L'original nous appartient
« Mon cher Mérimée,
« Je vous envoie le premier de mes quatre derniers volumes. Vous êtes un homme d'un goût sûr parce que vous êtes vous-même un excellent écrivain. Vous êtes de plus un galant homme et je suis sûr que quelque soit votre jugement sur mon livre, sous le rapport littéraire, vons reconnaîtrez la sincérité et la loyauté de l'historien.
« Tout à vous.
« A. Thiers.
« 26 octobre 1855. »
Mérimée disait du i6« volume : « Ce morceau est un chef-d'œuvre de clarté comme toujours et de verve, de passion et de vraie éloquence »; du I7«: « il est poétique à force d'être simple et vrai > ; il est difficile à un Français de lire le i8« « sans avoir des démangeaisons aux poings », le 19* a est plein de choses curieuses », enfin il relisait plusieurs fois le 20« et dernier volume'.
77. Tourgueneff. — L'on sait que Mérimée traduisit les œuvres du romancier russe'. Il l'avait en affection ), et TourguenefT prétendait que devant lui Mérimée ne craignait pas d'enlever son masque. Quoi qu'il en soit, Méri-
I. Ces appréciations sont emprantées aux lettres de Mérimée à M. Thiers que M**" Dosne avait bien voulu nous communiquer, et que nous avons publiées dans nos Lettres inimités de Prosper Mérimée,
p. XC-XCVIII.
a. M. Hatp^rine-Kaniinsky a public (op. eit,, p. 324-))) la lettres de Tourguéneflf au prince A. Galitxinc, relatives à la traduction de Fumiez où il est souvent question de Mérimée, du 7 juillet au 5 décembre 1867.
). Il lui consacra, dans le Afoni frirr du 2$ mal 1868, un article reproduit dans les Portreiîs historiques tî littér«ira, p. n9~S7*
47^ NOTES SUR PROSPKR MKRIMÉK
niée le présentait à ses amis: à Panizzi, par exemple \ et à Bixio, comme le montre le billet suivant :
« Jeudi i8.
« Mon cher ami, vous avez fait la conquête non d*une dame mais d'un grand et fort homme d'esprit, M. Ivan Tourghcnef. Il dine chez moi lundi. Si vous étiez un bon enfant vous viendriez lui tenir compagnie, nous ne serons que nous trois et vous aurez la clef des champs quand vous voudrez.
« J'ai envoyé du miel à votre ours ', mais il était déjà parti. C'est fort bien fait à vous.
« Mille compliments et amitiés. »