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la Latins à un* Inamnuef I, 245. « Je suis arrivé ici avec un temps affrei». Une pluie comme on n'en voit jamais dans le Nord a inondé toute la campagne, coupe les routes, changé tous les ruisseaux en grosses rivières... H y a une foire à Perpignan, et de plus les Espagnols qui fuient l'épidémie encombrent la ville, si bien que je n'ai pu trouver à me loger dans une auberge. Si je n'éuis parvenu à émouvoir la considération d'un chapelier, j'aurais été réduit & coucher dans la rue... • La lettre est placée après une lettre du mois de septembre 1^44. Il n'y a donc qu'une erreur de date de dix ans 11
en catastrophe, i^ Le pont de Perpignan a été emporté par une inondation causée par des pluies comme vous n'en connaissez pas vous autres septentrionaux, d'où est résulté que j'ai été trempé comme une soupe, sans pouvoir changer, mon bagage étant sur une rive et moi sur une autre. — 2» Il y a foire ici, et choléra en Espagne, en sorte que Perpignan est encombré de commis voyageurs et de c espagnols, d'où est résulté impossibilité
d'avoir une chambre à l'auberge. Par un trait d'esprit j'ai attendri le cœur d'une chapeliére qui me donne un lit. y^ Les routes ne sont plus praticables. Torrens de tous côtés. Il faut que je reste au moins 3 jours ici en proie aux punaises avant de pouvoir sortir et faire une tournée dans la montagne. Multipliez toutes ces infortunes par la crainte d'être dégommé, ... de n'être pas payé de mes frais de route et jugez si je suis à plaindre. Qiiant aux punaises qui m'attendent cette nuit, je les défie. Je suis trop éreinté pour qu'elles apportent le quantum à tous mes maux.
« Il y a ici quantité d'espagnolesses avec leurs mantillas, leurs grosses jambes catalanes et leurs pieds pointus et microscopiques, mais le moyen de faire ses affaires avec une pluie comme celle qui tombe. Les gouttières ici sont admirablement dirigées pour achever ceux qui échappent aux ruisseaux s. Je rentre trempé comme une soupe sans autre profit que d'avoir vu la cathédrale qui est du XIV* siècle, et cependant à appareil réticulé contre les principes classiques, et cinq à six jarretières espagnoles au-dessous du genou suivant l'usage.
«J'oubliais la vingtième, la millième catastrophe. M. le Préfet du Gard, que le diable puisse étrangler, avait
perdu mes lettres et un catalogue de livres que j'avais annoncé à votre Ministre. Je viens de le retrouver ici, et je vous l'envoie. Je vous recommande Messieurs de la Société archéologique de Montpellier et leur thalamus, si vous êtes encore quelque chose dans la rue de Bellechasse. Adieu. Tout à vous.
A Perpignan, il se lia avec Jaubert de Passa : c A mon arrivée à Perpignan, dit Mérimée dans son Rapport^ j'avais été accueilli avec la plus grande cordialité par M. Jaubert de Passa, archéologue distingué, aussi instruit qu'obligeant. Il avait bien voulu non seulement me communiquer SCS dessins et ses notes sur les monumcns du Roussillon, qu'il a étudiés avec le plus grand soin, mais encore me tracer un itinéraire aux environs de Perpignan et m'indiquer, parmi les localités les plus importantes, celles que la saison avancée et le temps dont je pouvais disposer me permettraient de visiter. Il eut même la bonté de m'accompagncr dans quelques-unes de mes excursions, doublement intéressantes pour moi par la compagnie d'un guide aimable et savant. ' »
C'est ainsi que Mérimée visita Elne », Céret, Coustouges ), Alet 4, Orcassonne s. A Rieux, il fut guidé par
T. La correspondance de Mérimée avec Jaubert de Passa de 1855 à 1838 a été analysée par M. Sellier dans le Corres^mUmi du 10 mai 1898, p. 440-64.
2. Nolts, id,, p. 408-16. Cf. les lettres & Jaubert de Passa des a6 mars i8}5 (/or. Cl/., p. 456) et 6 mars i8}6 (p. 4SI'}).
}. Id., p. 4i6.$o.
M. Tournai, fils du secrétaire de la Société archéologique; il revint par Toulouse S Albi * et G>rdes et rentra à Paris }.