sont d'un noir brun très-foncé, avec de peiiles stries transversales d'un gris lilas, placées sur le milieu de l'aile et accusant seules la coudée, qui serait perdue dans l'intensité du fond. Deux taches noires veloutées se voient dans la cellule à la place des taches ordinaires, mais non sans une certaine attention. Enfin, à l'apex, se découpe une grande place triangulaire d'un brun carné, à la naissance de laquelle sont deux points noirs, éclairés d'écaillés lilas, et répondant au sommet de la subterminale. La frange est unicolore et encore plus foncée. Les secondes ailes sont noirâtres et unicolores en dessus, et les cpiatre en dessous sont d'un gris sombre avec quelques stries noirâtres. Le 2" article des palpes est sécuriforme, deux fois plus long que la tète, et le 3" fusiforme et redressé.

M. Maillard m'a prié de dédier cette belle Hypena l\ M. Frappier,

naturaliste de la Piéiinion, qui a recueilli quelques bons Lépidoptères.

Hypena rongipalpnlls, Gn.

Elle est voisine de la Proboscidalis et de VlncUcalis, mais moins grande.

25'"°'. — Ailes supérieures d'un gris testacé pâle, avec une ligne médiane oblique^ presque droite, très-fine, d'un brun cannelle, finement lisérée de jaune extérieurement. Entre elle et le bord, quelques écailles noires isolées indiquent la place de la subterminale. La frange est précédée d'une ligne cannelle et divisée par un filet foncé. Un très-petit point noir se voit dans la cellule. Ailes inférieures d'un gris noirâtre, avec la frange testacée. Dessous d'un gris clair, sans dessin, avec un filet terminal noirâtre un peu festonné.

Les palpes de cette espèce sont très-longs, très-droits et borizontaux, subfusiformes, avec le dernier article formant une épine redressée. Les antennes sont très-légèrement pubescentes.

Para. lŒRMINID.E, Dup. — G en. SIMPLÎCIÀ, Gn. Simplicia InfilcxalSs, Gn.

Spec. 57.

Je ne l'ai pas reçue depuis la publication de mon Species.

Simplicia Paisiealis, Gn.

3Qmm — Ailes supérieures d'un gris testacé , avec une ligne subterminale presque droite, d'un jaune clair, touchant le l)ord interne, mais expirant un peu avant la côte. Les deux lignes médianes bien visibles, noirâtres, fines; la coudée denticulée. Un petit point cellulaire. Toute la base de l'aile, jusque et un peu au delà de l'extrabasilaire, est couverte de poils drapés, fins, épais, d'un ocracé roussàtre, qui s'étendent même un peu sur la base des ailes inférieures, et c'est là le principal caractère de cette espèce. Ces dernières ailes ont, en outre, une Hgne subterminale claire un peu brisée et n'atteignant pas le bord d'en haut. En dessous, outre la trace de cette ligne, elles portent une ombre médiane et un point cellulaire gris peu distincts. Les antennes sont déviées vers le premier tiers et garnies de poils noirâtres formant une nodosité. Les palpes, arqués et recourbés au-dessus de la tète, n'atteignent pas le

G. — S8 LÉPlDOPTÈKliS.

collier. Les pattes sont garnies, en partie, de poils noirâtres épais.

La femelle est plus grande (35°""), et les poils drapés sont remplacés, chez elle, par une teinte roLissàtre formée par des écailles plus grossières et plus épaisses que les autres. Elle n'a pas de nodosité aux antennes, et les tibias sont moins velus.

J'en ai vu quatre exemplaires pris par MM. Maillard et Vinson.

Gen. HYDRILLODES, G a.

Hydrillot^les aJligâBaosîïSis, Gn.

Spec. 82.

Je remarque quelques différences entre les individus que j'ai reçus de la Réunion et la description de mon Species; mais n'ayant plus les originaux devant les yeux, je n'ose décider si celle de l'île est une espèce séparée ou une simple variété locale.

Hydrillodes A»'icuÏ4filiK, Gn.

Je n'ai que la femelle de cette nouvelle espèce, mais elle suffit pour prouver qu'elle est bien distincte des deux autres.

C'est la plus grande (33"™). Les premières ailes sont d'une teinte notablement plus roussàtre. L'aile est aussi divisée en deux teintes bien tranchées; mais la coudée est plus droite, moins arquée, plus régulière et sans dent plus saillante au-dessus de la sous-médiane. La lunule cellulaire est d'un noir vif et en \ Les secondes ailes sont plus sombres, sans ligne claire, et, en dessous, elles sont uniformément saupoudrées, avec une ligne centrale en zig-zag et un trait cellulaire noir et oblong. Les pattes sont noirâtres, et le 3^ article des palpes n'atteint pas l'extrémité du collier.

Gen. ARSINA, Gn.

Chenilles — Antennes garnies de lames longues et minces

chez le mâle, de cils très-fins et isolés chez la femelle. Palpes très-ascendants ; le T article arqué, dépassant les yeux, le 3*" droit, perpendiculaire et presque aussi long. Trompe robuste. Pattes longues à ergots fins, mais longs. Ailes larges : les supérieures à dessins bien marqués, à taches cellulaires bien distinctes; les inférieures sans

i.^r-ttÊ^*-VyT-a

LÉPIDOPTÈRKS. G. —59

dessins, à indépendante forte, insérée beaucoup plus haut que les deux suivantes et près du pli cellulaire, qui est très-marqué.

Je fonde ce genre nouveau sur une jolie espèce dont les dessins ont quelques rapports avec ceux des Noctuelles, et qui en présente, près de la base, un très-marqué, qui rappelle le genre Sc?rodes. On peut placer celui-ci immédiatement avant le genre Helia.

Arsina f^iSenaSis^ Gn.

QQmm^ — Allcs supérlcurcs coupées carrément à l'apex, avec un coude arrondi au milieu, d'un gris testacé, avec des dessins d'un noir vif, finement lisérés de jaunâtre, savoir : une grande tache échancrée ou cordiforme près de la base, sous la cellule ; — les deux taches ordinaires des Noctuelles : l'une en 0 évidé, l'autre réniforme, mais divisée en fragments comme chez notre Cerastis Silène ] — une ligne (la coudée) claire, très-finement lisérée de noir, à moitié inférieure rentrante. Derrière elle, une série de taches carrées inégales, et enfiU;, sous l'apex, deux autres taches oulitures écartées. Frange concolore, précédée d'un lilet clair. Ailes inférieures noirâtres, plus claires à la base et sans dessins en dessus, avec un point et deux traînées foncées en dessous. Femelle semblable, mais un peu plus foncée.

Je tiens cette jolie espèce de M. Vinson.

Gen. PHYSULA, Gn.

Physula §»y»uarali!i$, Gn.

23™". — Ailes d'un gris testacé, bordées d'une double série de petits points noirs alternés : les supérieures ayant, avant le bord terminal, une sorte de bande vague, flexueuse, indiquée par deux lignes dont l'antérieure teintée de brun roussàtre et la postérieure de noirâtre. Cette bande de la couleur du fond, mais marquée de deux places noirâtres vagues : l'une vis-à-vis de la cellule, l'autre au-dessous de la sous-médiane. Ailes inférieures ayant, au-dessus de l'angle anal, un commencement de bande semblable, mais cjui s'éteint presque aussitôt. Un petit point noir dans la cellule des supérieures. Dessous noirâtre : celui des inférieures plus clair au bord abdominal, avec des ombres transverses peu marquées et un très -petit point cellulaire. Palpes à second article large, sécuriforme, velu et confondu avec

le troisième, qui est court. Pattes antérieures sans faisceaux de poils. Cette espèce assez insiguifiante diffère un peu par les caractères du genre Physula, et devra peut-être former un genre séparé, mais l'individu que je décris est unique et privé d'antennes. Je pense que ces dernières doivent être fortement ciliées, car j'ai sous les yeux une autre espèce de l'Afrique occidentale et une troisième de" l'Abyssinie, qui offrent ce caractère.

Legio PYRALES, Lin.

.Tribu PU LVE RU LENT JE, Gn.

Fam. PYRALID.E, Gn. — Gen. PYRALIS, Lin. Pyralis Maiirliinlts, Bdv.

Faun. Mad., p. J J9, pi. 16, f. 8. — Gn. Spec. 5.

J'en ai vu un individu pris par M. Maillard. Elle est extrêmement voisine de notre Fimbrialis d'Europe.

Pyralis ManîIsolaSîs, Gn.

Spec. gén. 11.

Je ne vois pas de différences essentielles entre un individu mâle, pris à la Réunion par M. Vinson, et celui de Cayenne, qui m'a servi pour ma description. Toutefois, comme ils sont tous deux en assez mauvais état, leur identité n'est pas complètement hors de doute. Celle de la Réunion me paraît avoir l'extra-basilaire plus sinuée et fortement ombrée de noirâtre en dedans.

Tribu LURIDjE, Gn.

Fam. ENNYCIIÎD.E, Dup. — Gen. RHODÂRIA, Gn. Rhodaria IVeriaBïs, Bdv.

Faun. Mad., p. 119. — Gn. Spec. 83.

Je n'ai pu encore me la procurer,

Rbodaria linncSni&Iis, Gn.

Spec. gén. 84.

M. Maillard en a pris un mauvais individu à la Réunion. Par suite,

LÉlMDOPTLllES. G. — Gl

je suis persuadé que notre colonie est la \raie patrie de celte jolie espèce, et non pas la NouYelie-ilollande, comme on me l'avait dit.

Rhodaria B»l8a?isîcettlls, Hb.

Zulr. JlD. — Gn. Spec. 96.

Je n'ai pas la certitude que cette espèce africaine soit exactement la même que celle du Brésil; mais, comme je n'en ai devant les yeux qu'un mauvais individu, j'aime mieux ne pas créer, à ses dépens, une espèce qu'il faudrait peut-être supprimer plus tard, et que je ne pourrais, en tous cas, bien caractériser aujourd'hui.

Fam. ASOPID.E, Gn.— Gen. AGATHODES, Gn.

Agatliodes llus^i%'ali», Gn.

Spec. 167.

J'avais raison de douter de l'habitat océanien de cette espèce. J'en ai reçu, en effet, un exemplaire pris à la Réunion par M. Maillard. Notre colonie est donc en possession de ce beau genre de Pyralites.

Gen. SALBIA, Gn.

Salbia Acbaf IciaSis , Gn.

21°"°. — Ailes d'un blanc un peu paillé, luisant, demi-transparent, avec des dessins irréguliers ; d'un brun cannelle clair, formant une sorte de bordure très-entrecoupée de taches de la couleur du fond, et, tout à fait au bord, de taches d'un blanc plus mat appuyées sur un filet terminal noir. Les ailes supérieures ont, en outre, des lignes transverses dont l'intervalle est occupé par du jaune, sauf la moitié inférieure des deux dernières, qui s'écarte enVrenversé. Les ailes inférieures ont un petit anneau oblong, cellulaire, à centre jaune, qui donne naissance à une ligne allant gagner l'angle anal. L'abdomen est brun, orné de taches dorsales et latérales blanches, et chez le mâle, le dernier anneau est recouvert de poils noirs et blancs entremêlés. Le dessous du corps est blanc : celui des ailes laisse voir les dessins du dessus amoindris, sauf la bordure qui est, au contraire, d'un ton plus noir. Les antennes des deux sexes sont longues et fdiformes.

Celte johe petite espèce est très-commune à la Réunion, et, ce qu'il

G. — 02 LÉPIDOPTÈHES.

y a de plus singulier, c'est qu'elle n'est pas plus rare au Brésil, d'où j'en ai reçu de nombreux exemplaires depuis la publication de mon Species.

Gen. SPOLADEÂ, Gn.

Spoladia Sleeurvali$«, Fab.

E. S. 407. Gn. Spec. 190. = AngustaUs. Fab. Mant. 309. — Hydrocampa Albifascialis, Bdv. Faun. Mad., p. 119, pi. 10, fig. 7.

Je n'ai point osé citer, sans l'avoir vu, dans mon Species, le Botys Alblfascialis de M. Boisduval comme synonyme de la Recurvalis Fab., quoique je fusse persuadé que ce n'était qu'une seule et même espèce. Les individus que j'ai reçus de la Réunion ont justifié mes prévisions; et cette Spoladea, qui habite une partie du globe, ne diffère point, dans celte île, des individus américains et asiatiques.

M. Boisduval, au tort très-excusabie de ne l'avoir pas reconnue dansFabricius, a joint celui de citer, comme en étant très-voisines, la Tages et VU feus de Cramer, qui n'ont pas le moindre rapport avec elle (voyez m.on genre Hyalitis).

Fam. STENIAD.E, Gn. — Gen. STENIA, Gn. Slenia VîperîBBîs,Gn.

Très-voisine de notre OpJdaUs d'Europe, mais un peu plus petite (lO"""). Ailes noirâtres, à franges entrecoupées de blanc sale. Supérieures, avec les deux lignes ordinaires, dont la seconde forme un petit angle rentrant dans la cellule, vis à-vis des taches ordinaires, qui sont rapprochées, bien écrites, annulaires. La seconde ovale oblique. Les ailes inférieures ont deux lignes disposées comme chez Ophialis. Le corps est noirâtre, avec l'abdomen taché d'ocracé sur les côtes et sur le dos du troisième anneau, et entièrement de cette dernière couleur en dessous. Les pattes sont aussi ocracées. Les antennes sont filiformes chez mon individu, qui est une femelle.

Commune à la Réunion. Cette espèce, qui devra par la suite former un genre séparé, paraît habiter une grande partie du globe. Les individus de la Réunion sont particulièrement foncés et bien écrits.

Slenia ©riïalalis, Dup.

Dup. p. 207, pi. 223. — Ilerr. Scli. 52. — Gn. Spec. 229. = 5'^/turnaUs. Treits. Sup., p. 29.

Je iiG vois aucune différence entre nos individus européens et un exemplaire mâle que M. Maillard a pris à la Réunion , si ce n'est qu'il est un peu plus grand et plus clair; néanmoins, comme il est en mauvais état, je n'affirme pas sa complète identité. Au reste, je dois dire que j'ai reçu de Ceylan cette espèce parfaitement semblable àla nôtre; c'est un nouvel argument en faveur de l'identité de celle de laRéunion,

Stenia TestialaHis, Ilb.

Hb. Zutr. G29. — Gn. Spec. 230.

Communeàla Réunion. Cette espèce, qui devra parla suite former un genre séparé, parait occuper une grande partie du Globe. Les individus de la Réunion sont particulièrement foncés et bien écrits.

Faiïi. HYDROCAMPID.E, Gn. — Gen. CYMORIZA, Gn. Cyraoriza Upespalis. Gn.

Cette grande espèce n'appartient peut-être pas au Cymoriza, dont elle diffère surtout par les palpes droits et très-prolongés en avant, et dont elle s'éloigne beaucoup par les couleurs et le dessin ; mais, comme je n'en ai vu qu'un seul individu femelle, sans antennes et sans abdomen, je ne puis créer un genre avec elle et je la laisse provisoirement dans celui-ci.

: 38"""*. Ailes fortement sinuées, mais entières, d'un fauve ferrugineux, à franges courtes, noirâtres , mêlées de blanc , avec une fme ligne subterminale noire , sinuée et denticulée , rapprochée du bord et suivant tous ses contours. Ailes supérieures ayant sur le disque deux lignes écartées, obliques, parallèles, non dentées , noires, éclairées de blanc en partie par leur côté qui se regarde. Un faible groupe d'atomes foncés sur la disco-cellulaire. Ailes inférieures ayant aussi deux lignes, mais blanches, irrégulières, et dont la seconde forme un angle très-prononcé sur la 3. Dessous des quatre d'un carné violâtre sale, avec les deux lignes principales du dessus très-mar-

G. — 64 LÉPIDOPTÈUES.

quées, continups , et bordées extérieurement de brun foncé fondu qui les fait ressortir.

Tliorax fauve ; abdomen fauve avec les côtés et le dessous d'un blanc sale, ces deux couleurs divisées par une ligne brune. Palpes ayant trois fois la longueur de la tête.

Recueillie par M. Maillard.

Fam. SPIL0MEL1D.E, Gn. — Gen. LEPYIWDES, Gn. Lepy rodes Cieonîctraïas, Gn.

Spec. gén. 271.

J'ai reçu deux exemplaires en bon état de cette charmante Lepyrodes dont j'avais donné la description sur un individu en débris provenant, m'avai-ton dit, de l'Inde centrale, mais originaire, je le crois maintenant, de notre colonie ou peut-être de Madagascar. On peut donc considérer le genre comme africain. Quanta l'espèce, elle est si facile à reconnaître qu'il est inutile que je rectifie ce que ma description devait naturellement avoir de défectueux.

Fam. MARGARODlDyE, Gn. — Gen. PHAKELLURA, Lansd. Phakelluva Ctneiirïiitalïs, Gn,

Hyalinalis. Bdv. Faun. Mad. p. 117 (non alior.)

Elle n'est pas plus grande que Vlnfimalis de Cayenne^ à laquelle elle ressemble au premier coup d'œil.

22""". — Les ailes supérieures ont lapartie blanche très-réduitepar la bande costale et par la bordure qui est très-large et un peu sinuée au lieu d'être parallèle au bord comme chez Vh^fimalis. La partie blanche forme une pointe très-aiguë et spiniforme en remontant vers l'apex. La bordure des ailes inférieures est très- large et leur frange est toute brune, au lieu d'avoir la moitié blanche. L'abdomen est blanc^ avec l'avant-dernier anneau brun au-dessus , et le dernier redevient blanc, avec la brosse anale jaune. Le tablier est cordiforme, à lobes très-profondément divisés.

Toujours facile à distinguer de VHyalmataUs, avec laquelle M. Boisduval l'a confondue, par sa taille, la largeur de sa bordure, l'anneau brun de l'abdomen très-nettement coupé postérieurement, etc.

Commune à la Réunion.

LliPIDOPTÈlŒS. G. - Cu

Gen. MARGÀRODES, Gn.

Margarodes QiiEnqucpuuetalis, BJ.

Faun. Mad. p. 117, pi. 16, fig. 5.

Il se place entre VIsoscelalis du Brésil et le Quachistigmalis , de rAmérique du Nord, et se distingue des deux par l'étroitesse du liséré costal brun qui est bordé de blanc mat , sur lequel sont rangés quatre petits points noirs, le cinquième étant placé à l'autre bout de ladisco-cellulaire. Tout le reste des ailes est d'un blanc opalin pur, sans ligne subterminale grise. Le corps est aussi entièrement blanc, du moins chez les femelles, car M. Boisduval dit que le mâle (que je n'ai pas yu) a le pinceau anal noirâtre.

Jlargarodcs Sericcolaîîs, Drur.

Drur. n, pi. G, f. 1. — Gn. Spec. 329= Laterata^ Fab. 2G4.

Variété Thalassinalis, Bd. Faun. Mad. p. J 17, pi. 16, fig. 6.

Les individus de la Réunion ne diffèrent absolument du Sericeolalis que par l'absence des petits points noirs terminaux (encore en voiton parfois un ou deux au sommet des supérieures) et parce que le pinceau anal du mâle est un peu plus mêlé de poils roux. Ces différences m'ont paru trop légères pour adopter le nom de M. Boisduval qui n'avait probablement pas reconnu son espèce dans Drury et dans Fabricius.

Fam. BOTYD.E, Gn. — Gen. FJLODES, Gn.

Filodes Cos»li%"siraîî«, Gn.

Au premier aspect , on pourrait confondre cette nouvelle espèce avec la Fulvidorsalis lîb..mais il ne faut qu'un peu d'attention pour revenir de cette erreur.

35'"'". — Ailes d'un gris soyeux : les supérieures avec une raie fauve, bien limitée, partant de la base et n'atteignant pas la moitié de la côte, marquée sur la sous-coslale d'une petite ligne métallique d'un plombé brillant, bifide à la base. Sur cette partie fauve, on aperçoit trois points noirs, également espacés , dont le dernier s'étend enliture sur la disco-cellulaire. Il n'y a point d'autre dessin; mais les ailes inférieures du mâle offrent une particularité qui mérite d'être

décrite en détail. C'est une longue tache demi-transparente , placée

entre la 1 et tout le système des iiervules supérieures, qui s'oblitèrent et dévient pour lui faire place. 11 résulte même de cette déviation un plissement anormal del'aile à l'angle interne. En dessous , cette tache est bordée, supérieurement et à l'extrémité, de poils plus noirâtres que le fond, et la 1 a un petit bouquet de poils ocracés auprès de cette teinte obscure.

Comme pour laisser voir cette curieuse construction , l'aile supérieure est concave et comme écliancrée au bord interne , ce qui ne sevoit point chezlajFi//mWor5ff//sdont l'aile inférieure n'offre rien de semblable. Le corps est gris, avec la partie antérieure des ptérygodes et la tète fauves. Les palpes sont fauves, coupés de deux lignes plombées, brillantes, très-tranchées. La poitrine et la base des pattes antérieures sont d'un jaune clair; les pattes d'un jaune paillé, brillant. L'abdomen manque.

Cette curieuse Filodes a été prise par M. Vinson.

Gen. BOTYS, Lat.

Botys? C'iiildrcnalis.

Faun. Mad. p. H 8.

Je ne l'ai pas vu et ne puis me faire, d'après la description incomplète de M. Boisduval, une idée de la section à laquelle j1 appartient. Je ne connais point de Botys dont les ailes supérieures soient traversées par quatre Wgnes.

Botys ? Poeyalis.

Faun. Mad. p. 118.

Même observation que pour le précédent.

Bolys Pasfrinali$«, Gn.

Il fait partie du groupe vni, et se place dans le voisinage de VAUalis.

19"""'. Ailes d'un jaune-paille : les supérieures avec la côte et une bordure assez larges, d'un gris jaunâtre. Deux lignes de la même couleur, dont la seconde forme au milieu un sinus très-profond. Dans la cellule, un petit point noir touche presque à la première ligne, et un autre point, plus gros , est placé au-dessous de la rentrée de la seconde. Ces deux points sont contigus à la bande costale noirâtre. Ailes inférieures avec une bordure assez large à l'angle interne ,

mais se rétrécissant bientôt au point de devenir un simple filet. Une seule ligne, continuant la seconde des supérieures et formant un sinus semblable, au-dessus duquel est un trait cellulaire. Thorax brunâtre avec les plérygodes, la tête et le collier jaunes. Abdomen lavé de brunâtre. Femelle semblable, mais d'un jaune plus foncé. Pris par par MM. Maillard et Vinson.

Botys Dorcalf s, Gn.

Il appartient au groupe x et tient à la fois de VInfuscalis et du Lunalis avant lequel il se place.

2gmm^ — A.iles oblongues, d'un gris noirâtre à reflet violet, avec une ligne commune noire, éclairée de blancjaunàtre extérieurement et formant un sinus profond, carré, finement denté au fond, au milieu de chaque aile. Un liséré terminal noir, très-finement éclairé de blanc, précède la frange, qui est concolore. Outre ces caractères communs aux quatre ailes, les supérieures ont une ligne extrabasilaire bien marquée et , tout près d'elle , un point cellulaire; puis, à distance, un trait cellulaire épais , noir. Les inférieures ont aussi un trait virgulaire semblable. Le dessous du corps et toutes les pattes sont blanc5 : les tibias antérieurs tachés de noir à l'extrémité. Les palpes mipartis de blanc et de noir. L'abdomen a deux traits noirs très-petits sur le deuxième anneau. Femelle semblable.

Recueilli par M. Vinson.

Legio IN VOLUTE, Gn.

Tribu ARUNDINIVOR^, Gn.

Fam. SCIRPOPHAGID.E, Gn. — Gen. SINDRIS,Bàv.

Je n'ai pas la certitude que ce genre se trouve à la Réunion; mais j'ai voulu indiquer ici sa véritable place que M. Boisduval a méconnue en la plaçant dans les Tinéides. La Sindris Sganzirii ou plutôt Sganzinella?i,Q\\ effet, beaucoup de rapport avec nosSch-pophaga; malgré ses couleurs si différentes, et tout en formant un genre à part, elle ne peut en être éloignée. Je suis persuadé que ses chenilles vivent aussi dans l'intérieur des plantes fistuleuses qui croissent dans les marais.

Fam. SCIIQEXOBIDiîi, Dup. — Gen. BORER, Gii. Chenilles fusiformes à 16 pattes, rases, à trapézoïdaux verruqueux, vivant dans l'intérieur des cannes à sucre à la manière des Nonagria. — Chrysalides oblongues, renfermées dans une coque légère entre des feuilles. — Insecte parfait : antennes du mâle et de lafemelle courtes, crénelées-veloutées, à articles rectangulaires. Palpes labiaux sécuriformes , aigrettes, de la longueur des yeux; palpes maxillaires quatre fois plus longs, droits, divergents, aigus à l'extrémité, ensiformes , à articles indistincts. Trompe faible. Yertex velu, aplati. Thorax court. Abdomen robuste, squammeux, dépassant peu les ailes inférieures. Ailes supérieures oblongues, entières, rectangulaires-arrondies , dépourvues de hgncs transverses : les inférieures larges, à bord subsinué, sans dessins, la sous-costale vésiculeuse à la base, les 1 et 2 rapprochées, à pédicule commun.

Ce genre, que je ne puis caractériser qu'incomplètement, n'ayant à ma disposition que deux individus du même sexe et mutilés , est voisin du genre Schœnobius , dont il diffère principalement par les antennes, l'abdomen, la forme des ailes et leur nervulation. Je l'ai appelé Borer, nom sous lequel on désigne l'insecte dans notre colonie, où il n'est que trop célèbre. Fabricius l'a fait connaître le premier dans son Entomologia sijstematica, sur des individus qui lui avaient été envoyés de l'Amérique méridionale par Rohr, et a décrit en quelques mots les dégâts qu'il causait dès lors aux plantations. Gaules perforât ^ iXii-W, destruit , cxsiccat : phmtatiomim pestis.

Des Antilles, où Rohr l'avait observé, le Borer passa dans les colonies anglaises de l'Inde, et surtout à Ceylan , d'où il fut apporté à Maurice dans un chargement de cannes envoyées en 1848 pour renouveler les plantations de cette île, attaquées alors d'une maladie végétale qui menaçait de les détruire. Mais on ne fit que changer de fléau. Le fatal Chilo s'acclimata rapidement, et la proximité favorisa son introduction dans notre colonie où l'on signala ses premiers ravages vers 1857. Tel est l'historique abrégé de cette désastreuse importation , dont il sera parlé plus longuement dans d'autres parties de cet ouvrage. Esquissons maintenant son histoire naturelle. La chenille du //orer ressemble à toutes les endophytes que la Lépidoptérologie compte dans les tribus les plus diverses : Scsia^ Cos-

LÉI'IDOPIÉKKS. O. — 09

SUS, Styrjia, Zeuzera, Macrogaster, Nonagria, Chilo, Scirpophaga, etc. c'csl-à-dire qu'elle est longue, molle, munie de plaques cornées sur le cou et l'anus, et pourvue de verrues saillantes et piliieres, occupant la place ordinaire des trapézoïdaux , latéraux et ventraux. Comme toutes ces larves, sa vie renfermée ne permet pas à la lumière de colorer sa peau, qui reste pâle et demi-transparente, et l'exposition à l'air et au soleil la fait promptement périr.

Ses mœurs sont aussi les mêmes que colles des espèces analogues de nos pays. L'œuf pondu sur l'extérieur de la tige donne naissance à de jeunes chenilles qui vivent quelque temps aux dépens du parenchyme des feuilles, en s'abritant provisoirement sous de jeunes pousses Hées avec de la soie. Quand leurs mandibules ont acqui> assez de consistance pour percer la canne, elles s'introduisent dans l'intérieur, en pratiquant une ouverture circulaire entre les nœuds, et y creusent des galeries dont le diamètre est à peine plus grand que celui de leur corps, et dans lesquelles elles se meuvent en avant et en arrière avec facihté. Leurs excréments, accumulés dans les parties inférieures de la galerie, sont en partie rejetés par les trous qu'elles ont percés pour entrer, et ressemblent, par la couleur et le grain, à de la cassonade blanche ou blonde. Ces excréments, vus au microscope, présentent de petites cristallisations brillantes dues évidemment à la matière sucrée qui est entrée pour une si forte proportion dans la nourriture de la chenille, et qu'elle ne s'est qu'incomplètement assimilée. Bien plus, cette substance saccharine suit l'aninicd jusqu'après sa transformation en papillon, puisque, en dépit des préparations vénéneuses employées par les naturalistes pour conserver ce dernier, les fourmis le dévorent avec avidité en ne louchant à aucun autre des Lépidoptères renfermés dans la boîte. Parvenue à l'époque de sa transformation, la chenille du Borcr quitte l'intérieur de la canne , se retire entre des feuilles desséchées qu'elle lie avec quelques fils de soie, et s'y change en une chrysalide allongée, mutique, d'un brun-marron clair. On a calculé que 00 jours lui suffisent pour parcourir toutes ses métamorphoses , depuis la ponte de l'œuf just^u'au développement du papillon et même jusqu'à son accouplement. Ce dernier est lourd, recherche l'obscurité et se donne peu de mouvement. Quand il est frappé par une lumière trop vive, il s'agite et tourne sur lui-même avec une grande viva-

cité. Ces mœurs expliquent la rareté relative d'un insecte malheureusement si abondant sous ses premiers états.

J'extrais ces détails, en partie, d'une longue notice publiée à Maurice par une commission organisée pour étudier les ravages de cet insecte malfaisant, et je les complète par des renseignements que M. Yinson vient de m'envoyer. Le botaniste W. Bojer, auteur de VHortus maurisianus , a publié sur le Bo7'er un volume tout entier; mais on voit, par l'esquisse que je viens de donner, que tous autres détails seraient surabondants, et que les mœurs bien connues des espèces arundmicoles de notre Europe, et en particulier ceux des Sc/iœnobiusetdes C/m7o, peuvent nous mettre sur la voie de ceux du Bore?' de la Réunion.

Borer Staccliarclltis, Gn.

P//ralis Saccharalis. Fab . E . S . , p . 228, n" 411.

30"". — Ailes supérieures testacées, avecles nervures noirâtres et de petites lignes internervurales aussi noirâtres, aboutissant à de petits points noirs terminaux. Sur la disco-cellulaire, on voit deux autres points noirs plus gros, obliquement superposés. Les ailes iniérieures sont un peu plus claires, également rayonnées de noirâtre, mais sans "points cellulaires. Le dessous est d'un gris noirâtre uni : tout le corps est de la couleur des ailes.

La chenille est d'un blanc laiteux, et quelquefois légèrement rosé quand elle vit sur la variété rose de la canne, avec les trapézoïdaux verruqueux, d'un brun-marron, surmontés d'un poilfin;les antérieurs plus gros etarrondis, les postérieurs linéaires. Les autres points ordinaires sont également bruns,et les stigmates, placés entre les latéraux, sont noirs. La tète est brune et la plaque de la nuque d'un roux obscur. Cette chenille se trouve sur la canne, à peu près pendant toute la belle saison, mais principalement aux mois de juillet et août. Elle reste environ quinze jours en chrysalide.

Il est évident que c'est bien ici l'espèce que B'abricius a décrite sous le nom de Pyralis Saccharalis, nom dont j'ai dû modilicr la terminaison pour la rendre semblable à celle de toute la légion dans laquelle elle rentre. Sa description s'applique parfaitement à tous les états de notre Borer; je remarque pourtant qu'il dit (juc la chrysalide a sur la partie antérieure plusieurs épines courtes, relevées.

LÉPlUOPTÈllES, G. — 71

tandis que la notice précitée et M. Yinson dépeignent cette chrysalide comme étant mutique (rase).

Tribu RADICIYORyE, Gn.

Fam. CRAMBID.E, Dnp. — Gen. CRAMDUS, Fab. Crambus PapbiellDS, Gn.

Il a quelques rapports avec la femelle de notre Pratellus et plus encore àyecVUligmosellus.

16"°. — Ailes d'un blanc d'argentpur : les supérieures avecune fine ligne grise placée non loin du bord terminal et formant un angle dans son milieu. Derrière elle, à la côte, se voient deux petits traits d'un or pâle. La frange, précédée d'un liséré noirâtre, est teintée de cuivré métallique brillant, précédé de deux petits points noirs au delà de son milieu, mais reprend sa couleur blanche au bord interne. Les ailes inférieures sont entièrement blanches. Les palpes ont le dessous lavé et mordoré.

Un seul mâle, pris par M. Maillard.

Tribu OMNIVORyE. Gn.

Fam. PHYCID.E, Gn. — Gcn. PHYCIS, Fab.

Pliycis Irisella, Gn.

Elle est assez voisine de notre Abietclla, dont elle a à peu près la taille et le port.

Les ailes supérieures sont d'un gris cendré, saupoudré d'écailles noires. La ligne extrabasilaire est fine, noire, largement bordée de blanc en approchant du bord interne, et la coudée, aussi bordée de blanc du côté extérieur, mais plus vaguement , puis suivie d'une teinte roussàtre, n'est bien accusée que par des points nervuraux, noirs. Deux points semblables, superposés, mais à distance, remplacent la tache blanche cellulaire d'Abietella, et une série de gros points noirs précède la frange. Les secondes ailes sont d'un blanc transparent et irisé, bordées d'une double ligne noirâtre qui s'éteint en approchant de l'angle anal. Le corps est entièrement cendré,

avec l'extrémité des ptéry godes teintée de roux. Les palpes sont ascendants-obliques, mais non arqués.

Recueillie par M. Maillard.

Phycis feiemifeccUnclla, Gn.

Elle est un peu plus grande que la précédente, mais de la même coupe. Les premières ailes sont d'un gris obscur, mêlé de teslacé roussàtre, avec les deux lignes ordinaires lisérces de blanchâtre : la coudée formant un angle sur la première et une double dent sur la 4. L'espace entre elles est plus foncé, surtout à la côte. L'espace subterminal est rayé de gris et de testacé, et de petits points clairs précèdent la frange. Les secondes ailes sont grises, demi- Iransparentes, el salies de noirâtre à la côle et au bord terminal. Le dessous des supérieures est noirâtre, avec une tache sous-costale ovale, grise, avant l'apex. Le thorax est de la couleur des ailes; mais, ce qui caractérise surtout cette espèce, c'est que les antennes, même de la femelle (seul sexe que j'aie vu), sont visiblement pectinées jusqu'aux deux tiers.

Prise par M. Maillard.

Gen. RIIAMPHODES, Gn.

Rhampliodes Moraldeliî», Gn.

Extrêmement voisine de notre Etiella, mais plus petite et plus robuste.

23'°'". — Ailes supérieures d'un grisluisantmêlé d'écaillés rosées, avecune bandelette costale blanche, n'atteignant ni labase ni l'apex, et au-dessous de laquelle le fond est plus foncé et plus brun. Vers le tiers de l'aile est une bande transverse, d'un ocracé sale, bordée antérieurement d'un bourrelet d'écaillés relevées, brune, avec un reflet métallique. Ailes inférieures demi-transparentes, lisérées de noirâtre, avec la frange moitié noirâtre et moitié blanche. Palpes trois fois plus longs que la tête, droits, à dernier article court et fdiforme. Antennes du mâle ayant une nodosité près de la base, comme Etiella.

MM. Maillard et Yinson.

Pi XXII

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J.2. Callidi-vàs FiorellaVar. o 3-4 Jlcsperià Borbonica 'a.-miL-/ 0 G/.Homoplera \^asomi

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