‹ Notes sur Prosper MériméeChapitre 5 sur 197 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

son plus grand péché était la gourmandise! Il est vrai qu'elle était développée au plus haut degré chez lui'. Cette impression de bonté, en même temps que de mélancolie, on la trouve sur un admirable portrait * de Mérimée aux trois crayons par Rochard ', daté de 1853 (^ P^^ P^^^ ^^ moment de la rupture); il appartient à M. Bixio, qui a bien voulu nous le montrer et nous en donner, avec son obligeance

Gauthier Villars, i^4i in-ia*, 64 p.], on lit : « Malgré l'opinion éublie il avait découvert un bon cœur cbcs V^eistg Mérimée » (p. 52). Les personnes qui ont connu Mérimée sont unanimes sur ce point. Mérimée ne disait-il pas, du reste : « Il in'arrive rarement de sacrifier les antres Ji moi-même, et quand cela m'arrive, j'en ai tous les remords possibles > ? {Lettres à um inronnue, I, xi$.)

1. Cf. Lettres iuMites, p. cxxiv. Depuis, \\ .1 paru dans Ig Figaro du 26 août 1901, un extrait d'une lettre inédite (dont nous ignorons le destinataire) sur les melons : « LMntérét du marchand consiste i écouler ses plus vieux pensionnaires, qui sont d'horribles concombres passés et trépassés. Tu dois donc prévenir le bonhomnvs que tu pars pour la campagne et que le melon dont tu fais l'achat ne sera pas mangé avant trois jours. Le marchand te livre alors un sujet qui est i point... Bénis les dieux s'il n'est pas déjà trop mûr I »

2. Il n'est pas mentionné dans Tétude que M. Ephrussi a consacrée à ce peintre (Galette des Beaux^Arts, de décembre 1891, p. 441-6$ et où se trouve reproduit (outre un portrait de Léonor Mérimée) un autre de Prosper (aux trois crayons aussi), moins intéressant sous tous les rapports (de 1824?). — Signalons encore deux autres portraits inédits de Mérimée. L'un « venu merveilleusement ■ est une peinture de M"* U princesse Mathilde et a été donné par elle au Musée Carnavalet. Cf. lettre à la princesse Julie do 14 octobre 1868, dans la Rnmê dé Paris du 15 juillet 1894, p. 266; l'autre est nn buste en bronxe du sculpteur Iselin, donné par l'Eut en 1891 au Musée d'Ajacdo, où il figure sous le n* 820. Cf. H. Stein, dans JZ^iiiimmi iét Bmux-Arts, XVIII (1894). 1194.

). On reconnaît sur ce portrait le Mérimée peint par sa mère si bien reproduit dans le volume de M. Tourncux sur Mériuih, sis detsitu, m fartraits.

PRiFACB XI

habituelle, une photographie. Ce portrait vient d'être gravé à Teau-forte — et très bien — par M"* Jeanne Bordier. U était juste que celui qui a tant aimé (au sens le plus pur du mot) les jeunes filles reçût cet hommage posthume qui aurait été certainement le plus sensible au dessinateur et à l'homme qui désirait tant ne pas être axXauvtoç, âfOxxTcç '.

Devant Tabondance des matériaux, il a fallu faire une sélection, et ne prendre que les lettres ou billets contenant un renseignement intéressant, ou permettant d*éclaircir des lettres déjà publiées. De mênie> afin de faire connaître le plus grand nombre possible de correspondances de Mérimée, j'ai été forcé, pour donner un échantillon de chacune, de faire un choix et de n'en publier aucune intégralement, car ce n'est pas un, mais trois volumes qu'il aurait fallu en voulant tout publier *.

J'espère que ce livre aura fait connaître quelques points obscurs de la vie de Mérimée, mais il en reste encore à élucider. Il serait, par exemple, inté-

I. Cf. Lettre du a8 juin i8$6, dans Une Corresponâanu inédiii^ p. 19.

a. Ccst ainsi que je n*ai publié que aa lettres à Lenormsnt (la Rnme de Pmristu avait publié ao), alors que le dossier en compte 11, in-4, et 70 in-8, formant environ un total de i8a pages in-8, et qu'une partie des lettres à Bixio, Damas-Hinard, Grasset, de Mercey, Robin, de Witte. Cest pour le même motif que je n*ai pas utilisé ici des lettres inédites d'Ampère ft G>usin (du 39 mai x8^6 nstamment), où il est question de Mérimée. J'espère qu'elles trouveront place dans une étude fnr Ampère.

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