‹ Notes sur Prosper MériméeChapitre 184 sur 197 · Lettre à Oerc de Landresse. déjà eiîk · texte numérisé non relu

Lettre à Oerc de Landresse. déjà eiîk

{. Ltitresà nneimonnuf, II, 230.

tions purement stratégiques, je crois, et vous devriez lui faire part de ce nouveau et curieux renseignement que fournit l'inscription d'Orléans.

« Veuillez agréer, mon cher Confrère, l'expression de tous mes sentiments dévoués.

r P' Mérimée. »

64. Robin (D' Charles). — Nous avons vu plus haut quelles relations amicales existaient entre le malade et le médecin. Voici une nouvelle lettre, qui concerne un article de Robin :

« Cannes, 27 nov.

« Mon cher Confrère, « Je vous remercie bien tard de votre aimable lettre et des deux articles peu catholiques que vous m'avez envoyés. Je les ai lus avec beaucoup d'intérêt et le D^ Gimbert m'a expliqué un certain nombre de mots qui m'étaient tout à fait inconnus et dont vous autres savants négligez d'instruire le vulgaire. Epitbelium^ segmentaim^ etc., étaient de l'hébreu pour moi. Quelle {sic) étrange laboratoire que le corps humain 1 Je voudrais bien que pour les ignorants vous fissiez un résumé de votre remarquable travail ; je veux dire un résumé dogtmiique^ dans lequel vous diriez : Voilà ce qui se passe. Messieurs et Mesdames, après que vous avez fait vos turpitudes. Pour moi, je n'avais pas la plus légère idée de tous ces phénomènes au travers desquels l'embryon d'un Newton risque de devenir un crétin. Rn somme il me semble qu'on peut féliciter le grand Démiurge de la grandeur de ses lois générales, mais lui reprocher un peu de négligence dans les détails. Il y a en Angleterre une excellente encydo-

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pédie dont lord Brougham a été un des grands faiseurs. On y a vulgarisé une grande quantité de connaissances utiles. Je sais que vous autres savants vous croyez perdre votre temps lorsque vous instruisez le vulgaire, mais remarquez que la vie est courte et combien de choses il y a dont l'étude exige une disposition toute spéciale I Résumer les Taits acquis ;\ la science et les donner aux pauvres ignorants, avec une signature comme la vôtre, qui garantit la vérité, ce serait je crois rendre un véritable service à l'humanité! Si j'étais à Paris je voudrais vous faire un résumé de vos 2 articles tels que je les comprends. Vous y feriez les corrections nécessaires. Vous y mettriez une tétc et une queue et le tour serait fait. Vous vous moquez beaucoup des métaphysiciens et vous n'avez pas tort, mais où diable voulez-vous qu'ils s'instruisent? Mgr Dupanloup dit h M. Veuillot qu'il ne sait pas la théologie, ce qui doit être vrai, mais cependant la théologie peut s'apprendre parce qu'il y a des livres et un enseignement. Tandis que pour savoir quelque chose de vos mystères physiologiques, il faut disséquer un nombre infini de cadavres, suivre beaucoup de professeurs, lire avec critique quantité de mémoires. Pourquoi ne pas avoir la charité de mettre dans quelques pages les vérités prouvées? Par exemple lorsque M. Gimbert m'a expliqué ce que c'est que la segmentation, j'ai éprouvé quelque chose de ce que Christophe Colomba dû sentir en découvrant l'Amérique.

« Je suis toujours bien patraque. Je dors mal. J'ai peu de goût pour manger, et je n'ai pas plus de force qu'un poulet. De temps à autre, surtout le matin j'ai des étouffemens très pénibles. Je suis très souvent météorisé. Je

n'ai jamais pu découvrir ce qui me faisait mal, encore moins ce qui me faisait du bien. Bref, je suis fort éreintô très impropre i tout, fort ennuyé de moi-même et souffrant presque toujours. Ce ne sont pas des douleurs aigûes, mais des souffrances sourdes, bétes et d'autant plus désagréables qu'on n'a pas l'avantage de pouvoir dire qu'on est un Prométhée. Est-il vrai que dans un corps très détraqué, comme celui de votre serviteur, la nature ne s'occupe que de ce qu'il y n de très important et néglige le reste? par exemple ne s'occupe plus de faire pousser les ongles? 11 me semble observer quelque chose de ce phénomène. Adieu, cher G)nfrére, veuillez croire i tous mes sentiments bien dévoués. '

« P' Mérimée. »

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